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On voit par cette table que les plantes dont les graines ont deux cotylédons, forment beaucoup plus d'ordres que les autres végétaux. En général, leurs âeurs sont hermaphrodites J il n y a même que le quinzième ordre qui comprenne des plantes véritablement unisexuelles. Quand on rencontre , parmi les autres, quelques végétaux dans ce cas , cela provient ordinairement de l'avortement des étamines dont on retrouve presque toujours les rudimens : voilà pourquoi on a donné aux uns le nom de monoclines , ou dont les organes mâles et femelles se trouvent sur la même plante, et aux autres le nom de diclines.
Les plantes dicotylédones, à fleurs monoelines apétales et à étamines épigynes, ont le périgone d’une seule pièce, et un ovaire unique, adhérent, et à plusieurs loges; elles sont toutes comprises dans une seule famille, sous le nom d'asaroîdes ou d'ARis- TOiocHEs; leurs fleurs , presque toujours .so* litaires, sont d'une forme bizarre : telles sont les aristoloches proprement dites, l'asaret ou cabaret, le çytmeé. (581.)
Le septième ordre , qui réunit toutes
les plantes apétales, mais à fleurs monoclines et périgynes, est formé de six familles bien distinctes. Trois d'entre elles portent leurs étamines sur le sommet du calice : ce sont, 1®. les éléagnées , qui ont en
même temps l’ovaire inférieur ou adhérent; la graine unique que renferme leur fruit est le plus souvent enveloppée d'un périspermecbarnu ; 2».les thjrmelées (467), dont Tovaire est libre , les étamines en nombre égal aux divisions du périgone, et la graine sans périsperme , 3®. les protèes (467), dont les étamines sont le plus souvent en uomdre double de celui des divisions du périgone, et l'ovaire libre. Dans les trois autres familles, les étamines sont attachées à la base du calice; tels sont, 4®. les lauriers (467), qui sont des arbres et arbrisseaux aromatiques, dont les fleurs ont des étamines au nombre de six ou de douze : ils ont pour fruit un drupe ou une baie dont la semence n’a pas de perisperrae ; 5®. les poljrgonées (468), plantes herbacées, à base des pétioles élargie , à fleurs hermaphrodites , dont les anthères sont marquées de quatre sillons, dont le fruit est un caryopse à périsperme très-farineux ; 6®. enfin , les arroches {468 ), qui sont aussi pour la plupart des herbes, ayant quelquefois des baies pour fruits, mais dont la graine est toujours recouverte par un périsperme farineu.\.
MÉTHODE NATURELLE
Les Chalefs ou Éléagnées sont des arbrisseaux à feuilles disposées en quinconce , dont le périgone, souvent d’une couleur remarquable en dedans , ressemble à un tube évasé et régulièrement découpé en deux ou cinq lobes. Ils renferment peu de genres :
les uns ont cinq étamines, comme le t/ies/o.’i, le tupelo et le chalef proprement dit , ou olivier de Bohême ; d’autres n’en ont que trois, comme Vosj-ris, qui est en même temps dioïque ; il en est qui en ont quatre, comme Vhippophaë ou argousier. (582.)
La famille des Thymelees ou Dapbnoïdes comprend aussi des arbrisseaux-dont les fleurs sont le plus souvent hermaphrodites , et dont les boutons des feuilles sont recouverts d'écailles avant leur développement. Tels sont \esdaphnes {583), le logecto ou bois de dentelle , la passerine , tels que le bois gentil, le laurèole, le thymelée, la gnidie. Les Protées ou protéoïdes sont des arbrisseaux étrangers , dont le feuillage est très-beau. On ne connoît que deux genres de cette famille : les protées et les banksies- Les Lauriers ou Laurinées, dont nous avons indiqué plus haut les caractères, ne comprennent encore que le genre laurier, et peut-être celui du muscadier. ( 584. )
Les PoLYGONÉEs OU Persicail'es renferment les renouées ou bistortes , les rumex , dont l'oseille et la patience sont des espèces , la rhubarbe, le raisinier , etc. (585. ) Les Arroches ou Chénopodées donnent tantôt des baies , comme le phytolacca, le ri^inia, le bosea , etc. ; tantôt des capsules , comme la petiverie, la camphrée ; tantôt des semences recouvertes par le calice, comme les soudes, l'épinard, la bette, l&blète, Vansérine, les arroches, la salicorne, etc. (586.)
