‹ Élémens des sciences naturelles. Ouvrage prescrit par arrêté et statut de l'université pour l'enseignement dans les colléges royauxChapitre 30 sur 47 · DES POISSONS CARTILAGINEUX. I9I · texte numérisé non relu

DES POISSONS CARTILAGINEUX. I9I

se trouvent principalement dans les mers des pays chauds. Les deux seules espèces connues jusqu’ici dans le genre chimère y n’ont encore été rencontrées que dans les mers situées vers les deux pôles du nord et du sud.

On ne connoît que trois genres de poissons dont les branchies couvertes d’une opercule n’offrent pas de membranes branchiales, et qui appartiennent par conséquent à l’ordre des ÊleuthÉropomes. Ce sont les polyodons , dont on n’a décrit qu’une seule espèce , les pégases et les esturgeons , autrement dits acipenseres , qui n’ont points de dents du tout. Ces derniers sont très-recherchés comme alimens ; ils vivent dans les mers , mais ils remontent les fleuves au printemps pour y pondre ; ils sont très-féconds. On prépare avec leurs œufs marinés un aliment très-recherché dans plusieurs pays sous le nom de cavial ou de caviar. La vessie natatoire séchée et roulée, se vend dans le commerce sous le nom de colle de poisson onà’ichthyocolle ; elle est employée dans beaucoup d’arts. Les pégases sont de petites espèces voisines du genre précédent, dont le corps est aussi protégé par des écussons osseux , dont les nageoires ventrales sont remplacées par des filamens , tandis que les pectorales sont larges et toujours étalées en éventail.

Les poissons cartilagineux du quatrième ordre , ou les Téléobranches , sont les plus nombreux. Tous à la vérité ont les^ branchies cachées par un couvercle et par une membrane ; mais ils diffèrent beaucoup par la présence et la situation des nageoires ventrales : ainsi il en est qui en sont absolument privés , et dont la peau est en général parsemée de grains osseux; on les nomme ostéodermes; d’autres ont les nageoires du ventre ordinairement soudées et situées sous les thoraciques; ils Sont appelés plé-

19* DES poissons cartilagineux.

copteres j enfin il en est quelques-uns dont les nageoires ventrales sont situées un peu en avant de l’anus , et dont le museau est ordinairement prolongé , ce qui les a fait désigner sous le nom d ’aphjostomes.

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On a divisé la famille des Ostéodermes en six genres , dont presque toutes les espèces ne se rencontrent que dans les mers des pays chauds. Il en est qui ont des nageoires impaires , et d’autres qui en sont privés. Parmi les premiers , sont placés les sjngnathes, qui n’ont point de dents : tous les autres en ont tantôt plus de six, comme les ostracions ou coffres ; tantôt quatre , comme les tétraodons ; quelquefois deux , comme les diodons . Les espèces qui n’ont point de nageoires impaires sont en petit nombre , peu connues , et toutes étrangères : elles ont été nommées ovoïdes , sphéroïdes .

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On a appelé coffres ou ostracions , des poissons dont le corps recouvert par une peau osseuse y est renfermé comme dans une coquille. Presque tous se rencontrent dans les mers du sud, ils vivent de mollusques et de crustacés. On mange la chair de plusieurs aux Indes et en Amérique. Les tétraodons n’ont que quatre dents , ou plutôt leurs mâchoires sont à nu , et souvent recouvertes d’une sorte d’émail; ils ont la faculté de se gonfler et de changer considérablement de volume; ce qui les a fait appeler boursouflas. Les diodons , dont les deux mâchoires osseuses , nues , sont formées d’une seule pièce , ont le corps couverts de piquàns; aussi les appelle-t-on hérissons de mer. Les sjngnathes sont de très-petits poissons allongés , dont le corps est couvert d’une cuirasse osseuse , anguleuse , formée de plusieurs pièces; ilssenourrissentprincipalement de vermisseaux , d’œufs de poissons ; ils portent leurs œufs dans une fente sous la queue. On en trouve plusieurs

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dans nos mers. Nos pêcheurs ne les prennent point, parce yu’on ne les sert pas sur les tables. L’une des espèces a ete nommée cheval-marin, et d’autres aiguille Je mer tuyau de pipe , etc. ’

li j a très-peu de poissons connus dans la famille des Plécoptères : on ne peut citer que les cyclopteres et les lepadogastères. Les premiers ont aussi reçu le nom de hunpes. On les trouve dans la mer, où ils se nourrissent de petits animaux. On a compté dans une femelle 207,700 œufs : on prétend que les nageoires ventrales, disposées en forme de disque, servent à l’animal comme d’une sorte de ventouse , qui le fait adhérer aux rochers, aux vaisseaux et meme au corps des autres poissons , surtout sur la peau des squales.

