CHAPITRE XX
Des Oiseaux , ou de la seconde classe des animaux.
On appelle Oiseaux des animaux vertébrés à sang chaud , qui respirent l’air par des poumons , dont les germes naissent toujours non développés et renfermés , sous forme liquide , dans une coquille calcaire , et doni le corps est constamment couvert de plumes. On nomme Ornithologie la branche de 1 histoire naturelle qui traite de ces animaux.
L’organisation comparée des oiseaux a fait voir qu’ils diffèrent de tous les autres animaux , précisément par les mêmes caractères qui établissent entre eux les plus grands rapports ; aussi forment— ils la classe la mieux établie et la plus facile à distinguer : c’est ce que nous allons prouver en parcourant successivement la structure de leurs organes.
1 ÎOT
Les oiseaux peuvent voler, c’est-à-dire se soutenir suspendus dans l’air , s’y diriger à volonté , et à peu près de la même manière que les poissons nagent dans l’eau : ils peuvent aussi se mouvoir sur la terre , sur les autres corps solides, et même à la surface, et, en quelques circonstances, dans la masse même du liquide. Leur structure est propre à ces diverses sortes de mouvement.
i io5.
La partie de leur échine qui correspond au dos est absolument immobile : les vertèbres du cou et de la queue sont les seules portions de la colonne vertébrale qui exer-
f,Cjit quelques mouvcmens. Leurs membres pectoraux sont allonges , pi optes seulement au vol j on les nomme ailes. Elles supportent de longues plumes roides , élastiques , disposées en éventail , qui suivent le mouvement des os : en se déployant, elles occupent un plus grand espace. Ces membres appuient sur une double clavicule et sui un sternum large, portant une crête en forme de quille de navire.
On appelle pennes les grandes plumes des ailes et de ,a queue. Les puis longues , qui sont ordinairement au nombre de dix au bout de l’aile, sont désignées par le 110m de primaires • tandis qu’on appelle secondaires , celles qui sont moins longues et placées plus près du corps. Dans la description des oiseaux , on nomme aussi rémiges les pennes des ailes qui servent comme de rames , et rec— ti ices celles de la queue , qu’on a comparée à un gouvernail. On appelle encore tectrices les petites pennes moins longues qui recouvrent la base des remiges et des rectrices.
Le coijvs des oiseaux est plus lourd que l’air : abandonne a lui-meme , il tomberoit sur la terre comme tous les coips pesans , si 1 animal ne déployoït ses ailes et ne frappoit l’air subitement avec une force considérable. Liîais comme 1 air ne peut etre déplacé avec la même rapidité , il fait éprouver à 1 aile une résistance qui se transporte sur la masse du corps. L’oiseau trouve ainsi un point d appui , sui lequel il fait un bond. Voilà comment , par une suite de sauts continus, il s’élève dans l’air au moyen des ailes. L’obliquité que l’animal communique, selon sa volonté, à la surface de ces membres, détermine, jusqu à un certain point , son mouvement en avant et en haut. Quant a la direction du vol à d roi te et, à gauche , elle paroit dépendre de la rapidité variable et proportionnée
v\ti DES OISAUX EN GÉNÉRAL,
de Y une des ailes sur Eautre. La queue est une sorte de gouvernail qui soutient l’oiseau , principalement lorsqu’il descend ; elle fait aussi équilibre avec le cou. Le poids des pattes et des chairs de la poitrine est tel que l’oiseau se trouve comme leste’ sous les ailes, et qu’il ne peut chavirer ou culbuter.
La plupart des oiseaux ont le pied extrêmement allongé ; mais sa première partie , ou le tarse , est placée presque verticalement sur les doigts, dont le nombre est le plus ordinairement de quatre. Les uns ont ces doigts entière" ment fendus (PL iv ) ; ils peuvent marcher et sauter sur un soi horizontal : tels sont les poules, les grues, les pies. Ordinairement alors il y a un des doigts placé en arrière, et trois en devant. D’autres oiseaux ( fig. 1), comme les perroquets , les pics , ont deux doigts derrière et deux devant : ceux-ci marchent difficilement; mais ils grimpent très-bien. Chez d’autres espèces enfin , comme dans les canards , les cygnes , les doigts sont garnis d’une membrane (fig. 12, 17, ig), qui forme de la patte une sorte de nageoire; aussi ces oiseaux nagent-ils fort bien , et peuvent-ils plonger. Au reste, nous aurons occasion de revenir sur ces conformations', en traitant de la classification des oiseaux.
Les oiseaux jouissent des cinq sens , comme tous les autres animaux à vertèbres ; mais chez eux , celui du toucher est le moins parfait. Les plumes dont leur corps, et surtout leurs membres antérieurs , sont couverts , les empêchent de recevoir, par un contact immédiat, les impressions des objets qui les touchent. En outre, les diverses parties de leurs pattes sont enveloppées de lames ou d’écailles d’une matière semblable à de la corne, qui doit émousser la sensation. Tous jouissent dedorgane de
Ja vue , et leur œil paroît avantageusement construit. Une troisième paupière, à demi transparente, peut se placer au devant de leur pupille, pour affaiblir les rayons trop vifs de la lumière; et par un mécanisme particulier, l’oiseau peut apercevoir les objets situés à une très-grande distance , à peu près avec la même facilité qu’il distingue ceux qui sont très-près de son corps. Quoique les oiseaux n’aient pas de conque extérieure à l’oreille, tous paroissent jouir de la faculté d’entendre j quelques-uns , comme les hibous , les chouettes , perçoivent les sons dans une sorte de pavillon que forment des plumes singulièrement disposées autour du trou auditif : quelquefois, comme dans l’effraye, ils offrent, à l’embouchure de ce conduit , une sorte de soupape ou d’opercule mobile. On sait que ces animaux perçoivent très-bien les odeurs; que les vautours , par exemple , arrivent de près de cinq myriamètres de distance , comme attirés par l’odeur d’un cadavre; que les corbeaux paroissent connoitre l’odeur de la poudre à fusil : cependant les narines de ces animaux ont, en général, peu d’étendue. Quant à l’organe du goût, il est presque nul chez les oiseaux qui, pour la plupart, n’ont point de salive, et qui avaient leurs aîimens sans les mâcher : il en est quelques-uns cependant, comme les perroquets, les canards, qui paroissent savourer leur nourriture , et chez lesquels on trouve des organes propres à fournir une sorte de salive.
Presque tous les oiseaux, comme nous venons de l’indiquer, avalent leurs alimens sans les mâcher. Cependant cette classe d’animaux présente les plus grandes différences dans la conformation générale des mâchoires, qui ne portent jamais de dents implantées, et qu’on appelle becs. Cet organe paroît construit moins pour écraser les alimens, que pour les saisir et les diviser. Aussi peut-on
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inférer jusqu’à un certain point de la forme, de la solidité et du plus ou moins de longueur du Lee, la sorte de nourriture de chacun des genres. Voilà pourquoi les naturalistes ont beaucoup étudié cette partie , afin d’en tirer des caractères, qui ont produit en effet des rapproche mens très-heureux.
Le bec n’est jamais enveloppé ou recouvert par des lèvres; il est toujours formé d’une gaîne de substance cornée, appliquée extérieurement sur les os des mâchoires, qu’elle arme et protège. Quelquefois on voit , à la racine du bec supérieur ou de la mandidule , une caroncule charnue ou membraneuse , qu’on nomme cire (PL i , fig. ï; et ii, fig. Rarement le bec se prolonge sur le front en une sorte de corne ou de casque, comme dans les calaos ( PI. i , fig. 9) , la pintade (PI. 11 , fig. 48), étc. Ordinairement les deux parties du bec sont mobiles l’une sur l’autre , à l’aide d’un os intermédiaire situé dans Parliculation , comme il est facile de l’observer dans les Canards , les perroquets. Ce caractère anatomique distingue même parfaitement les mâchoires des oiseaux de celles des mammifères.
Ordinairement Pœsophage des oiseaux , ou la partie du. canal alimentaire qui correspond au cou, éprouve , dans la portion inférieure , une dilatation considérable qu’on nomme jabot. Les alimens doivent y séjourner quelque temps, et s’y imbiber d’une humeur analogue à la salive qui découle des parois du canal. Lorsqu’ils se sont ramollis par l’effet de la chaleur et de l’humidité , ils passent petit à petit dans un sac musculeux, très-solide et très-fort, qu’on appelle gésier, et qui est destiné à broyer ou à éçiaser les corps solides ramollis.
