ÉCOLE D£S MINI
Art. XIII. Le préfet fera examiner le candidat par ringénieur des mines du département , ou à son défaut par telle personne qu'il jugera convenable, afin de s'assurer de son degré d'instruction, ou au moins s'il possède celle qu'on acquiert dans les écoles primaires (lire, écrire et les quatre premières règles de l'arithmétique), ainsi que cela est exigé par l'article 4 de l'ordonnance royale du 2 Août 1816, qui institue cette école.
Art. XIV. L'enseignement de l'école des mineurs de Saint-Etienne a pour objet, i."" les élémens de mathématiques , dont la connaissance est indispensable pour dresser les plans de mines, etc.; a.^ les élémens d'exploitation proprement dite, comprenant la disposition générale des travaux d'une mine, les divers moyens d'entailler et d'abattre les roches et les minerais ; l'art d'étayer les excavations souterraines, les méthodes d'aérage; l'art de contenir les eaux, de les faire écouler et de les épuiser; les usages de la sonde; les divers moyens employés pour transporter et ex* traire les matières, et la connaissaiice des principales machines en usage dans toutes ces opérations (l'on voit que cette seconde partie du cours d'instruction de Saint*£tienne comprend exactement ce dont nous avons traité dans le courant de cet ouvrage) ; S.'' la con^ naissance élémentaire des principales subs* tances minérales et de leur gissement ; l'art d'essayer les minerais , surtout par la voie
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sèche ; les ëlémens de l'art de traiter en grand et d'obtenir économiquement les matières minérales les plus utiles.
Art. XIX. Indépendamment des études ci* dessus et des exercices auxquels elles donneront lieu, soit à l'école, soit sur le terrain, les élèves suivront les travaux qui se font dans les mines des environs de Saint-Etienne; et le directeur de l'école avisera aux moyens de leur faire remplir successivement les emplois de charioteur, trieur, mineur, boiseur, sondeur , pompier et machiniste.
Art. XX. Le cours complet des études est divisé en deux années, et les élèves sont partagés en deux divisions ; ils pourront être autorisés à rester une troisième année. (Extrait du règlement de S. Exe. le ministre de l'intérieur, relatif à l'école des mineurs de Saint- Etienne. )
Outre cette école, qui a été fondée , comme on le voit, en faveur des fils et des neveux des maîtres mineurs, directeurs et conducteurs des travaux de mine , le Gouvernement admet neuf élèves externes à suivre les cours de l'école des mines de Paris, qui est spécialement consacrée aux élèves de l'école polytechnique qui se destinent à devenir ingénieurs des mines. Ces élèves externes , qui ne sont admis qu'après avoir subi un examen préalable qui prouve déjà un assez grand degré d'instruction , sont plus particulièrement choisis parmi les fils des concessionnaires ou des
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propriétaires d'usine. Mais on y reçoit aussi par faveur quelques jeunes étrangers, et le cours de minéralogie est public.
Tels sont les moyens d'instruction offerts pat* le Gouvernement français aux jeunes gens qui se destinent à Fart des mines, et il y joint à titre de récompense, pour les élèves ingé« nieurs seulement qui se sont distingués par leurs talens et leur application, la faveur de To ja^er pendant plusieurs années , aux frais de l'État, en Angleterre et en Allemagne, qui sont les pays classiques de l'exploitation et de la métallurgie; et ces voyages ont le double avantage, de perfectionner l'instruction pra« tique de nos jeunes ingénieurs français, et de nous tenir au courant de l'état de l'art cliez nos voisins, par la publication des excellens mémoires qui sont le fruit de leur zèle éclairé et dont ils enricbissent nos Annales.
Législation des mines^
Il est» je crois, fort inutile de recommander aux concessionnaires , aux exploitans et aux inventeurs des mines, de se conformer a la loi qui régit aujourd'hui cette branche particulière de notre industrie; mais comme il pourrait arriver que ceux qui ne connaissant pas encore cette loi , pussent omettra ou négliger quelques formalités essentielles^ dont leurs adversaires ne manqueraient pas
de profiter, j'ai cru que je ne pouvais rien faire de mieux, pour éviter les contestations et toutes les longueurs qui en sont la suite, que de rapporter ici la loi en entier, afin qu'on put y recourir sans être obligé d*aller fouiller les archives des maires, et de feuilleter le volumineux recueil du Bulletin des lois.
