‹ Élémens des sciences naturelles. Ouvrage prescrit par arrêté et statut de l'université pour l'enseignement dans les colléges royauxChapitre 15 sur 47 · ORDRES · texte numérisé non relu

ORDRES

1 distincte: très-longues , servant de pieds . i. Céphaiopodes.

a tentacules ! | nageant à l’aide

a tete.

courtes ou nulles : I de membranes /, . 2. Ptéro CODES,

traînant sur

ventre 3. Gastropodes

. ï uc m

Ise traîi le ve

.non distincte

( molles , charnues 5. Brachiopodes.

{à tentacules

| cornées , articulées 6. Cirrhopooes.

sans tentacules * 4. Acéphales.

Les mollusques ne paraissent pas etre tous formés sur un même type. Leur configuration extérieure n’a rien de constant ni dans les ordres, ni dans les familles, ni même dans les genres qu’on y rapporte. Leur peau est généralement molle ; elle forme autour du corps une sorte d’enveloppe qu’on a nommée le manteau. Ce tégument varie beaucoup pour la solidité et la structure, et meme poui 1 etendue et la disposition des ouvertures qu’il présente. C’est le plus ordinairement dans l’épaisseur et au-dehors de cette enveloppe, que se secrétent et se

déposent les croûtes calcaires qu’on nomme coquilles dont le nombre , la forme , îa composition , la texture et les couleurs varient beaucoup. On distingue d’abord ces coquilles en univalves , bivalves et mullivalves , suivant qu’elles sont formées pour chaque animal d’une de deux ou de plusieurs pièces plus ou moins régulières et symétriques, simples ou cloisonnées , droites ou contournées ou enroulées sur elles -mêmes. Le plus souvent ces coquilles sont recouvertes au-dehors d’une sorte d’épiderme corné que l’on désigne sous le nom de drap , parce qu’on y aperçoit comme un tissu de fibrilles feutrées; les taches, les bandes, les traits colorés plus ou moins réguliers qu’on aperçoit à l’extérieur des coquilles, les couches de diverses teintes, nacrées et chatoyantes, ou à reflets changeants , dépendent constament du mode de sécrétion qui les a produit,

Les organes destines à la locomotion des mollusques sont souvent placés dans les tégumens extérieurs; tels sont les bras des poulpes , le pied des limaces , des colimaçons et des autres gastropodes ; les membranes ou feuillets motiles des ptéropodes , comme ceux de la firole , de la ca~ rinaire. Quelques genres qui ont une coquille bivalve ont dans l’intérieur de leur manteau un pied mobile et allongeable , dont la forme varie beaucoup et correspond au genre de vie , comme on l’observe dans les moules , les cames, les vénus ; presque tous ont des muscles intérieurs pour mouvoir les valves de leurs coquilles sur la charnière dont la forme et les ligamens varient dans la plupart des genres. Enfin , comme moyen de transport, on observe que quelques espèces font jaillir rapidement de leur corps une colonne du liquide dans lequel ils sont plongés, et qu’ils avoient aspiré dans ce but ; que d’autres ont dans leur inteneur une vessie hydrostatique qu’ils compriment

ou relâchent, pour faire augmenter ou faire diminuer à volonté leur pesanteur spécifique.

Quoique les mollusques aient tous une espèce de cerveau ou de renflement du système nerveux placé au-dessus de leur bouche , et une autre suite de ganglions destinés à communiquer entre eux , et à fournir des nerfs à leurs divers organes , ils n’offrent aucune disposition commune (1). On peut faire les memes observations pour les organes des sens. Ceux qui se meuvent le mieux en ont un plus grand nombre , et les organes sont chez eux mieux développés. Ainsi les yeux sont visibles surtout dans les céphalopodes, ensuite dans les gastropodes, et on ne rec-onnoît plus ces organes dans les acéphales et la plupart des autres ordres. L’ouïe , l’odorat , le goût , ne paroissent pas très développés ; s’ils existent chez quelques espèces, comme on peut le croire , l’organe du toucher doit être d’autant plus manifeste que l’animal est plus mou et plus mobile.

