‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 92 sur 147 · ORDRES. FAMILLES · texte numérisé non relu

ORDRES. FAMILLES

/ I à J.. ( . L Aspidiotes,

(nu ou â disques de corne : ) ® | valves. II. Ostraciss.

I Entomostbacés. ( sans test ou croûte.... Jll. Gyhnonectes.

\ à croule /’ soudée ilongue en proportion du corps.. VI. Macroures.

) cateaire • ) au corlselet : | courte : â cor-j long que large. IV. Cabcisoedes.-

( Astacoïdes. ) , , selet plus T»® long. V. Oxyrisques.

\ \ separee uu corselet et articulée..... YlL ÂRxaROCÉPHALES.

On ne connoît pas encore très-bien l'organisation des Ektomostracés. On n’a étudié que leurs formes extérieures , et il est difficile de les observer, parce que la plupart sont très-mous. En général, ce sont de petits animaux. Us paroissent changer un peu de forme dans leurs premières mues :

leurs antennes sont ordinairement disposées en nageoires'. Ils présentent tout au plus deux paires de mâchoires , et rarement leurs mandib&les sont garnies d’un palpe. Leurs

pattes ne sont pas souvent terminées par des pinces ou par des ongles. Comme la plupart ont les yeux très rapprochés et presque réunis , on les a appelés monocles. Tous vivent dans l’eau ; ils y nagent comme en bondissant. Quelques uns portent leurs œufs en paquets sur leurs côtés, et ces œufs peuvent être transportés, être séchés, et produire encore des petits lorsqu’on les replace dans l’eau. D’autres mettent au monde des individus vivans, qui sont eux-mêmes fécondés pour trois générations, à peu près comme les pucerons. Il est des espèces si

DES CRUSTACÉS

petites , qu'on ne peut les voir qu’avec un microscope.

On a partagé l’ordre des entomostracés ou sessiliocles en trois familles savoir : 1 ° les gjrmnonectes , dont le corps est mou , sans test, et présente des articulations bien distinctes ; 2® les oslracins, qui sont renfermés entre deux valves de substance calcaire ou cornée en forme de coquille ; 3° les aspidiotes', dont le coi’ps est protégé dans sa partie supérieure par un bouclier ou par une lame de corne.

Les entomostracés dont le corps est entièrement mou , ou les Gtmsokectes , ont été jusqu’ici rapportés à cinq genres principaux. Ceux qui ont la tête confondue avec le corselet, et tantôt deux yeux, comme les argïdes; tantôt un seul œil arrondi, tels sont les cyclopes , qui ont une queue fourchue. Ces deux genres ne renferment que de très-petits animaux de forme arrondie.

Ceux dont la tête est distincte n'ont tantôt, comme les polyphêmes, qu’un œil très-grand et deux bras alongés , fendus ; et tantôt, comme les zoës et les branchiopes, ils ont deux yeux quelquefois pédonculés et quatre antennes.

La petite famille des bitestacés ou Ostbaciifs ne comprend que quatre genres. Les lyncées ont des yeux distincts l’un au devant de l’autre, et des antennes en pinceau ; leur tête a la figure d’un bec j aussi les a-t-on encore nommés perroquets d’eau. Les eaux dormantes et croupissantes sont quelquefois, pendant l’été , tellement remplies d’une espèce de ces lyncées, dont la couleur est rouge , qu’on les croiroit changées en sang.

Les trois autres genres n’offrent qu’un œil : tels sont les daphnies , qui ont les antennes rameuses et une petite queue ; les valves de leur coquille paroissent soudées du côté du dos J les cypris , dont les antennes sont simples et les valves articulées ; enfin les cythérées , qui ont les antennes velues , huit pattes et point de queue. Les espèces de ce dernier genre n’ont encore été observées que dans les eaux salées des lacs et de la mer.

Les Aspidiotes ou clypéacés atteignent

de plus grandes dimensions que les espèces précédentes. Leurs mœurs sont peu connues.

On en a observé quelques-uns vivans en parasites sur des poissons ; la plupart sont libres dans la mer ou dans les eaux douces et croupissantes. Les limules parviennent jusqu’à trois décimètres de longueur. Ils se trouvent dans les mers de l’Inde et de l’Amérique. On les appelle improprement crabes des Moluques. Leur corps est recouvert d’un très-large écusson de corne, et terminé par un appendice qui sert de queue. Les nègres se servent de ce test comme d’une casserole dont la queue se trouve être le manche. Les autres genres ont la queue terminée par des filets ou des panaches ; tels sont les calyopes, espèces parasites, ainsi que les binocles et les ozoles, dont les pattes n’ont pas d’appendices j enfin les apus ou les monocles d’eau douce, dont les pattes sont garnies de lames ou de branchies , que ces animaux agitent sans cesse comme pour tamiser l’eau et en extraire les animalcules dont ils se nourrissent. Ils ressemblent en petit aux espèces du genre limule.

