DES MAMMIFÈRES PACHA'DERMES
de soixante à quatre-vingts kilomètres. Ces animaux nagent li-ès-bien ; ils vivent à peu près deux cents ans. On n'est point encore parvenu à dompter l'espèce d Afrique. Ce sont les défenses d'éléphans qui fournissent le véritable tVoô’e ; on le reconnoît aux lignes courbes losa.ngiques que présente la tranche lorsqu’elle est polie. On nomme iifoire vert celui qui a été obtenu de ranimai immédiatement après sa mort 5 il est plus estimé que 1 autre , qui provient de défenses trouvées long-temps apres avoir été séparées de l’animal. On dit que le premier est moins sujet à jaunir, L ivoire ou les morceaux de cette substance osseuse,brûlés sans le contact de l'air , fournissent un charbon animal du plus beau noir- qui est employé avec succès par les peintres.
Le nom à'hippopotame , qui signifie cheval de fleuve , a été donné à une espèce de mammifère que les Grecs paroissent avoir décrit. Cet animal a quatre incisives arrondies à l’une et à l’autre mâchoire , et deux ianiaires , dont les inférieures sont plus longues et courbées en dedans (PI. ni, fig, 18). lise Ironve sur les bortb des grandes fleuves du sud de l'Afrique, et il se nourrit de végétaux ; aussi l’a-t-on désigné sous le nom de vnchedu Nil ; il est aussi gros que réléphant, mais beaucoup plus bas sur ses jambes , qui n'ont que quatre sabots. Son poids s’élève à près de deux cent cinquaulemyriagrammes.
Ou ne l'a point encore dompté.
On reconnoît les cochons à leur quatre sabots, dont deux seulement portent sur la terre lorsque l'animal marche, et qu'il n’est point trop fatigué (PI. v, 6g. 32.a, é). Tous ont un groin , ou un museau mobile et tronqué , qui leur sert à fouir la terre. La pinpart ont des dents incisives, dont le nombre varie, et des Ianiaires , qui souvent sortent de la bouche , et servent de défenses (Pi. 11, fig. 20 ). Les principales espèces sont le sanglier ou le cochon sauvage, dont la femelle s'appelle laj'e, et les jeunes , maj'cassins. Dans l'état de domesticité, cet animai change de forme j ses oreilles surtout deviennent pendantes. On en connoît plusieurs variétés.
On appelle le mâle verrat, la femelle truie^ et les individus de l’un ou de l’autre sexe , lorsqu’ils sont châtrés , sont nommés porcs.
H y a encore dans ce genre le pécari. Je san¬
glier d'Ethiopie, le habiroussa ou cochoncerf , ainsi nommé parce que ses Ianiaires supéj-ieures sont recourbées sur le front, et ressemblent, eu quelque manière , au bois du cerf ( fig. 20)
Le tapir ordinaire vit en Amérique : il ressemble beaucoup aux cochons; mais il marche sur quatre doigts en devant, et sur trois derrière. Son museau se prolonge eu une sorte de trompe : il a dix incisives à l’une et à l’autre mâchoire, *et point de Ianiaires saillantes ( PI. ii, fig. 17 ) Il vit eu domesticité, et procure aux habilans de l'Amérique une nourriture très-succulente. II détruit les reptiles, et principalement les serpens veuimeu-x. Il atteint la grosseur d'une génisse de quinze mois, et il pèse jusqu'à seize myriagrammes. On a découvert dernièrement aux Indes, dans les forêts de l'ilede Sumatra , une autre espèce de tapir plus grande , qui en différé par la couleur de la peau qui est d'un gris blanc sur le dos, tandis que ie reste est noir.
Le nom de rhinocéros , qui signifie nez cornu , a été donné à des animaux dont le nez est en effet armé d'une corne très-solide (PI. VI, fig. 21), et dont les doigts de devant et de derrière portent trois sabots seulement. Ce soüt de très-gros mammifères, moins élevés sur les jambes que les éléphans, mais presque aussi pesans. Ou n’en connoit que deux especes ; toutes deux sont sauvages.
On n’est pas encore parvenu à les dompter.
Ils aiment les lieux humides, et se nourrissent de végétaux. Iis ont une (bree extrême dans la corne, avec laquelle ils déracinent de très-gros arbres. Leur cuir est très-épais, presque nu ; il forme des replis. Les deux espèces sont distinguées entre elles par ie «ombre des cornes. L’une, qu’on trouve en Afrique , eu porte deux, dont celle de derrière est plus courte. Elle n'a pas de dents incisives , ni de Ianiaires. L’antre espèce est d'Asie ; elle n’a qu'une seule corne et quatre incisives (Pi. iii, fig. 20). La substance de la corne est la même que celle des poils dont elle semble formée : il n’y a point de creux ni d'os dans son intérieur. Ou en fait des cannes, des montures de sabres : cette corne ressemble beaucoup à la matière des fanons de baleine.
DES MAMMIFÈRES R03SGEURS.
