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AGENS GÉNÉRAUX DE LA NATURE. ÉLECTRON

On est porté, par cette expérience, à supposer que la lumière est eu totalité formée de sept rayons unis et confondus, dont trois ont été considérés comme primitifs simples ou essentiels ; ce sont le bleu, le jaune et le rouge ; tandis que les quatre autres sont intermédiaires ou composés : savoir, le vert, du jaune et du bleu ; le violet et l'indigo, du rouge et du bleu en proportions variées ; et l’orangé , du jaune et du rouge. Quant à la coloration des corps opaques , on suppose également que la lumière est altérée à leur surface, comment chacun des corps colorés ne renvoie à l’œil que les rayons qui les dénotent elles caractérisent, les autres restant absorbés j et comment le noir n’a aucune couleur, parce qu’il ne renvoie aucun rayon,• tandis que les corps blancs réfléchissent en entier la lumière.

Il est des corps qui offrent encore des phénomènes très curieux à connoîti’e , tels que la double réfraction de la lumière qui s’observe dans quelques cristaux , comme le spath d’Islande, au travers duquel on aperçoit deux images, ou une double représentation des traits , quoiqu’il n’y en ait réellement qu’une seule , ce qui tient à la structure du cristal ; c’est ce qu’on a pu observer depuis dans d’autres minéraux, tels que le soufre natif, la baryte sulfatée^, etc. Un autre phénomène analogue, est celui de la double polarisation qui tient à un mode particulier de réfraction des rayons lumineux à travers certains corps. Mais ces propriétés de la lumière sont absolument du ressort de la physique qui les explique. Nous ne devons ici que les indiquer, comme servant de caractères propres à distinguer quelques minéraux.

Deux autres agens de la nature communiquent aux corps des propriétés et des qualités qui les caractérisent, et que nous devons encore étudier d'une manière générale ; mais comme leur action est plus bornée, nous donnerons moins de détails surchacun, en nous contentant d’exposer seulement les faits , sans chercher à les expliquer. Ces fluides ne se manifestent qu’autanl qu’ils tendent à abandonner un corps pour se porter dans un autre, à la surface duquel ils

paroissent rester sans s’y perdre d’une matière absolue ou sans être détruits. Ils offrent ce phénomène commun , que leur manifestation dans les corps semble y démontrer l’existence de deux fluides analogues par leurs effets, mais différens, et tendant à se croiser, dans leur manière d'agir. Si l'un d’eux, par exemple , émane d’un corps mobile, et libre jusqu’à un certain point, qu’on puisse rapprocher d’un autre corps mobile chargé du même fluide, du moment où ces corps pourront agir l'un sur l’autre , ils s’éloigneront presque aussitôt et se repousseront réciproquement; tandis que si l’un de ces corps est chargé d’nn fluide opposé , ces deux corps se trouveront irrésistiblement entraînés l’un vers l’autre; c’est ce qui a fait désigner ces fluides sous des noms différens ; tantôt positif, quand le fluide attire ; et négatif, quand il repousse; tantôt boréal, quand le fluide se dirige vers le nord ; et austral, quand il porte la portion mobile du corps où il réside, vers le pôle sud ou méridional de la terre.

Les plus anciens observateurs avoient reconnu que l’ambre jaune ou le succin, sorte de résine fossile , dont on faisoit alors , comme aujourd'hui, des ornemens et des bijoux, jouissoit, après avoir été frotté immédiatement, de la singulière propriété d’attirer d’abord fortement les corps légers, et de les repousser ensuite vivement peu après qu’ils avoient été en contact. Comme cette matière étoit appelée électron par les Grecs, on a emprunté de ce nom celui dé électricité, sous lequel on a désigné cette propriété ; et comme on a reconnu que cette cause résidoit dans une sorte de fluide impondérable, dont on pouvoit rendre la présence pei’ceptible à plusieurs de nos sens, on l’a nommée fluide électrique.

On a recueilli ce fluide à l’aide de divers instrumens; en particulier en faisant frotter une grande surface de verre sur deux coussins de cuir saupoudrés d’une matière sèche provenant d’un amalgame ou d’une autre préparation métallique pulvérisée ; c’est ce que l’on nomme une machine électrique. A mesure que ce fluide s’accumule sur le verre ou qu’il s’y trouve en excès , il s’échappe , étant soutiré par des pointes dont est armé un cylindre creux de métal poli, placé à quel-

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