DES OISEAUX EX GÉNÉRÂT;. 3qQ
ii i5.
Cet estomac musculeux des oiseaux , ou gésier , est d autant plus charnu que l’animal présente un bec moins loin pour broyer les aîimens , et que cette nourriture est plus solide. Dans le dindon et l’autruche, par exemple, il est extrêmement épais ; on trouve toujours à l’intérieur une membrane compacte, dure, coriace, et une infinité ne petits cailloux que l’animal avale , afin de les faire frottei sui la surface des graines, qui se trouvent ainsi comme moulues ou mâchées dans le ventre. A la sortie de cet estomac, les aîimens réduits en une sorte de bouillie ou de chyme , parcourent le reste du tube intestinal , oh les paities les plus nutritives sont absorbées pour servir à la réparation du corps. Les autres sont expulsées par le cloaque , qui est un orifice commun aux urines et aux organes génitaux. %
in4.
La cavité de la poitrine des oiseaux n’est pas séparée de celle du ventre par une cloison charnue. Les poumons ne sont pas libres; ils adhèrent à l’échine, et communiquent avec plusieurs sacs membraneux situés dans le ventre, sous les aisselles, et même dans l’intérieur des pius gros os, dans la substance même du bec, et toujours daus la portion hsîuleuse ou dans le tuyau des pennes. Cette giande quantité o air , que les oiseaux respirent, paroît agii sui leurs facultés. On croit que la température à laquelle le corps des oiseaux peut s’élever, surtout lorsqu’ils couvent, et cette force extrême qu’ils emploient dans 1 action au vol, qui dure plusieurs jours de suite, dépendent ae 1 action de 1 air sur le sang : on sait aussi que cm air expire entre pour beaucoup dans la force et la longue a niée des sons que les oiseaux peuvent produire lorsqu’ils enantent ou qu’ils crient.
25o des oiseaux en général.
ni 5.
Le canal par lequel Fair entre et sort dans la poitrine des oiseaux, se nomme la trachée-artère ; il est conformé différemment que dans les autres animaux. Il aboutit à la base de la langue dans une fente , dont Forifice se ferme à la volonté de Familial , à l’aide de pointes cartilagineuses qui s’entrecroisent ; c’est ce qu’on appelle le larynx supérieur. Dans les oiseaux , le son n’est pas produit par cette fente; il y arrive tout formé , de sorte qu’un de ces animaux , auquel on auroit coupé leçon, pourroit encore crier. L’organe qui produit; les sons est situé à 1 endroit où la t radiée se partage en deux conduits , qui vont se rendre au poumon • c’est là ce qu’on nomme larynx inferieur. Le son fondamental de la voix est produit dans cet organe ; il est ensuite modifié par le plus ou moins de longueur, de largeur, de contours, d’elasticite de la trachee ellemême, et de son orifice dans la gorge. De sorte que la voix des oiseaux s’opère par un mécanisme analogue à celui qu’on emploie lorsqu’on souffle dans une ilute ou dans une clarinette. Le bec de ces înstrinnens repiesente le larynx inférieur j et la longueur variable du tube , suivant qu’on en bouche les trous , correspond à la trachée et au larynx supérieur.
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Nous avons déjà dit que les oiseaux eloient ovipares ceux dont les petits peuvent marcher et se nourrir en sortant de l’œuf, comme les poulets, les perdreaux , les cailletaux , etc. , ne vivent point ordinairement par paires. Un male a plusieurs femelles , et celles-ci sont seules chargées de l’éducation de la famille. La plupart des oiseaux naissent foibles et aveugles ; ils ne peuvent saisir leurs alimens. Les pareils sont obligés de pourvoir à leur subsistance ; les uns, comme les pigeons, dégorgent dans leur bec des graines à moitié digérées ) le plus grand nombre*
DES OISEAUX EN GÉNÉRAL. 25r
comme les fauvettes , leur apportent des larves d’insectes , des grillons ou des parties molles d’autres petits animaux! Ceux-là vivent toujours par paires; ils construisent un *<td avec le plus grand soin , et constamment de la même manière, car chaque espèce semble rechercher de prëfêleilce cei'tains matériaux. Tous ont une sorte d’instinct qui mur fait choisir le lieu le plus convenable et les ruses les puis avantageuses pour rendre leurs nids inaccessibles ou pour les cacher aux yeux de leurs ennemis.
lii?.
Les œufs existent déjà tout formés dans le ventre de la femelle avant qu’elle ait été fécondée ; et i! n’est pas rare de voir des poules sans coq, et des femelles d’oiseaux retenues seules en cage, pondre au printemps des œufs absolument semblables à ceux qui auroient été fécondés ; ces œufs-là cependant ne donnent jamais de petits. Les œufs des oiseaux diffèrent beaucoup par la couleur de la coquille calcaire. Le plus généralement ils ont la forme d’une boule allongée , et l’une de leurs extrémités est plus grosse que l’autre; ils sortent du corps de la femelle par le bout pointu, qui est moins souvent marqué de taches pai séculières. Chaque femelle n’en pond ordinairement qu un par jour; et quand elle doit en pondre peu , il y a 01 dinaii emen t un jour d intervalle. Les pigeons n’en font que deux; les linottes, cinq à six; les petites mésanges, de douze à dix-huit; les poules et les perdrix, de dix-huit à vingt-quatre.
Ill8.
fous les œufs sont à. peu près composés des mêmes pai Les d y a d aboid 1 ecaihe ou la coquille calcaire extérieure , dont la couleur, la consistance et le poli varient. On y aperçoit toujours, quand on la considère avec attention , de petits pores par lesquels l’air du dehors peut pénétrer, et certaines parties intérieures s’échapper. Voilà
pourquoi les œufs gardés long-temps , ou , comme 1 ou dit, qui ne sont plus frais, laissent apercevoir, lorsqu on les mire vers le gros bout, un petit vide , qu’on désigné vulgairement sous le nom de chambre à louer . Lorsqu on couvre cette coquille d’un vernis, les œufs restent long” temps sans se corrompre ; mais, pour les faire couver, il faut nécessairement enlever cette matière , afin que le petit, puisse s’y développer. On trouve sous la coquille calcaire une membrane très-forte , qui est appliquée autour d un liquide qu’elle enveloppe étroitement (i). Sous la membrane , on observe un liquide plus ou moins transparent et visqueux , selon les espèces. Cette humeur se concrète par l’effet de la chaleur; c’est ce qu’on nomme la glaire, le blanc d’œuf, et mieux Y albumine. Au centre de cette humeur, on voit une boule d’un jaune plus ou moins foncé, formée d’une membrane particulière, qu’on appelle vitelline, et d’une humeur huileuse, qui se durcit et devient friable par l’action du feu. On aperçoit à la surface de la membrane vitelline une sorte de zone ou de cordon blanchâtre, placé en travers comme une bride; c’est ce qu’on nomme chalaze. A une distance à peu près égale de l’un et de l’autre coté , ces chalazes se réunissent , et. se confondent dans un tubercule gélatineux , ou dans une sorte de cicatrice qu’on appelle germe ou embryon, qui est plus léger, et vient toujours se placer au-dessus du jaune , de quelque manière que l’œuf soit situé lorsque la mère le couve.
Les œufs fécondés des oiseaux ont besoin d’éprouver
(i) On nomme hardes les oeufs sans coquilles , et couverts seulement de cette membrane, que les poules pondent quelquefois. Ces une monstruosité qui a donne' lieu à beaucoup de contes populaires, qui sont trop ridicules pour que nous ayons besoin de les réfuter.
CT
une chaleur de près de trente huit degrés du thermomètre centigrade, pour que le germe qu’ils contiennent puisse sy développer. On dit que les oiseaux qui vivent dans un climat où le sable reste constamment élevé à une température à peu près égale à celle-là , y déposent leurs œufs , qu’ils ne couvent pas , et que ceux* ci éclosent a une époque déterminée : c’est au moins ce que l’on raconte de l’autruche et d’un très-petit nombre d’autres oiseaux des pays chauds (i). Presque tous les oiseaux couvent , et, pendant cette incubation , ils jeûnent ; ils éprouvent une sorte de fièvre produite par l’amour maternel , qui élève leur température quelquefois jusqu’à quarantequatre degrés.