Presque tous les autres mammifères ont , comme nous l’avons vu , les doigts terminés par des ongles crochus; mais ils diffèrent entre eux par la forme et le nombre des dents. On a nommé Tardigrades les espèces qui n'ont point du tout d’incisiv,es { PI. iii, lig. 2>, et PI, II, fig. 1.5), et dont les doigts sont réunis jusqu’aux ongles, ordinairement très-alongés et en forme de crochets ( PI. v, fig. 29 ,a,b). Leurs pattes de devant sont beaucoup plus courtes que celles de derrière; leurs mamelles sont situées sur la poitrine ; et , quoique leur estomac soit divisé en quatre poches , ils n'ont point la faculté de ruminer les végétaux dont ils se nourrissent. Ils ne forment qu'un seul genre, c’est celui des paresseux y (\nï ne comprend que deux espèces. On les trouve toutes deux en Amérique. L'une a trois ongles à chacune des pattes , et se nomme Vnï ; l’autre n'a que deux ongles aux pattes de devant, et elle est appelée unau. Ces animaux grimpent sur les arbres, et se nourrissent de feuilles ; ils ont beaucoup de peine à marcher sur la terre ; ou prétend même qu'ils ne peuvent faire qu'une cinquantaine de pas en une journée.
Leur voix est forte et lugubre. Leur tête arrondie , ressemble un peu à celle des singes. Souvent ils s’accroupissent et croisent les bras sur la poitrine ; ils ont alors une figure fort grotesque. On a trouvé au Paraguay, près de Buénos-Ayres, les débris d’un très-grand animal, voisin du paresseux, qu on a nommé mégaihénum.
Les Édentés ont reçu leur nom de l'absence totale des dents incisives et laniaires On n'en trouve aucune espèce en Europe : ils habitent l’Afrique, l’Amérique et la Nouvelle- Hollande. La plupart se nourrissent de fourmis ou d’autres petits animaux très-mous. Il en est qui n’ont point de dents du tout (PI. ii, fig. 16 ), et qui font sortir de la bouche une langue alongée, cylindrique, enduite d’une humeur visqueuse, sur laquelle les termites, les fourmis, les abeilles, et les autres insectes qui vivent en société, viennent se coller lorsque l’animal plonge cet organe au milieu d’eux. 'Voilà pourquoi, en général, on a nommé ces animaux fourmiliers. Ensuite on a fait autant de genres qu’il y a de sortes différenies de tégumens. Ainsi on appelle phatagins ou pangolins les fourmiliers dont
le corps est couvert d’écailles cornées, tranchantes , que l’animal peut redresser à volonté (PI. VI, fig. 14). On n’en a encore observé qu’aux Indes et en Asie; d’autre.s ont des piquans sur le corps , à peu près comme les hérissons : on en connoît aussi deux espèces : elles sont de la Nouvelle-Hollande ; on les désigne sous le nom A'échidnés (PI. v, fig. 26) : enfin , on a laissé le nom de fourmiliers , proprement dits , aux espèces qui ont le corps couvert de poils, et dont on a observé des individus en Asie, en Afrique et en Amérique. Cette dernière espèce , qu'on nomme tamanoir, est un gros animal alongé , à pattes courtes, à pelage brun , avec une ligne oblique , noire , large , étendue de chaque côté sur les épaules , et une très-longue queue à poils peiidans (PI. vi, fig. 3).
Les autres édentés ont des molaires seulement ; tels sont les ornithoriques , les orycteropes et les tatous. On n’a placé que provisoirement encore Vornithorinque parmi les mammifères. Son nom , qui signifie bec d'oiseau , indique assez bien la forme du museau de l'animal (PI. ii, fig. 23 , a , b). 11 est aplati, couvert d’une peau molle, comme dans les oies et les canards ; ses pattes de devant sont très-palmées (PI. v , fig. 25, a ) , celles de derrière le sont moins (b). Sa queue est très-grosse , aplatie , couverte de poils (PI. VI, fig. 9), Cet animal habite les eaux douces de la Nouvelle-Hollande. On a nommé oryctèrope une espèce dont les ongles sont plats, et le corps couvert de poils ; et on a appelé tatous et chlamjrdophnres , d’autres animaux qu’on trouve principalement dans l’Amérique méridionale , et dont le corps est revêtu d une sorte de test osseux , divisé par bandes et par compartimens , comme un ouvrage de mosaïque ( PI. VI, fig. 15 ).
La famille des Rokgeürs se compose de beaucoup de genres, qu’il est facile de reconnoilre au premier coup d’œil, carie plus grand nombre présentent en avant deux dents incisives tranchantes à chaque mâchoire ( PL ni, fig. 14, 15, 16, 17 ), puis un intervalle sans laniaires, et des dents molaires plates ( Pi. ni, fig. 38, 39, 40 ).^ Leurs pieds de derrière sont, en général, plus longs que les antérieurs. Il se nourrissent