L’ordre huitième à étamines hypogynes dans des fleurs apétales et nonoclines , comprend quatre familles qui toutes ont l’ovaire unique, simple, et une seule semence ou une capsule distincte du calice , qui est libre, et qui porte souvent des écailles en forme de pétales. Ce sont , 1®. les amaranthacées (470); 2" les plantaginèes (471); 3°. les nyctaginées (472) , et lesplombaginées. (473.)
Les Amarawthacées sont des herbes à feuilles souvent accompagnées de stipules , dont les fleurs généralement pètites et bisexuelles , à cinq étamines , sont ramassées et produisent des capsules à une loge ; elles comprennent les genres suivaus : arnaranthe, paronique, herniaire, amaronthine, cadelari.
Les Plantaginèes sont aussi de nature herbacée ; leurs fleurs sont le plus souvent disposées en épis ou en tête; elles semblent être munies d’un double périgone dont l’intérieur est d’une seule pièce membraneuse, sur laquelle sont attachées les étamines au nombre de quatre : la capsule est libre; elle s’ouvi'e cii’culairement comme une boîte à savonnette. On n’a encôre placé dans cette famille que les trois genres pulicaire ou herbe aux puces, littorelle et plantain.
Les Nygtaginées ont reçu, à ce qu'il paroît, ce nom de I habitude qu’ont les fleurs de la plupart des genres , de s’épanouir pendant la nuit. Il y a parmi elles des espèces herbacées et d’autres ligneuses : le périgone de la plupart est coloré, et ressemble d’autant plus à une corolle en entonnoir , que souvent il est garni à sa base de feuilles ou de bractées qui ont l’apparence d'un calice. Le fruit est une semence nue. Toutes les plantes de cette famille sont exotiques ; mais plusieurs ont été acclimatées eu Europe. On y rapporte les nyctages proprement dits ou faux jalaps, Vabronia, et d’autres encore moins connues, comme la Boerhaaria , l'Allionia, la Pisonia, etc.
Les Plombaginées ou Dentelaires sont aussi des plantes hermaphrodites dont la consistance de la lige varie. Leur périgone paroît double ; mais quoique l'intérieur, qui tient lieu de corolle, soit d’une seule pièce , les étamines n’y sont pas insérées : elles offrent une capsule non adhérente qui ne contient qu’une semence. On rapporte ici les genres dentelaire et statice.
Nous sommes arrivés presque insensiblement à l'étude des plantes monocotylédo-
MÉTHODE naturelle.
aes naonoclines, à corolle monopélale. Mais comme les étamines sont toujours portées par la corolle, quand celle-ci est d’une seule pièce , il faut examiner l’insertion de la corolle qui détermine celle des organes mâles. Ainsi les étamines hypogynes supposent que l’ovaire est libre, supérieur, ou dans la corolle. Presque toujours alors il est unique , et le calice ou le périgone extérieur est aussi d’une seule pièce. La plus ou moins grande régularité de la corolle ; la proportion et le nombre des étamines j les différences que présentent les fruits, ont servi à subdiviser cet ordre en quinze familles , dont nous allons d'abord indiquer les noms, pour les faire connoître ensuite avec un peu plus de détails, l®. Les primuiacées { 475 ) ; 2®. les rhinanihacées {476) ; 3°. les acanlhacèes (477 ) ; 4®, les jasminèes ( 478); 5®. les pj-rénacées {â79); 6®. les tablées (480) ; 7®. les personnées (4SI) ; 8®. les sola~ nées (18?) ; 9® les bormginées (483) ; iO®. les (484); 11®. les polémonîacées et 12®. les bignonées ( 485 ) ; 13®. les genCianées (486); 14®. les apocjrnées (487) ; 15®. les sapotilliers. (488.)
