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DES MAMMIFÈRES SOLIPÈDES

Les animaux dont le pied est enveloppé dans on seul sabot (PI. v, fig. 35,a,b) , et qu'on nomme à cause de cela Solipèdes , sont en petit nombre, et tous sont réunis dans le genre du chst-al. Ils ont les deux mâchoires garnies des trois sortes de dents j mais leurs laniaires sont placées à une certaine distance des incisives et des molaires (PI. Il, fig. 19); leur estomap est simple , et ils ne sont pas obligés de remanger leurs alimens ; les mamelles sont situées dans les aines , et leur queue est garnie de longs crins. On en connoit quali es espèces principales :lecheval, l'âne,le zèbre et le couagga. Le cheval proprement dit ( dont la femelle est nommée jument et le jeune pou/am ) se distingue des autres espèces en ce que sa queue est garnie de longs crins dans toute son étendue. On n'en trouve plus dans l'état absolument sauvage. Ceux que 1 on rencontre en Pologne ,en Amérique, réunis en grands troupeaux et conduits ])ar un vieux mâle , paroissent être des individus redevenus sauvages Les chevaux ne se nourrissent que de végétaux qu'ils arrachent et mâchent de suite. Dans l'état de domesticité la jument ne pouline qu’à six ans .quoiqu’elle puisse être fécondée à deux. Elle porte onze à douze mois. Les poulains naissent assez développés pour marcher le jour même ; ils ne tètent guère que six mois; ils n’ont des canines qu’à cinq ans ; les incisives présentent un creux qui disparoîfc successivement sur chacune ju.squà onze ou douze ans. On dit alors que le cheval ne marque plus; qu il est /•use ou hors d'âge. Le cri naturel du cheval se nomme liennissement.

On se sert principalement des chevaux pour l’attehige et pour réquitation. On nomme allures les differentes manières naturelles dont le cheval se transporte d’un endroit dans un autre; tels sont le pas , le trot, le galop et l'amble. Les chevaux sont extrêmement rapides à la course , ils ne le cèdent qu'aux grands chiens lévriers. On en a vu qui parcouraient quinze mètres en une seconde , et même jusqu'à dix-neuf mètres. Les chevaux, dans l'état de domesticité, forment plusieurs races qui different beaucoup pour les divers usages auxquels on les destine. Ceux de selle sont les arabes,

les anglais , les andalous , les bidets normands , etc. On préfère pour les carrosses , les hollandais , les belges , etc. Pour le trait on re< herche ceux de Suisse, de la Sarthe , du Maine , etc. La charge à dos d’un cheval fort est de plus de douze myriagrarames , et il peut en traîner plus de deux cent cinquante. Beaucoup de parties du cheval sont utiles, même après sa mort.

Les longs crins de sa queue et de son cou servent à faire des brosses . des balais, cfes tamis , des toiles et des cordes incorruptibles , et à recouvrir des bc*utons ; les plus courts sont employés pour bourrer les selles, remplir des coussins , des matelas. La chair du cheval n’est pas aussi bonne que celle du bœuf, mais c’est un aliment aussi sain ; les os sont employés dans l’art du tourneur et du tabletier ; le cuir est trèscoriace, très-solide; on s’en sert principalement , lorsqu'il est tanné , pour les traits des harnois, les tiges de bottes.

Uane n’a de poils alongés ou de crins qu'à l’extrémité de la queue ; ordinairement il est gris, avec une croix noire sur le dos; ses oreilles sont très-longues et très-mobiles; il vit encore sauvage , principalement en Tartaiie. La femelle s’accouple avec le cheval, et donne des bardeaux. La jument est aussi fécondée par l’âne , et produit des mulets ou des mules ; ce sont des espèces de bâtards desquels proviennent rarement d’autres petits. Cet animal a beaucoup d’analogie avec le cheval, mais il est moins difficile dans le choix de sa nourriture ; sa voix est très-différente chez le mâle et chez la femelle, et on la nomme braiement. Les ânes les plus recherchés sont ceux d Espagne ; les plus forts viennent de la Savoie et de la Toscane.