Quant aux organes de la nutrition , ils sont en rapport avec ceux du mouvement. Les uns prennent une nourriture solide qu’ils peuvent saisir, diviser et avaler par fragmens ; ils ont été munis dans ce but d’une sorte de bec ou de deux mâchoires tranchantes , comme 011 le voit dans les sèches , ou de lames cornées coupantes ou sciantes comme dans les limaces et un grand nombre de gastropodes , ou ils n’ont qu’un simple syphon ou tuyau aspirateur comme dans la plupart des bivalves ou acéphales. Le

(t) Voyez planche intitulée mollusques et vers, les figures 3 et 4. La première représente le système nerveux d’un poulpe - la seconde celui d’une aplysie 5 a, anneau oesophagien 5 b , cerveau; c, ganglions optiques; cl, ganglions latéraux; e, ganglion abdominal.

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tube intestinal a deux orifices distincts dont la position varie; la plupart ont un foie et des organes excréteurs analogues aux reins. Chez tous il y a une circulation complète, c’est-à-dire un système veineux qui se rend au cœur et un dit artériel qui en part, et leur sang ou leur humeur circulante vient se mettre en contact, soit avec l’air dans une cavité pulmonaire , soit avec l’eau sur des feuillets membraneux placés à l’intérieur ou à l’extérieur du corps. Ces branchies varient beaucoup • ce sont des lames des houppes , des divisions branchues et ramifiées.

Enfin , sous le rapport de la fonction réproductrice , les mollusques présentent encore de nombreuses modifications. Chez les uns , comme dans les seiches et autres céphalopodes , il y a des mâles et des femelles , et fes individus sont distincts par le sexe. Chez la plupart les sexes sont réunis ; mais les ordres qui comprennent les espèces les plus motiles présentent de véritables hermaphrodites qui ont besoin de se rechercher et de se joindre pour être fécondés réciproquement l’un par l’autre; tels sont les gastropodes. Chez les acéphales, au contraire, qui, la plupart , sont tout- a- fait fixes ou peu motiles , on observe des androgynes qui ont à l’intérieur les moyens de féconder leurs germes , qui s’en séparent complètement animés par un seul individu. Le plus grand nombre des mollusques sont ovipares j quelques-uns ovovivipares. Leurs œufs varient pour la forme et pour les enveloppes ; il en est de ronds , d’ovales , de pédiculés, d’isolés , de réunis, à coques molle , calcaire, cornée.

On reconnoit au premier aspect les Céphalopodes ; ce sont en général de grosses masses charnues , qui semblent renfermer le corps d’un animal comme dans un sac, garni quelquefois de nageoires sur les côtés. Leur tête sort de H. 4

5o DES MOLLUSQUES,

ce sac* elîe est grosse, munie de deux yeux, et surmontée de longs appendices. Quelques espèces se forment une coquille , toujours apparente au dehors , et dans laquelle elles se retirent. On n’a encore observé ces animaux que dans l’eau salée. Leurs branchies sont cachées au-dedans du corps , et communiquent au -dehors par des orifices différens pour l’entrée et pour la sortie de l’eau. Us s’accrochent et se traînent sur les rochers des bords de la mer, à l’aide de huit à dix bras ou appendices garnis d’un grand nombre de petites cupules en forme de ventouses; au centre de ces bras est la bouche. Ils se nourrissent de crabes, de mollusques et autres animaux marins. Ils n’ont que deux mâchoires semblables au bec d’un perroquet ; leurs sexes sont séparés; tous, lorsqu’ils sont inquiétés, rendent une liqueur brune et odorante qui se délaye facilement dans l’eau , et qui en trouble la transparence.

Il y a très-peu d’espèces connues dans cet ordre , qui peut être considéré comme une famille naturelle. On divise ces mollusques en ceux qui ont le corps nu , tels que les seiches , les poulpes et les calmars ; et en ceux qui ont une coquille, comme les argonautes , les nautiles , les spirales .