Les poissons à branchies operculées sans membranes , et à nageoires abdominales , que l’on désigne sous le nom d’ApHYOSTOMES , sont presque tous des mers de la Chine et des Indes. Les uns , qu’on nomme macrorhimjues 9 ont des dents, et leur corps est couvert de grandes écailles osseuses. Ceux qui iront pas de dents , et dont le corps est très-comprimé , sont nommés centrisejues et solénostomes . On en trouve une petite espèce dans la Méditerranée: elle est désignée sous le nom de soufflet. Elle se vend à Rome dans les marchés ; sa chair est estimée. Ces deux derniers genres ont des écailles entuilées et paraissent encoie , par d autres caractères , s’éloigner des cartilagineux.

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SECONDE SOUS- CLASSE, poissons osseux .

On comprend dans la seconde sous-classe des poissons , toutes les espèces dont les vertèbres non flexibles son t vraiment osseuses; c’est le seul caractère qu’on ait pu leur assi-

j94 des poissons osseux.

çner. Nous avons vu (988) qu’on les a subdivisés à peu près de la même manière que les poissons cartilagineux , d’après la présence ou l’absence de l’opercule et de la membrane des branchies. L’existence et la position des nageoires ventrales ont ensuite servi à constituer les

ordres. r

1 OOO.

Les poissons osseux , operculés et à membrane branchiale , ou en un seul mot les IIolobranches , ont été rangés dans quatre sous-ordres. Les uns sont apodes (1006) ou n’ont point de nageoires ventrales ; tous les autres ont des nageoires ventrales, tantôt situées sous la gorge, et ils sont dits jugulaires (1009); tantôt placées sous les pectorales, ce sont des thoraciques (101 1) : enfin il en est dont les nageoires sont placées un peu au-devant de l’anus, et qu’on appelle abdominaux (1028). Chacun de ces sousordres se subdivise ensuite en familles qui comprennent plusieurs genres.

Les hoîobr anches apodes , quoique n’ayant pas de nageoires ventrales , ou peuvent manquer des autres , son complètement , soit en partie ; on les nomme alors Péroptères, tels sont les gymnotes , les leptocephales , etc. etc. . ou ils ont toutes les autres nageoires impaires, et on les appelle Pantoptères. On range dans cette dernière famille les murènes , les ammodytes , les ophidies , les anarchiques , etc. etc.

j\g nom de gymnote indique d avance que 1 animai ainsi appelé n’a point de nageoires sur le dos : sa lèvre supérieure porte deux barbillons. Il ressemble un peu aux anguilles 5 on n’a encore rencontré ces poissons que dans les fleuves des pays chauds. L’une des espèces, qu’on trouve à Surinam , est surtout remarquable par la faculté

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<^11 eiie a cle produire un engourdissement subit dans le Jjras de celui qui la touche ; commotion analogue à celle que fait ressentir la torpille. On désigne ce poisson sous les noms de trembleur et à' anguille électrique .

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Les murènes ou anguilles ont toutes les nageoires impaires réunies; leur corps est arrondi, visqueux; leur peau , fort coriace , n’est recouverte que de très -petites écailles, il y a beaucoup d’espèces dans ce genre; leur couleur varie suivant le fond des rivières; plusieurs vivent dans la mer; elles ne sortent des trous qu’elles se pratiquent dans Ja vase, que pendant la nuit; elles s^ nourrissent de vers. Plusieurs font leurs petits vivans • leur chair est très- estimée. On emploie la peau de ces poissons comme liens solides dans plusieurs arts. Le congre est une grosse espèce d’anguille de mer. On désigne sous le nom Vammodjrte ou de lançon un petit poisson que les pêcheurs emploient pour amorcer les hameçons avec lesquels ils prennent les maquereaux. On le reconnoît à sa mâchoire inférieure, allongée , pointue. On le trouve ordinairement caché sous le sable des rivages de

la mer, roule en spirale sur lui-même; il se nourrit de vers marins.

ioog.