Le zèbre, le dows, le couagga sont des espèces très-voisines de l'âne; aussi les a-t-on désignées sous les noms d’dues rayés. Leurs poils sont disposés par bandes alongées , brunes ; sur un fond moins foncé ou tout blanc. On ne les trouve qu’en Afrique et dans l'état sauvage ; ils s’accouplent avec l'âne. Ces animaux ne diffèrent entre eux que par la disposition des bandes, mais ils forment des troupes séparées. La voix du mâle ressemble à une sorte d'aboiement :

on en voit rarement en Europe.

DES MAMMIFERES RUMINANS.

Les Rüminatîs, qu’on appelle aussi Bistjl- QBES, ou animaux à pieds fourchus , n'ont jamais de dents incisives à la mâchoire supérieure; ils en ont ordinairement six, quelquefois huit à l'inférieure (PI. n , fig. 18). Tous n'ont que deux doigts à chaque pied (PI. V, fig. 34) ; ils jouissent de la faculté de faire revenir leurs alimens à ta bouche après les avoir avalés une première fois ; voilà pourquoi on les a nommés ruminans. Les mâles diffèrent très-souvent des femelles j celles-ci ont les mamelles constamment placées entre les cuisses;elles ne nourrissent jamais que deux petits au plus et à la fois.

L’estomac des ruminans est formé de quatre poches qui communiquent toutes ensemble. La première, qui est la plus volumineuse , se nomme panse ou herbier ; c’est là que vont se rendre les végétaux que l'animal arrache sur la terre, et qu'il avale sans se donner la peine de mâcher. Les herbes se ramollissent dans cette cavité; lorsqu’elles ont été soumises pendant quelque temps à l’action de ce viscère, et que l’animal est tranquille, il s’occupe de les remâcher ou de les ruminer. Sa panse se contracte et fait passer dans une poche voisine, mais beaucoup plus petite, une portion de ces alimens , qui sont , pour ainsi dire , exprimés par faction des parois musculaires de cettescconde poche, nomméebonnet.

Ils se trouvent resserrés de manière à prendre la forme d’une pelote, qui, par un mouvement inverse de la déglutition, est reportée dans l’œsophage, et par suite dans la bouche, où l’animal la remâche avec soin.

Lorsque ces alimens ont été suffisamment divisés par les dents et imbibés de salive , le ruminant les avale une seconds fois ; mais alors l'œsophage les dirige dans une troisième poche , qu’on nomme feuillet :

c’est encore une petite cavité, ainsi nommée parce que ses parois sont garnies de lames rapprochées et parallèles entre elles, comme les feuillets d’un livre. Il ne paroit pas quç la matière nutritive séjourne long-temps dans le feuillet; elle passe bientôt dans la quatrième cavité, appelée caille lie, parce que dans le jeune veau, le lait dont il se nourrit s'y rend directement, et qu’il s’y caille comme le fromage; c'est le véritable Ddmérii,.

estomac. Les alimens parcourent ensuite le reste du tube intestinal , et subissent toutes les autres altérations cjue nous avons indiquées.