Les seiches f les calmars et les poulpes se ressemblent beaucoup entre eux ; mais ces derniers n’ont que huit bras, tandis qu’il y en a dix autour de la tète des seiches et des calmars , dont deux sont beaucoup plus longs que les autres , et à l’aide desquels l’animal se fixe sur les rochers comme avec une ancre. On trouve dans le dos des seiches une matière calcaire , de forme ovale , aplatie, qui s’appelle vulgairement biscuit de mer ou écume de mer , et dont on se sert dans les arts pour polir les métaux précieux. Dans les calmars > la substance qui remplace cet

os est comme cartilagineuse. On retire aussi du corps de ces animaux une bourse membraneuse qui contient une humeur noire, dont l’animal fait usage pendant sa vie pom se soustraire à la poursuite de ses ennemis , en colorant l’eau dans laquelle il est caché. On emploie cette mattére dans la peinture ; on l’appelle sépia. On croit

que I encre de la Chine est faite avec une humeur sentblable.

Les poulpes n’ont que huit tentacules d’égale longueur ; aussi les a-t-on nommés octopus. Jamais leur corps ou le manteau qui le recouvre n’offre de lames ou de replis particuliers. On a vu des individus de ce genre d’une dimension considérable, dont chaque pied, par exemple, egaloit en longueur près de sept décimètres, ce qui suppose une circonférence totale six fois plus grande , puisque Chacun de ces bras doit en être considéré comme un rayon.

L’histoire de V argonaute est si singulière , que quoiqu’elle ait été écrite par les anciens , on l’a regardée loimtemps comme une fable. Qu’on se figure une petite naceUe à parois transparentes, et construite sur le modèle le plus élégant : un anima! placé au milieu de ce frêle batiment, qui, pour se diriger, profite du souffle des vents, auxquels il présente une membraue servant de voile , et place sur chaque bord quatre bras alongés fai- ^ant 1 office de raines : voilà le tableau exact qu’offre l’argonaute. Un ennemi s’approche-t-il? Aussitôt rames et voiles , tout rentre au-dedans : la galère chavire et fait naufrage.... Mais l’orage est-il passé , bientôt elle reparoît a a surface de Fonde; elle vogue et continue tranquilement sa roule. On sait maintenant que le poulpe* pi ote .e ces coquilles, dont on connoît quatre ou cinq

espèces, les a lui -même fabriquées, et qu’il ne profite point, comme le pagure ermite, d’une demeure abandonnée. On a observé dans le corps de fun de ces animaux des petits tout formés avec leur coquille ; on a appris par là que l’argonaute étoit vraiment le constructeur de ces jolies nacelles, qu’on nomme ordinairement nautiles papy racées. Les coquilles des nautiles et des spirilles sont cloisonnées : ces dernières sont cachées par le manteau de l’animal. On a rapproché de cette famille des céphalopodes, beaucoup de coquilles fossiles cloisonnées que Ton suppose avoir appartenu à des mollusques analogues. Tels sont entre autres les hélemnites 3 les cornes à’ammon ou ammonites.

, L’ordre des ptéropodes ne comprend encore que quelques petits genres dont 1 histoire est peu connue , ils n’ont pas de véritables pieds ; mais des nageoires qui garnissent les côtes de leur bouche. Tous sont liermapbi o— dites et sont libres et llottans dans l’eau de la mer. On y rapporte les hyales qui ont une coquille cacliee pai le manteau , ainsi que les clios et les pneumodermes qui ont le corps à nu (i).