Il n y a qu une seule famille dans le sous-ordre de» iiolobranclies jugulaires; mais elle comprend une douzaine de genres , réunis sous le nom d’AùcnÉroPTÈRES, Les uns ont le corps ovale très-comprimé; tels sont les chjsoslromes et les hurles, qui sont encore peu connus : les autres ont le corps allongé. Tantôt les trous des branchies sont sur la nuque comme dans les callionim.es ; tantôt sur les côtés du cou : soit avec les yeux verticaux . comme d ans les uranoscopes et les batrachoïdes ; soit avec

196 des POISSONS OSSEUX.

les yeux latéraux, comme dans les gades, les vives, les

calliomores , etc.

Le nom à’uranoscope signifie qui regarde le ciel ; on l’a donné à un poisson dont les yeux très-rapprochés sont placés sur le sommet de la tête. L’espèce la plus commune ne se rencontre guère que dans les eaux de la Méditerranée ; elle se nourrit de petits poissons et d’insectes aquatiques. On l’appelle raspeçon et tapeçon dans quelques ports du midi de la France.

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On nomme vives ou trachines des poissons un peu comprimés, dont l’anus est près des nageoires pectorales , et qui ont le bord de l’opercule dentelé. On en trouve fort communément une espece dans 1 Océan. Sa cliair est 1 1 ès— estimée. La première nageoire dorsale est armée de rayons tranchans, avec lesquels l’animal produit de profondes blessures, même quand il est mort; aussi les pêcheurs sont-ils dans l’usage de couper ou d’arracher cette nageoire avant de livrer ce poisson au commerce ; de sorte que presque tous les individus qu’on observe dans les marchés sont ainsi mutilés.

Les poissons qu’on nomme gades ont le corps couvert d’écailles lisses : on observe plusieurs nageoires sur leur dos et sous leur queue; celles de la poitrine sont allongées en pointe. Les principales espèces de ce genre sont les morues , qu’on trouve dans les mers d’Europe et d’Amérique. Elles vivent en troupes innombrables , principalement dans les parages dont le fond est garni de beaucoup de sable. Leur chair est très-estimée. Des vaisseaux sont aimés uniquement pour aller à la pêche de ce poisson. C’est principalement en Hollande qu’on se livre à cette sorte de négoce. Les meilleures morues viennent du banc

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cle Terre-Neuve et des environs de Labrador. Leur têtefait en volume près du tiers de la grosseur du corps, quel’on désigne sous le nom de queue. On a calculé qu’une seule femelle pouvoit pondre 3 ,444 5ooo œufs. Les morues se nourrissent de seiches, de crabes et d’autres animaux. Elles rejettent par le vomissement les parties trop solides pour être digérées. Les merlans ressemblent aux morues; mais ils n’ont ni barbillons, ni taches sur le corps. On a rangé dans le même genre des gades, la lote ou barbote , poisson d’eau douce qui n’a que deux nageoires sur le dos. Cet animal, qui recherche les eaux vives , est un manger*' très-délicat.

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Les poissons osseux à branchies complètes , nommés thoraciques, ou à nageoires ventrales situées au-dessous des pectorales, sont en très-grand nombre et comprennent seuls plus d’espèces que les sept autres ordres pris ensemble ; aussi est il très-difficile de se reconnoître dans leur étude. Les uns ont le corps très-mince , en forme de lames ( PL i , fig. io ), et nagent en serpentant; tels sont les leptoso mes (1026) , qui ont le corps presque aussi haut que large, et les yeux latéraux; les Tiélérosomes (1024) , qui, semblables aux premiers , ont les yeux situés d’un même coté ; les pélalosomes (1014), dont le corps est extrêmement allongé. Tons les autres ont le corps épais : tantôt il est arrondi en fuseau, comme dans les atractosomes (1016); ou en cylindre (PL 1 , hg. 7 ) , comme dans les gongylo somes (ioi5) : tantôt il est comprimé (PL 1, lig. 8), i°. avec des rayons isolés aux pectorales, comme dans les dactyles (i023) ; 20» avec une nageoire du dos très-longue itels sont les lophionotes (1021); 3°. avec la tête trèsgrosse, comme les céphalotes ( 1 022' ; 4°- avec les mâchoires saillantes, osseuses, eton ïesdit ostéostomesi^ 1021); 5°. avee les lèvres charnues et les opercules épineuses ou dentelées ^

398 des poissons osseux.

on les nomme acanthopom.es (102$) ; ou enfin avec les opercules lisses ? tels que les lèiopomes (1019).