Les PamunACKES ou Lysimachies sont en général des herbes à racines vivaces, à fleurs le plus ordinairement régulières, et portées tantôt sur une hampe, ou pédoncule commun et disposées comme en ombelle; tantôt sur des pédoncules qui naissent dans l'aisselle des feuilles et sur la lige. Ces fleurs ont un calice persistant ; une corolle tubulée, dont le limbe offre autant de lobes qu'elle renferme intérieurement d'étamines qui se ti'ouvent placées au-devant de chacun d'eux : le fruit est le plus ordinairement une capsule qui s’ouvre de diverses manières La disposition des fleurs a fait partager les genres de celte famille en deux sections :
I®. ceux à tige feuiliée, comme les centenilles, le mom-onk fleurs rouges ou bleues, les Ifsimaques , VhoUone ou plumeau , etc. ; 2®. ceux à hampe , comme les primei'ères j oreilles d'ours ou auricuUs, la giroselle ou dodécathéon , le cydamea ou pain de pourceau , Yandrosace. On a aussi rapproché de cette famille le samole^ dont Tovaire est un peu adhérent, et les globulaires, dont les fleurs en tète sont réunies par un invol ucre, et placées sur un réceptacle pailleux. Les espèces de ce genre auroient quelque analogie avec les dipsacèes, si leur ovaire n’étoit
libre ; ces dernières diffèrent d’ailleurs des primuiacées, parce qu’elles n'ont pas de capsules, mais une seule graine dans chaque calice.
Les RmsAKTHAciEs, qu’on a encore nommées Pédiculaires , ont la tige le plus souvent herbacée, à feuilles simples , dont les supérieures portent ordinairement des fleurs auxiliaires, quelquefois en épis ; leur corolle, presque toujours irrégulière , renferme des étamines en nombre pair , deux, quatre ou huit ; le fruit est une capsule à deux loges et à deux valves. On les a partagées en deux sections : l®. les rhinanthacées proprement dites, qui ont les valves de la capsule soudées par leur nervure, comme les polj galas , les t^éroni^ues, les euphraises, les pédiculaires, les cocrèles ou rhinanthes , les mélampji'es ou blés de vache ; 2®. les orobanchées, dont on a même fait une famille, parce que les valves de leur capsule sont libres. La plupart sont des plantes parasites, sans feuilles , dont les tiges sont de la couleur des fleurs, comme les orobanches , les hyobanches, les lathrées ou clandestines. (587.)
Les Acakthacéesou Acantho'ides ressemblent beaucoup aux plantes comprises dans la famille précédente, dont elles ne diffèrent essentiellement que par la cloison de leur capsule qui se trouve opposée aux valves, et qui se partage élastiquement en deux parties où l'on voit les graines retenues par des filameus crochus. Le plus souvent leurs fleurs sont opposées entre elles , ainsi que les feuilles. Elles ont ordinairement des bractées. On distingue les genres qui ont quatre étamines didyuames, comme l'acanthe, la barrelière, la crustole, de ceux qui n'ont que deux étamines seulement, comme la jrustte/e ou carmautine.
Les JasMisiES sont des arbrisseaux ou des arbres qui ont le calice et la corolle en tube , disposés en corymbe ou en panicule , et deux étamines seulement ; leur fruit est une capsule, un drupe ou une baie; leurs branches et leurs feuilles sont le plus ordinairement opposées. Les genres qui ont une capsule ou une samarre [ 331 ), forment un premier groupe dont on a même fait une famille sous le nom de Lilacéss ; tels sont
MÉTHODE NATURELLE
le lilas , le frêne , la fontanésie. Le second groupe comprend les jasminées vraies, comme le jasmin, Volivier , le filaria, le troène, etc., dont le fruit est un drupe ou une baie, (588.)
AIQ.
Les Gattiliers , nommés encore PtrénacÉEs parce que leur fruit est une baie, semblent lier la famille précédente à celle qui suit. Ce sont des herbes et des arbrisseaux à feuilles opposées , à fleurs en corymbe ou en épis , dont les étamines sont quelquefois au nombre de deux ou de six, mais le plus souvent de quatre. La plupart des plantes de cette famille sont exotiques , à l’exception du gattilier commun et des verveines. On y range aussi les cytharexylons ou bois de guitare 5 les lantanas , etc.
La famille des Labiées est si naturelle, que presque tous les auteurs systématiques ont été forcés de la conserver dans leurs arrangemens. Elles correspondent aux didynames gymnospermes et aux verticillées de Linné, aux gymnutétraspermes d’Hermann.
Toutes sont odorantes. Leur lige est quadrangulaire, à rameaux et à feuilles oppo.
ses ; a fleurs provenant de l’aiselledes feuilles; à corolle irrégulière offrant cinq divisions , dont les deux supérieures, souvent réunies , sout séparées de trois autres; à quatre ou à deux étamines. Leur fruit est composé de quatre caryopses, qui n’ont qu’un style commun à stigmate fourchu.
