‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 35 sur 147 · CORPS ANORGANIQUES. MOYENS D’ÉTUDE · texte numérisé non relu

CORPS ANORGANIQUES. MOYENS D’ÉTUDE

est susceptible de se fondre ou non; si, avant de se liquéfier, il pétille, décrépite , se soulève en lames ; s'il se gonfle, se boursoufle; s’il change de couleur; si la matière, avant ou après être fondue , se sépare , s’élève en entier ou partiellement en vapeur, avec des qualités spéciales. Ordinairement le courant d’air projeté sur la flamme est arrêté sur un support de charbon , de plombagine, d’alumine, de platine, et quelquelois on ajoute quelque substance pour accélérer la fusion ou empêcher l'oxidation.

Enfin on a beaucoup perfectionné le chalumeau , en introduisant dans un réservoir un mélange gazeux de deux volumes d'hydrogèhe sur un d’oxigène et en faisant sortir ce gaz par un très-pelit jet qu’on allume et qui produit la chaleur la plus intense. On estime, à l'aide du pyromètre , la température qu’exige la production de chacun de ces phénomènes. On apprécie l’action que déterminent le jet ou la projection des diflérens gazs , pour faciliter la fusion qui peut encore être aidée par l’action de certains sels qu’on nomme des Jlux. (191)

Quand on fait usage des liquides, au lieu d'employer la matière de la chaleur , à laquelle on associe l'action des matières combustibles , on opère alors chimiquement et on fait ce qu’on nomme Aes dissolutions par la voie humide. C’est encore un moyen d’essayer la nature des corps. On emploie dans ce but l’eau , l'alcohol, les acides qui, agissant sur les uns et non sur les autres, les font reconnoître de cette manière. Dans quelques cas , la dissolution étant opérée , on la détruit afin d’obtenir , par un précipité , la matière qu'on vouloit isoler. Tous les liquides employés à ces sortes de recherches sont appelés réactifs.

Ces moyens ou ces épreuves employés comme essais sur de petites quantités de corps inertes ,et en particulier pour reconnoître les métaux , constituent ce qu’on appelle la docitnasie ; mais quand on opère sur de grandes masses tirées immédiatement de la terre , toutes les opérations nécessaires pour obtenir les matières dans leur état de pureté , sont désignées sous le nom de métallurgie. ( 130,)

En comparant l’accroissement des êtres

organisés avec celui des corps inertes , nous avons vu que ces derniers augmentent de volume par une sorte d’agrégation. Cette augmentation des minéraux, quand on peut l'observer, s’opère évidemment par l’application de couches successives sur leurs surfaces par juxtu-position , à l'aide de l’attraction (H, 12, 14), ou d’une sorte d'affinité que les molécules de même nature semblent avoir entre elles , soit par la ressemblance chimique des principes qui les composent, soit par la similitude physique ou symétrique de leurs particules intégrantes (27-28.} C’est sous ce dernier rapport que les minéralogistes ont étudié les formes que prennent les matières , lox'squ’elles passent de l'état liquide ou gazeux h l'état solide. Si celte consolidation produit des formes régulières analogues à celle de l'eau qui se cong'ele, elle prend le nom de cristallisation , et le solide qui présente des formes symétriques est appelé un cristal.

On a observé que la cristallisation ne pouvoit avoir lieu qu’autant que les molécules intégrantes du solide avoient été libres , mobiles les unes sur les autres, et qu’il falloit que la cause qui les avoit ainsi tenues écartées vînt à cesser lentement, afin que l'attraction de contact l’emportât sur celle de composition. Plusieurs causes générales déterminent les circonstances qui favorisent la cristallisation , ou cette réunion géométrique et régulière des molécules solides : ce sont le repos ( 87 ), les dissolutions préalables des particules ( 88 ) , la soustraction ou la perte du calorique ( 89), et certains cas de décompositions ou de combinaisons chimiques consécutives. (90. )

Lorsque des dissolutions de matières, propres à former des cristaux, sont abandonnées à elles-mêmes dans des vases assez clos pour s’opposer à l’évaporation , si elles sont soumises à une température qui varie peu , on y voit cependant à la longue déposer de très-beaux cristaux , dont la formation ne peut être attribuée qu’à l'action prolongée de la force d’attraction de molécules similaires , favorisée par la pesanteur respective des diverses parties du liquide, et de l'inertie produite par le repos absolu.

Page 1