CORPS INERTES. COMPOSÉS. PIERRES
préserve de l’oxidation. Il sert principalemeut pour faire couler plus facilement les émaux colorés destinés à la peinture de la porcelaine, et surtout pour souder le fer, le cuivre , l’argent et l’or.
L’eau de la mer, celle de quelques fontaines et de plusieurs lacs qu’on nomme salés, tiennent en dissolution un sel qu’on trouve aussi à l’état solide , dans l'intérieur de la terre ; c’est le sel marin , ou sel de cuisine y qu’on a nommé encore muriate de soude. Il est regardé aujourd’hui par les chimistes comme un chlorure de sodium , quand il est solide , et comme un hydrochlorate , lorsqu’il est fondu dans l’eau.
Tout le monde connoît sa saveur : il cristallise en cubes (PI. ui,fig. 7). Exposé au feu, il décrépite fortement, quand il contient de l’eau : il se fond à une chaleur rouge , puis alors il se volatilise, au moins en partie, quand il ne se décompose pas.
Le plus blanc est le plus pur; quand il est gris , sa couleur est due à la terre et aux impuretés qu’il contient. Ou nomme sel gemme cc\\ii qu’on trouve en grandes masses dans la terre. Il en existe des mines considérables de plus de deux cents lieues de long et de quarante de large, surtout en Pologne. On vient d’en découvrir une en France près de Vie, non loin de Lunéville, dans le département de la Meurthe. Il paroît , d’api'ès les sondages , que la masse occupe un espace d’environ trente lieues carrées : que , dans quelques endroits, le ban de sel est à cinquante mètres de profondeur au plus, et qu’il a plus de soixante mètres d’épaisseur. Il y a des masses de sel colorées en blanc, en rouge, en vert, en jaune et en violet. On se sert du sel marin pour saler , assaisonner et conserver les viandes ; pour déterminer la fonte de la partie siliceuse des poteries communes , à cause de la soude qu’il contient, pour en retirer l’acide muriatique (181), et le chlore qui en est le radical. (124.)
Les PIERRES diffèrent des sels avec lesquels elles ont le plus grand rapport de composition, en ce qu’elles sont insipides et insolubles pour la plupart, et parce qu’ayant pour base des terres, celles-ci sont le plus souvent en excès. Aussi ces bases ont-elles servi en même temps, et à la nomenclature, Dümérii..
et à l’arrangement ou à la distribution méthodique de ces minéraux, tandis que |es sels, comme nous l’avons dit (183), ont reçu leurs noms composés du radical qui sert d'initial, et de la base qui devient la terminaison. Les principaux genres de pierl'es dont nous indiquerons quelques traits de l’histoire, seront 1°. parmi les calcaires , les carbonatées (194), les sulfatées (195), les phosphatées (196), les fluatées (197); 2°. des pierres provenant de la strontiane et de la baryte (198), sulfatées et carbonatées; 3°. des pierres argileuses ou alumineuses (199) ; 4°. des pierres siliceuses (200); 5°. enfin des pierres magnésiennes. (203)
La chaux cariouutee est l’espèce de pierre la plus remarquable et celle que l’on trouve en plus grande quantité sur la terre. On la reconnoît à la facilité que l'on a d’en séparer l’acide carbonique par l’action de tout acide ou d’une forte chaleur, et d’en faire , dans ce dernier cas, de la chaux pure. On la trouve dans la nature, tantôt cristallisée, plus ou moins transparente et régulière, comme le spath d’Islande, qui jouit de la double réfraction, et qui a la forme d’un rhomboïde à sommet obtus {voyez PI. in, fig. I ) : tantôt informe ou en masses; tels sont les marbt'es qu’on distingue ensaccharoïdes ou salins, qui sont homogènes dans leur structure et employés de préférence par les sculpteurs ; en brèches qui semblent formées de morceaux anguleux ou non arrondis, réunis par une sorte de pâte ou de gangue, dont la couleur, et toujours la texture, sont différentes ; en veinés, en coquilliers ou lumachelles, etc. ; tels sont encore la pierre àbâtiryles stalactites, V albâtre , oriental qui est rarement blanc, mais d'un jaune de miel plus ou moins foncé par zônes, et qui reçoit un beau poli ; la craie, le blanc d’Espagne, le tuf, etc. Ce sel pierreux se trouve principalement à la surface de la terre ; il paroit être, dans beaucoup de circonstances, le produit de la décomposition d'un grand nombre d’animaux. On le trouve tout formé dans les coquilles des mollusques et dans le test des crustacés. On emploie cette matière comme pierre à bâtir ; on en retire de la chaux en faisant rougir jusqu'au blanc les pierres qui la contiennent, et qui sont encore humides ; on en fait des vases , des statues , des crayons, des peintures communes à la détrempe.