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BOTANIQUE. TOURNEFORT

ÎK)taniste pour arriver à la connoissance de l’espèce , il faut qu’il étudie successivement les divers organes qui constituent le caractère des cinq divisions principales. Avec presque tous les procédés imaginés jusqu’ici en botanique , on considère les organes de la fructification. C’est en effet la seule fonction que l’on connoisse bien dans les végétaux, et elle a produit en général des rapprochemens très-naturels. Nous allons faire connoître ici d’une manière générale les trois principaux systèmes de botanique , ceux établis par Tournefort , par Linné et par M. de Lamarck. Nous exposerons, dans un chapitre particulier, avec beaucoup plus de détails, la méthode naturelle , qui est celle de Jussieu.

Joseph Pitton de Tournefort, né à Aix en Provence, publia ses Elémens de Botanique en 1694. 11 établit les fondemens de sa méthode sur ce qu’on appeloit alors la fleur, mais essentiellement sur la corolle qui , frappant davantage la vue , fournissoit de suite un grand nombre de caractères. A cette époque , l’auteur ne connoissoit guère que dix mille espèces de plantes qu'il rapporta à environ sept cent genres ; de sorte que la marche qu’il a tracée , n’est plus maintenant au courant de la science. Si nous l’indiquons ici, c’est qu’elle est liée à l’histoire de la Botanique, dont elle a hâté les progrès , parce que cette méthode est simple, et que son exposition nous facilitera beaucoup les études des autres moyens mis en usage pour acquérir la connoissance des plantes. Nous la présenterons donc avec quelques détails, mais surtout comme un procédé commode qui offrira l’histoire de l’avancement de la science, et qui nous servira d’introduction pour une marche meilleure et plus régulière.

Tournefort divisa d’abord le règne végétal en deux grandes sections. Il rangea dans la premièi'e toutes les herbes, et il comprenoit sous ce nom les plantes annuelles ou vivaces qui perdent en hiver leurs tiges , dont la consistance est médiocre , et qui ne sont jamais ligneuses. Les arbres (369 ) formoieut la seconde section avec les arbrisseaux. Il réunissoit ainsi toutes les plantes de consistance ligneuse qui s’élèvent en général à la hauteur du corps de l’homme, qui

ont des bourgeons, et qui vivent le plus sou^i vent au-delà de deux années. Cette division étoit fautive ; mais il croyoit suivre l’ordre de la nature en rapprochant ainsi les grands végétaux , et en les rangeant par la taille.

Le second examen porloit sur la fleur , ou plutôt sur la corolle , dans l’une et dans l’autre section des herbes et des arbres.

Ainsi les herbes sont avec ou sans corolle.

Quand il y a une corolle (1), ou elle est simple , c’est-à-dire que chaque organe de la fructification est renfermé dans un calice qui lui est particulièrement destiné ; ou elle est composée (363 ), c’est-à-dire qu’il y a plusieurs coi’olles dans un même calice.

Les herbes à fleurs simples , ou ont la corolle d’une seule pièce, et on les nomme monopétales ; ou elles en ont plusieurs , et ces plantes sont dites polypétales (354). Les fleurs à corolle d’une seule pièce l’ont régulière ou irrégulière (351). C’est à la p’reraière de ces divisions qu’appartiennent les deux classes qui suivent : les campaniformes et les infundibuliformes.

La classe des campaniformes ou en forme de cloche (PI. v, fig. 14,15, 16), comprend toutes les fleurs évasées en forme de bassin, de clochette et de grelot, comme le liseron ; le muguet de mai, la campanule. Les fruits viennent ensuite former leurs ordres : tantôt ce sont des baies qui succèdent aux fleurs, tantôt une ou plusieurs capsules.

Les infundibuliformes ouïes fleurs monopétales en entonnoir ( PI. v, fig. Il), comprennent les plantes herbacées , à corolle en roue, comme la bourrache, la véronique^ celles en coupe aplatie, comme la primevère j celles en entonnoir, comme la pervenche; et la considération du fruit établit de nouveaux ordres. Tantôt le fruit est distinct du calice et forme une capsule; tantôt il y est adhérent. Souvent il y a quatre semences nues au fond du calice ; quelquefois une baie , etc.

(1) Il faut se rappeler que la corolle est toujours nommée la jleur dans cet arrangement de Tournefort.