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Les Pétalosomes , dont le corps ressemble à une bandelette et dont plusieurs espèces ont été encore appelées , à cause de cela , rubans de mer , ont tantôt la bouche munie de barbillons, comme les boslrichtes et quelques autres genres étrangers j tantôt sans barbillons , comme sont, i°. les lépidopes , ainsi nommés, parce que leurs nageoires ventrales sont remplacées par des écailles ; 20. les cépoles 3 qui ont beaucoup de rayons aux nageoires ventrales $ et enfin les gjmnêtres , privés de la nageoire de l’anus , et dont les deux rayons des nageoires ventrales sont excessivement grêles et allongés.

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Les Govgylosomes ont le corps allongé, arrondi, ainsi que leur nom l’indique. Les uns ayant les nageoires réunies, n’ont tantôt qu’une nageoire sur le dos, comme les gobies ^ tantôt comme les gobio'ides , ils en ont deux. On prétend qu’ils font le vide avec leur nageoire ventrale unique , disposée en ventouse. D’autres ont la paire de nageoires inférieures libre , tels sont les échénéides , qu’on a encore nommés rémoras ou arrête-nefs , et qui ont le sommet de la tête couvert d’une plaque ovale, sillonnée en travers , garnie de petits crochets, à l’aide desquels ils s’appliquent sur les corps qui voguent dans la mer ; on s’en sert dans les Indes pour aller à la pêche des tortues et autres animaux marins. Tels sont encore les gobiomores , qui ressemblent aux gobies , poissons de la famille précédente ; mais leurs nageoires sont libres.

La famille des Atuactosomes est très- nombreuse en genres et en espèces. Les uns ont de fausses nageoires entre celles -du dos et de la queue et entre celle-ci et l’anale ; tels

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sont les scombres , les irachinotes , etc. : d’autres n’en ont pas, et tantôt leur nageoire dorsale est simple ou unique, comme dans les gastérostées , les centronotes y les cœsions , etc.; tantôt cette nageoire est double, comme dans les caranx , les istiophores , etc.

Le corps lisse, agréablement coloré, et le grand nombre de petites nageoires placées au-dessus de la queue des scombres , les fait bientôt distinguer des autres poissons thoraciques, qui rarement ont, comme eux, la queue garnie de l’un et de l’autre côté d’une arête ou ligne saillante. Les deux espèces principales de ce genre sont le maquereau et le thon. Le premier a cinq fausses nageoires sur le dos : il vit en troupes innombrables , et se rencontre dans toutes les mers : il approche des côtes au printemps , à l’époque de la ponte. Il est extrêmement vorace, phosphorique pendant la nuit. Son corps est brun , ondulé de bleu en dessus, d’un blanc argenté en dessous. Sa chair délicate le fait rechercher et servir sur les meilleures tables. Le thon a huit fausses nageoires. Il est beaucoup plus gros que le maquereau. On en a vu de près de trois mètres de long; mais le plus généralement ces poissons n’ont que trois à six décimètres : ils sont très-voraces , ils voyagent par bataillons carrés. On en fait une très-grande pêche , surtout dans la Méditerranée et dans les parages de Venise. On les sale pour les envoyer dans toute l’Europe , 011 leur chair délicate est fort recherchée.

C’est parmi les gcistérostées , dont le nom signifie ventre osseux, que l’on peut observer les plus petits poissons de 1 Europe. Ils ressemblent en miniature aux maquereaux par la forme; mais ils ont le dos garni d’épines, et une pièce osseuse entre les deux nageoires inférieures, qui sont en outre armées d’un aiguillon que l’animal peut

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redresser et rendre inamovible à volonté; ce qui leur a iait donner aussi le nom d ’épinoches. Plusieurs espèces vivent dans les eaux douces : elles sont extrêmement voraces ; elles avalent des vers presque aussi gros que leur corps, et la digestion s’en fait dans leur œsophage. Il en est qui n’ont que deux centimètres de long sur trois millimètres de largeur au milieu du corps, et dans lesquels on observe des œufs prêts à être pondus.

On ne trouve guère que dans les mers des pays chauds les poissons qui composent la famille des Léiopomes , nom qui signifie opercules lisses ou sans épines, à laquelle 011 rapporte les genres que les anciens auteurs nommoient labre et spare. Les uns , comme ceux de ce dernier genre, les diplérodons et les mulets , ont deux rangées de dents ; les autres , comme les labres , les trichopodes , les osphr omette s , etc., etc. , n’ont qu’un seul rang de dents aux mâchoires.