Cette famille est si nombreuse, et les genres ont tant de rapports entre eux, que pour les distinguer on a été obligé d’emprunter des caractères de peu d’importance : les divisions premières sont établies d’abord sur le nombre des étamines. Les uns n’en ont que deux fertiles , comme le lycope, la monarde, le romarin, la sauge .* les autres genres ont quatre étamines ; mais tantôt la lèvre supérieure de la corolle est presque nulle , comme dans la hugle, la germandrée; tantôt la corolle est à lobes presque égaux et les étamines sont très-écartées , comme dans la sarriette, les menthes, les thyms / tantôt la corolle est tout-à-fait à deux lèvres et le calice à cinq dents distinctes, comme dans Vhyssope, la cataire , oohevhe aux chats, la lavande, le lierre terrestre ou glécome , le Lamier, la hétoine, le marrube , le phlomis, la molucelle, etc. ; ou le calice est lui-
même à deux lèvres , comme l'origan , la mélisse, le basilic, ldi brunelle, la loque, etc. (589. )
Les Pebsonnées correspondent aux fleurs en masque ou en gueule, de Tournefort (352); ce sont des plantes herbacées qui ont beaucoup de rapports avec celles de la famille précédente ; mais leur fruit est une capsule à une ou deux loges ; la plupart ont une odeur et une saveur désagréables. Ce groupe est encore très-naturel ; mais les genres en sont moins nombreux , et se distinguent par conséquent avec plus de facilité. Les uns n’ont que deux étamines , comme Vutriculaire , la grassette ou pinguicule, la pœdérole, etc. Les autres en ont quatre ; et tantôt on ne trouve à 1 époque de la maturité qu’une seule loge dans la capsule, comme dans la limoselle , la lindernie ; tantôt il y a deux loges bien distinctes , comme dans les scrophulaires, les linaires ,les mufliers, les digitales, les gratioles, etc. (590.)
La famille des Solanées , que Linné appeloit les Tristes ouïes Blêmes, comprend des plantes qui ont une odeur désagréable et un aspect sombre. Ce sont des hex’bes ou des arbrisseaux dont les fleurs , ordinairement régulières , ont le plus souvent un calice à cinq divisions, cinq angles à la corolle, cinq étamines , un style unique qui se rend à une capsule ou à une baie. Ces fleurs naissent prescfue constamment hors des aisselles des feuilles ; on les a distinguées en deux sections. Dans la première , le fruit est une capsule, comme dans la famille précédente, dont les genres diffèrent par leurs cinq étamines. Tels sont les celsies , les verbasques, bouillons ou molènes , les jusquiames , les tabacs ou nicotianes, et les datura ou stramoines. Dans la seconde sont compris les genres dont le fruit est une baie, comme la mandragore, Yatropa , coqueret, les morelLes qui comprennent les tomates , les aubergines , les pommes de terre, les pimens , et les lyciets ou jasminoïdes. (591.)
Les Borraginées, Borragines ou Aspérifoliées , ont reçu ce dernier nom parce que la plupart des espèces ont les feuilles couvertes d’aspérités et de poils roides. Dans cette famille, les fleurs ont toutes leurs par-
MÉTHODE ^■ATURELLE.
lies externes divisées en cinq : l'ovaire est à quatre lobes, et n'a qu'un style. Dans quelques genres, Fouverture de la corolle est libre, comine dans le melinet , Vhéliotmpe, la vipérine^ le grèmîl, la pulmonaû'e ; chez d'autres, cet orifice est formé par cinq écailles , comme dans la consouJe , la sctu'pîone, la bugtosse , la bountache , la i^noglosse , la t'apette. (592.)
Les Liserons ou Coïtvolvclacées , les Campanacées de Linné, dont on a trouvé des espèces dans tous les climats, ont des feuilles toujours alternes et simples , et la tige très-souvent grimpante. Leurs fleurs sont en cloche, à cinq étamines alternes avec les lobes du limbe, quand il y en aj Fovaire est simple, surmonté d'un ou de plusieurs styles j c'est une capsule à deux ou trois loges au plus. Les graines sont osseuses avec un ombilic distinct ; on trouve dans leur intérieur des cotylédons contournés dans un péris perme mucilagineux. 11 y a deux sections dans celle famille. La première comprend les genres qui n’ont qu’un seul style, comme les Useirms, les ipomées ; la seconde, les genres qui ont plusieui-s styles et les stigmates simples, comme les èvoivules f la d'esse , la cuscute. (593.)
