AIR ATMOSPHÉRIQUE
était huit cents fois plus léger que l’eau distillée élevée au même degré de chaleur. On s’est servi de cette pesanteur de l’air comme moyen de comparaison pour désigner, sous pareils volume , pression et température , la pesanteur des autres gazs, comme d’une unité de poids ou de pesanteur spécifique.
La pesanteur de l’air sur la surface de la terre et des liquides produit un grand nombre de phénomènes qui deviennent surtout manifestes quand elle cesse de s’exercer; on estime en physique les variations de la pesanteur de l’atmosphère et la hauteur des lieux au-dessus du niveau de la mer, à l’aide d’un instrument qui donne la mesure de ce poids ; c’est pourquoi on le nomme baromètre. C’est un tube de verre d’à peu près trois pieds de longueur, dans lequel on introduit du mei’cure de manière à ce que l’air ne puisse y pénétrer. On le renverse dans le même but, et avec les précautions convenables, dans une cuvette qui contient et reçoit ce métal liquide : on voit alors la colonne de mercure descendre à peu près à vingthuit pouces dans les temps sereins , et sur un point delà surface de la terre correspondant à peu près au niveau de la mer. Car à mesure que l'on s’élève sur les montagnes , la colonne de mercure diminue; elle s’élève ou s’alonge au contraire quand on eni descend. On connoît même par ce procédé et l'on estime les élévations ou la hauteur des grands édifices et surtout celle des montagnes, la sérénité de l'atmosphère; l’approche des orages et des tempêtes est aussi indiquée par cet instrument dont la colonne de mercure s'alouge lorsqu’il doit faire beau temps, et descend lorsqu'il doit pleuvoir. On estime la chaleur de l’air à l’aide du thermomètre (51) ; son humidité ou sa sécheresse, au moyen de Vhygromètre ou de Vhjrgroscope ; la direction des vents ou les raouvemens de translations qui poussent les couches de 1 air d’un lieu dans un autre sont indiqués par les anémomètres, vulgairement appelés des girouettes; toutes ces manières d'étudier les propriétés de l’air atmosphérique sont du ressort de la physique proprementdite. Nous dirons seulement ici que les in.strumens employés à indiquer les degrés de sécheresse ou d'humidité de l’air sont faits avec des matières qui s’enflent ou se raccourcissent ; telles sont plusieurs matières animales ou végétales : les cordes à boyaux , le parchemin , les cheveux lessivés, le bois, les aigrettes de plusieurs graines, surtout dans la
famille des composées ou sjBanlhérées. Enfin , noos rappellerons que les anémomètres consistent en une ou plusieurs feuilles de métal mobiles sur un axe exposé dans un lieu élevé, comme le sommet des bâümens, afin quelles poissent tourner au moindre vent, et indiquer ainsi la direction dans laquelle il souffle.
Les corps pondérables simples, c'est-àdire qu'on n’a pas encore décomposés et qui sont naturellement à letat solide, sont distingués en ceux qui peuvent s'unir à l’oxigène, de là nommé combustibles, et en ceux qui sont déjà brûlés. On a partagé en deux ordres les corps susceptibles d'être brûlés; les non-métalliques et les métaux qui réunissent un grand nombre de caractères communs, mais dont aucun n'est général et par conséquent essentiel ; aussi la démarcation entre ces corps u'est-elle pas trfe-évidente dans l’état actuel de la science; nous allons donc en exposer l'bistoire, dans la série (80) où noos les avons prècédemment nommés.
Le diamant est du carbona dans le plus grand état de pureté ; c'est, comme on sait, une pierre précieuse dont on fait des bijoux d'ornement très-recherchés à cause de leur édat brillant, de leur admirable transparence , de leur dureté exlrcme qui les rend inaltérables , mais surtout, peut-être , à cause de leur rareté. C'est le corps qui résiste le plus au frottement, c'est le plus dur, car aucun ne peut le rayer ni l'user ; aussi ne peutuB le polir qu'avec sa propre poussière ; ne pouvant être entamé par aucune sobstaoBce , on l'a employé pour user , couper , perforer les matières les plus difficiles à rayer : c’est avec la pointe d'un diamant brut nettement ciistaliisé, enchâssé d’une manière particulière, que les vitriers incisent la surface du verre pour le casser ensuite sur la ligne droite ou courbe qu'ils ont trarèe. On trouve dans la nature le diamant cristallisé sous des formes régulières; les principales sont l'octaèdre (PI- ni, fig. 3), ou le dodécaèdre rhomboidal (PI. n, fig. 8)î mais ces cristaux naturels offrent sur leurs plàns, quand ik sont examinés altenlivement, des stries on lignes enfoncées parallèles qui indiquent qu'ils sont formés de lames qu'on peut en efièt détacher au moven
diamant ou carbone.
du clivage. Pesé dans l'eau distillée il perd les vingt-huit centièmes de son poids. Il est inodore et électrique par froltement, mais il n est pas conducteur de l’électricité. Quoique le diamant réfléchisse très bien la lumière , surtout lorsqu’il est poli, il la décompose quand elle le traverse , comme corps puissamment réfringent. Newton avait soupçonné sa nature combustible, d'après celle particularité. On a reconnu depuis, en effet, que lorsque le diamant étoit exposé à une chaleur très-forte avec le contact de l'air, et surtout du gaz oxigène, il se brùloit et disparoissoit entièrement sous forme de gaz. (178)
On n'a jusqu’ici trouvé des diamans qu’aux Grandes-Indes , principalement dans les royaumes de Goicoodeet de Visapour, et au Brésil, au pied de quelques montagnes et souvent à la surface de la terre. Ils y sont presque toujours isolés ou épars dans des terrains de transport ’oa d'alluvions, dans des vallées. Les dianaans sont d’un prix très-élevé et qui augmente en raison de leur poids. On estime ce poids parkarat, nom tiré de celui d’une sorte de semence qui équivaut à peu près à quatre grains. Le plus beau qui soit en Eraoce porte le nom du régent ou du duc d’Orléans , qui Tacheta deux millions et demi. Il pèse cent trentesix karats ; on l'estime maintenant plus de cinq millions, quoiqu'un diamant d’un karal ne vaille que deux cent soixante francs ; mais celui-là est d’une grande beauté à cause de son eau ou de sa limpidité. Il est à peu près carré ; U a neuf lignes d’épaisseur sur treize et demie de large, car il est taillé en brillant, c'est-à-dire avec une grande face plane entourée de facettes et opposée à une pyramide polyèdre.
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La forme sous laquelle nous voyons le plus souvent le carbone, est celle du charbon dont nous faisons uu si grand, usage dans nos cuisines ; mais sous cet état il n’est pas pur ; les chimistes ont démontré qu'il contenoit plusieurs gazs , souvent île Teau, et toujours des terres , ou des oxides , tels que la potasse. C’est une substance d’un noir intense, friable, très-poreuse. Il provient le plus ordinairement des matières organisée, et surtout de substances végétales qui ont été chauffées fortement et privées