Huit genres composent l’ordre des ruminans : pour les distinguer , on considère successivement si les espèces ont des cornes ou si elles n’en ont pas; ces dernières sont presque toujours armées de dents laniaires ( PI. ni, fig. 21,23 ). Lorsque ces de.nts sont courtes, et le pied large terminé par deux petits sabots , elles appartiennent au genre chameau : si, au contraire, les dents laniaires sont longues, et si les sabots sont entiers , elles forment le genre che^rotain, ou musc ; les espèces qui n’ont point de laniaires sont ensuite distinguées entre elles suivant que leurs cornes sont composées d’une matière osseuse , unie intimement avec la substance de la corne, et ne pré.sentant point de cavité intérieure , c’est ce que l’on nomme des cornes solides ou des bois (PI. VI, fig. 23,24 et 2')) ; ou bien, selon que ces protubérances sont extérieurement revêtues d’un étui de corne, dans lequel se trouve un piéîongement des os du crâne creusé intérieurement, et que l’on nomme une cheville osseuse (fig. 28, 29, 30, 31 , 32,33 ). Les ruminans qui ont des bois , ou les perdent tous les ans, c’est alors le genre du cerf; ou ces bois rest,=înt toujours couverts de la peau (fig. 34); ils sont persisfans, comme dans la girafe. Les espèces à cornes creuses ont été distribuées dans quatre genres : les uns , comme les antilopes et les bœufs , ont la base de cette corne arrondie ; elle est, au contraire , comprimée dans les chèvres et dans les brebis ; telle est la division de l’ordre des ruminans.

Les chameaux diffèrent un peu des autres ruminans ; leur pied n est point séparé en deux doigts bien distincts; il appuie sur une sorte de semelle calleuse , au-devant de laquelle on aperçoit seulement deux petits sabots ( PL V , fig. 33 , a , b.) Ils ont huit dents incisives en bas, et deux petites en haut ( PI. lu , iig. 23 ) ; car , quoiqu'elles soient pointues , elles sont implantées dans l’os labial ou incisif ; ils ont quatre canines et vingt à dix - huit molaiies. Leur estomac est aussi divisé en une poche de plus , qui paroit être un appendice de la panse , dans 3fi

DES MAMMIFERES RUMINANS.

lequel l'animal met en réserve une certaine quantité il'eau. Leur lèvre supérieure est fendue comme celle des lièvres ; leur cou est très-long et courbé en A’ ; leurs jambes de derrière paroissent plus courtes et plus foibles que celles de devant ; souvent ils ont des bosses sur le dos ou sur la poitrine. Les principales espèces de ce genre sont le chameau , proprement dit , ou de la Bactriane , le dromadaire , le lama , la vigogne et l'alpagne ou alpaca.

Le chameau turc, ou delà Bactriane, a deux bosses sur le dos 5 sa couleur est brune.

On le trouve encore dans l'état sauvage au Tbibet et sur les frontières de la Chine. Les Mongols Fétèveut en domesticité , et remploient comme béte de somme, principalement dans les voyages de long cours au travers des déserts arides. Le di\>madaire ou le chameau d'Jritbîe n’a qiPune bosse élevée sur le milieu du dos ; sa couleur est blanchâtre ou rousse , quelquefois grise. Les dromadaires ont, comme les chameaux, des callosités sur la poitrine ou aux deux principales articulations des pieds de devant et de derrière, par l'habitude où ils sont de s’agenouiller quand ils se couchent pour ruminer ou pour être chargés à dos. Un seul dromadaire peut porter trenle-six à quarante myriagrammes , et parcourir un espace de quarante-quatre à cinquante kilomètres chaque jour ; et même quand cet animal est peu chargé , et qu'il n'a à traverser qu un terrain sec et uni , il peut faire jusqu’à cciit trente - deux kilomètres , et marcher ainsi huit ou dix jours consécutifs.

Ou mange la chair des jeunes dromadaires comme celle des veaux 5 on fait avec leur lait du beurre et du fromage : leur poil donne une bourre et un feutre grossier. En Égypte, on brûle leurs excrémens, et on en retiroit ainsi autrefois du sel ammoniac ou de 1 hydrochlorate d’ammoniaque, qui sert beaucoup aux cliau Ironniers, et qui s'emploie dans la teinture et en médecine.