D’abord on voit le germe parsemé de points rouges , qu on reconnoît bientôt pour des vaisseaux sanguins; ceux-ci se rendent vers le centre du germe , où l’on apperçoit le cœur en mouvement : alors on commence à distinguer la tète avec deux gros yeux; le bec , les ailes , les pattes se développent ensuite; mais toutes ces parties sont dans un état de mollesse considérable. La matière albumineuse est absorbée en proportion du développement du fœtus. Le jaune ne paroît pas diminuer de volume; ce n’est qu’au moment où l’oiseau est prêt à éclore, que cette humeur disparoit , en entrant par le nombril dans le ventre du petit poulet. On croit que ce jaune est absorbé dans l’intérieur du corps; qu’il passe dans les intestins, et qu'il peut être considéré comme une sorte de lait ou
(r) Au reste, on a profité de cette observation pour faire éclore des œufs de poule , à l’aide d’une chaleur artificielle , dans des fours ou dans des amas de fumier. Autrefois on employoit beaucoup ce procédé en Egypte. On a aussi obtenu du succès en France de cette incubation artificielle, dont le grand Réaumur a fait conncître les procédés.
de nourriture première. Pour que l’oiseau puisse sortir de sa coquille , il faut encore qu’il la brise : la nature a armé pour cela son bec d’une petite pointe tranchante , dont 3a matière très-dure use , comme un petit diamant, un point particulier de la paroi sphérique de son étroite prison , d’où l’animal sort tout humide , en s’aidant des pattes, du cou et des ailes.
Les oiseaux sont , à ce qu’il paroît , d’autant plus longtemps renfermés dans l’œuf, qu’ils doivent naître plus développés : ainsi les espèces qui marchent en sortant de l’œuf ont besoin d’une incubation de vingt à trente jours , tandis que les mésanges , les hirondelles, et presque tous les autres petits oiseaux ne sont couvés par leurs parens que pendant onze ou dix-sept jours au plus. Le mâle ne couve ordinairement que depuis midi jusqu’à trois heures ; les femelles , pendant ce temps , prennent leur nourriture. Les mâles des espèces qui ont plusieurs femelles ne couvent que très-rarement : iis ne prennent aucun soin des petits. C’est ce que nous voyons parmi les coqs , les cailles , les canards , les dindons.
Deux points de la conformation des oiseaux peuvent conduire à une méthode avantageuse d’étude. Les lieux où ils vivent, et la manière dont ils marchent, sont, pour ainsi dire, indiqués d’avance par la forme de leurs pattes; ensuite la nature des alimens dont ils se nourrissent peut être, en quelque manière, soupçonnée par la forme de leur bec. C’est en effet d’après la forme , la longueur des pattes et la disposition des doigts , qu’on a divisé les oiseaux en six ordres, et c’est ensuite la configuration particulière du bec qui a conduit à les partager en vingttrois familles.
DES OISEAUX EN GÉNÉRAL. a55
On a observé que îes oiseaux qui nagent très-bien ont les pattes courtes et tous les doigts réunis entre eux , presque jusqu’aux ongles, par de larges membranes (PI. y. bg. 12 et 17)* Ces oiseaux vivent nécessairement dans les lieux aquatiques : on les ^ nommés Palmipèdes ou Nageurs (nqo). Chez tous les autres oiseaux, les doigts sont plus ou moins séparés. Tantôt ces doigts sont libres, et sans aucune membrane , comme on le voit dans les Rapaces (ii25) ou AcciriTRES, dont les doigts sont dirigés, trois en devant , un en arrière , armés d’ongles crochus, formant une serre, et chez lesquels le bec supérieur est toujours avancé et courbé en crochet; c’est ce qu’on observe encore dans les Grimpeurs ( r 1 55) , qui constituent un ordre bien distinct par la disposition de leurs doigts , dont deux sont toujours dirigés en arrière ( PI. iY f fig. , ) . tantôt, comme dans les trois autres ordres, les domts sont réunis en partie ou à leur base seulement, par de courtes membranes: dans ce cas, le nombre des doigts varie. Le plus ordinairement on en compte quatre, et jamais il n’y en a qu’un seul en arrière. Les uns ont une courte membrane entre chacun des doigts (P1. iv, fig. 4), et leur jambe est couverte de plumes jusqu’au haut du tarse; on les nomme Gallinacés (1164) : chez les autres , on n’apeiçoit de membrane qu’entre les deux doigts externes. On a partagé ces derniers en deux ordres : les espèces qui ont les tarses très-élevés et nus, ainsi que le bas des jambes (Pi. iv, fig. 7), ont été nommées Échassiers (1180) ou oiseaux de rivage , parce qu’ils vivent en effet dans îes marais et sur le bord des eaux, et on a appelé les autres Passereaux (i i33). Ceux-ci ont les tarses courts et foibles (II. iv, 2 et 5 ) ; ils v iv ent principaîemen t d’insectes et de graines ; la plupart voyagent des climats tempérés vers les régions plus chaudes : voilà pourquoi on les a dési-
2j6 des oiseaux rapaces.
^nés sous le nom d’oiseaux de passage ou de passereaux.
En analysant cette classification , on pourroit obtenir le tableau synoptique que nous allons tracer, et dans lequel la suite des numéros ramène à l’ordre méthodique que les divisions systématiques on| interrompu.
On a aussi donné le nom d’oiseaux de proie et d’accipitres à ceux que nous appelons Rapaces. Il est facile de les distinguer par les caractères suivans : leurs pattes sont courtes, partagées en quatre doigts, dont un seul derrière ; leurs ongles sont des griffes ou des serres longues, tranchantes et courbées ; leur bec supérieur est plus long que l’inférieur ; il est crochu , courbé en dessous.
Tous les rapaces se nourrissent de chair d’animaux vivans ou tués récemment. Ils ont le vol prompt, fort et rapide , à l’aide de leurs ailes qui sont très -longues : ils vivent par paires , ne pondent que deux ou quatre œufs dans un nid qu’on nomme aire , et qui est toujours placé sur un lieu élevé. La femelle est ordinairement plus grosse : elle couve seule , et le male la nourrit
DES OISEAUX RAPACES. 2$7
pendant ce temps. Les petits sortent de l’œuf foibles et aveugles. Plusieurs espèces fuient la lumière, et ne volent que pendant la nuit • d’autres cherchent les lieux les plus éclairés, et s’élèvent à de très-grandes hauteurs dans l’air.
On a partagé l’ordre des rapaces en trois familles, qui se reconnoissent facilement à des caractères extérieurs. Ainsi les uns ont la base du bec couverte de soies roides (PI. 1, fig. 4 ) , et les yeux très-grands dirigés en avant : ils volent principalement la nuit; on les nomme nyctérins : les autres ont les yeux placés de côté , et le plus souvent la base de leur bec est couverte d’une peau nue et colorée (PI. 1 , fig. 1 et 2 ). Ces derniers composent deux familles, dont la première comprend, sous le nom de nudicoles, des espèces qui ont la tête et une partie du cou presque à nu, ou couvertes d’un duvet très fin , et qui se nourrissent principalement de cadavres. On a appelé plumicolles tous les autres rapaces dont la tête et le cou sont couverts de plumes, et qui se nourrissent de
la chair des animaux qu’ils attaquent et qu’ils dévorent aussitôt.
On partage facilement en trois grands genres l’ordre des Plumicolles. Les uns , qu’on nommé gypaètes ou §r[ffons > ont, sous la mâchoire inférieure, des poils roides ou une sorte de barbe , formée par des plumes très-étroites. Ce sont de très-gros oiseaux, dont on a vu plusieurs lois une espèce sur le sommet des Alpes ; on l’appelle en allemand laemmer- geyer (vautour des agneaux); d’autres ont la queue très-longue, étagée uo formée de pennes qui diminuent successivement de longueur. Ils ont une huppe derrière le cou, et ce sont les seuls oiseaux de cet ordre dont les tarses soient très-
DES OISEAUX RAPACES
allongés : on les nomme messagers. Us habitent en Afrique, se nourrissent principalement de serpens et de reptiles. Tous les autres oiseaux de cette famille sont appelés faucons.