Les PoLSMOKiAcÉEs OU Ics Polémoînes sont, pour la plupart, des plantes étrangères qui ont beaucoup d’analogie avec celles de la précédente famille ; elles en diffèrent par la capsule dont le réceptacle central porte des cloisons qui correspondent, non à la suture des valves, mais avec une côte ou une arête saillante qu'elles offrent vers leur milieu : c'est là qu'on rapporte les phlox , les polémoînes et le co6a?« originaires du Mexique, mais cultivés dans nos jardins, à cause de la beauté de leurs fleurs. Les Bignones ou Bigkokées , qui forment la famille suivante, portent aussi de très-belles fleurs, dont les corolles sont le plus souvent irrégulières, disposées en panicule, avec quatre étamines didynames et une stérile, auxquelles succède un fruit à deux loges.
Les genres de ce groupe sont les sésames^ dont une espèce fournit de l'huile aux Arabes de rOrient, particularité déjà indiquée par Hérodote ; les catalpas , les bignones , les martj-nias.
Les Gentianes ou Gektiasées ont les feuilles opposées , le plus souvent sans pétiole et entières 5 elles portent de belles fleurs, dont la corolle se sèche sans tomber : leur fruit est une capsule simple ou profondément divisée en deux lobes contenant beaucoup de graines qui ont un périsperme charnu. Les genres dont la capsule est simple, sont la gentiane , la chîora et le méniaiiche , etc. t ceux dont la capsule présente deux lobes profonds, sont la spigélie et Vopltiorrkisa. (594.)
Les Apoctkées ont beaucoup de rapports avec la seconde section des Gentianées ; ce sont des plantes , la plupart ligneuses, qui se contournent de droite à gauche, à l'inverse de la plupart des autres plantes grimpantes.
Leur corolle est souvent accompagnée d'appendices particuliers de formes bizarres.
Leurs semences, ordinairement couronnées par des poils , sont renfermées dans deux follicules accolés, plus gros ou plus larges dans leur partie moyenne. C’est là qu’on rapporte la pervenche, le tuèerné, le /'rangi~ panier , le laurier rose ou nerium , les apoej ns. (595.)
Enfin, la famille des SAPOTittiEss ou des Hilospermes, ainsi nommés parce qu'on observe sur leurs semences un ombilic trèsprononcé , comprend des arbres et des arbrisseaux exotiques dont le suc est laiteux, les feuilles simples, alternes, les fleurs petites en faisceaux. et dont les fruits sont des baies ou des drupes. On place ici les jacquiniers , les sidéroxylons ou argans , les mimusopesj les chry sophfUes, les sapotütiers , etc. (596)
Le dixième ordre des familles naturelles correspond aux plantes dicotylédones , monocHnes, monop.èlâles et à étamines insérées autour du pistil. Elle ne comprend que quatre familles , dont les fruits établissent trèsbien la distinction, quoiqu'ils soient toujours multiloculaires. Ainsi, dans les ébénacées ( 490 ), les loges ne renferment qu’une semence) dans les rkodoracees (490), elles en contiennent beaucoup attachées à un placenta central, et ces loges sont formées par
MÉTHODE NATURELLE
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les rebords rentrans des valves. Celle disposition est à peu près la même dans les éricacées {491 ) ; mais les cloisons proviennent de la partie moyenne des valves. Enfin, dans les campanulacées (492), la capsule s’ouvre sur le côté par des trous qui semblent avoir été ménagés exprès pendant le développement de la graine.
Les Ébémacées ou Plaqueminiers sont des arbres ou arbrisseaux pour la plupart exotiques 5 ils comprennent les diospyros, parmi lesquels se trouvent le bois d'ébène.
Les Rhodoracées ou Rosages sont aussi des arbrisseaux dont les feuilles , pendant leur développement, ont souvent leurs bords roulés en dessous , et dont les fleurs sont disposées en corymbe. Les uns ont une corolle bien évidemment monopétale , comme les kalmies , les rosages ou thododendrons et Yazalée ; d’autres ont la corolle presque polypétale , comme le rhodora , les lédons, etc. (597.)
