CORPS INERTES. COMPOSÉS. PIEERES CALCAIRES
On nonnae chaux sulfatée y la pierre ou le sel terreux, qxii est le produit de la combinaison d'un peu d'acide sulfurique avec beaucoup de chaux. Le gypse y la sèléaite ou pierre à plâtre, est de cette nature. On la trouve pure et cristallisée ; elle est alors en prismes à quatre pans, dont la base est un carré alongé et obliquangle {voyez Pî.
III, fîg. 4) J mais ordinairement elle est combinée avec la chaux carbonatée, et en masse teiTeuse. Cette matière, prirèe de son eau de cristallisation par l'action du feu, réduite en poussière et mouillée ensuite, redevient solide, ainsi que l'eau qu'on y a mêlée. C’est ainsi que l’on coule les statues en plâtre , et que l'on s'en sert comme d'un mortier. Quand on mêle à l'eau des matières gommeuses ou gélatineuses colorées, on obtient des plâtres de diverses teintes, et plus solides, qu’on appelle stucs y surtout quand on J introduit quelques morceaux de marbre qu'on polit ensuite sur place. On nomme albâtre gypseux ou albastràe la chaux sulfatée compacte, avec laquelle on faisoit, sur le tour , des vases et des poteries sans anses ; de là le nom qui signifie difficile à saisir.
La chaux phosphatée vient ensuite : on la trouve presque pure dans les os des animaux , lorsqu'on les a fait brûler à un trèsgrand feu ; mais elle se rencontre aussi, soit dans certains cristaux qu'on a nommés apatites et chrysoRthes, qui ont là forme de prismes hexaèdres réguliers ; PI. in, fig. 2 , soit en masse terreuse. comme dans l'Estramadure, en Espagne. Onreconnoît la chaux phosphatée en ce qu'elle ne fait pas effervescence avec les acides, et que ses fragmens deviennent lumineux ou phosphorescens lorsqu'ils sont fortement chauffés. C’est principalement des os et de l'urine des animaux qu'on relire l’acide phosphorique, et par suite le phosphore (122), à l'aide d'auties acides, de la chaleur et du charbon.
En employant l'acide sulfurique affoibîi par l'eau, versé sur une pierre nommée longtemps spath-Jluory on y a découvert la chaux unie à un acide qu’on peut en dégager sous forme d'un ga* appeléyÎMoriyue ou hjrdrophtoritfue. le corps brûlé qui compose cet acide n’est pas encore connu, parce qu’on
n'a pu l'isoler en raison de ce qu'il attaque tous les vases. Il peut s'unir à l’eau, et alors c'est un liquide blanc qui rougit la couleur du tournesol. Son odeur est piquante, ainsi que sa saveur qui est même corrosive, ce qui l'a fait appeler pktore , nom qui signifie rongeur. Lorsqu’il est appliqué sur les matières animales, même vivantes, il les corrode et les désorganise rapidement. Cet acide jouit de la singulière propriété de ronger ou de corroder le verre en dissolvant la silice, comme l'^u-forte détruit le cuivre , de sorte qu'on s'en est servi pour graver sur le verre. Les lames de glaces polies, puis vernies, sur lesquelles on avoit fait des dessins avec une pointe, ont donné ensuite des gravures sur le papier. La chaux Jluatée cristallise régulièrement en un solide qui a huit faces régulières, ou deux pyramides quadrangulaires adossées base à base, PI. iii, fig. 3. Elle forme de très-belles masses colorées en bleu, en violet, en vert, disposées par couebes en zig-zag très-tranebées ; elle reçoit un beau poli ; malheureusement celte pierre est tendre, elle se raie facilement, elle offre beaucoup de glasures, elle est sujette à présenter de gros morceaux de calcédoine, de pj'rites ou de galène qui s’opposent au poli qu’on voudroit lui donner ; cependant on la travaille fort bien en Angleterre pour en faire des bijoux, des vases évidés dont quelques-uns ont près d’un pied de diamètre.
La baryte suyâtée est une pierre trèspesante, lorsqu'elle est cristallisée, on la nomme spath pesant, spath de Bohême. Ses cristaux sont des prismes à quatre faces sur des bases en rhombe, PI. «i, fig. 5. On ne les emploie pas dans les arts. La pierre dite de Bologne y qui appartient à ce genre , est phosphorescente quand elle a été exposée long-temps à la lumière. On trouve aussi dans la nature la baryte à l'état de carbonate. La strontiane est à peu près dans le même cas que la barile ; on la rencontre quelquefois cristallisée. Aux environs de Paris y à Montmartre, la strontiane sulfatée est en masse informe ; celle qui est carbonatée nous vient d'Angleterre , ou bien elle est fournie pax* la chimie,
Les pierres qui sont essentiellement formées par l'alumine, et qu’on dit ar^i/eoses ,