Le genre de faucons comprend un grand nombre d’espèces , qu’il est fort difficile de distinguer entre elles; cependant on a donne le nom de faucons pioprement dits , à celles qui ont la première penne de l’aile plus longue que les autres , et dont le bec supérieur est échancré de chaque coté ( PI. i , fig. 2) : tous les autres sous - genres ont la première penne plus courte. On nomme aigles ceux qui ont le bec allongé, crochu seulement à l’extrémité ; autours, ceux qui ont le bec courbé dès la base, et les ailes plus courtes que la queue; enfin, buses , ceux qui ont les ailes au moins aussi longues que
la queue.
n HÔO-
Toutes les espèces du genre faucon ne sont pas propres à recevoir l’éducation que 1 homme a su donner à quelques-unes , pour en faire ses esclaves absolus et profitei de leurs facultés. Celles qui volent le mieux, qui ont le plus de vivacité et de courage , sont principalement instruites pour cette sorte de chasse , qu’on a nomm eejauconnei le , parce qu’on y exerce surtout les faucons. Cette éducation est longue et difficile ; il faut d abord domptei 1 oiseau , l’asservir, lui faire connoître sa dépendance et l’inutilité de la révolte , par la privation des alimens et les entraves. On attache à ses pattes des grelots , afin que leur son trahisse partout sa présence. On 1 accable de fatigues; 011 le prive du sommeil ; on l’excite continuellement pendant plusieurs jours ; on l’accoutume à se laisser couvrii la tête d’un chaperon ; on ne lui donne à manger , et en petite quantité, que lorsqu’il va chercher lui - même ,
DES OISEAUX RAPACES
attaché à longe , le pat ou la nourriture qu’on déguise sous toutes sortes de formes. Enfin l’oiseau est esclave* il reconnoît son maître; il entend sa voix; il exécute ses ordres; il s’attache à sa personne. On l’accoutume peu à peu à connoître le gibier à la chasse duquel on le destine , en faisant courir devant lui des lapins ou des lièvres , en lâchant dans les airs des perdrix ou d’autres oiseaux. Cependant on ne laisse chasser le faucon, entièrement libre, que lorsqu’il est parfaitement dressé et qu’il ne peut plus vivre sans son maître. Alors on le porte sur le poing , la tête couverte de son chaperon : on ne lui rend la jouissance de la lumière que lorsqu’on veut le lancer sur quelque gibier. Aussitôt qu’il se sent délivré , il s’envole , fond sur sa proie , s’en empare , et l’apporte à la voix du chasseur.
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L ordre des Nudicolles ne comprend encore que les seuls genres qu’on nomme vautour et sarcoramphe. Tous ont le bas du cou garni de longues plumes, disjDosées comme une cravatte , au milieu de laquelle ils peuvent retirer leur tête. Leur bec n’est crochu qu’à l’extrémité , et leurs narines sont percées dans l’épaisseur de la membrane qu’on nomme cire ; leurs ailes sont aussi longues que la queue. Ce sont des animaux voraces , peu coura= geux , qui se nourrissent principalement de cadavres. Us se trouvent dans les deux coutinens , mais principalement en Amérique et en Afrique : leur nid ou aire est composé de branchages et de bûchettes. Le roi des vautours , nommé papa , qui vit en Amérique , est un sarcoramphe remarquable par ses couleurs. Ses paupières et sa cire sont aurores; son cou et le sommet de la tête de eouleui de rose ( PL i, fig. 1 ) , ses tempes et sa nuque sont couvertes d’un duvet noir mat.
Les Nyctérins ou les chouettes ont une tête très-grosse ,
26o des oiseaux passereaux.
portée sur un cou fort court et couvert de plumes : leurs yeux sont très-grands, dirigés en avant; leur bec , court , est percé à sa base par des narines que recouvrent des plumes roides et sans barbes; leur face se trouve enveloppée dans une sorte de collerette de plumes à barbes très-lâches et comme désunies. On appelle ducs les espèces sur la tête desquelles on voit quelques plumes redressées en forme de pinceaux; et chats-huants ou chouettes , celles qui sont privées de ces plumes , et qui ont la queue courte , carrée : car quand cette queue est trèslongue ou étagée, on les nomme choueltes-éperviers ou surnies. La plupart de ces oiseaux se nourrissent de petits mammifères, principalement de rats, de souris, de loirs et de taupes : ils chassent pendant la nuit ; dans la journée ils se retirent dans les troncs d’arbres , dans les trous des murailles et des rochers. La lumière les éblouit : ils sont aveugles alors, et ne peuvent échapper à leurs ennemis. Quand ils sont découverts par les petits oiseaux, ils semblent en devenir le jouet : tous ceux du voisinage paroissent se rassembler pour venir les insulter. On a profité de ce penchant inné des passereaux pour la moquene. On imite le cri des chouettes , des ducs ou des hibous , en frouant , à l’aide de certains instrumens ou d’une feuille de graminée. On attire ainsi dans des pièges tous les oiseaux d’un canton. C’est ce qu on appelle faire la chasse à la, pipée.
On a rassemblé sous le nom de Passereaux , des oiseaux qui ont entre eux , à la vérité , les plus grands rapports , mais qu’il seroit très-difficile de faire connoitre par un caractère commun qui ne conviendroit qu à eux seuls. Voici cependant des signes qui peuvent servir à les distinguer : ils ont quatre doigts, trois devant et un derrière, ce qui les éloigne des grimpeurs : leurs tarses sont
DES OISEAUX PASSEREAUX. a6i
foibles , courts , ce qui les sépare des échassiers ; leurs doigts externes seulement sont réunis par une très-courte membrane , tandis qu’on en voit une large et longue dans l’intervalle de' chaque doigt chez les palmipèdes, et qu’elle est étroite et courte dans les gallinacés ; enfin , cette meme réunion des doigts externes , avec les ongles et le bec presque droits, les éloignent des rapaces. A toutes ces notes d’exclusion , on peut ajouter que les passereaux ont , en général , des femelles plus petites et moins brillantes ; qu’ils vivent toujours par paires; que les petits naissent aveugles , sans plumes , et qu’ils ont besoin de l’éducation de leurs parens.
Sept familles partagent l’ordre des passereaux ; deux d’entre elles comprennent les espèces dont le bec supérieur porte sur ses bords des crénelures plus ou moins profondes. Quand il n’y en a qu’une ou deux (i), on les nomme crénirostres ; quand on en observe plus de deux (2), on les appelle dentiroslres. On a divisé ensuite les espèces qui n’ont point le bec échancré , en celles qui l’ont solide , fort , non flexible , qui peuvent vivre de fruits et de semences ; et en celles qui ont un bec mince , foible , destiné à saisir des insectes très-mous ou à loger une langue propre à sucer Je nectar des fleurs. Les passereaux de la troisième division sont nommés plénirostres (3) , quand ils ont le bec droit , allongé , comprimé ; et conirosîres (4) , quand leur bec , de forme conique , un peu courbé , est plus court que la tête. Ceux qui vivent d’insectes et du suc des plantes , ou ont le bec
(0 Pb 11, fig. 3o, 35 (11 35).
(2) PI. 1, fig. 9, 11 (ti38).
(3) PI. 1, fig. 12, 14, i5, 18 (1139).
(4) PI. 1, fig. 7 , 10, i3 j PI. n , fig. 28 , 29, 32, 33, 34 (1 ifo).
très-long, arrondi, en forme de tube, ce qui les a fait nommer alors ténuirostres (i); ou bien ils l’ont de la longueur de la tête au plus : alors, quand il est plat et très-large , ce sont des planirostres (2) ; et quand il est arrondi, étroit, on les nomme subulirostres (3).
Tous les passereaux Crémrostres dont le bec supérieur porte une ou deux échancrures au plus ( PL 1, fig. 3) , vivent d’insectes ou de baies de végétaux ; c’est parmi eux qu’on a placé les pie-grièche s , les merles , et beaucoup d’autres moins connus en France, comme les gobemouches, les tan garas, les cotingas, dont le plumage est remarquable par la vivacité des couleurs, et la manière dont elles sont distribuées.