Le nom de Gastropodes annonce que ces animaux se traînent sur le ventre. Tous les mollusques de cet ordre ont une conformation analogue : leur tete est le plus ordinairement garnie d’appendices très-mobiles , qui sont des organes du toucher. Quoique hermaphrodites , ils s’accouplent. Ils ont la faculté de se contracter considé-

(i) La Planche des vers et des mollusques offre , à la fig 1 1 , une idée de l’anatomie de la clio boréale , ouverte et très-grossie : a et b représentent la peau du manteau; c, est la bouche , lente triangulaire;^ l’œsophage ; e, les branchies , situées au-dehors ;/, le cœur,; ÿ ? l’artère des branchies; h, le foie; t, les organes génitaux, etc

rablement. La plupart exsudent une humeur muqueuse ; souvent colorée et odorante. Leur respiration s’opère de trois manières différentes , et a donné occasion d’en former trois familles qui paroissent très-naturelles. Les uns, sous le nom de dermo branche s (726) , ont des branchies au-dehors , en forme de lames ou de panaches ; les autres ont des branchies intérieures, mais communiquant audehors , tantôt par un simple trou ; ce sont les adélobranches (718), et ceux-là respirent l’air ; tantôt par un tube ou à l’aide d’un siphon musculaire et contractile , tels sont les siphonobranches (781 ), qui 11e vivent que dans beau.

La famille de Dermobranches comprend des gastropodes aquatiques, dont le plus grand nombre ne sort pas des eaux de la mer. Les uns sont nus et ont des branchies , soit en forme de panaches autour de l’anus , comme les doris , ou sur le dos , comme les tritonies et les scjllées ; soit en forme de lames entuilées , c’est-à-dire , placées les unes sur les autres en recouvrement , comme dans les éolides et les phyllidies ; tantôt les mollusques de cette famille ont le corps protégé par un test , soit d’une seule pièce, comme dans les patelles et les ormiers ou oreilles de mer , soit d’un grand nombre de pièces articulées , comme dans les chitons ou oscabrions,

Les genres dont le corps n’est pas protégé par une coquille sont peu connus, parce qu’il est difficile de les conserver , et qu’ils se déforment après la mort. Ceux qui ont des coquilles ont été mieux décrits , au moins quant à leur test. Les oscabrions ressemblent encore beaucoup aux limaces; mais leur dos est revêtu d’une sorte de cuirasse composée de dix à vingt petites coquilles, qui se recouvrent comme les tuiles d’un toit , et qui sont enchâssées

dans l’épaisseur de îa peau. Ces animaux vivent dans ïa mer ou sur les rochers; ils se nourrissent de varecs. On donne le nom de patelle aux animaux qui vivent sous une coquille d’une seule pièce , sans spirale , ressemblant à une sorte de pefitpvase. C’est un toit protecteur sous lequel l’animal se tient entièrement cache ; il le fait tellement adhérer aux rochers, qu’il est impossible de l’en détacher sans employer les plus grands efforts. Quelquesunes de ces demeures sont percées à leur sommet pour laisser sortir les excrémens : on les nomme fissurelles ; d’autres ont intérieurement une lame saillante , qui les fait en quelque manière ressembler à un soulier, ce qui leur a valu le nom de crépidule.

Les Âdélo branches sont les mollusques gastropodes qui respirent l’air par un simple trou ou par une fente qu’on remarque sur les côtés du corps. Cette ouverture communique avec une cavité intérieure où l’air pénètre , et où viennent se distribuer les ramifications des vaisseaux pour y recevoir l’influence de la respiration. Cet ordre renferme un très-grand nombre de genres , dont les uns ont le corps nu ou non protégé au-dehors par une coquille : tels sont les aplysies , les limaces , et d’autres sont testacés , comme les hélices ou colimaçons , les planorbes . les sabots , les nérites , etc. , etc.