Le corps et la tête des mulets ou mules sont recouverts de grandes écailles lâches , peu adhérentes; l’opercule de leurs branchies est formée de trois pièces , et leur corps est presque cylindrique. On a rangé dans ce genre le rouget , si estimé chez les Romains, qu’on le vendoit au poids de l’argent; son corps et du plus bel écarlate pendant la vie. On le pêche dans l’Océan, à l’embouchure de la Garonne et de la Dordogne. On y trouve aussi le surmulet ou barberin , qui a quatre lignes dorées de chaque çôté. On observe des labres dans toutes les mers; c’est un genre très-nombreux ; il y en a plus de cent cinquante espèces décrites dans les auteurs. Tous n’ont qu’une nageoire du dos; mais celle de la queue est tantôt entière ( PI. 1 , fig. 5,6), arrondie1 ou tronquée , et tantôt échangée { fig. 4 ).

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11 n’y a que trois genres de jmissons compris dans la famille des Ostéostomes ou à mâchoires dont les os sont tout-à-fait nus; savoir, les oslorhincjues, qui ont deux nageoires ctorsales; et les scarcs , ainsi que les léiagnathes , qui n en ont qu’une. Tous se nourrissent de crustacés et ae mollusques , et non d’herbes , comme le pensoient les anciens (i). Les Lophionotes ont, ainsi que leur nom l’indique , la nageoire du dos très-longue : ce sont dos poissons lort agiles à la nage et qui se nourrissent d’autres espèces plus petites. On rapporte à cette famille les cory phenes , les tænianotes , les centrolopJies , les chevaliers , etc. , etc.

La petite famille des Céphalotes comprend des poissons hideux et extraordinaires par la forme de leur tète , exti emement volumineuse en proportion du reste du corps. La plupart nagent avec peine , et se mettent en embuscade sous la vase pour attendre leur proie, qu’ils avalent toute entière à laide de leur vaste gueule. Les uns, comme les colles , les scorpenes , les gobiésoces , ont le coi pa couvert de petites écaillés. Le chabot ou cciborgne üe nos rivières appartient au premier genre : les autres , comme les aspidophores , ont le corps protégé par de laigcs écaillés solides ou par une sorte de bouclier osseux.

Les Dactyles sont des poissons d’une forme toute particulière : leur tête est très-grosse , comme cuirassée , couverte de rugosités; leurs yeux sont grands, protégés pai des oibites osseuses; leur dos est droit, sillonné sur sa longueur, et on observe des rayons libres , isolés, sou- "vent sans membrane, près de chaque pectorale; leur

Et soins pallentes. ruminai herbus. Oppiaa.

DES POISSONS OSSEUX, chair est très-estimée. On a partagé cette famille en quatre genres : les dactylopteres, qui ont deux nageoires pectorales ; les trigles , les prionotes et 1 espéristédions, dont les rayons pectoraux surnuméraires sont libres jusqu’à la base. On mange surtout en France le grondin ou perlon, qui est rouge avec quelques taches blanches, et le gnrneau ou beliicant , qui est brun avec de grandes écailles en croissant sur la ligne latérale.

Les IIétérosomes sont les seuls animaux vertébrés connus , dont le corps ne soit pas parfaitement symétrique , ou qui ne puisse être divisé en deux parties absolument paires et semblables dans la longueur. On les reconnoît en ce qu’ils, ont toujours les yeux placés d’un seul et même côté ’7 que leur corps est comprimé , plat en dessous , convexe en dessus et plus coloré. Les uns ont les nageoires pectorales distinctes; on les nomme pleuronectes. Il n’y a pas de ces nageoires dans les autres , qu'on appelle achires. Tous fournissent un aliment agréable , sain et très-recherché. On les distingue très-bien par la forme de la queue et par la disposition des yeux. Ainsi les uns les ont à droite , comme la limande , le flétan , la sole , la plie , le flez , etc. La queue n’est échancrée que dans les deux premières espèces. Le turbot , le carrelet ont les deux yeux à gauche , et la nageoire de leur queue est entière.