Toutes les pie-grièches se nourrissent principalement d’insectes et de petits oiseaux • leur voix est très-désagréable. Plusieurs espèces imitent assez bien celle de l’homme , mais sur un ton très-aigre, et comme venant de la gorge. Les espèces qu’on observe le plus communément en France , sont la grise et Yécorcheur ; elles font leurs nids dans les buissons ou sur les arbres; elles attaquent les petits oiseaux pour dévorer seulement leur cervelle ; elles se nourrissent aussi de grillons, de hannetons; souvent elles empalent ou embrochent les gros insectes sur les épines des pruneliers , afin de pouvoir les retrouver au besoin.
IID7.
C’est dans le genre des merles ou lourdes , qu’il faut ranger les grives et les merles proprement dits. La grive
(1) PL 1, fig. 24, 25, 26, 27 (n5o).
(2) PL n, fig. 42, 4^ (u48).
(3) PL n, fig. 36, 3g, 40 • 41 (n44).
DES OISEAUX PASSEREAUX. aG3
ordinaire, la draine , la lilorne, le mauvis, se nourrissent principalement de baies de gui , de houx, de raisin ; leur chant est agréable et sonore : ils vivent le plus souvent en société. Les merles ordinaires, dont le corps est noir ou brun et le bec jaune , aiment au contraire à vivre seuls. On les apprivoise facilement, et on leur apprend à siffler des airs. On rencontre des oiseaux de ce genre dans toutes les parties du monde ; on en connoît maintenant près de cefit espèces. On observe quelquefois des merles blancs.
On ne trouve en Europe aucun passereau dont le bec porte plus de deux échancrures , et qui appartienne par conséquent à la famille das Dentirostres. Ceux qui pourvoient être rangés dans cette famille sont tous étrangers. Tels sont les calaos des Indes et de l’Afrique , qui ressemblent un peu au corbeau , mais dont le bec énorme est surmonté d’une sorte de casque osseux très - singulier (PI. i, fig. 9). Le momot d’Amérique, dont les deux mâchoires sont, également denticulées ( fig. n ) , et qui porte sur la tête des plumes de la plus belle couleur bleue, avec lesquelles les habitans de ce pays font, des ornemens très - brillansq enfin les phjrtotomes (PL m, fig 7° ) > dont on trouve une espèce au Chili , et une autre dans l’Abyssinie. Tous ces oiseaux se nourrissent de végétaux r qu’ils divisent , dit-on , avec le bec, comme avec une scie. Jls font beaucoup de tort aux arbres , en détruisant leurs bourgeons.
IIO9.
Les corbeaux , les r ollier s , les paradisiers , sont les genres les plus connus parmi les passereaux Peénirostres. On reconnoît les corbeaux à leur bec gros, droit et fort, et aux poils roides , couchés en avant, qui cachent leurs narines ( PL n , fig* 12) : leur voix est aigie
a64 DES OISEAUX PASSEREAUX.
et sonore ; ils ont Podorat et la vue très-sublils. Quelquesuns se nourrissent de charognes, mais la plupart se cou-» tentent d’insectes et de fruits ; ils s’apprivoisent facilement , et ils imitent la voix de l’homme. On nomme particulièrement corbeaux ou corneilles , les espèces qui ont la queue non étagée, et le bec non échancré. On appelle pies , celles qui ont la queue étagée , et geais , celles qui ont une échancrure au bec supérieur. La plupart construisent leurs nids sur le haut des arbres ou dans les tours ) ils y pondent quatre ou six œufs , que les mâles couvent alternativement avec les femelles ; ils prennent soin en commun de l’éducation des petits, qu’ils chassent et méconnoissent quand ceux-ci peuvent subvenir par eux -memes à leurs besoins. Les rolliers ne diffèrent des geais que parce que leurs narines sont à découyert ( fig. 18) : ce sont des oiseaux des pays chauds. Les paradisiers ( fig. i5 ) , ou oiseaux de paradis, sont de très -belles espèces qui vivent sous la zone torride. Leur nom vient de ce que les sauvages, qui en vendent les dépouilles pour faire des panaches et des aigrettes , ayant l’habitude de leur enlever les pattes , on a cru que ces oiseaux n’en avoient pas , que par conséquent ils ne pou voient se reposer, qu’ils voloient continuellement , ' et qu’ils ne se nourrissoient que de rosée.
Les moineaux, les bruans , les gros-becs, les étourneaux, les loriots, enfin tous les petits oiseaux de notre pays, qui se nourrissent de graines, et qui ont le bec court , conique , appartiennent à la famille des Conirostres. Les étourneaux et les loriots ont le bec presque aussi long que la tète (PI. n , fig. 28) : les autres l’ont beaucoup plus court. Chez les premiers , il est un peu aplati , et les narines sont recouvertes d’une sorte d’opercule. L’espèce la plus commune , qu’on appelle sansonnet ,
a ie corps noir, ponctue de blanc , et le bec est jaune dans le mâle. Elle vit ordinairement en société pendant Eautourne et l’hiver. L’été elle fait son nid dans les trous des vieux murs ou dans les colombiers. On apprivoise facilement cet oiseau : on lui apprend à parler et à siffler. Les mâles, qu’on nourrit en cage, sont sujets à une sorte de mal caduc ou d’épilepsie. Les loriots , qu’on nomme aussi troupiales , ont ie bec allongé, se prolongeant sur le front, à base presque cylindrique (PL i, fîg. 1 3 ). La plupart des espèces vivent dans les pays chauds. Elles se nourrissent de fruits , et principalement de la pulpe de ceux à noyau. Presque toutes suspendent leur nid à l’extrémité des branches. On n’en a observé qu’une seule espèce en Europe - elle est jaune, avec une sorte de bride et la plus grande partie de l’aile de couleur noire ou brune.
ii4i-
Le genre des fringilles ou des moineaux est très-nombreux- il comprend de jolis oiseaux qui vivent principalement de graines, et dont le bec est court, fort, non renflé ( PL n , fîg. 3 7), avec la mandibule recouvrant la mâchoire. C’est là qu’on a placé, i°. le pinson , dont le ramage se fait surtout remarquer au printemps , qui construit son nid sur les arbres" avec beaucoup d’art , le recouvre au-dehors de mousses ou de lichens , et fait entrer en dedans de la laine , du crin et des plumes; 20. le chardonneret, quia reçu son nom de la préférence qu’il semble donner aux graines du chardon pour sa nourriture , et. vit en société après la ponte; 3°. le serin, originaire des îles de la mer Atlantique, et principalement des Canaries, qui s’élève en domesticité à cause de son chant agréable et mélodieux : cet oiseau est si docile , qu’on lui apprend à répéter les airs les plus difficiles , à l’aide d’un instrument à vent mécanique, dont les tuyaux produisent à peu près les mêmes sons que son gosier; 4°. les
linotes , qui ont aussi reçu leur nom de la graine de lin , qu’elles paroissent rechercher, et qui font très-adroitement, dans nos buissons d’épines, un nid composé avec la laine que les moutons abandonnent sur les troncs des arbres et sur les buissons; 5°. enfin les moineaux ordinaires, les friquets, les tarins , et beaucoup d’autres qui sont très*communs en France , où ils sont trop connus des cultivateurs.
