LOIS DE LA NATURE. MOUVEMENT
ieur, ou par celle de l’eau, se retirent sur eux mêmes, et éprouvent un retrait en devenant solides, ou en se desséchant ; c’est encore ainsi qu’une masse de fer forgée ou écrouie, c’est-à-dire battue à chaud ou à froid, diminue de grosseur et augmente de densité, quand elle a été comprimée. On donne en particulier le nom de compressibilité à cette propriété ; c’est celle qu’acquièrent certains corps par l’action des forces extérieures. Ils diminuent de volume, et changent même de formes, mais sans rien perdre de leur poids. Tantôt ils restent alongés et étendus plus qu'ils ne l’étoient avant l’action éprouvée, et on les nomme extensibles. Tantôt iis sont flexibles, ou ils cèdent plus ou moins à la puissance qui les courbe ou les recourbe, et quand ils rétablissent leurs parties dans leur premier état, après la compression, l’extension ou la flexion, on dit alors qu’ils sont élastiques, ou qu’ils jouissent de L’élasticité.
C’est de cette diversité dans les modes de cohésion et des résultats qu’ils produisent, que l’on a emprunté quelques caractères pour indiquer les différences que nous présentent sous ce rapport certaines substances, et en particulier les métaux , comme nous allons en rappeler quelques exemples, tels que la mollesse du plomb, pour indiquer le peu de cohésion entre les molécules qui forment sa masse j la dureté du fer dont les surfaces ne se laissent pas facilement entamer, ce qui annonce leur résistance à la séparation; la ténacité du cuivre qui lui fait éprouver sans se rompre beaucoup d’efforts dépréssion, detiraillemens, d’alongemens; \afragilité du bismuth, qui se brise en éclats par le choc ; la friabilité de l’antimoine que l’on divise facilement en particules pulvérulentes à l’aide du pilon ; la malléabilité de l’argent qui laisse ses molécules s’étendre, s’aplatir sous le marteau ; la ductilitéàe l’or, dont les particules , très-adhérentes entre elles, ne se séparent pas, se suivent, et peuvent être étendues en lames ou en fils trèsdéliés, à l'aide du marteau et des instrumens propres à l'alonger en cylindre, ou à l’aplatir en feuilles. Nous ne croyons pas nécessaire d’étudier ici beaucoup d’autres circonstances qui sont de véritables propriétés distinctives, mais qui tiennent à des affinités chimiques , telles que la fusibilité par 1 action du feu et par le degré de chaleur Duméril.
qu’exige chaque métal; la plus ou moins grande facilité, selon laquelle les oxides sont réduits à l’état métallique ; leur volatilité, telle que celle du mercure et de l’arsenic qui s’élèvent en vapeur; et par opposition la fixité du platine et de l’or. Ces propriétés et plusieurs autres seront expliquées quand nous en sentirons la nécessité.
Après avoir indiqué les phénomènes principaux que les corps présentent sous le rapport de l’attraction et de l'étendue ,nous allons considérer ceux du déplacement qu'ils peuvent recevoir ou produire, soit dans leur masse, soit dans leurs parties. Lorsque les corps palpables tombent sous nos sens , ils peuvent être et rester dans les memes rapports de situation avec les objets qui les entourent, et dans les mêmes points de l’espace ; on dit alors qu’ils sont en repos. S’ils viennent à changer de place, ce transport d’un lieu dans un autre se nomme le mouvement ; le corps est appelé mobile , et la propriété dont il jouit, la mobilité, c'est-à-dire la faculté qu’il a d’être déplacé ou transporté d'un espace de lieu dans un autre , ou d'être mis en mouvement.
C’est une propriété inhérente aux corps de conserver le repos ou le mouvement, et de persévérer dans l’un ou l’autre de ces états, jusqu’à ce qu’une cause, une force, un agent extérieur les en tire. On désigne cette résistance ou plutôt cette indifférence à l’un ou à l’autre de ces états, sous le nom de force à'inertie. Elle est constamment relative à la masse du corps , ou à la quantité de matière qu’il renferme, sous un volume donné.
Les principes ou les causes du mouvement résident dans tout ce qui rompt le repos.
Ces causes sont très-variées ; on les nomme forces motrices. Les principales sont dues, lo, à l’action des organes des animaux, en particulier à leurs muscles ; 2°. à la pesanteur, ou mieux au poids des corps qui combat l'impénétrabilité, et qui s’oppose à ce que deux corps distincts puissent occuper le même lieu à la fois ; 3®. à la tendence des molécules pour l’agrégation et pour la combinaison ; 4.0 à l’élasticité, à la dilatabilité et aux phénomènes que produisent l’action de
LOIS DE LA NATURE. JGENS INCOEMCIBLES.
la chaleur, de me, etc.