Les Bicornes ou Éricacées sont aussi des arbrisseaux à très-petites feuilles , souvent opposées ou disposées en verticilles : leurs corolles se dessèchent ordinairement sur la tige , et changent peu de couleur j les anthères sont très-souvent fourchues à la base.
Les unes ont l’ovaire bien libre , comme les bruyères , les andromèdes, les arbousiers , autrement dits busseroles ou raisins d’ours, les pyroles ; d'autres ont l'ovaire presque adhérent, comme l’airelle ou myrtille. (598.)
Les Campanulacées sont, pour le plus grand nombre , des plantes herbacées, dont la tige renferme un suc laiteux; leurs feuilles sont simples , souvent dentelées ; le calice tient à l’ovaire et fait corps avec lui, ainsi que la base des filets des étamines qui persiste api’ès la fécondation. Les genrés rangés dans cette famille se partagent en deux sections : car les uns ont les anthères distinctes et libres , comme les campanules , les raiponces , etc. ; d’autres ont les anthères réunies, comme les lobélies ^ les jasiones. (599.)
Les ordres onzième et douzième comprennent tous les genres de plantes à corolle monopctale insérée au-dessus du pistil,
comme les composées et beaucoup d’autres.
Or , la réunion des anthères, qui fait le caractère de la syngéuésie dans le système sexuel, ayant montré une division très-naturelle, M. de Jussieu a cru devoir la conserver en admettant même la distinction de Tournefort ( 363 ) ; il n'en a cependant pas emprunté les noms, il a préféré ceux de Le Vaillant, qui sont, 1° les chicoracées -,20 les cinarocéphales (496); 3° les coiy mhifères ( 497. ) Toutes les autres plantes analogues , mais à anthères distinctes , ont été aussi distribuées , en trois familles ; savoir : les dipsacées (499), les rubiacées (5Ü0), et les caprifoliacées. (501.)
Les plantes composées sont ainsi nommées , parce que toutes leurs fleurs renferment un grand nombre de petites corolles entourées d’un calice commun , ou plutôt par des bractées qui semblent les réunir eu une seule fleur. Toutes les fleurettes ou fleurons (326) des composées renferment cinq étamines , dont les filets naissent de la corolle , entourent le pistil , et se soudent par les anthères ; l’ovaire est toujours simple ; mais quelquefois le style se termine par deux stigmates : il lui succède une akène (331), ou graine sèche souvent surmontée d'une aigrette ou d’une houppe de soies tantôt simples, tantôt ramifiées et garnies de poils latéraux entrecroisés , très-hygrométriques. La portion centrale de la fleur commune sur laquelle sont placées les graines , se nomme le réceptacle, qui est tantôt nu, tantôt garni de paillettes ou de soies.
Les Chicoracées correspondent aux semiflosculeuses ou aux ligulées ; toutes leurs fleurettes, qu’on nomme demi-fleurons, sont hermaphrodites , tuhulées et en languettes :
leur réceptacle a peu d'épaisseur ; la plupart oflrent un suc laiteux lorsqu'elles sont jeunes , et que leurs feuillessont alternes. Dans le plus grand nombre des espèces les fleurs s'épanouissent le matin et se ferment vers midi. Il y a beaucoup de genres compris dans cette famille ; on les distingue entre eux d’après diverses considérations. Les uns ont le réceptacle nu, et les semences tantôt nues ou sans aigrettes, comme Ia lampsane, lit rhagadiole; tantôt avec une aigrette, soit simple , comme dansla chondrille, la laitue, le laitron , l’éperrière , la crépide, le pis-
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senlit ; soit plumeuse , comme le liondent , la scorsonère , le salsi/is. Les autres genres ont un réceptacle pailleux ou soyeux, et des aigrettes simples ou plumeuses , comme la cupidone ou cutananche , la chicorée y le scolyme , le geropogon , l'andrialuy etc.