Sous le nom d’AsxACoïDEs , qui signifie figure d’écrevisse, on a réuni tous les crustacés qui, comme nous l’avons indiqué (753 ), ont entre eux les plus grands rapports. On les a partagés en deux grandes sections ou sous-ordres : la première, celles des décapodes , comprend les espèces qui n’ont que dix pattes ; dont la tête est réunie au corselet, et dont les branchies sont toujours cachées. Ces décapodes se divisent en quati'e familles. Quand ils ont la queue plus courte que le corps , on les a nommés brachiures; on les distingue en carcinoïdes, lorsque leur corselet est plus long que large j et eu oxyrinques, lorsque cette partie principale de leur corps est plus large que longue. Les genres qui ont la queue très-longue, en proportion du corselet, sont des macroures ; enfin les espèces qui ont plus de dix pattes, la tête distincte et mobile, avec des branchies visibles au-dehors , appartiennent au second groupe , et c'est là que sont rangés les arlhrocéphales.

Il n’y a parmi les astacoïdes que des mâles et des femelles : celles-ci sont en général plus grossés. Les organes de la génération

DES CRUSTACÉS

sont doubles et séparés dans les mâles ( Voyez la pl. des Crustacés ). Ils font saillie sur la hanche de la dernière paire de pattes ( fig. 17 , a , a ) ; dans les femelles ce sont deux trous placés sur les hanches du milieu (fig. 16,a,«). Tous ces animaux peuvent reproduire les membres qu’ils ont perdus. En Espagne on profite de cette faculté qu'ont les crabes de renouveler leurs pattes. On va à la recherche d’une espèce qu’on nomme boccace ; quand on en a saisi de gros individus , on leur casse les serres ou les pattes de devant, et on leur donne ensuite la liberté. On vend ainsi, au marché de plusieurs villes , des pattes de * crabes dont les individus encore vivans en produiront peut-être d’autres pour l’année suivante. Tous les crabes changent de croûte au printemps, comme les insectes de peau.

Avant cette époque on trouve dans leur corps la matière calcaire réunie dans un réservoir ; c’est ce qu’on vend sous le nom impropre à'yeux d’écrevisses. On s’en sert en médecine.

Les deux familles des Carcihoïdes et des OxYRiKQüEs ne diffèrent pas beaucoup entre elles. Elles comprennent un grand nombre de genres connus ordinairement sous le nom général de crabes (1). Presque tous ces animaux vivent sur les bords de la mer ou des lacs salés ; ils ne marchent ordinairement que la nuit , pendant le jour , ils restent cachés sous les pierres, ou dans les terriers qu’ils se creusent ; ils marchent en tous sens mais principalement sur le côté.

Quand ils craignent, ils portent presque toujours en l’air une des pattes de devant,

(1) Tous ces animaux ont quatre antennes (fig. 1, ô , c) , la boucbe composée d’un grand nombre de pièces placées les unes sur les autres en recouvrement; I^. deux pièces extérieures (fig. 7), fermant la bouche; 2®. au-dessous une autre plus aplatie (fig. 8) avec unpaJpeaplus alongé ;3° une troisième (fig. 9) comme fourchue; 4®. une quatrième ( fig. 10 ) avec quatre lobes et un palpe; 5®. une cinquième (fig, 11) avec'six lobes, dont les quatre premiers {b, c, d, e) sont articulés, et un palpe (a); 6®. enfin les mandibules (fig. 12) avec un palpe (A). Toutes ces parties varient principalement en figure dans les diSerens genres. Les branchies sont souvent cachées dans le reste du corselet (fig. 14 , a, a, a, a). Les pattes , surtout celles de devant, sont souvent très-grosses , en forme de pinces (fig. 13), avec un doigt mobile d.

qu’on appelle serre, parce qu’elle est composée de deux pièces , dont l’une joue sur l’autre, et fait l’office d’une pince. Les mâles ont la queue plus petite et triangulaire, les femelles l’ont plus large et arrondie; elles y conservent leurs œufs, qui y restent jusqu’à ce qu'ils y éclosent. Une espèce de crabe vit habituellement dans les coquilles des mollusques bivalves ; on lui a donné le nom grec de pinnothéres , qui signifie pourvoyeur de la moule. En effet, on trouve souvent ce petit animal dans les moules , il paroît y vivre en parasite ou pour se soustraire à ses ennemis. C’est à tort qu’on le regarde comme la cause de cette sorte d’érysipèle qui survient quelquefois aux personnes qui ont mangé des moules.