Les opercules dentelées ou épineuses sont le principal caractère des àcanthopomes. Les genres compris dans cette famille qui n’ont que des dentelures sans piquans , sont les luljans et les centropomes . On a rangé parmi les autres les perseques , les scieries , les bodians, les holocentres, etc., etc. On reconnoît les perches ou perseques aux aiguillons dont sont armés les bords des opercules , comme dans les vives , et par la position de l’anus , qui est beau-

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coup plus près de la queue que de la tête. Leur corps es î: couvert d’écailles rugueuses et solides. On en connoît un grand nombre d’espèces dont la chair est délicate. La plus ordinaire est celle d’eau douce. C’est un joli poisson d’un brun vert-doré , avec des bandes transversales noires , larges et inégales. Les nageoires paires sont d’un fort beau îouge : les femelles sont très-fecondes ; elles pondent leurs œufs en chapelet, et on en a compté près de 28 1 ,000 dans une seule ponte. Les mâles, ou les individus à laitance, sont beaucoup plus rares que les femelles.

Les Leptosomes ou les poissons hoïobranches thoraciques , dont le coi'ps est très-mince, à yeux latéraux, forment maintenant dix-huit genres, auxquels on rapporte un grand nombre d’espèces , la plupart des mers du midi. Ils correspondent à ceux des zées et des chétodons. Ces derniers ont été subdivisés d’après la forme des dents et la disposition des opercules et de la queue. Ceux qui n’ont pas de dents du tout sont les sélènes, les chrysostoses et les co pros ; ceux qui en ont de longues, minces et fines comme des crins , sont les chétodons , les acanihinions , les chéiodiptères, etc. ; ceux dont les dents sont larges, non crénelées, sont les zées, les gais, etc.* elles sont crénelées dans les gljphisodons, les acanthures, les aspisures.

On reconnoît les chétodons aux dents nombreuses qui garnissent leur petite bouche , placée au bout d’un long museau. Leur corps est en outre très-comprimé , presque aussi haut que long : la plupart sont ornés de lignes ou bandes transversales colorées , ce qui leur a fait donner le nom vulgaire de bandoulières. Ce sont de très-beaux poissons qu 011 11e rencontre que dans les mers des pays chauds , principalement dans celles de l’Amérique méridionale et des Indes. Les espèces les plus remarquables

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sont celles qu’on appelle soufflet et mu s eau- allongé , dont la bouche est portée sur un museau cylindrique. Pour les couleurs , on remarque les espèces de chétodons qu’on nomme cocher , peint, zèbre, œillé , et beaucoup d’autres. On dit que l’espèce de zée , nommée le rusé ou le filou , lance de l’eau par le tube de la bouche , comme avec une sarbacane , sur les insectes qui voltigent à la surface de l’eau , afin de les y faire tomber et de s’en saisir.

Les poissons osseux holobranches qui ont les nageoires inférieures sous le ventre, ou les abdominaux, renferment presque uniquement des espèces qui vivent dans les eaux douces : ils nagent avec facilité, et souvent contre le cours de l’eau. On les a divisés en huit familles , savoir, parmi ceux qui ont le corps cylindrique : les siphonostomes , dont la bouche est placée à l’extrémité d’un long museau, et les cjlindrosomes (1029) , qui n’ont pas la face prolongée ni les lèvres très-extensibles : parmi ceux qui ont le corps conique ou comprimé, il en est qui ont des rayons libres, distincts , aux nageoires pectorales ; tels sont les oplophores (io3i) , qui n’en ont qu’un seul pointu , roide et dentelé , et les dimère de s (io33), qui en ont plusieurs arrondis, isolés, flexibles : enfin ceux qui, ayant aussi le corps conique ou comprimé , offrent tantôt des opercules écailleuses et la bouche sans dents , comme les lépidopo mes (io33)- tantôt des opercules lisses, soit avec l’une des mâchoires très-développée , comme les siagonoles (io38) ; soit avec les mâchoires simples et une nageoire du dos sans rayons, tels que les dermopteres (io3y) , ou avec des rayons osseux , comme les gjmnopomes (io34)-

Les SiPHomsTOMF.s sont pour la plupart des poissons

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exotiques : les uns n’ont qu’une nageoire du dos précédée d’aiguillons ; ce sont des auloslomes , ou sans ai<niilions, c’est ce qu’on observe dans la jîstulaire ; les autres ont deux nageoires du dos : on les nomme solénoslomes. Les Cyi iIndrosomes sont en plus grand nombre , et la plupart vivent dans nos lacs ou nos rivières. On range dans cette famille les colubrines et les ompolks , qui n’ont pas de nageoire du dos j les triptèronotes , qui en ont trois ; tous les autres n’en ont qu’une. Mais cbez les cobiles , les anableps , etc. la bouche est garnie de barbillons, tandis qu’il n’y en a pas dans les buljrins et les /ondules.