Les embérizes ou les bru ans ressemblent beaucoup aux moineaux , mais leur mâchoire est plus large que leur mandibule ; c’est dans ce genre qu’on a rangé les ortolans. La plupart des espèces sont, en France, des oiseaux de passage dont la chair est très-recherchée. L eproyer^ PL n, fig. 34 ) '7 le bruant ordinaire, vulgairement appelé verdier dans quelques départemens ; les veuves , qui sont des oiseaux d’Amérique , et beaucoup d’autres passereaux appartiennent à la même division des conirostres,
On a réuni sous le nom de loxies ou de gros-becs tous les passereaux qui ont le bec court, robuste, très-renflé à la base (PL 2 , fig. 3 1 ). On a nommé ensuite bec-croisés, les espèces qui ont les deux mâchoires placées obliquement l’une sur l’autre en forme de tenailles (PL 11, fig. 33). Cette disposition du bec donne à ces animaux beaucoup de facilité pour extraire des cônes ou des fruits d’arbres verts , les graines dont ils se nourrissent. On a appelé bouvreuils les espèces dont le bec supérieur court, est plus long cependant que l’inférieur, sur lequel il est courbé , à peu près comme dans le perroquet. Enfin , on désigne plus particulièrement sous ce nom de gros-bec , les espèces qui ont les mandibules presque droites (PL 11 , fig. 32,). Ce sont des oiseaux qui vivent dans les bois , ordinairement réunis par paires. Ils se nourrissent de pépins
DES OISEAUX PASSEREAUX. a67
de fruits, et des amandes contenues dans les novaux ligneux des drupes et des noix, qu’ils cassent facilement et avec une adresse étonnante. Beaucoup d’espèces étrangères se font remarquer par la vivacité de leurs couleurs; telles sont, entres autres, celles qu’on nomme cardinaux y qu on apporte souvent d’Amérique , mais qui ne se propagent point en France.
Presque tous les oiseaux qui sont réunis sous le nom de Subulirostres ont un bec foible , pointu, qui ne leur permet point d’écraser les graines : ils se nourrissent des plus petites semences , ou ils vivent d’insectes. On les distingue d’après la longueur de leur bec : ainsi les manakins et les mésanges l’ont très-court, ou tout au plus du quart de la longueur de la tète (PI. n , fig. 4° > 41 ) : ^es alouettes et les becs-fins (fig. 36) ont un bec qui forme presque le tiers de la longueur du crâne.
Les pipras ou manakins ont la queue extrêmement courte. Ce sont des oiseaux très-remarquables par la beauté de leurs couleurs, et par leur chant si mélodieux, qu’il a fait donner à quelques espèces le nom d 'organistes. Ils vivent presque tous en Amérique. Le plus grand nombre ont les deux doigts extérieurs réunis par la peau jusqu’à la seconde articulation ( PL iv , fig. 5). Les mésanges sont des oiseaux de notre pays : la plupart on une queue allongée. La vivacité de leurs mouvemens , leur agilité, leur adresse, leur courage, leur fécondité, en font des oiseaux très-curieux à observer. Leurs doigts externes sont presque séparés : ils grimpent sur les murailles et sur les troncs d’arbres, pour y chercher les araignées et les autres insectes dont ils se nourrissent. Us font leurs nids dans quelques cavités ; ils y pondent des œufs en trèsgrand nombre, quelquefois au-delà de vingt. Les espèces
(es plus connues en France sont la charbonnière, ainsi nommée parce que sa tête est d’un noir de charbon 5 la grosse et la petite mésanges bleues ; la nonnelte cendrée ; la mésange à longue queue , dont les plumes rectrices sont plus longues que le reste du corps.
Il46-
Les alouettes ont l’ongle du doigt de derrière extrêmement allongé, et le plus souvent non courbé (Pî. iv , fig. 8)5 les becs-fins ou motacilles 11e diffèrent point, à cet égard , des autres oiseaux. Les alouettes peuvent marcher très-vite sans sauter , pour ainsi dire , à pieds joints , comme les autres passereaux. Elles vivent ordinairement sur la terre , où elles font leur nid : leur chant est trèsagréable. On a donné diverses dénominations aux différentes espèces j ainsi on appelle j farlouse celle des prés, cujelier celle des bois , rousseline celle des marais , coche vis une alouette huppée. D’autres sont nommées pipis , spipolètes , coquillades , calandres.
O11 trouve parmi les becs-fins ou motacilles des oiseaux chanteurs en très-grand nombre : le rossignol appartient à ce genre. Cet oiseau , peu remarquable par son plumage d’un roux cendré , l’est beaucoup par la force étonnante , la mobilité et la variété de son chant; il vit ordinairement solitaire; il quitte la France en hiver; il reparoît au premier printemps. Le mâle seul chante pendant que sa femelle couve, principalement durant ia nuit. Il cesse de chanter lorsqu’il est occupé de l’éducation de ses petits. On range encore ici les fauvettes , dont on distingue sept à huit espèces, d’après la couleur des plumes. Celle qu’on nomme à tête noire chante presque aussi bien que le rossignol. On y rapporte aussi les bergeronnettes qu’on appelé vulgairement hoche-queues, parce qu’à chaque mouvement elles font mouvoir leur queue, qu’elles tiennent
DES OISEAUX PASSEREAUX. a6y
toujours redressée. Enfin , c’est parmi ces espèces qu’on place la lavandière , ainsi nommée parce qu’elle vachercher sur le bord des eaux les insectes et les petits vers dont elle se nourrit ; le motteux et le tarier , qui font leur nid sous les pierres ou dans les terriers ; la rouge-gorge , la gorge-bleue , le iroglodite , le roitelet, qui sont autant de motacilles différentes.
Il48-
Les hirondelles et les engoulevents ou téte chêvres sont les deux seuls genres de passereaux auxquels convient le nom de Planirostres , car leur bec est court, fendu trèsavant, foible , et aplati horizontalement (PL n , fi g. 42, 43). Us vivent d’insectes, qu’ils saisissent en volant la bouche béante. Presque toutes les hirondelles ont la queue fourchue (1). Elles volent de jour avec la plus grande rapidité ; elles maçonnent très-artisteinent un nid avec de la boue humide et de la paille. Dans l’hiver , ces oiseaux disparoissent; ils s’envolent en troupes innombrables à des époques qui paroissent déterminées. Ils s’attendent pendant deux ou trois jours , et partent d’un point commun. On appelle martinets les espèces qui ont les quatre doigts dirigés en avant; hirondelle des cheminées ou domestique , une espèce qui a une tache blanche sur chaque plume de la queue, excepté sur les deux externes: elle construit son nid dans les cheminées. L’hirondelle des fenêtres est une autre espèce à croupion blanc et à pattes laineuses j 1 ’h rondelle de rivage a le plumage cendré , ie gosier et le ventre blancs. On mange à la Chine les parois du nid d’une espèce qu’on nomme salangane. Ce nid est
(1) C’est de cette conformatiou qu’est emprunte le terme de queued’aronde qu’emploient les menuisiers pour indiquer une sorte de mortaise.
27o DES OISEAUX PASSEREAUX.
composé (Tune matière gélatineuse que Toiseau recueille
sur les bords de la mer.
Les engoulevents ne volent que le soir ; leur ongle du milieu est dentelé : on n’en trouve qu’une seule espèce en Europe. C’est un oiseau beaucoup plus gros que les martinets , dont le plumage est gris , mélangé de brun. On les a nommés long-temps crapauds-volans . On a cru à tort que ces oiseaux tétoient les chèvres pendant la nuit. Ils 11e font point de nid : ils pondent et couvent leurs œufs sur la terre nue ) ils n’en ont ordinairement que deux. Presque toutes les autres espèces sont d’Amérique.
Tous les passereaux qui ont le bec au moins deux fois plus long que la tête, et qui forment la famille des Té- NUIROSTRES , sont partagés en deux sections ; ceux qui ont le bec droit et ceux qui l’ont arqué. C’est dans la première qu’on a placé les sittelles , les martin-pécheurs ou alcyons , les todiers et les orthorync/ues ( PL 1 , fig. 23, 24 , 27). On a rapproché dans la seconde section les colibris, les grimpereaux j les huppes et les guêpiers (fig. 25, 26). On trouve très-peu d’espèces d’oiseaux de cette famille en Europe. Nous ne parlerons que des plus remarquables.
On nomme sittelle ou torchepot un petit oiseau d’un bleu cendré , à pennes supérieures des ailes brunes , avec un trait noir sur la joue. 11 grimpe sur les troncs des arbres pour y chercher les larvés d’insectes , dont il se nourrit principalement : il fait son nid dans les trous. Il n’existe aussi qu’une seule espèce à’alcyon en Europe : c’est un joli oiseau , d’un bleu brillant et nacré en dessus , roux en dessous. Il vit de petits poissons qu’il saisit en vo-
lant à la surface de l’eau , quoique ses ailes soient trèscourtes. On le nomme martin-pêcheur.
