DES MINES EN MASSES
qvik rextrémité d'une galerie tant soit peu longue.
Ce mode d'exploitation a donc l'inconTé"» nient de laisser une grande masse de minerai perdue entre chaque atelier, et de recouvrir les couches les plus profondes d'une infinité d'excavations irrégulières et submergées, qui s'opposeront a leur extraction, ou qui la rendront au moins excessivement coûteuse*
Un tel état de choses n'avait point échappé aux savans ingénieurs dont nous avons déjà cité le beau travail ; mais jusqu'à présent leurs conseils n'ont point été suivis : trente années se sont écoulées depuis, sans que l'on ait fait la plus légère attention aux avis sages et pru» dens qu'ils ont donnés. Nous allons les repro» duire encore, ces méjmes avis, car le mal empire to^us. les jours, et nous ne voulons pas que l'on puisse nous reprocher d'avoir négligé de répéter ce qui pouvait être utile au bien «-être futur 'de notre chère patrie.
La plupart des ipinerais de fer. d'alluvion sontsitués.sur des plateaux éteiidus, et gissent à une faible profondeur au-dessous de la surface du sol. Il convient donc de les attaquer par des puits assez spacieux et assez profonds pour que l'on puisse aller exploiter la dernière couche, s'il en existe plusieurs les unes au-dessous des autrçs, ou la dernière assi^^j^es dépôts, si c'en est un.
Il sera prudent, comme dans toute autre exploitation, de foncer un second puits à une
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certaine distance, mais beaucoup plus étroit que le premier, au moyen duquel on pourra établir un bon système d'airage et réserver un second moyen de retraite aux ouvriers en cas d'événement: l'espace compris entre ces deux puits, ainsi que les niassifs de droite et de gauche, pourront être enlevés par tranches au moyen de galeries que l'on boisera ou que l'on muraillera, suivant les localités, et entre lesquelles on réservera des massi& que J'on fera monter de fond et que l'on pourra enlever en dernier lieu, quand le terrain se sera affaissé et consolidé. Cest dans ces tailles que les mêmes paysans qui exploi* tent actuellement, retrouveraient les mêmes moyens d'existence qui leur solit offerts aujourd'hui par le mauvais travail qu'ils exécutent et les dangers qu'ils affrontent, et en supposant même qu'il fallut moins de bras pour exécuter le même travail et produire la niême quantité de minerai que* dans l'état actuel des choses, l'activité de l'exploitation et ses plus grands produits augmenteraient l'étendue de ses débouchés , accroîtraient son importance, et il arriverait pour les ouinriers cweurs de mine ce qui est arrivé aux fileuses de coton, lors de l'établissement des filatures : elles ont trouvé de l'ouvrage dans les ateliers mêmes qui leur portaient ombrage, et il en serait de même des paysans q[i|î font métier de tirer et de transporter du minerai pour les forges.
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Il existe quelques dépôts de minerai de fer qui peuTent s'exploiter a ciel ouvert, sans que l'on ait à craindre les éboulemens et les inondations. Telles sont les mines dé Poisson, département de la Haute-Marne , qui se trou^ vent dans une montagne calcaire à couches horizontales, et qui sont encaissées dans des excavations de 210 sur 3o mètres et d'une profondeur immense: ce sont des vases énormes remplis de minerai , dont les parois s'opposent k tout éboulement et dont le fond permet aux eaux pluviales de s'infiltrer; mais ce concours de circonstances, qui est rare» peut-être unique, ne peut servir d'exemple aux autres exploitations.
Les mines d'étain d'Altenberg, en Saxe, qui •ont établies sur un stockwerk, s'exploitent par chambrées au moyen du feu et de la poudre. (Manès.)
Exploitation des couches et desjilons puis-
sans.
Il existe en Russie, en Suède et ailleurs des couches et des filons inclinés dont la puissance est si considérable qu'ils se rapprochent assez desgttes en amas et en masses; ils VLevL diffèrent réellement que par ]a régularité de leurs limites, et l'existence de leurs toits et de leurs murs. La méthode que l'on doit suivre pour l'exploitation de ces grands gissemens,et qui est pratiquée depuis un temps
immémorial ea Hongrie, se trouve décrite dans l'Art des mines, de Delius.*
Elle consiste à foncer un puits d'extraction (A, pi. XIII), et à chasser au fond de ce puits une galerie (B) qui suit le mur du filon» en ayant soin de faire^ porter une partie du sol de cette galerie sur ce mur, afin que Ton puisse y établir, avec toute la solidité . possible, le chenal de bois destiné à la conduite des eaux : à l'extrémité de cette première galerie B, que l'on prolonge plus ou moins du premier jet, on placé un premier mineur, qui attaque le filon en travers en C, sur une hauteur de deux mètres et une .largeur de deux ou trpis. Un second mineur se place en^deçà du premier, en D, et de manière à ce qu'il reste enti;e lui et le premier un es-, pàce triple de la largeur d'une taille. Ces mineurs ainsi distribués coupent le filon du mur au toit par tranches (GC^ DD^, EE', etc.); l'on boise les galeries avec soin; l'on transporte le minerai par la galerie d'alongement (BB) jusqu'au bas du puits A, en laissant sur le côté des galeries transversales les gangues stériles et les déblais de nonvaleur.
Lorsque le filon est ainsi découpé, et que toutes les traverses ont touché le toit, on les
1 Delius, Art de» mines y traduction de Schreber, tom. I.*"» pag. 375.