Les CiKARocÉPHALEs, autrement capitécs ou fleurs en tête, ont toutes les fleurs flosculeuses, c’est-à-dire composées de fleurettes tubulées et non en languettes. La plupart sont hermaphrodites ; il en est cependant quelques unes qui sont neutres ou femelles, la plupart ont un réceptacle pailleux ou velu ; les semences sont couronnées d’une aigrette sessile de poils simples ou plumeux ; leurs feuilles, toujours alternes , sont souvent e'pineuses. Les genres de cette famille ont souvent les écailles du calice ou les bracte'es épineuses. Ceux là forment une section; tels sont ceux dont les noms suivent : atractjlis, cnicus y carthame , carline , cardon ou artichau , onoporde , chardon , cirsiumy bardane , chaussetrape ;une seconde section comprend les genres c|ui n’ont pas le calice épineux : tels sont les jacées , les hluels, les centaurées y les serralules ; enfin , dans une troisième section, sont comprises quelques cinarocéphales anomales, qui ont les fleurs en tête , et dont chaque fleur a un petit involucre particulier ; tels sont l'échinops, le sphéranthe , la gondélie. ( 601 .)
Les CoRTMBiFÈRES , Discoïdécs ou Radiées ( 602 ), ont reçu ces trois noms successivement pour indiquer leurs manières d’être. Toutes en effet, ont les fleurs disposées en corymbe , dans lesquelles le disque ou le centre est souvent moins élevé que la circonférence , dont les corolles en languettes représentent des rayons ; mais leur principal caractère réside dans la disposition des fleurs , tel que l.e nom de coiymbifères lindique. Cette famille nombreuse oflTre deux divisions : l« les genres à réceptacle nu , à semences aigrettées , à fleurs flosculeuses ,soit qu’ils aient les écailles du calice luisantes ou membraneuses , comme les jîlagos ; les argyrocomes , les antennaires ; soit que ces écailles ne soient pas luisantes , comme les cacalies , les eupatoires, les conyses , les tussilages , les séneçons , les cinéraires , les chrysocontes , etc. 2 « Les
genres à réceptacle pailleux , à semences presque nues, à écailles du calice très-souvent membraneuses , soit qu’ils n’aient que des fleurs flosculeuses , comme les genres gnaphalium , xerânlhemun , tanaisie , armoise , santoline , athanasie ; soit qu’ils aient des fleurs radiées comme la camomille, la mille-feuille , les buphthalmes, les zf/znies , les hélianthes ,les bellides , pâquerettes ou marguerites , les chrysanthèmes , les asters , enti’’autres celui de la Chine , vulgairement nommé reine marguerite, dont les fleurs doubles n'ont été connues en France qu’en 1772, où cette variété a été obtenue de semences dans les jardins de Trianon, etc. (602.)
Les autres plantes monopétales à corolle épigyne et à anthères distinctes , ont toutes un calice particulier ; souvent elles sont agrégées ou rassemblées en tête dans une sorte de faux calice commun, formé par des feuilles florales. Les unes n'ont qu’une seule semence couronnée par le calice intérieur qui persiste après la fécondation, ' et les feuilles de celles-ci sont toujours opposées ; telles sont les dipsacées. D'autres ont deux semences à nu , ou plusieurs renfermées dans un péricarpe; celles-là ont tantôt la corolle tubulée, les feuilles verticillées ou opposées , réunies par des stipules ; ce sont les rubiacées ( 500 ) : tantôt la corolle fendue très - profondément , presque polypétale , et ces plantes n’out jamais les feuilles garnies de stipules : ce sont les caprifoliacées. (501.)
Les Dipsacées ou Agrégées ont beaucoup d’analogie avec les plantes composées : elles ont, comme elles, les fleurs portées sur un réceptacle commun , ordinairement couvert de paillettes. C’est une famille peu nombreuse , composée des genres cardére ou chardon à bonnetier , à foulon , scabieuse et knauiie (603.) On en a rapproché les valérianes, dont quelques auteurs ont fait une famille à part. Leurs fleurs, toujours distinctes, sont le plus souvent disposées en panicule ou en corymbe. Le nombre de leurs étamines varie , et leur fruit est une capsule qui ressemble à une graine nue : on en a fait même plusieurs genres sous le nom de valérianelle ou mâche , de fedia , de centranthe.
