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AGENS DE LA NATURE. CALORIQUE

dre, c’est-à-dii'C inférieure à une autre ; c’est la conscience actuelle que nous avons du défaut de chaleur, ou de celle que nous perdons.

La cause qui produit ces effets peut être excitée par nous à volonté ; nous pouvons la recueillir, la transmettre, la diviser, la distribuer dans d’autres corps comme un fluide qui les pénétreroit. On a réalisé ce fluide , et on l’a appelé le principe du feu, la matière du Jeu et de la chaleur, ou le calorique. Les principaux phénomènes que présente cet agent, et que nous allons faire connoitre d’une manière générale , sont les suivans :

Il n’est ni visible ni pondérable; cependant on peut prouver qu’il se meut ou qu’il change de place en ligne droite, comme par rayons. (47)

Il tend continuellement à s’insinuer dans les corps , à se distribuer également dans leurs molécules, sans s’y combiner. (48)

Mais , quoique les corps se mettent à l’unisson pour la quantité de calorique qu’ils conservent ou abandonnent dans le même lieu , souvent ils en admettent des quantités différeAies pour manifester la même chaleur. ( 49)

En pénétrant entre les molécules des corps, le calorique les éloigne les unes des autres, il dilate les masses ou augmenteleur volume. ( 50. 51. )

Il les rend plus mobiles et change ainsi leur solidité , leur figure , leur état (52. 53.)

Enfin , il diminue l’attraction réciproque des molécules, et les prépare ainsi à de nouvelles combinaisons. (54)

Quoique , dans quelques circonstances, le calorique qui se porte d’un corps dans un autre soit accompagné de lumière , on sait cependant qu’une boule remplie d’eau bouillante, un fer chauffé médiocrement, propagent la chaleur à distance , et que cette sensation s’y fait aisément apercevoir, sans qu’il soit possible d’apprécier l’état de ces corps par la simple vue ; on prouve également qu’une matière chauffée et refroidie, lorsqu’elle n’a pas éprouvé d’altérations dans sa substance , n’augmente ni ne diminue de poids par ces circonstances. Quand au mouvement du calorique dans l’espace, il est facile de démontrer qu’il a lieu et qu’il se propage en ligne droite , puisqu’on peut, à

l’aide de corps ternes ou dépolis, intercepter ses rayons , ou les diriger au moyen de surfaces polies qui, suivant leurs plans et leurs courbures ,les reçoivent, les renvoient, les réfléchissent, les concentrent , les dispersent ; comme on en a la preuve plus évidente encore dans ce qui se passe au foyer des lentilles de verre , à l'aide desquelles on allume, on enflamme des corps très-combustibles.

On prouve que le calorique entre dans les corps et qu'il ne s’y combine pas, parce qu’on peut le retirer dans la même proportion où il y avoit pénétré , sans changer en aucune manière leur nature. Il faut savoir que tous les corps renfermés dans les mêmes lieux , ou dans les mêmes espaces limités, tendent à se tempérer les uns par les autres, à se communiquer réciproquement le même degré de chaleur ou de température. Cette tendance qu’ont les corps à se mettre à l’unisson pour la température, est ce qu’on nomme 'Véquilihre du calorique. Tous les corps ne se laissent pas cependant pénétrer dans leur totalité , par la matière de la chaleur. Celle-ci ne se propage pas dans leur masse de la même manière. Cette différence qui existe entre les corps est désignée sous le nom de conductibilité. Les métaux sont pour la plupart de très bons conducteurs ; tandis que le charbon, et en général les corps qui ont peu de densité, sont de mauvais conducteurs ; tels sont l’air et les autres fluides aériformes, et même les liquides qui abandonnent si facilement le calorique, et qui ne l’admettent que très - difficilement entre leurs molécules.

Pour arriver à un même degré de température , chacun des corps placés dans les mêmes circonstances , demande sous un même poids des quantités différentes de calorique. Cette particularité tient probablement aux variations de leur volume^ de leur densité, et à d'autres dépendances de leur manière d'être. Ce fait qui indique que chaque corps est susceptible de recevoir plus ou moins de matière de la chaleur, est désigné sous le nom de capacité^ouvle calorique, et la quantité de ce fluide qui y est entré s’appelle le calorique spécifique ; de sorte que des corps très-différens,, échauffés au même degré, fondent des quantités différentes de glace : ils con-

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