‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 24 sur 147 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

IDÉE DES DOIS GÉNÉRALES DE LA NATURE ; DES CORPS INERTES EN GENERAL , DE LEUR CLASSIFICATION , ET DES MOYENS EMPLOYES POUR APPRENDRE A LES CONNOITRE.

Il se passe sur la terre des phénomènes constans dont les effets invariables sont peu remarqués, parce qu’ils étaient déjà manifestes et complets à l’époque où chacun de nous auroit pu commencera les observer, et que dans les circonstances où nous sommes appelés à vivre, ils se sont toujours répétés de la même manière. Nous nous y sommes tellement habitués , que par la suite nous n’avons eu ni l’occasion, ni le besoin de réfléchir aux causes qui produisent ces effets dont la nouveauté ne nous a jamais intéressés. Quoiqu'on ne puisse pas , à la vérité, démontrer l'existence matérielle d’un petit nombre de ces causes , on est forcément oblige de les supposer pour se rendre compte de la persévérance et de l'identité de leurs effets. On les a donc considérés comme des puissances qui font éprouver aux corps une action appréciable soit dans le repos , soit dans le mouvement, et qui déterminent aussi les changemens que ces objets peuvent présenter sous les divers états , au-dedans et au-dehors de la substance qui les forme. Comme tous les corps matériels sont réellement sous la dépendance de ces causes actives , et qu’ils paroissent leur être soumis pour leur obéir plus ou moius ; aün d’exprimer l'idée de l'existence de ces causes , de ces puissances inventées par le besoin de s’entendre, et créées par l'imagination , on les a désignées sous les noms de Lois ou de Forces générales de la nature.

Ainsi, dans certaines circonstances, les matières, plus ou moins solides, abandonnées dans l’air , dans l’eau , ou dans l'espace, tendent à parvenir vers le lieu le plus bas , comme si elles avoient de la propension à se diriger vers le centre de la terre; d’autres corps, plus ou moins rapprochés les uns des autres , semblent manifester par leurs raouveraens une sorte de tendance à se pénétrer réciproquement, et lorsqu’ils sont unis, ils ont le pouvoir de résister à leur séparation ou de rester fixes dans le repos. Ce sont les

causes qui produisent ces phénomènes, ou ces puissances naturelles qui semblent seules donner l'origine à certains corps et à leurs propriétés les plus remarquables , lorsqu'ils agissent les uns sur les autres, que nous allons rapidement étudier. Nous trouverons ainsi l’occasion de définir quelques expressions dont l’application et lu valeur doivent être bien déterminées, lorsqu’on les emploie dans l'étude de l’Histoire naturelle.

Le phénomène le plus général de la nature, et qui influe sur l’existence de l’univers, et le fait que tous les corps, supposés libres dans l’espace , sont entraînés les uns vers les autres par une cause, par une force inconnue qui semble les porter à s’attirer réciproquement, ou à se rapprocher ; aussi a-t-on nommé cette force , cette puissance, Vattracdon ou la grauitadon.

On peut supposer que dès l'instant où a existé Vunivers, c’est-à-dire le monde entier avec tous les corps célestes , ceux-ci ont été aussitôt, chacun en particulier, doués d’une force spéciale qui les oblige encore à se mouvoir avec plus ou moins de vitesse et h se porter les uns vers les autres. C’est ce qui détermine leurs mouvemens variés mais constans ; car celle attraction est proportionnelle aux masses de chacun des corps attirans, et en raison inverse du carré de leur distance réciproque j de sorte que c’est l’atü’rtcfiora ce/este qui produit ou modifie les mouvemens réciproques que l’on a observés dans la position respective des astres, ou dans les corps que l’on aperçoit au ciel ou autour de la terre, c’est-à-dire les étoiles fixes, les planètes et les comètes.

Ce qui se passe sur la terre, ou sur la planète que nous habitons, est analogue aux effets de l’attraction céleste; cartons les corps, lorsqu’ils sont libres ou qu’ils ne sont pas soutenus, s’attirent entre eux, ou tombent et tendent à arriver vers le centre

Page 1