Nous aurons rarement occasion d’appliquer les autres modifications du repos et du mouvement à l'élude de l'Histoire naturelle ; nous ne nous étendrons donc pas davantage sur ce sujet. II nous suffira d’indiquer et de définir quelques termes dont nous ferons usage. Tels sont la vitesse du mouvement qui est le rapport entre la longueur de l'espace parcouru et la quantité de temps employé pour le parcourir -.réqtMère du mouvement , lorsque Tactioa d'un corps qui se meut est contrebalancé par celle d’un autre corps qui résiste, soit par sa masse, soit par une action opposée : la chute des graves, ou l’action de tomber dont la vitesse indique le poids de ces corps : le choc, ou ce qui a lieu entre deux corps qui se heurtent au moment où ils se Rencontrent, et les vibrations qui en résultent dans les corps élastiques, dont les molécules vont et viennent, et produisent ainsi le bruit ou le son, en se communiquant à l'air qui les environne.
Les principales qualités des corps palpables , visibles ou perceptibles à nos sens, parce que nous pouvons les saisir, dépendent, il est vrai, de la différence qu’établissent entre eux les divers degrés comparés de la gravitation de leur masse et de leurs molécules, de la variété de leur étendue respective, et de la nature de leurs mouvemens dans l'espace; mais ces modifications ne suffisent pas pour en donner une idée , une connaissance exacte. Tous les eorps sont en outre influencés par plusieurs paissances actives qui les pénètrent et qui leur donnent alors des qualités et des propriétés très-différentes les unes des autres.
Si ces puissances résidoient dans une matière, si elles avoient nnesubstance, une étendue , du poids, on pourroit les considérer comme des corps ; mais on ne connoit guère que leur mouvement ; elles ne manifestent leur existence qu’au moment où elles sont arrêtées par d’autres êlres matériels, qu’elles s’y unissent, ou qu'elles s’en séparent. On ne les a jamais vues isolées , puisqu’elles ne deviennent sensibles qu'au moment où elles se combinent avec d'aulres malièi'es, on lors¬
qu’elles les abandonnent. Ces forces agissent alors sur les corps en leur communiquant d’autres qualités, d'autres propriétés ; aussi les a-t-on nommées des a^ens.Onles désigne aussi sous le nom deyî'uûfes, etee mot de fluide est un terme de convention pour indiquer que leurs molécules ou les particules qu'on suppose les former, sont très-peu liées entre elles; qu’elles coulent, pour ainsi dire, les unes sur les autres, et qu'elles se meuvent avec une grande facilité. Comme on ne peut contraindre ces fluides à rester isolés dans un espace déterminé , et que dans aucun cas on ne peut connoitre leur poids,on les a encore nommés incoercibles et impondérables.
Ces fluides, qu’on ne peut saisir-, ne sont connus que par leurs propriétés ou par l'action qu'ils exercent sur nous et sur les autres corps, en produisant les modifications rapides qui, seulement alors , les rendent sensibles à la vue, à l’ou'ie, au tact; aussi ces agens sont-ils essentiellement du ressort de la physique. Cependant, comme ils remplissent un très-grand rôle dans la nature , en enveloppant, en adhérant, en pénétrant plusieurs matières dont ils modifient, changent ou altèrent les formes et les autres qualités, nous jugeons indispensable de les faire connoitre, au moins d'une manière générale, par leurs propriétés. On admet quatre de ces fluides, dont deux n’ont pas encore recà de nom substantif : mais dans l'h^^pothèse que nous sommes forcés d’admettre pour leur existence réelle, au lieu d’employer les adjectifs dont on a fait usage jusqu’ici pour les désigner, et sentant le besoin d’introduire dans le langage de la science des termes simples pour indiquer ces agens, nous hasarderons de proposer deux nouveaux noms , et nous nous livrerons à leur étude dans l’ordre ci-après :
Ee fluide calot'iqucj (45) ou lecalore.
hefluide lumineux , {55) onia lumière.
Le fluide électrique , ( 65 ) ou l'électron.
Le fluide magnétique , ( 70 ) ou l'aimant
Lorsque nous exposons notre corps, on quelques unes de ses parties, à l'action directe du soleil, à celle du feu ou des corps qui brûlent, la sensation que nous éprouvons se nomme la chaleur. Par opposition, nous appelons flroid l'impression inverse, ou la perception comparée d'une chaleur moin-
réleclricilé, du magséüs-