COHPS INERTES. COMPOSES. ROCHES. TUFS
fortement à la langue. Lorsqu’elle est humide et qu’elle contient peu de sable, elle se polit sous le doigt, se laisse couper par tranches très-minces ; onia façonne sur le tour, on la moule ; aussi fait-elle la base de toutes les poteries.
On distingue beaucoup d'espèces d’argiles , telles que les glaises à potier, ou figulincs, les argiles plastiques de diverses couleurs , les terres àfoulon, les terres à pipe, les pierres à détacher, les kaolins. C’est avec les argiles communes qu’on fait la brique , les tuiles, les carreaux, les fourneaux, toutes les poteries rouges et ordinaires, ainsi que la vaisselle blanche, comme la faïence. C’est avec une sorte d’argile très-blanche , composée de silice et d’alumine à peu près en égale proportion , absolument infusible au feu, et dite pour cela même apyre , qu'on fait la porcelaine. On garnit de glaise les fonds des bassins et des citernes , et de toutes les fosses où l'on veut retenir l’eau et la conserver. On emploie la terre à foulon pour enlever aux fils des étoffes de laine la graisse ou l’huile dont on les avoil enduits afin de les travailler plus facilement.
Les ocres sont encore des argiles dans lesquelles il entre une forte proportion de silice , et qui sont colorées fortement par le fer. On les distingue par les couleurs ; la sanguine, dont on fait des crayons; on l’exploite principalement en Bohême et dans diverses contrées de l'Allemagne. Ce sont les crayons rou ges naturels ; mais on en fait d’ar' tificielsqui sont plus recherchés et meilleurs pour le dessin : il entre alors dans leur composition lasubstancemême delà sanguine purifiée par des lavages,un peu d’eau gommée et savonneuse qui leur donne plus de liant et de moelleux. Le hol d'Arménie., la terre sigillée de Lemnos sont des ocres rouges.
U ocre jaune , qui devient rouge lorsqu’on le chauffe fortement, et qu’on nomme alors calciné, sert beaucoup en peinture, surtout broyé avec l’huile siccative ; c’est avec cet ocre ainsi rougi par l’action du feu qu’on met en couleur les carreaux de nos apparteinens. Il en est de même de la terre de Sienne , qui prend par l’action du feu une teinte d’acajou , et qu’on dit alors brûlée.
Les schistes sont des argiles qui se débitent par lames , et qu’on nomme à cause de ce\â feuilletées. Réduites en poussière elles ne font pas une pâte avec l’eau. Telles sont les ardoises qui se trouvent dans la terre en grandes masses dont les feuilles sont cons- •tamment inclinées à l’hoi'izon. On s’en sert pour couvrir les bâtimens. Les meilleures n’absorbent pas l’eau. Quelques chistes sont d’un grain fin, tels sont les crayons gris avec lesquels ou écrit sur les ardoises ; d’autres sont très-durs à cause delà silice qu’ils contiennent ; on les emploie comme pierres à aiguiser ou plutôt à X’epasser , tels sont la pierre à rasoir, qui est formée de deux couches , l’une noire et l’autre jaune ; elle vient des environs de Namur, de Liège : c’est le schiste coiicule des Ardennes ; la pierre cl lancettes, qui est d’un gris verdâtre, et celle dite à Veau, avec laquelle on donne un premier poli aux métaux. C’est encore à cet ordre des schistes que l’on rapporte la pierre noire dit graphique et Vampelite noire qui servent de crayons aux tailleurs de pierre , et la pierre nommée dTtalie , qui est un schiste argileux à grain très-fin , moelleux , qui jieut se tailler en pointe déliée pour les dessins les plus délicats.
Les roches dites cornéennes sont encore des schistes plus durs qui ont une odeur argileuse lorsqu’on les humecte ; le tt'app est dans ce cas ; cette roche constitue des montagnes entières dont la surface est comme disposée en gradins ou en marches d’escalier. La pierre de touche ou la pierre de Lydie est une espèce de ce genre. Nous avons dit l’usage qu’en font les orfèvres pour juger par aperçu le titre de la pureté de l’or des bijoux (181), parce qu’elle n’est pas attaquable par l’acide nitrique.
Le feldspath contient assez de silice pour être scintillant. II présente constamment une cassure lamelleuse, et il se fond au chalumeau en formant un émail. Il cristallise eu un parallélipipède à angles obliques , dont deux des côtés sont toujours ternes, et les autres brillans. PI. iv, fig. 6. Ce minéral est très-abondant dans la nature, et présente beaucoup de variétés. Ce sont des pierres très-dures , malheureusement souvent feu-