io3a

Les cobites ont le corps arrondi, gluant, avec une seule nageoire sur le dos; leur bouche est garnie de bar» billons , et n’a point de dents; leurs yeux sont très-élevés. On remarque principalement dans ce genre la loche , qui est un petit poisson d’eau douce, grisâtre, dont la chair est très-recherchée , et le misgurne ou poisson de vase y dont la couleur brune est relevée par deux lignes longitudinales de couleur aurore : il se cache dans la vase, et trouble l’eau dans les temps d’orage ; aussi le désigne-t-on sous le nom de baromètre vivant. \J anableps est un poisson de mer qu’on pêche surtout à Surinam , et dont les organes de la vue offrent l’exemple unique parmi les animaux vertébrés , d’un oeil double de chaque côté, dont chacun, quoique n’ayant qu’un cristallin et un seul nerf optique , présente cependant deux cornées, deux chambres antérieures, deux iris et deux prunelles. Ces poissons sont ovovivipares.

io5i.

Les Oplophores ont reçu ce nom, qui signifie armés pour leur defense , parce qu’en effet leur principal caractère réside dans le premier rayon de la nageoire pectorale,

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qui peut, après s’ètre écarté du corps et s’étre porté k angle droit , devenir fixe et immobile , de manière à protéger l’animal , et non pour servir à attaquer. C’est une division qui comprend plus de quinze genres. Les uns ont la bouche sous le museau , et le corps protégé par une sorte de cuirasse* tels sont les loricaires et les lypostomes ; les autres ont la bouche à l’extrémilé dû museau, et tantôt une seule nageoire au dos, comme dans les silures , les malaptérures , etc. ; tantôt cette nageoire est double, tels sont les doras , les pimé Iodes , les calaphractes , etc. , etc.

On trouve la plupart des silures dans les eaux douces des pays chauds. Dans le plus grand nombre la tète est nue, aplatie, le corps sans écailles bien distinctes, les premiers rayons des nageoires pectorales et de la dorsale osseux, épineux , pouvant se redresser et rester inamovibles à la volonté de l’animal 7 ce qui lui sert de moyen de défense. Le mal ou le glanis est un des plus gros silures d’eau douce , puisqu’on en a vu du poids de quinze myriagrarnmes. Ce poisson est d’un brun verdâtre , avec des taches plus foncées , et blanchâtre en dessous. 11 se trouve principalement dans le Nil ; sa chair est estimée. Le malaptérure électrique vit aussi dans les fleuves de l’Afrique, mais il ne pèse guère que cinq kilogrammes. Lorsqu’on le touche pendant sa vie , on éprouve une commotion analogue à celle que fait ressentir la torpille. Le cataphracte ou callichle vit dans les eaux courantes des Indes et de l’Amérique. Ses flancs sont garnis de deux rangées de larges plaques, propres à le défendre comme une cuirasse. On prétend que ce poisson perce la terre , et qu’il s’échappe ainsi des viviers oh on veut le retenir.

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Les poissons osseux ? abdominaux et hoîobranches , dont

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les nageoires pectorales offrent des rayons libres , isolés sont nommés Dimérèdes , et ressemblent aux dactylés. Ou y rapporte les cirrhites , les polynemes , les poly dactyle s , etc. : tous sont exoîiques. Les Lépidopomes n’ont point de dents du tout, et leurs opercules sont couvertes d’écaiiles entuilées. On rapporte à cette famille les poissons volans ou exocets , dont les nageoires ventrales sont très-allongées et atteignent la nageoire de la queue; et les muges , qui ont les pectorales simples, et deux nageoires du dos. Les espèces semblables aux muges , mais avec une seule dorsale, forment trois autres petits genres.

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La famille des Gymnopomes comprend un très-grand nombre de genres qui correspondent à ceux des cyprins et des dupées. Les uns ont le dessous du ventre arrondi, comme les cyprins , les stoléphores , les argentines , les hydrargyres , etc. ; d autres ont le ventre très-comprimé, formant une sorte de carène , tantôt presque droite , comme dans les chipées, les clupanodons , les mystes ; tantôt convexe, comme dans les menés, les serpes, les dor suaires , etc.