Les Macroures , ou crustacés à longue queue, se servent ordinairement de cette partie pour nager. Elle est le plus souvent terminée par des lames ou des appendices qui peuvent s’écarter et s’étaler en éventail, dont la forme varie beaucoup (fig. 19). La plupart des espèces marchent difficilement sur la terre, et elles n’avancent guère qu’à reculons, c’est-à-dire en sens contraire du mouvement quelles exercent dans l’eau.

C’est dans cette famille qu’on range les écrevisses, les pagures, les langoustes, les hippes, les palémons , etc., etc.

Les écrevisses ont les antennes insérées sur une même ligne, et beaucoup plus longues que celles des crabes ; leur couleur est verte ou d'un brun rougeâtre ; elles ne deviennent rouges que par l’action du feu et de quelques liqueurs, comme par les acides, l'alcohol. On prend les écrevisses de rivière avec des appâts ; le plus simple est un morceau de viande un peu corrompu, qu’on place au milieu d’un fagot de petit bois, dans lequel on a mis une grosse pierre poulie faire plonger, et qu’on retire le lendemain de l’eau avec lenteur et précaution.

On a nommé Bernard-l’hermite, Diogène, soldat, des espèces de pagures qu’on trouve ordinairement renfermées dans une coquille d une seule valve. Ces animaux ont l’instinct de s’approprier ainsi une demeure dans laquelle ils introduisent leur queue, qui est toujours très-molle et sans écailles. Ils pa-

DES INSECTES EN GÉNÉRAL

raissent changer de domicile à mesure qu’ils grossissent. Leur développement s’opère d’une manière singulière , et qui pai oît dépendre de la disposition de la spirale de la coquille, et de son orifice oblique et variable; car l’un des côtés du corps est toujours beaucoup plus gros que l’autre. 11 en est de même pour les serres , dont l’une devient très-grosse, et ferme ordinairement l’entrée de la coquille, tandis que l'autre est trèspetite et à peine reconnoissable , pour être une partie symétrique coiTespondante.

Les crevettes appartiennent au genre crangon et à celui des palémons. Elles ont le corps courbé en dessous, comprimé , aloxîgé aux deux extrémités. On les recherche beaucoup sur nos côtes. Les plus communes sont nommées cardons^ crevettes communes ou sauterelles de mer. La corne de leur test est courte, non dentelée; chez les autres, qui sont plus grosses et plus succulentes , le corselet porte en avant une corne alongée , dentelée en dessus et en dessous, elle est très-piquante : on les nomme salicoques ou houquet. On observe souvent au-dessus de leurs branchies une tumeur singulière , qui est produite évidemment par la présence d’un entomostracé parasite, du genre bopyre. Les pêcheurs ont le préjugé de croire que ces petits animaux sont de jeunes soles, ou d’autres pojssons pleuronectes qui se développent dans ces organes.

Les crustacés dont la tête est distincte et articulée sur le corselet, ce qui les fait désigner sous le nom d’ARTiiROCÉPHADEs , ont ordinairement quatorze pattes ; leurs branchies sont apparentes et non enveloppées par le corselet, qui est plus étroit, plus plat, et moins recourbé en dessous que chez les autres espèces. La plupart de leurs paires de pattes , ordinairement à compter de la seconde, se terminent par une sorte dedoigt ou de ^grappin poiirtu, alongé, dentelée en dedans , qui est reçu dans une rainure de la pièce qui le précède. Leur queue se termine par des lames natatoires , comme dans les écrevisses. Ils semblent lier cette classe des crustacés à celle des insectes , comme les gymnonectes et les oslracins se joignent aux mollusques par les anatifes. Deux genres ont les yeux mobiles et pédiculés : ce sont les squilles ou mantes de mer et les érjetes. Trois ont les yeux sessiles, et ont été désignés comme formant une famille particulière, sous le nom à'amphipodes. Ils nagent et sautent : tels sont les thalitres, les phronymes et les chevrettes. On trouve dans nos ruisseaux et nos fontaines une espèce de ce dernier genre. Elle ressemble, mais en grand, à une puce; aussi l’a-l-on désignée en latin sous ce nom spécifique. Elle nage sur le côté. Le mâle est beaucoup plus petit ; on le trouve souvent entre les pattes de la femelle et au-dessous d’elle. Celle-ci est ovovivipare; c’est-à-dire que les petits éclosentsous le corselet où les œufs sont attachés.

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