Les trois autres espèces dont nous allons parler n’ont encore été observées qu'en Amérique; elles vivent sur les montagnes les plus élevées, principalement sur les Cordillières. La vigogne n’est guère plus grosse qu'une chèvre ; mais son cou est beaucoup plus long ; elle n’a point de bosse ; tout son

corps estcouvertil’une laine longue,soyeuse, de couleur brune ou rosée , avec laquelle on fait lie très-beaux draps : on ne l’élève pas en domesticité. Le lama n'a de bosse ou de callosité que sur la poitrine ; ses poils sont courts. Il vit dans l'état domestique ; on l'emploie principalement au Pérou comme bête de somme ; il porte plus de six myriagrammes sur le dos. Uatpaca on Valpagne ressemble à la vigogne : ses poils sont trèsdoux et fins comme la soie ; on en fait des étoffes très-recherchées à cause de leur brillant et de leur mollesse ; ce poil est peu connu en France.

L'animal qui fournit le wmsc , cette matière odorante qu'on a long-temps recherchée en Europe comme un parfum, est une espèce du chearotain, qui est carac¬

térisée par l’absence des cornes et la présence de longues dents laniaires placées sur la mâchoire supérieure et sorlaut de lu bouche (PI. III , fig. 21.) Ce ruminant est de la grosseur d une petite chèvre : il se trouve dans les montagnes boisées du Thibet et de la Sibérie méridionale. Il est sauvage ; son poil est grossier , court, comme gauffre , et creux à l’intérieur ; le mâle seul porte le musc dans un follicule situé à l'extrémité libre des organes de la génération.

Le musc, tel qu’on le livre dans le commerce , est une matière sèche d’un bnm noirâtre , d’une saveur amère et d’une odeur paiticulière très-pénétrante , qui serètrouve dans beaucoup d autres substances ou émanations animales : on l’emploie comme parfum , et en médecine comme stimulant. On nomme metnina ou cherrotain , proprement dit, une antre espèce de ce genre, qui est le plus petit ruminant connu. Sa forme est très-élégante et bien propoi'tionnée. Il est extrêmement vif dans ses mouvemens et rapide à la course. On le trouve en Guinée et dans les Indes orientales. Les h.ibilans de ce pays se servent des pattes de ce joli petit animal, comme de cure-dents ou de tuyaux de pipe, après les avoir garnies de cerceaux d'or ou d'argent.

La girafe est le plus grand de tous les mammifères terrestres connus, car elle élève sa tète à 'six mètres, et peutlirouter les sommités des arbres. Ses jambes de derrière sont un peu plus courtes que celles de de-

DES MAMMIFÈRES RUMINANS.

Tant, et quand elle s'arrête, elle paroît assise sur la croupe. On ne connoît encore qu'une espèce de ce genre. Ses bois , qui n ont que dix - huit centimètres de haut , restent toujours recouverts de la peau , et ne tombent pas comme ceux des cerfs ( PI. vj, fig. 31. ) Son pelage est brun , avec des lignes fauves en réseau , ce qui a fait comparer sa peau à celle des léopards. On n'avoit , jusque, dans ces derniers temps , observé cet animai que dans l'intérieur de l’Afrique , principalement dans la Cafrerie.

Il vil dans l'état sauvage. Quelques individus ont été amenés autrefois en Italie ; on en avoit conduit à Constantinople. 11 y en a une maintenant vivant à Paris ; c’est une femelle fort apprivoisée.

Le genre des cer^s est très-nombreux en espèces; on en rencontre dans les c|uati'e parties du monde. Leur caractère est dillicile à bien exprimer, car il ne se manifeste que chez les mâles à uue certaine époque de 1 année. Il consiste dans la présence des bois ou des cornes solides qui se développent à une époque déterminée, pour tomber lorsque la peau, qui les recouvroit, a été privée des vaisseaux qui servoient âla nourrir. 11 est rare que les femelles portent des bois.

Les principales especes sont le cerf, le chevreuil , i élan , le rheune, le daim.