Il52-
On n’observe pas les todiers en Europe. Ce sont de petits oiseaux d’Amérique, qui se nourrissent, dit-on, d’insectes. Plusieurs sont remarquables par le brillant de leurs couleurs. Les orthorjncjues ou oiseaux-mouches ressemblent beaucoup aux colibris , avec lesquels on les avoit autrefois réunis; mais ils ont le bec droit fPl. i, fig. 2 7). C’est dans ce genre que sont placés les plus petits oiseaux connus : on ne les a observés qu’en Amérique; ils pompent , en voltigeant , le nectar ou le suc des fleurs , à l’aide d’une langue semblable à celle des sphinx et des autres lépidoptères; ils font leur nid avec du coton , et ne pondent que deux œufs. On en connoît plus de trente espèces. L|i plupart sont ornées des couleurs les plus brillantes.
Les colibris ont les plus grands rapports avec les or» thorynques, mais leur bec est arqué ( PI. 1, fig. 26). Ce ■sont aussi des oiseaux très-brillans , dont les plumes '‘resplendissent d’un éclat métallique changeant, qu’on ne peut comparer qu’à celui des pierres précieuses : aussi les a-t-on désignés sous le nom de topazes , améthystes , émeraudes , etc. Les grimpereaux , qui ont beaucoup de ressemblance par la forme générale du corps, avec les colibris , n’ont point , comme ces derniers , la langue en forme de tube. Us se trouvent par toute la terre : ils se nourrissent d insectes. On en voit plusieurs espèces en France. Ils grimpent très-bien sur les arbres et sur les murailles.
On ne trouve qu’une espèce de huppe en Europe; les auties sont etiangères. Cet oiseau porte sur la tête une huppe de plumes , qu’il redresse quand il est inquiété. On le nomme putput dans certains départemens : il se
2?2 DES OISEAUX GRIMPEURS
nourrit d’insectes. Les guêpiers recherchent aussi les insectes, et principalement les guêpes. Ils ne vivent que dans les climats chauds : on en rencontre quelquefois une espèce dans le midi de la France. On reconnqît facilement ces oiseaux par la forme de leur bec , et parce qu’ils ont les deux doigts extérieurs réunis jusqu’à l’ongle. Ils saisissent les insectes au vol, comme les hirondelles; ils lont leur nid dans la terre, oh ils se creusent des terriers.
On nomme Grimpeurs, tous les oiseaux dont les pieds ont quatre doigts disposés de manière que deux sont situés en devant et deux derrière (PL iv, fig. i ). Cette disposition , qui leur donne une grande facilité pour s’accrocher aux branches des arbres , les gêne beaucoup pour marcher sur un terrain uni. On les a partages en aeux lamilles , d’après la forme de leur bec. On a nommé cunéiroslrcs , les genres qui ont un bec plus étroit que la tête, non dentelé (PI. i , fig- 20 , 21, 22 ) ; et lévirostres, ceux qui ont un bec dentelé ou dont la base est aussi grosse que la tête
( Pif in , fig. 74 ; et PI* 1 ? *6 > 5 , 6 ).
ii56-
Deux sections divisent la famille des Cunéirostres : ceux qui ont le bec droit , et ceux qui l’ont arqué. C’est parmi ces derniers qu’on a rangé les coucous et les unis. Les pics , les torcois et les jacamcirs forment la seconde division.
IID7.
Les coucous sont ainsi nommes a cause de leui chant, qui est composé des mêmes syllabes cou-cou ; leur bec est grêle, un peu arqué, arrondi en dessus (PL 1, fig- 19) ; on n’en connoît qu’une espèce en Europe , mais toutes ont à peu près les mêmes mœurs. Notre coucou est d un gris ardoisé, avec des lignes transversales brunes en dessous ; son bec , ses paupières et ses pattes sont jaunes. Les coucous
DES OISEAUX GRIMPEURS, se nourrissent d’insectes el de petits oiseaux ; ils ne construisent pas de nid. La femelle est trop maigre , et ne pourroit pas couver; elle pond un ou deux œufs dans les nids des passereaux, principalement dans ceux des motacilles. Celles-ci les couvent, et nourrissent les petits qui en éclosent, comme s. c’etoit leur progéniture. Les unis n’habitent que l’Amérique; on les reconnoît à leur bec comprimé en carène ( 1 1. 1, fîg. 8 ). Les femelles, dit-on, se réunissent au nombre d’une cinquantaine pour faire un très-grand nid, où elles couvent en commun , rangées à côté les unes des autres. Ces oiseaux , qu’on nomme aussi dans le pays -bout de petun , se nourrissent de grillons et de larves d’insectes, principalement de celles des oestres, qu’elles vont rechercher sous la peau des bœufs, qui les souffrent complaisamment sur leur dos; ce qui les a fait aussi appeler pique-bœufs
Les trois autres genres ont le bec droit , allongé (PI. i, %. 20, 21 ); ils se nourrissent aussi d’insectes. Les pics et les torcols ont une langue cylindrique très-longue , visqueuse, terminée par des pointes recourbées en arrière, avec laquelle ils vont saisir les insectes sous i’e'corce des arbres. Il n’y a qu’une seule espèce de lorcol e n France; elle est grise , tachetée de noir et de roux • on la reconnoît a sa queue allongée , coupée carrément , et composée de dix pennes flexibles. On a donné à cet oiseau le nom de torcoî , parce qu’il a l’habitude de tourner singulièrement la tête , et qu’il paroît se tordre le cou lorsqu’il regarde autour de lui. Les pics ont la queue comme étagée, formée de dix pennes roides , ébarbées , avec lesquelles l’oiseau s’appuie sur le tronc des arbres lorsqu’il est occupé à saisir sa nourriture. Leur voix est très-désagréable; mais leur plumage est orné des couleurs les plus vives. On en trouve communément deux espèces dans nos bois : le pic-vert dont la tête est rouge, et Yépeiche , qui est tacheté de
ir’ iS
4 des oiseaux grimpeurs.
noir et de blanc , avec l’occiput écarlate. Les jacamars sont des oiseaux d’Amérique , qui ont le bec des pics (VI. i, %. 2/2 ) , la langue courte , et la queue comme les torcols. Leur plumage estcomme doré ; ils se nourrissent d insectes ? ils habitent de préférence les forêts humides; ils vivent solitaires , et leur chant est agieable.
il 5g-
On ne trouve dans notre climat aucune espèce d’oiseau de la famille des Lévirostres ; tous sont des pays chauds. On peut, pour la facilité de l’étude, les diviser en ceux qui ont le bec dentelé , et en ceux qui l’ont presque entier. C’est à cette seconde division qu’appartiennent les perroquets et les barbus ; dans la seconde , on a placé les toucans et plusieurs autres oiseaux moins connus.
Rien de plus monstrueux au premier aperçu que les toucans , dont le bec énorme , dentelé sur les bords, est, dans quelques espèces , quatre fois plus long que la tête (PL i‘, fig. 5 , réduit d’un tiers). Ce sont des oiseaux de l’Amérique méridionale, qui vivent en petites troupes de huit à dix individus. Leur plumage est très-brillant , et se distingue surtout par l’opposition des couleurs, comme du noir au blanc le plus pur, du jaune dore a l’ecarlate : ils se nourrissent de fruits, principalement de ceux des palmiers; -leur langue est divisée sur ses bords, comme une plume. On a placé près des toucans les musophages , les couroucous (PL i, fig. 16) et les touracos , oiseaux des pays chauds , qui ont tous le bec dentelé , plus court que la tête (PL ni , fig. 74, réduit des deux tiers).
Il6l-
Les perroquets ont le bec crochu , surtout le supérieur r pi j ^ hgt 6 ) • leur tête est très-grosse. On n en tiouve point naturellement en Europe ; ils vivent dans les régions les plus chaudes, principalement en Amérique ; leur langue
DES OISEAUX GALLINACÉS, est charnue. Ils se nourrissent de fruits et de semences qu’ils portent à la bouche avec l’une des pattes. Ils marchent mal et lentement; mais ils grimpent parfaitement en se servant du bec. Lorsqu’on les irrite , ils se hérissent Les perroquets ont une voix très- forte, apprennent à parler, imitent le cri de tous les autres animaux , et tous les sons qu’ils entendent, même ceux des poulies, des brouettes; ils rient aux éclats, pleurent avec sanglots • ils toussent, éternuent, miaulent, aboient; enfin, comme le dit Lmnée, ce sont des singes parmi les oiseaux.