Tout le monde connoît ce gros limaçon sans coquille . de couleur presque aurore , qui se traîne dans les lieux humides , et qui laisse derrière lui une trace d’une matière glaireuse, qui brille encore beaucoup lors même qu’elle est desséchée ; c’est l’animal dont nous allons parler. Faire son histoire , c’est indiquer à-peu-près celle de tous les gastropodes. Sa peau est coriace et difficile à déchirer; elle change de forme; mais la partie arrondie

DES MOLLUSQUES. g g

est le dos, la portion plate est le ventre , le devant où sont les cornes est la tête ; l’extrémité, qui semble traînée en arrière, et qui se termine en pointe, est la queue. Cet animal , tout dégoûtant qu’il paroît au premier aperçu mérite cependant d’être étudié du naturaliste : il a sur la tête quatre cornes qui peuvent rentrer au-dedans; les deux plu longues portent les yeux ; il se nourrît de feuilles et de fruits, qu’il coupe à l’aide d’une seule dent de la forme d’un croissant. Les organes de la génération sont placés sur le côté droit du cou , dans la même ouverture qui donne issue aux excrémens. Ces animaux pondent leurs œufs dans la terre. Les parties de leur corps , même les yeux et la bouche , se reproduisent lorsqu’elles ont été coupées.

Les aplisies , qu’on nomme aussi lievres de mer , ressemblent beaucoup aux limaces. On les trouve sur les bords de la mer, principalement sur les rivages de la Méditerranée. Plusieurs espèces répandent, lorsqu’on les saisit, une humeur puante qu’on a regardée long-temps comme un poison ; d’autres exsudent des liqueurs colorées qui se mêlent à 1 eau et la rendent opaque.

L’organisation des adélobranches , qui vivent dans les coquilles roulées en spirale , est à peu près la même que celle des limaces terrestres. Seulement le dos n’a point cette peau coriace qui laisse exsuder la matière muqueuse , et les intestins, recouverts d’une membrane, sont roulés en spirale dans l’intérieur de l’enveloppe calcaire. On appelle escargots , hélices ou colimaçons les espèces qui ont la coquille globuleuse, ou dont la spirale fait saillie, et planorbes celles dont les spires s’enveloppent sur un même plan.

Les gastropodes Siphonobranches ne comprennent que des espèces marines testacées, On reconnaît à leur coquille qu’elles appartiennent à cette famille , car tous ces tests offrent du coté de la bouche une échancrure ou un canal destiné à recevoir les tubes respiratoires. Les unes ont une opercule, comme les cérites , les pourpres , les buccins, etc ; d’autres n’en ont pas , comme les vis , les volutes , les cjprées ou porcelaines. La plupart de ces mollusques ont un pied plus ou moins large, formé par la partie inférieure du ventre , qui rentre dans la coquille ou en sort « la volonté de l’animal , et qui sert à sa progression .

La forme des coquilles appelées porcelaines est très» curieuse, et ressemble à la moitié d’un œuf; la partie arrondie est toujours lisse et polie naturellement ; elle est marquée des plus belles couleurs; le dessous est plat ; 011 y voit une ouverture longue, étroitè, ordinairement comme dentelée, par laquelle sortent deux parties du corps de l’animal qui Fa construite, et qui la recouvrent de l’un et de l’autre côté comme un manteau. Les animaux qui vivent dans cette coquille ne se trouvent que dans le fond de la mer, et n’approchent pas de ses bords.

O11 a appelé pourpres ou rochers les coquilles dont l'ouverture se prolonge en un canal , par lequel l’animgl fait passer un tube qui sert de conduit à l’eau des branchies. L’une des espèces de ce genre fournit une humeur rouge foncée, qu’on croit être la même que celle employée par les anciens pour teindre en écarlate. La liqueur qu’on trouve dans l’animal , et qui est analogue à l’encre des seiches, est d’abord blanche, elle devient bientôt verte , et elle ne rougit que lorsqu’elle a été quelque temps exposée à Faction de la lumière.