Le ce/y proprement dit, ou Vèlaphe, se trouve naturellement dans les forêts de l ancien continent. Sa femelle se nomme biche, et le jeune s’appelleyjo«. Le mâle seul porte les bois ou les cornes ( PI. vi, fig. 25. ) Vers six mois, on n’aperçoit encore sur la tête du faon que deux bosses ou tubercules ; on le nomme alors un hère : à un an , ces tubercules se sont fort alungés; quoique simples, ils ont deux à trois décimètres de Joug L'animal perd , à celte époque , la peau qui les recouvroit; le bois reste quelque temps à nu, avant de tomber ; et le hère prend le nom de daguet. Quand le faon mâle arrive à la troisième année , il perd les dagues , et le bois qui les remplace , présente ordinairement trois ramifications, qu'on nomme andonillers (trîtjrir. ) Pendant chacune des années' suivantes , le bois , en se développant de nouveau, porte un andouiller de plus jusqu'à sept ans ; de sorte que le bois des vieu.x cerfs est ordinairement composé

de sept ramifications qui proviennent d’une lige commune (,« , ft)-, nommée inerrain.

C'est dans le temps du rut que le bois se dépouille. Le male jette alors un cri particulier , c'est ce qu’on appelle raferou bramer. Le mâle et la femelle ne restent point ensemble. Les biches portent à peu près huit mois. On n'a point encore entièrement apprivoisé le cerf; il est difficile à dompter. La chair de ces animaux est estimée, leur bois sert dans les arts pour faire des montures de coutelas , de serpette , et des pommes de canne; raclée ou réduite en tragmens minces , on eu obtient , par l'action de l’eau bouillante , une gélatine très-saine et très-nourrissante : c'est ce qu'on nomme gelée de corne de ceif. Les daims sont des espèces de petits cerfs, dont les mâles ont l’extrémité des bois aplatie d'avant en arrière, et dentelée posterieurement. Comme ces animaux sont soignés par l'homme , il y a parmi eux des variétés poires, et d'autres blanches qui se propagent La peau du daim, préparée par les mégissiers., est très-sou pie, d'un tissu serré et très-solide , ce qui lui donne beaucoup plus de jirix qu'à celle du chamois.

Les rhennes ressemblent beaucoup aux cerfs; mais la femelle et le mâle sont armés l’un et l'aulre d’un bois divisé en branches , dont la partie la plus élevée est aplatie et comme palmée (PI. vi, fig. 23.) Ou en trouve dans tout le nord des deux continens , principalement vers le Kamtschalka et le Spitziierg. On les nourrit en domesticité dans la Laponie. Les rhennes sont trèsutiles aux peuples de ces climats glacés : ils les attellent aux traineau.x , qui leur servent de moyens de transport sur la neige , et les femelles fournissent un lait agréable. Leur chair est , dit-on, fort bonne à manger :

leur peau sert de vêtement , «le toiture et de voile. Les rhennes se nourrissent de feuilles sèches et de lichens , qu'ils recherchent eux-mêmes sous la neige.

Le genre des antilopes comprend aussi un très-grand nombre d'espèc.es, dont la plupart vivent dans les pays chauds , et semblent préférer les lieux arides et montueux. Leurs cornes poussent par la base ; elles ne tombent jamais. Eu dehors, elles sont revêtues d'un étui de substance cornée,

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comme dans le genre des bœufs ; mais elles n’ont pas, comme ces derniers animaux , ce repli pendant sous la peau du cou , qu'on nomme fanon. Les espèces diffèrent beaucoup entre elles par la forme des cornes ; tantôt elles se recourbent en arrière , comme dans le bubale , le gnou^ le chamois (PI. vi, fig. 26)} tantôt elles se dirigent en devant, comme dans le nil-glmut . le nanguer. Quelquefois les cornes sont droites 5 tels sont les coudous y le pasan ( fig. 28 ) : chez d'autres enfin , comme dans la gazelle commune , la corme , le tzéûan , ces cornes sont courbées en manière de branches de lyre (fig. 27, 29.)

