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AGENS DE LA NATURE. LUMIÈRE

Un très-grand nombre de substances doivent au calorique l'apparence, la forme ou l’état sous lequel elles se présentent à notre observation sur la terre , puisque cet agent en se plaçant entre leurs molécules, en plus ou moins grande quantité, les rend fluides ou solides. Il ne change pas leur nature ; mais il leur fait occuper des espaces trèsdiflférens , et il modifie ainsi plusieurs de leurs propriétés physiques. Les corps solides sont ceux qu’on peut toucher et saisir avec les doigts, dont les molécules son agrégées et adhérentes entre elles par la force de cohésion qui les fait résister à la séparation , de manière à ce qu’elles conservent la forme qu’on leur a données , puisqu’elles ne peuvent se mouvoir indépendamment les unes des autres. Les Jluides sont, comme nous l’avons dit (43), des corps dont les parties sont peu liées entre elles , ou si foiblement, qu'elles se séparent et semblent glisser les unes sur les autres , lorsqu’elles sont abandonnées à elles-mêmes ; aussi pour les retenir est-on obligé de les contenir dans des vases.

On distingue encore les fluides en deux sortes. Les uns, lorsqu’ils sont eu repos, nous présentent une surface unie et distincte; nous pouvons alors les toucher. On les appelle ordinairement liquides ; tandis qu’on nomme fluides élastiques, ou aériformes ^ ceux qui sont semblables à l’air dans lequel nous vivons, et que nous ne pouvons toucher et voir que dans certaines circonstances où nous les avons coercés. Souvent un fluide élastique peut repasser à l'état liquide par la seule diminution du calorique, ou par l’augmentation de la pression ; il prend dans ce cas le nom de vapeurs ; mais lorsqu’il conserve son élasticité à toutes les températures, on le désigne simplement sous le nom de gaz. L’eau , le souflre, le mercure , peuvent nous servir d’exemples pour ces trois sortes d’état à différeps degrés de température. Le mercure n’est solide qu’à 39 degrés sous zéro du thermomètre centigrade ; l’eau à zéro ; le soufre ne se fond qu’à 170 degrés. L’eau se change en vapeurs ou elle bout à 100 degrés , le souffre à 200, et le mercure à 350. Il est plusieurs corps dans la nature qui, à la température et sous la pression de l’atmosphère dans laquelle nous vivons, restent continuellement pénétrés d’une quan¬

tité suffisante de calorique pour conserver la forme de gaz. Ils ne peuvent même prendre l’état solide qu’autant qu’ils s’unissent ou se combinent avec d’autres substances , et constamment alors , ils laissent dégager la matière de la chaleur.

En s’introduisant dans le corps, le calorique écarte leurs molécules, il diminue ainsi leur attraction cohésive ou celle qui dépend de la forme de leurs particules intégrantes ; mais il paroît agir dans beaucoup de circonstances sur l'affinité réciproque de leurs élémens ou principes conslituans. C’est à cette propriété que l’on attribue la décomposition d'un grand nombre de matières parl'action d’un feu plus ou moins violent. Quand on dispose l’appareil où s’opère la décomposition , de manière à en recueillir tous les produits , on obtient alors la connoissance de la composition de certains corps ; c’est ce que l’on nomme Vanaljse par le feu. Le calorique est en outre constamment employé comme moyen physique et préparatoire d’une action chimique ou de combinaison , pour faciliter la fusion des solides qu’il ramollit, liquéfie, vaporise ou gazéifie; et par les moyens que l'on a de soustraire les corps à son influence, en même temps qu’on les soumet à une forte pression , on peut étudier leur nature en changeant leur état en sens inverse ; c’est ainsi, par exemple , qu'on ramène les gazs à l’état de vapeurs ou de liquides , et ceux-ci à la forme, à la consistance des solides avec toutes leurs propriétés.

De même que c’est par la sensation de la chaleur que nous avons acquis des idées sur le calorique , c’est par l’œil ou l’organe de la vision que nous pouvons uniquement percevoir la sensation de la lumière. On peut démontrer que la cause de cette sensation est réelle ; qu’elle dépend de la présence d’un fluide répandu dans l’espace où il se meut en tous sens et en rayonnant en ligne droite avec une excessive rapidité ; qu’il est doué d’une ténuité telle, qu'il traverse en entier certains corps qu'on nomme à cause de cela transparens, translucides ou diaphanes ; qu’il donne à tous les corps de la nature , par la manière dont il se comporte à leur surface;, des qualités particulières que

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