Quant aux lois étrangères, aux anciennes ordonnanfces de nos roi« qui ne sont plus en vigueur, on iconçoit qu'il m'était impossible de les rappeler ou d'en citer même quelques passages, quelque curieux qu'ils fussent; car j'aurais été entraîné beaucoup trop loin, sans rien donner d'aussi complet que l'ouvrage en trois volumes publié par M. l'ingénieur en chef Blavier sur la jurisprudence des mines, auquel je renvoie tant pour les lois et réglemens anciens et étrangers, que pour les instructions ministérielles qui ont été successivement publiées depuis la *loi de 1810, pour en aider l'exécution et en faciliter Fapplication.
Qu'il me soit permis, avant de terminer ce chapitre, que je crains cependant d'avoir déjà trop étendu, de conseiller aux personnes qui découvrent des mines, ou qui possèdent des affleuremens dans leurs domaines, de renoncer, quelle que soit leur fortune, à la prétention de les exploiter seules et sans associés. 'Je ne saurais trop répéter, que la part du hasard est si grande dans l'exploitation des
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mines , que nous voyons si souvent les plusbelles espérances s'évanouir, et les calculs les plus sages et les plus justes en apparence devenir faux ou exagérés, qu'il est de toute prudence dé ne verser dans ces sortes d'entreprises que les sommes dont, à la rigueur, on peut faire le sacrifice sans rien déranger à sa fortune ; mais comme il faut de grands capitaux pour amener les exploitations au point où elles produisent un premier dividende, et que Ton peut être certain de perdre son argent si Ton ne veut y sacrifier que de petites sommes , on ne peut rien faire de plus convenable que de créer des actions d'un ou de deux mille francs chacune , plus ou moins, et en nombre suffisant pour former , du premier jet un fonds social assez fort, susceptible de faire face à toutes les dépenses prévues et imprévues. Cinq ou six cent mille francs est une somme suffisante pour l'exploration et l'exploitation d'une concession houillère ; mais elle serait beaucoup trop faible pour l'exploitation et le traitement d'une mine de cuivre, par exemple, ou d'une mine d'argent , à cause des frais énoi*mes qui sont réclamés par les ateliers de préparation des minerais et l'établissement de tous les appa-^ reils qui composent ce que Ton appelle une fonderie.
Je ne suis point partisan des actions qui portent intérêt du moment de leur émission et en attendant leur part au dividende : il
est attrayant, j'en conviens, pour un capîca* liste qui met des fonds dans une affaire, de retirer l'intérêt de son argent avant qu'il soit possible de lui donner une part dans les bénéfices ; mais c'est un appât trompeur , qui ronge sourdement le fonds capital et dont il faut éviter de le grever.
Il vaut aussi beaucoup mieux, selon moi, augmenter le nombre des actions, en élever le prix et ne commencer les travaux qu'après les avoir placées toutes , que de se réserver par l'acte social la faculté de faire un ou plusieurs appels de fonds , ou de créer de nouvelles actions; car, ces ressources n'étant employées que quand une affaire languit ou va tout-à-fait mal, il est très-difficile de la relever par ces expédiens* J'ai vu beaucoup d'entreprises de mine tomber faute d'avoir eu la prudence de former un fonds capital assez fort dès l'origine, ou de n'avoir point émis un assez grand nombre d'actions avant de commencer les recbercbes.
Je ne suis point de force à discuter les avantages et les inconvéniens des sociétés en commandite, en nom collectif , des sociétés civiles et des sociétés anonymes, dans lesquelles le Gouvernement remplit l'office de tuteur et représente le public. Je sais seulement que les avis sont partagés , et qu'il y a fort peu de notaires, à Paris même, qui sachent bien rédiger un acte de société , qui en entendent bien la contexture , si je puis
m'exprlmer ainsi , et qui soient de force à se passer des avis et des conseils d'un homme de l'art ; et cependant la prospérité d'une entreprise est presque toujours la suite de la bonne intelligence qui règne entre les sociétaires, et cette union ne peut résulter que d'un acte clair, précis, sagement conçu, où tous les intérêts sont ménagés et où aucune partie n'est sacrifiée à l'avantage d'une autre.