SYSTÈME

Les herbes à corolle monopétale irrégulière sont aussi comprises dans deux classes, l». suivant que les fleurs ont une sorte de ressemblance avec quelques parties de l’homme ou des animaux, et que leurs fruits sont renfermés dans une capsule ; c’est alors la troisième classe sous le nom de personnées ( 352) ; ou selon que leurs semences sont au nombre de quatre à nu , et visibles au fond du calice ; et c’est ce qü’il noramoit les /abiées. (353.)

La classe des personnées covaçreaoit alors cinq sections. Dans la première, il rangeoit improprement les aroïdes , dont le spathe, en forme d’oreille ou de capuchon , lui paroissoit une corolle; à la seconde section appartenoientles fleurs en languette, comme celles des aristoloches ; à la troisième, les corolles à tube très-ouvert inférieurement, comme celles de la digitale, du catalpa 5 à la quatrième , les fleurs en museau ( PI. v, fig. 18), comme celles du muflier, de la pédiculaire ; et à la cinquième , les fleurs terminées à la base par un anneau , comme on l’observe dans les corolles de l’acanthe.

Les labiées présentoient quatre sections.

Dans les trois premières, la lèvre supérieure de la corolle ressemble tantôt à une faucille ou à un casque, comnie dans les sauges ; tantôt à un cuiller, comme dans l’ortie blanche (Pi. v, fig. 7); tantôt elle est tout-àfait droite , comme dans le i-omarin , l’hysope ; dans la quatrième section , la lèvre supérieure n’existe pas, comme dans la germandrée.

^ Les herbes à fleurs simples polypétales, sont aussi ou régulières ou irrégulières (360). Il y a cinq classes parmi les régulières, savoir : lo. les cruciformes (355), dont la corolle est composée de quatre pétales disposés en croix, et dont le fruit ne tient pas au calice J 2o. les rosacées (356), qui ont le plus souvent cinq pétales ou davantage , disposés en rose ; 3». les ombelUfères ( 357 ), qui ont aussi des pétales en rose, mais dont les fleurs, disposées en parasol, produisent des fruits qui sont formés de deux semences réunies; 4 °. les carj'ophj-Uées {35S), ou

fleurs en œillet, dont les corolles sont composées de pétales à onglets alongés , cachés dans un calice d’une seule pièce; 5° enfin les liliacées ( 359 ), qui ont un, trois ou six pétales sans calice , et dont le fruit est une capsule à trois loges.

Les cruciformes (PI. v , fig. 21 ) étoient divisées par Tournefort en neuf sections, d’après la forme du fruit ; mais il ne mettoit pas une très-grande précision dans les caractères qu’il assignoit à chacune d’elles.

Ainsi les silicuîes (330) formoient trois divisions ; les rondes , comme la cameline; les plates , divisées par une cloison dans le sens de la largeur , comme la lunaire , ou dans celui de la longueur, comme la bourse-àpasteur; les siliques (PI. vu, fig. 13), articulées comme dans le radis ; simples à deux loges, comme sur le chou , et sans cloisons, comme dans la chélidoine. Il réunissoit dans cette classe et dans des ordres particuliers les potamogétons, qui ont les semences réunies en tête , et la parisette qui a une baie.

Les rosacées (PI. v, fig. 23) offroientaussi neuf sections : dans la première étoient rangées les capsules isolées du calice, s’ouvrant en travers comme une boîte à savonnette, telles qu'on les observe dans le pourpier : venoient ensuite les capsules à une seule loge, comme celle du pavot; puis celles à deux loges, comme dans la saxifrage ; celles à plusieurs loges, comme dans les cistes, les millepertuis ; celles à semences nichées dans les alvéoles, comme dans le câprier; celles à plusieurs capsules réunies, isolées du calice , comme dans la pivoine ; celles à semences à nu sur le réceptacle , comme dans la fraise , les renoncules ; celles qui ont des baies ou des fruits secs.

Les ombelUfères (PI. v,fig. 1), ou les fleurs en ombelle, présentoient aussi neuf sections d’après la forme des semences petites et striées , comme dans la carotte ; oblongues et épaisses, comme dans le fenouil, l’angélique; arrondies, comme dans la coriandre ; aplaties, comme dans l’imperatoire , etc ; terminées par une pointe trèslongue, comme dans le scandix, dit peignede-Vénus : dans la dernière section étoient

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