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Les clupes ou clupees n’ont qu’une seule nageoire dorsale; mais tout leur corps est comprimé, et principalement leur tête : ce sont des poissons très-recherchés. Les principales espèces sont d’abord les harengs, dont le corps est argenté, la mâchoire allongée et la queue fourchue. Ils vivent en troupes innombrables dans l’Océan et dans la mt i Atlantique; ils ne s approchent des rivages que pour y déposer leurs œufs; ils font l’objet d’un grand corn— meice. Les Hollandais ont nus en mer plus de 3,ooo barques, et ont employé pour cette pêche jusqu’à /j5o,ooo hommes. C’est un pêcheur de Bieryliet ? que les uns nom-

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ment Guillaume Deukelzoon , d’autres Beukelins , qui inventa, dans le treizième siècle, le moyen de saler les harengs en caque, et c’est à Dieppe qu’on trouva le moyen de les fumer ou de les saurir. i‘ y a des années où l’on prend une si grande quantité de harengs qu’on se contente d’en extraire l’huile pour la brûler dans les lampes , et pour préparer les cuirs : on range encore dans ce genre les sprates ou sardines ,■ ainsi nommées parce qu’on les pêche beaucoup sur les côtes de Sardaigne ; les anchois , qu’on mange crus après les avoir salés , lorsqu’ils sont privés de la tête ; enfin les aloses , qui remontent dans les fleuves , et qui atteignent jusqu’à un mètre de longueur.

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On reconnoît les cyprins à leur corps écailleux, dont le dos n’est garni que d’une seule nageoire; à leur bouche sans dents, dont les lèvres sont protractiles. Les uns ont des barbillons , et d’autres en sont privés. C’est parmi les premiers qu’on range la carpe , qui a la nageoire caudale

fourchue et le troisième ravon de celles du dos et de

l’anus dentelé. Ces poissons d’eau douce atteignent trèsrarement quatre mètres , vivent deux cents ans , et pèsent jusqu’à un myriagramme. On a compté dans une femelle pesant un kilogramme, 287,000 œufs, et dans une autre du poids d à peu près cinq kilogrammes , 621,600. On nourrit les carpes dans les viviers ; elles vivent de pain et de matières végétales. Le barbeau a aussi des barbillons , ainsi que le goujon et la tanche ; mais on n’en voit point au cyprin doré. Ce joli poisson, dont la couleur rouge est mêlée d’or et d’argent , est originaire des fleuves de la Chine et du Japon. On l’élève dans les appartemens à cause de sa couleur et de la vivacité de ses mouvemens. On en commît plus de cent variétés. Lorsque ce poisson est jeune , sa couleur est brune. C’est dans cette même

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division qu’il faut ranger le véron , la vandoise , la rosse a brerne, ainsi que \ ablette, à laquelle on enlève la maI iere argentee dont son corps est revêtu , pour en enduire m teneur des bulles de verre avec lesquelles on fait |es fausses perles. Cette matière blanche , comme métallique se vend sous le nom d ’ essence cV Orient

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On reconnaît les Dehmoftmes à la dernière nageoire de

d°S’ C<U1 n est Pas soutenue, comme les autres par es rayons osseux; leur corps est en outre couvert d’écadles, et jamais ils n’ont d’aiguillons. C’est une famille qm comprend beaucoup d’espèces, dont la chair délicate est fort recherchée. On les a partagés en cinq genres. Ou y distingue le saumon, qui vit en société dans l’Océan mais qui remonte les fleuves. Il en est de plus de deux meti es de long, qui pèsent jusqu’à trois myriagrammes. Ces tuâtes, qui portent des taches œiliées, et qu’0,1 rencontre principalement dans les eaux vives; 1 ’éperlan qui est une espèce d ’osmere; la mare ne , qui est un cw-

regone; Vable, le -nimbe, sont des poissons analogues aux salmones. b

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La dermere famille des poissons osseux et abdominaux est celle des StAGoxoTES. Elle comprend huit genres les uns ont la nageoire dorsale dqtible au moins , car 0.1 en compte quelquefois seize à dix -huit , comme dans les po- Ijpteres-, sept, dont six petites , dans les scombrésoces et c eux seulement dans les sphyrènes. Les ésoces, les srnodons, les élopes , etc. , n’en ont qu’une. Les ésoces qu 0,1 nomme aussi brochets, ont la télé plate et ta bouche garnie d’un grand nombre de dents aiguës, recourbées en arrière. L’espèce la plus connue est un poisson d eau douce , uont la couleur varie : son museau est olat arrondi. On en a vu du poids de deux mynagrammes e’t

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