On commît maintenant près de deux cents espèces de perroquets; on les a divisés en six sous-genres. On nomme aras, les espèces qui ont la queue très-allongée , étagée , et la plus grande partie des joues nue. On appelle ^perruches, les perroquets à queue longue, étagée, à joues couvertes de plumes; kakatoès , ceux qui ont sur la tête une huppe de plumes , qu’ils peuvent redresser à volonté • ions, les espèces qui ont des plumes rouges; amazones’, cédés sur lesquelles les plumes jaunes sont en plus grande quantité; enfin , perroquets, criks ou papegais , les especes grises ou vertes variées. Le jacot ou le perroquet cendre est celui qui apprend le mieux à parler; il répète tout ce qu’il entend ; on le trouve en Afrique.
. LeS barbus> la™Mias et barbicans, sont encore des oiseaux qu’on ne rencontre que dans les pays chauds ; leur bec est droit, fort, un peu échancré à la pointe, fendu jusqu’aux yeux; leurs narines sont couvertes de poils
rendes (PI. 1, fig. 17). Ils se nourrissent d’insectes : on ne connoit pas bien leurs mœurs.
L’ordre des Gallinacés, qu’on distingue très- facilement de ceux des rapaces , des grimpeurs et des palmipèdes ,
,„6 des oiseaux gallinacés.
pourroit être confondu , jusqu’à un certain point , avec ceux des passereaux et des échassiers. Presque tous ont des plumes jusqu’aux talons, et les doigts réunis à leur base par une courte membrane ; leur mandibule supérieure est souvent arquée et voûtée : ils avalent leur nourriture sans l’écraser. La plupart , à l’exception des pigeons , pondent leurs œufs sur la terre : leurs petits marchent en sortant de la coque. On les a distribués eu trois familles : les uns ne peuvent voler, parce que leurs ailes sont trop courtes ; on les nomme brévipennes ou brachjrptercs. Les autres se servent bien de leurs ailes; mais les uns ont le bec mou , comme les pigeons ou péris teres (i i65j : les autres ont le bec dur, solide ; on les nomme cilectrides ou oiseaux de basse-cour (i 167).
il65.
Les Péristères ou les pigeons paroissent tenir le milieu entre les gallinacés et les passereaux. On les reconnoît à leur bec presque droit à la base , un peu renflé à la pointe, percé à la racine par des narines couvertes d’une peau molle (PI. 11, fig. 44)- Ils vivent par couples, font un nid en commun sur un arbre ou dans un endioit elevé, et pondent deux œufs que le mâle couve dans le milieu de la journée , pendant que la femelle pourvoit à ses besoins. Ce sont les seuls oiseaux qui boivent en suçant, et tout d’un trait. Le mâle et la femelle se dégorgent dans le bec. Tous deux vomissent dans l’œsophage de leurs petits , leurs alimens, d’abord réduits en chyme, puis ramollis seulement , quand les pigeonneaux sont plus forts; c’est ce qu’on appelle engager. Le chant des mâles se produit principalement dans la gorge ; on le nomme roucoulement. Il naît ordinairement un mâle et une femelle de chaque couvée. Ces frères ne se quittent pas : ils s accouplent le plus souvent ail bout de six mois , et font jusqu a dix pontes par année.
DES OISEAUX GALLINACÉS. 277
ll66-
x On a trouvé des pigeons dans tous les pays de la terre. On en connoît maintenant près de cinquante espèces bien distinctes, sans compter les variétés du pigeon domestique, dont on nourrit plus de deux cents races, qui se propagent et se perpétuent. Les plus remarquables parmi ces variétés sont : le pigeon de Barbarie , le gros-bec ' le biset, le pigeon hirondelle , le noyer, la grosse gorge, (e dominicain ou jacobin, le culbuteur , le pattu ou à pieds plumeux. Toutes ces espèces ont le bec allongé , presque aussi étendu que la tète. D’autres ont un bec court , semblable à celui des passereaux : tels sont ceux qu on nomme polonais , queue de paon , nonain ou fraisé , qui paroît avoir une fraise antique ou une palatine de plumes frisées, redressées sur la nuque et sur le cou; le pigeon cravate , et beaucoup d’autres. Les ramiers, les tourterelles appartiennent encore à ce genre.
La famille des àlectrides ou des oiseaux de basse-cour comprend sept à huit genres , qu’on peut diviser assez commodément en ceux qui ont le cou ou la tète couverts de plumes , et en ceux chez lesquels on voit des places nues dans ces mêmes parties. Les paons et les outardes forment la première division; les faisans, les tétras , les dindons , les pintades et quelques autres constituent la seconde.
Les paons sont des oiseaux de l’ancien continent : ils sont originaires de l’Afrique et de l’Asie* ils ont sur la tête des plumes redressées en forme d’aigrette. Le mâle du paon ordinaire n’a qu’un seul ergot : c’est le plus beau de tous les oiseaux connus, ba démarche est majestueuse : les plumes de son croupion et de sa queue sont excessivement allongées, terminées chacune par une tache en crois-
27S des oiseaux gallinacés.
saut Lieue , dorée et, verte, formant un œil. Il peut les relever et les étaler à volonté : c’est ce qu’on appelle faire îa roue. Les paons perchent sur le haut des arbres : leur cri monotone est extrêmement désagréable. Les femelles ne prennent que très-rarement des couleurs aussi brillantes que les mâles : à trois ans , ceux-ci ont atteint toute leur beauté. On connoît une variété dont les plumes sont blanches : elle est très-rare en France et très-commune
en Allemagne. Les autres espèces ne sont point encore nourries en domesticité.
Les outardes 11’ont point d’aigrettes, mais souvent le derrière de leur tête est garni de deux faisceaux de plumes. Elles sont très-haut montées sur les jambes , ce qui les fait un peu ressembler aux échassiers. Ce sont les plus gros oiseaux de l’Europe. On en connoît deux espèces, la grande et la petite ou canepetiere. Toutes deux se nourrissent d’insectes et d’herbes. Elles pondent au printemps , et quelquefois en France; ce sont des oiseaux de passage : leur chair est très-estimée.
On croit que le premier faisan a été apporté de la Cob chide par les Argonautes , qui lui ont donné le nom du fleuve du Phase , sur les bords duquel ils l’avoient trouvé. Ce genre comprend beaucoup d’espèces , qui toutes sont originaires d’Afrique ou d’Asie. On les reconnoît à leur queue étagée ou à pennes inégales en longueur, et aux caroncules qui bordent leurs yeux. Les mâles ont un plumage beaucoup plus brillant que celui des femelles. C’est à ce genre qu’appartiennent le coq et la poule.
Les poules, comme tous les autres animaux que l’homme lient en captivité , présentent un grand nombre de variétés. On croit qu’elles sont originaires des Indes. O11 les
DES OISEAUX GALLINACÉS
retrouve maintenant sur tout le globe. Leur male, ou le coq , a un chant particulier très-sonore, qu’il fait entendre à de grandes distances , surtout pendant la nuit. Un seul suffit à vingt poules. Il ne prend aucun soin des petits. La poule ne couve qu’une fois par an dix-huit a vingt-cinq œufs, qu’elle pond , jour par jour, dans un lieu retiré. Après chaque ponte, elle fait entendre un chant analogue à celui du coq : elle ne couve ses œufs que lorsqu’elle en a pondu un assez grand nombre. Elle reste dessus pendant vingt-un jours. Aussitôt que les petits sont sortis de la coque, elle les mène avec elle, leur apprend à chercher la nourriture et à s’en saisir. Elle rend alors un son particulier qu’on nomme gloussement. Dans le danger , elle appelle ses petits , les cache sous ses ailes , et les protège avec le plus grand courage contre les ennemis même les plus forts. Les poulets ne peuvent faire des petits qu’à six mois. Les mâles, dans le jeune âge, sont semblables aux poules. On les châtre pour les faire engraisser ; ils prennent alors le nom de chapons. Les poules auxquelles on enlève les ovaires sont des poulardes.