DËS MOLLUSQUES. 57

Nous avons vu que les mollusques, qui ne marchent ni sur la tête, ni sur le ventre, et chez lesquels on ne voit point distinctement les yeux ni la bouche, ont été appelés Acéphales. On trouve parmi ces animaux un petit nombre d’especes qui n’ont point du tout de coquilles : ce sont les biphores , les mammaires et les ascidies. La plupart cependant sont renfermées entre deux valves , et quelques-unes en ont même plus de deux ; toutes ont le corps enveloppé dans une sorte de fourreau ou de manteau charnu, le plus souvent ouvert sur le cote, comme dans les tellines , les venus , les bucardes , les moules, les jambonneaux , les huîtres , les peignes ; mais il n est pas ouvert dans les solens ou manches de couteau , dans les pholades et les tarets. Quand ces animaux habitent des coquilles, ils en peuvent rapprocher les valves à l’aide de muscles très-robustes; ils respirent par des branchies placées sous le manteau. Quelques espèces se meuvent à l’aide d’un pied qu’ils peuvent alonger et racourcir ; la bouche est cachée, et 11e porte jamais de dents. Tous ont les deux sexes réunis, et ne s’accouplent pas.

On a donné le nom de tarets à des animaux marins qui font, dans le bois des digues et des vaisseaux, des trous profonds , semblables à ceux que produiroit le fer d’une tarière. Leur corps est garni de deux grandes coquilles qui ne se rapprochent point aux extrémités. Il y a là d un côté deux petites pièces qui paroissent propres à couper le bois j de l’autre côté, il y en a deux autres qui tiennent lieu d’opercule. Ces animaux semblent se loger dans le bois , non pour s’en nourrir , mais pour s y mettre à 1 abri. Ce sont eux qui, en 1781, ont détruit en grande partie les pilotis des digues de la Zélande. C’eût été un très-grand malheur que la rupture complète de ces digues, car toute

^ette belle province de Hollande anroit été entièrement submergee, puisque son sol est beaucoup plus bas que le niveau de la mer.

Les pholades creusent les pierres et les rochers calcaires , comme les tarets percent les bois. On croit qu’elles ramollissent la pierre à l’aide d’un acide qu’elles dégorgent. Comme ces animaux grossissent dans leur trou , ils ne peuvent plus sortir du conduit par lequel ils sont enties. Souvent les pholades se croisent dans leurs mines, alors l’une des coquilles est percée d’outre en outre, ainsi que ranimai qu’il renferme. 11 n’est point rare d’en rencontrer ainsi dans les blocs de pierre; on en trouve souvent de fossiles. On reconnoît leurs coquilles à une sorte de ci ochet qui se voit en dedans près de la charnière.

H y a des moules d eau douce et de mer ; ces dernières oont les plus cunemes. Elles sont presque ‘toujours retenues à i ancre, à 1 aide d’une sorte de soie ou de bj'ssus ? quelles ont eiles-memes filé en tirant une humeur d’une glande particulière, à l’aide d’un appendice ou pied qui lessembîeà une petite langue. Ces animaux sont ordinairement attachés en grand nombre sur les rochers. On les mange crus ou cuits. C est une espece du genre des jambonneaux, qui fournit cette laine si estimée à cause de son aspect soyeux qu’on nomme laine de pinne-marine , soie de mer , poil de nacre , dont on fait de très belles étoffés à Tarente et à Smyrne. C’est encore une espèce voisine de ces genres qui fournit les perles.

Les coquilles, ou les valves qui recouvrent les mollusques, se forment dans l’épaisseur de leur peau par une exsudation du manteau (714) : elles s’accroissent toutes par leur bord - cependant quelquefois elles augmentent

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aussi en épaisseur sur leur face interne. Dans le plus grand nombre des espèces, les taches qui se voient au-dehors sont régulières, parce qu’elles ont été produites par les mêmes parties du manteau. Il en est dont l’intérieur est d’une belle couleur nacrée. Quand, à la suite de quelque maladie ou de quelque accident, cette matière nacrée n’a pu bien se coller à la face interne de la coquille, le suc s épanché et forme des globules qu’on nomme perles. On recherche beaucoup ces espèces de concrétions, auxquelles on attache du prix parce qu’elles sont très-brillantes. Les plus précieuses, qu’on nomme orientales, en style de joaillier, sont pêchées dans l’Inde et sur la côte du Japon, par des plongeurs habitués dès l’énfance à rester , dit-on , près d’un quart-d’heure sous l’eau. Les plus grosses sont les plus estimées : l’une de celles-là a été vendue 480,000 liv.