Les chamois , qu'on nomme aussi izards, vivent principalement sur les montagnes des régions tempérées de 1 Europe. Ces animaux se réunissent eu petites troupes Ils recherchent de préférence les lieux les plus escarpés. Leur grosseur et leur taille sont à peu près celles des chèvres. Leur lèvre supérieure est comme fendue. On fait la chasse à ces animaux pour en avoir la peau , dont le tissu est mou et extensible : elle sert à faire des vêtemens très-chauds et très-solides lorsqu'elle a reçu une certaine préparation , qu'on nomme chamoisage. La^'azelle ordinaire se trouve principalement en Syrie. Elle est de la taille du chevreuil ; son poil est ras et plus court que celui du chamois. Les gazelles sont sveltes , vives et légères. Leurs jambes sont longues , fines et déliées , et leur couleur est rousse endessus , blanche en-dessous : on voit souvent sur leurs flancs une Lande de poils noirs , et leur oreille est marquée en dedans de trois bandes longitudinales blanches.

Les bœtifs diffèrent des antilopes par le repli de la peau qui pend sous le cou, et qu’on nomme J'unoa. Ils préfèrent les lieux humides et marécageux. Iis sont plus lents et moins sveltes que les antilopes. On n'en connoit bien que six espèces : le taureau , dont la femelle s’appelle vache, et le jeune, veau: le bison d'Amérique, le bœij/musqué J le bœuf à queue de cheval ou de Tartarie, et deux espèces de buffles.

Nos taureaux et nos vaches, qn'on croit être provenus d’une espèce sauvage, dé¬

crite par les anciens sous le nom d’urus et à’aurosh , et qu'on ne trouve plus maintenant en Europe .sontélevés en domesticité.

On châtre les mâles pour en faire des bœufs, qu’on attelle à la charrue et aux voitures , et qu’on engraisse pour s’en nourrir. Leur chair, qui est très-succulente , est mangée fraîche et salée. Leur peau, bouillie .donne de la colle forte ; tannée, elle sert principalement à faire des souliers ; les poils entrent dans la composition de certains mortiers , et servent de bourre : leurs cornes sont employées par les tableliers pour faire des peignes , des écritoires et autres ustensiles. Ou brûle leur graisse j on fait d'excellent mastic avec leur sang, dont on retire aussi une couleur bleue très-précieuse, connue sous le nom de bleu de Prusse; ce sang sert encore dans plusieurs arts chimiques , enlre autres dans les rafiinerie^ de sucre et d huile de poisson ; leurs intestins , secbés , sont employés , dans certains pays , comme en Espagne, pour transporter le beurre, pour recouvrir des aérostats, pour battre l’or en feuilles tres-miuces , et c'est ce que l'on nomme baudruche. Enfin . le lait de la femelle donne la crème , le fromage et le beurre.

Le bison vit en Amérique ; il a une trèslongue crinière et une bosse sur le dos : il ne se trouve que dans l'état sauvage , au milieu des bois marécageux. Le bœuf à queue de cheval., ou j^ack, est nourri en domesticité dans le Thibet ; sa queue fait rornemeut des pachas , qui en font porter un certain nombre devant eux , suivant le rang qu'ils occupent dans l’État. Ces queues sont ordinairement blanches, garnies de très-longs crins. Enfin, les , qu'on

rencontre en Asie , en Afrique , et qu'on élève aussi en domesticité, sont de couleur noire , et leurs cornes couchées sur les côtés de la tête, sont très-larges à la base.

Les chèvres ne diffèrent guère des brebis que parce qu’elles ont une barbe sous le menton. Leurs mâles s’appellent boucs ; ils portent une odeur très - désagréable. Les chèvres préfèrent les montagnes ; elles sautent très-adroitement dans les lieux les plus escarpés; elles sont très-vives. On les élève en domesticité , principalement pour en avoir le lait, avec lequel on fait de très-bon

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