DES MAMMIFÈRES PACHYDERMES
fromage. Certaines variétés ont un poil soyeux et très-long , dont on fait diverses élolfes. Le poil, dit de cachemire, provient d'une variété de chèvre duThlhet. La chèvre, dite d'angora, fournit une sorte de lainage doux : on en fait des camelots et d'autres élolfes de laine d un tissu très-tin. Leur peau est mince et solide; on la tanne pour eu couvrir les souliers, et pour en faire du maroquin. Le boucjuetin est une esjièce de chèvre sauvage; on eu rencontre quelques uns sur les Alpes; leurs cornes sont beaucoup plus grosses et plus longues que celles des chèvres ^Pl. vi , tig. 32.)
Le mâle de la brebis se nomme bélier, quand il n'a point été châtré ; car alors il prend le nom de mouton. Les jeunes béliers et brebis se nomment des agneaux. Ou ne coiinoit plus cette espèce dans son état sauvage. Ou l'élève en troupeaux nombreux pour en obtenir la toison , qu'on tond tous les ans , et dont les poils frisés se nouiment laine.
Après avoir trié , lavé ces |)oils avec une sorte tle savon pour les dépouiller d une matière grasse et sale, qu on nomme le suint, et qui en augmejite quelquefois le poids de moitié, on eu fait des étoffes, des draps; on en bourre les matelas. Leur graisse, blanche et cassante, sert principalement à faire de la chandelle; leurs intestins nettoyés , roulés et desséchés , font les cordes à boyaux. Les brebis à laine très-fine sont nommées mérinos. Autrefois leur exportation étoit défendue en Espagne. On nourrit en Barbarie et en Egypte une espèce de brebis , dont la queue est très-grosse et la laine peu frisée , mais dont la chair est agréable au goût. Un bélier ordinaire suflit à cent femelles; il n’y en a ordinairement qu’un seul pour chaque troupeau. Ces animaux passent pour stupides ; ils ne vivent qu'une quinzaine d’années : leur voix se nomme bêlement', elle est très-monotone.
On connoît six ou sept variétés distinctes, ou races de brebis. Les unes ont des cornes; les autres en sont privées ; quelquefois il ii'y a cjue les mâles qui en ont , c'est meme le cas le plus ordinaire. En général, les moutons du midi ont une laine plus fine et plus frisée que ceux du nord.
Sous le nom de Pachydermes, qui signifie cuir épais, on a réuni tous les mammifères
qui ont plus de deux doigts, dont chacun est protégé à son extrémité par un sabot de corne. La plupart ont des hicisives à l'une et 1 autre mâchoire; souvent de longues laniaires cl des molaires plates. Ils se nourrissent le plus ordinairement de substances végétales, mais leur estomac est simple; ils ne ruminent pas; leur ventre, comme dans tous les autres animaux a sabots, est très-gros, et renlerme des intestins longs et volumineux. Le nombre et la position de leurs mamelles varient. On les a distribués en cinq genres, d’après le nombre des sabots qu'on remarque sur leurs pieds. Tous ne comprennent que liès-peu d espèces : les éléphans ont cinq sabots à tous les pieds (PI. Vjfig. 3U), les kippopotameisei les cochons n'en ont que quatre ( lig. 33); et dans ce dernier genre deux doigts seulement posent sur la terre ; les tapirs en ont quatre devant et trois derrière (fig. 31 , a, A) ; enfin les rhinocéros n en ont que trois à chaque pied.
On ne conuoit maintenant que deux espèces i\'éléphans, l une d'Asie ou des Indes, et l'autre d'Afrique. Elles ont beaucoup de ressemblance, et ne different guère que par les oreilles et les dents molaires (PI. ni, fig. 33 , d'Asie, et fig. 34 d'Afrique). Ces animaux se distinguent de tous ceux de cet ordre, parce qu'ils n ont pas d'incisives proprement dites , car les deux défenses qui en tiennent lieu , par la manière dont elles sont implantées dans la mâchoire supérieure , se recourbant on haut , ne servent point du tout à diviser les alimens ( PI. ii, tig. 2I ). Les éléphans ont le cou trop court pour pouvoir atteindre leurs alimens avec la tête. La nature semble avoir pourvu à cet inconvénient , en prolongeant leur nez en une trompe charnue, mobile et sensible, qui leur tient lieu de main , et avec laquelle ils peuvent satisfaire à tous leurs besoins (PI. vi, fig. 22). La peau de l'élépliant est de couleur grisâtre, garnie d un petit nombre de poils ; elle est rude au toucher, grenue, comme gercée et très-épaisse ; sa queue est longue , conique, sans poils (PI. vi , fig. lü). Ces animaux ne perpétuent que très-rarement leur espèce lorsqu'ils sont en domesticité.
On les dompte lorsqu’on les saisit jeunes ; ils deviennent alors assez dociles pour être employés aux transports. On les charge d’un poids de cent myriagranimes, et on leur fait parcourir, sans trop les fatiguer , un trajet