CHAPITRE IL
BtTlSïOS DES ÊTRES KATCREl^ ES CORPS BfitTTS OD ASOSGA.SIQÜES, ET ES CORPS TIVA5S OC ORGASISRS.
Qcoîqge tous les coirps de la nsitare se ressembleot par leurs qualités les plus générales , ou par celles de leurs propriétés que nos sens apprécient, si nous les observons avec pins d'attention, nous remarquons bientôt qu'ils peuvent être rapportés à deux grandes coupes ou divisions principales. 11 suffit pour cela d'étudier rationnellement leur origine (11), leur développement (12), leur fin (13); d'ailleurs ils diffèrent réellement par leur conformation (14), leur structure (15), leur composition («6); enfin, par toutes leurs autres propriétés.
Nous voyons en effet que certains êtres, comme les anim.aux. et les plantes, ont fait nécessairement partie constituante d'autres individus semblables à eux ; qu'ils en ont été séparés à une certaine époque, sous la forme de graines, de cayeux, de boutures, d'œufs, de germes, ou de petits individus semblables et vivans ; que leur existence est due évidemment à celte faculté de reproduire leur espèce, de l'engendrer, en un mot, à celle génération : ils sont nés. D'autres, au contraire, comme les pierres, les sels, l'eau, peuvent être formés, créés, pour ainsi dire, dans certaines circonstances déterminées, et même par nous, à volonté. Ils n'out pas fait nécessairement partie d'autres corps semblables; leur existence, sous celte forme, paraît dépendre de certaines circonstances fortuites et accidentelles qui ont produit le rapprochement de leurs principes constituans, et leur origine pourroil êti-e rapportée à ratlmction (23) : ils ont été formés.
Les végétaux et les animaux, en augmentant de volume ou de grosseur, n'ont fait que se développer. Quelle que soit leur petitesse, en les examinant soigneusement, nous les voyons déjà tout créés avec leurs parties , qui n'ont plus qu’à prendre de l'expansion ou à se dérouler. Ils s’accroissent en étendant ce qui étoit enveloppé, et cet épanouissement de parties s'opère de dedans en dehors : les matériaux hétérogènes
qui augmentent leur volume sont introduits à l'intérieur, pour se reporter ensuite audebors ; par une faculté qui, pour rappeler cette idée, a été empruntée du latin et désignée sous le nom d^intus-susception. Les pierres, les sels, et beaucoup d’autres corps, n'àugmeutent que de la même manière qu'ils sont produits ; leur masse s'accroît par le mode qui a primitivement réuni leurs molécules ; c’est-à-dire que leur augmentation de volume s'opère constamment en dehors, par de nouvelles parties qui viennent se fixer sur les premières, qui leur servent comme de noyau ou de centre. Leur accroissement n'est pas nécessaire; mais lorsqu’il a lieu, il se fait toujours au-dehors. Les particules homogènes s'attirent par une sorte d'agrégation ou de superposition, et elles s'appliquent aussitôt sur d’autres qui étoientdéjà fixées.
Puisque le mode d'accroissement est très différent dans les deux grandes séries des corps de la nature, on peut conjecturer que leur durée sera aussi très variable. En effet, les plantes et les animaux, par cela même qu'ils n'éprouvent qu’une sorte de déroulement dans leurs parties , qu'ils ne font que se développer, doivent être arrêtés dans leur accroissement, qui est limité lorsqu’ils ont porté leur extension au plus haut degré qu'ils peuvent atteindre , de sorte que leur fin ou leur«iorf est fixée d'avance, et qu’elle peut jusqu’à un certain point être hâtée ou ralentie; mais qu'elle devient le résultat nécessaire de leur mode de développement.
D’autres corps, au contraire, qui ne sont pas des individus, peuvent par cela même s’accroître indéfiniment dans leur masse.
Leur fin n’est pas déterminée; ils n'ont pas de mort ou de terminaison marquée : elle est vague et dépend des circonstances dans lesquelles ces corps se trouvent placés.
Les corps dont l’origine est due à l’attraction , le développement à l'agrégation , et dont l'existence n’est pas limitée dans sa durée, sont aussi très reconnoissabîes à leurs