MÉTHODE NATURELLE. D3
Les Rubiàcées , les Étoilées ou Aparines forment une très-grande famille, dont les genres sont la plupart exotiques. Les unes sont des herbes à tiges anguleuses , noueuses , à feuilles disposées en couronne autour des articulations , le plus souvent rudes au toucher , toujours entières , linéaires ou ovales ; leur fruit est composé de deux graines accolées et enveloppées par une tunique sèche ; celles-ci sont Européeirnes.Les genres étrangers , au contraire , ont pour la plupart la tige ligneuse ; les feuilles opposées deux à deux , souvent avec des stipules ; leur fruit est le plus généralement une baie à deux loges. C’est à la première division qu’appartiennentles genres «f/jern/e, gaillet, crucianelle^ -ualantie ^ garance ; on rapporte à la seconde les quinquinas, les génipnjrers^ les gardénies J les psychotrias , les cu/i^ersj et plus de trente autres genres. ( 604. )
La famille des Chèvrefeuilles ou Capki- FOLiACÉEs, semble faire le passage natuiel des plantes monopétales à celles dont la corolle est composée de plusieurs pièces ; ce sont, pour la plupart , des arbrisseaux à feuilles opposées, quelquefois sessiles et engainantes , ou comme perfoliées , c’est-àdire percées d’outre en outre. Leurs fleurs sont quelquefois composées de "pétales si profondément divisés qu ils ne tiennent plus ensemble lorsqu’on les sépare du calice qui adhère à l’ovaire, et qui se change en une baie ou une capsule. Celte famille , peu nombreuse , est cependant divise'e en quatrç sections. La première comprend les genres <jui ont un calice entouré de bractées , la corolle d’une seule pièce et un style, tels que la Linnée, les chèvrefeuilles, qu’on a distingués en plusieurs sous-genres , suivant le nombre de leurs baies et celui de leurs loges; la deuxième réunit les genres qui , avec des bractées au calice et un style unique , ont une corolle presque polypétale , comme le loranthus , le guy , le rhizophore ou palétuvier; la troisième rapproche les genres qui, ayant aussi des bractées et la corolle monopéîale , offrent tx’ois stigmates, comme les viornes , les sureaux ,Yhortensia que d’autres auteurs ont laissé parmi les saxifrages (526); la quatrième, enfin, est composée de ceux qui ont le calice simple , un seul style et la corolle presque polypé- Dcméril.
taie, comme les cornouillers , les lierres, i 605.)
Les plantes dicotylédones, à fleurs raonoclines et polypétales , qui constituent une des grandes divisions de la méthode naturelle , se partagexit ; comme nous l’avons vu (462), en trois grands ordres , suivant l’insertion de leurs étamines au-dessus, audessous , ou autour du pistil. Les épigynes , ■quoique en très-grand nombxe, ne sont rapportées qu’à deux familles , dont l’une même ne renferme que les genres qui ont les fruits dans une capsule ou dans une baie : telles sont les ara/iacèes, qui ne comprennent encore que les genres aralia et genseng ou panax , tous deux exotiques , et dont les fleurs ont plusieurs styles. L’autre famille porte le xmm à’ombellifères.
Les Ombelles ou Ombellifèbes ont reçu ce nom de la disposition de leurs fleurs en ombelle. La plupart sont des herbes qui mettent deux axxnées à se développer. Leur tige est oi’dinairement cannelée , fistuleuse ou remplie d’un tissu lâche, cotonneux. Les fleui’s soxit le plus souvent hermaphi’odites, à cinq étamines , à cinq pétales ; leur fruit est composé de deux akènes (331) réunies. On distingue les ombelles exx simples , quand les pédicelles ouïes pédoncules particuliex’s ne se subdivisent pas et ne portent qu’une seule fleur ; et en composées, quand chaque pédoncule pxiraitif, qui provient de l’irradiation générale, se subdivise lui-même en ombelles secondaires , qu’on nomme alors ombcLlules. Souvent, au point de départ des pédicelles , il se trouve des feuilles florales ou bractées, dont l’ensemble se nomme collerette ou involucre. Quand cette collerette se reproduit au-dessous de l’ombellule, 0X1 la nomme invoLucelle.
On a établi pax’mi les orabellifèx’es des divisions ou sections artificielles, pour se reconnoîtx’e dans le grand nombre de genres que cette famille lenferme ; et quoique la marche qu’on a employée éloigne des végétaux très rapprochés par leur ressemblance, elle est commode pour l’élude. Ainsi , 1» il y a des ombellifèx'es dont les divisions ne sont jamais garnies de collex’ettes à leurbase : tels sont les genres boucage , carvi, persil,