CORPS INERTES. COMPOSÉS. PIERRES MAGNÉSIENNES. ROCHES
4o. Le talc , qui est une pierre dont la couleur varie, s'offrant sous l’apparence nacrée qu’elle communique à tous les corps sur lesquels on la frotte ; elle est extrêmement grasse sous le doigt et très facilement divisible ; réduite en poudre très fine, on l’emploie pour préparer certains fards blancs ou roses, qui servent à la toilette des dames , en le colorant avec le carmin ou avec la fécule colorante rose que l'on retire du carthame. Cette pierre est la base de certains crayons dit de pastels. La craie de Briançon est une sorte de talc blanc, très tendre j les tailleurs d’babits l'emploient pour tracer sur le drap les lignes qui indiquent la coupe; on s'eu sert aussi pour enlever les taches de graisse sur la laine et sur la soie ; réduite en poudre, elle facilite le glissement, et c’est pour cela que les fabricans débottés en font usage lorsqu’ils font essayer ces sortes de chaussures. On l’emploie aussi pour donner un brillant nacré à certains papiers de tenture.
Le mica , la dernière des pierres magnésiennes que nous allons indiquer, est remarquable par la propriété dont elle jouit de })Ouvoir être divisée en feuillets ou lames excessivement minces et élastiques ; dont la surface imite souvent l'éclat des métaux.
Tantôt il est en grandes feuilles minces , transparentes, qu’on peut employer comme vitraux ; c’est ce qu'on nomme le verre ou le talc de Moscovie , qui sert dans ce pays, et qu’on emploie aussi dans la marine, parce qu'il n’est pas sujet à se briser par la détonation de la poudre à canon. Celui qui se trouve mêlé avec le sable, et qu’on en extrait par les lavages, varie pour la couleur : quand il est jaune on le nomme poudre d’or, quand il esthiAnc poudre d'argent, quand il est noir poudre de deuil, et c’est sous ces noms que le débitent les papetiers, pour absorber l’encre qui ne sèche pas assez rapidement sur le papier écrit, poudre qui a le grand avantage de ne pas rayer les meubles de bois polis , les cuirs des bureaux et le marbre, comme les sables ordinaires.
Les mélanges de terres , soit entre elles, soit avec les pierres elles substances métalliques , portent le nom de boches. On peut les ranger d’après l'ordre des terres qui sont en plus grande quantité dans leur
masse. Quoique, dans le langage ordinaire, le nom de roches indique delà dureté, plusieurs des minéraux (jui se trouvent rapportés ici sont mous, et forment des masses qui n’ont pas beaucoup de solidité, surtout lorsqu’on les observe au moment où elles sont extraites de la terre. Parmi les roches calcaires sont placés les marnes et les tufs (206). On rapporte aux roches alumineuses les argiles (207), les ocres (209) , les schistes (210), les cornéennes (211). Parmi les siliceuses sont les roches feldspathiques (212), enfin les tripolis , les laves , les verres volcaniques, les ponces, etc. (213.)
Les marnes sont des mélanges d'argile et de chaux carbonatée pour la plupart, comme le prouve l'analyse ; elles varient beaucoup pour les couleurs , la finesse des grains ou des molécules intégrantes. Les marnes argileuses servent surtout à faire des poteries et des faïences. Les petites masses ou tablettes que l’on vend à Paris sous le nom de pierre à détacher, est une marne de couleur grise, marbrée de brunâtre, qui se trouve à Montmartre entre les lits de gypse, disposée par bancs comme feuilletés. Les marnes calcaires sont souvent exploitées pour être employées par les cultivateurs qui la répandent dans les terres trop compactes, afin de les rendre plus perméables à l'eau et faciliter ainsi la végétation. Les tufs sont des masses de chaux carbonatée , impure et poreuse , qui contient de l’alumine et beaucoup d’autres matières. Ils forment des dépôts considérables. Quand on tire les tufs de la terre ils sont humides, pesans et mous ; mais à Pair ils se dessèchent, deviennent légers et très-durs, ils servent aux constructions. Il est des tufs qui sont évidemment le résultat de concrétions produites par des infiltrations.
'L'argile est un mélange naturel de silice et d’alumine dont les proportions respectives varient beaucoup, ainsi que la couleur.
Les masses argileuses séchées répandent une odeur particulière lorsqu’on les humecte ; elles forment avec l’eau une pâte qui , desséchée lentement et exposée à un feu violent, devient très-dure , et perd la propriété de se délayer dans l’eau , comme elle l'avoit auparavant. L’argile un peu sèche a tant d’affinité pour l’eau, qu'ellehappe