Le genre des huîtres et celui des pèlerines qui en est voisin, renferment des animaux dont l’organisation est semblable, mais qui sont contenus dans des coquilles différentes. L’une des valves et plate ; l’autre est plus ou moins convexe. Leur manteau est ouvert dans presque toute son étendue; il enveloppe quatre branchies ou feuillets. Leur bouche est bordée de quatre lèvres. Ces animaux n’ont pas de pieds , et sont complètement hermaphrodites, pouvant se féconder eux-mêmes. Presque toutes les espèces sont attachées aux rochers; on croit cependant que , lorsqu’elles sont libres, elles peuvent un peu se déplacer et même s’élever dans l’air, en faisant pénétrer et sortir subitement l’eau de la mer entre leurs valves , qu elles peuvent en effet ouvrir et rapprocher avec une force et une vitesse extrêmes. On mange tous ces animaux t les huîtres sont surtout recherchées pendant l’hiver. Les coquilles des pèlerines sont d’une texture si solide qu’elles

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résistent à l'action du feu, et qu'on s'en sert avec avantage comme de petites assiettes pour faire cuire les alimens à une forte chaleur.

Le cinquième ordre des mollusques comprend, les Brachiopodfs, qui ont un manteau ouvert et formant deux lobes garnis à l’intérieur de petits feuillets branchiaux. Ils sont munis d’une coquille à deux valves fixées, et qui par conséquent ne leur permet pas de se mouvoir : ils peuvent en faire sortir deux tentacules molles, charnues, ciliées, avec lesquelles ils saisissent et attirent leur nourriture. Leur organisation est d’ailleurs encore peu connue. Tels sont les lingulcs de la mer des Indes, les térébralules et les orbicules , et plusieurs autres genres. On trouve beaucoup d’espèces fossiles ou des coquilles qui paraissent avoir appartenu à des animaux de cette famille.

Le dernier ordre de cette classe, ou les Cirrhopodes , semble former une sorte de transition à la grande division des animaux articulés. Quelquefois ils ont des mâchoires ; mais surtout des espèces de pieds ou de nageoires formés d’un grand nombre d’articulations mobiles crustacées ou calcaires. Leurs coquilles sont le plus souvent composées de plusieurs pièces mobiles. Tels sont les balanites et les anatifes.

Les balanites ou glands de mer sont renfermés dans une enveloppe conique de plusieurs pièces inégales, adhérentes à des corps solides et meme à la surface de quelques êtres marins vivans , comme aux huîtres , sur les tortues , les morses, les baleines : c’est peut-être même à cause de cette dernière particularité qu’ils ont reçu leur nom de balanites. La forme de leur test varie , ce qui les a fait subdiviser en tubicinelles et coronules . On appelle ana -

tifes , lépas ou pouce-pieds des mollusques dont la coquille est composée de cinq à sept valves principales , portées à l’extrémité d’un long tube charnu, et fixées aux covps solides qui plongent dans la mer. L’animal est plus au-dehorsde sa coquille qu’il n’est au-dedans. Le nom de pouce-pied vient de la ressemblance qu’on a cru voir entre la partie testacée du corps de cet animal et l’extrémité du gros orteil de l’homme, recouverte par l’ongle. On a cru autrefois que certains canards , tels que les bernaches, provenoient de la métamorphose de ces ani« maux ; ce qui leur a fait porter ce nom d’ anatiferes , ou qui produit des canards. C’est une grossière erreur qui est venue de ce qu’on a observé beaucoup de canards dans les parages qu’habitent les anatifes , dont ces oiseaux sont en effet fort avides. Au reste , nous le répétons , cette famille se lie évidemment à la classe des crustacés.

DES VERS

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