LOIS GÉNÉRALES DE LA NATURE. ÉTENDUE
dié avec soin en chimie ces degrés de tendance des molécules , les unes pour les autres, afin de reconnoître par ce moyen la composition des corps, et c’est une des bases de celte science. Ces combinaisons sont favorisées ou combattues, dans chacun des corps composés, par une série de circonstances que nous indiquerons successivement par la suite.
Après les phénomènes de l’attraction qui exerce une influence si marquée sur l’existence des corps, l’une des propriétés générales qui exige l'attention des naturalistes, est cette circonstance par laquelle ces corps occupent un lieu dans l’espace, sans se prolonger au-delà : c’est ce que l'on nomme l’étendue. Pour avoir le complémentde l’idée de l’étendue, il faut savoir que toute matière se refuse à abandonner la place qu’elle remplit, et qu’elle en exclut par conséquent toutes les autres, à moins qu’elle n'y soit forcée par quelque pouvoir extérieur. Cette seconde propriété, dépendante de l'étendue, est appelée V impénétrabilité.
On peut mesurer dans les corps les points par lesquels ils se terminent extérieurement dans l’espace qu’ils occupent, et que l’on aperçoit sans pénétrer dans leur intérieur.
Ces limites se nomment lemr surface ou leur superficie. La disposition et la grandeur respective des dilférens plans qui terminent un corps et qui le limitent, donnent l’idée de sa figure ou de sa configuration.
On suppose qu’un corps limité, ou qui a une étendue déterminée, ofiTre trois dimenr sions; savoir : la longueur, la largeur.et la profondeur, qu’on nomme encore l’épaisseur ou la hauteur. Considérés sous ces trois rapports , les corps ont une grosseur, une grandeur, en un mot plus exact, un volume appréciable. Le i-apport qui existe entre le volume et le poids, ou la proportion enti’e le nombre ou la quantité de parties renfermées dans une étendue donnée de surface , est ce qu’on nomme la densité. Un corps a d’autant plus de densité, il est d’autant plusdense, que, relativement à un volume donné et indiqué d’eau distillée, par exemple , sa masse ou la somme totale des parties qu'il renferme est plus considérable en poids (25).
Comme les corps sont composés de molécules ou de petites portions qu’on peut séparer, on dit par cela même qu’ils sont divisibles. Cette divisibilité peut être portée à l’infini par la pensée : elle est opposée au pouvoir de la cohésion. Elle ne peut s’opérer que par l’effort de quelque agent extérieur qui tend à s’introduire dans la masse , ou qui y pénètre réellement. Quelques corps se laissent ainsi traverser par les liquides, par les gazs, par la chaleur , la lumière, l’électricité. On dit alors qu’ils sont perméables. Pour expliquer, dans certains cas, cette perméabilité, on est obligé de concevoir que dans le mode de l’attraction moléculaire, les particules intégrantes , rapprochées autant que possible,ont cependant laissé entre elles de certains pores ou interstices très-ténus, qui sont vides de la matière du corps j c’est ce que l’on nomme la porosité dont les modifications sont variées à l’infini. Ainsi le cristal est perméable à la lumière, à la chaleur ; il ne l’est pour aucun liquide. L’or, le plomb se laissent pénétrer par le mercure, tandis que fe fer est dans le cas opposé, et se laisse cependant pénétrer par l’étain.
Cette porosité, cette pénétrabilité des corps par certains agens, sert à expliquer comment ils deviennent et peuvent cesser d’être plus ou moins solides j comment ils augmentent de volume, ou occupent un plus grand espace, sans changer réellement de poids. Le défaut de pression qui s’exerce à leur surface, ou l’introduction dans leur substance, de la matière de la chaleur, produit cet effet qu’on nomme dans certains cas, d’une manière générale , la dilatation (50), et, dans quelques circonstances déterminées, comme pour les gazs , la raréfaction, parce que sous un même volume, dans les fluides qui ont la forme de l’air, les molécules sont essentiellement plus rares ou moins nombreuses, On désigne en physique cette propriété ou cette manière d’être particulière des corps sous le nom de dilatabilité.
L’effet opposé h la dilatation est la condensation. C’est ainsi que par le refroidissement, la plupart des corps prennent un moindre volume ; que ceux qui ont été fondus ou rendus liquides par l’action de la cha-