DES COUCHES £T DES FILONS PUISSANS. I7I
déboise, en commençant par l'extrémité la plus éloignée de la galerie B, et l'on bouche à mesure avec tous les déblais que l'on a rangés provisoirement tout le long des galeries; on attaque ensuite les .massifs intermédiaires par les côtés (i et :i), réservant Je centre (5) pour la fin, et l'on en opère le comblement et le déboisement comme pour les premières traTcrses.
Pendant que l'on épuise cet étage, on en prépare un autre immédiatement au-dessus , de manière à ce que le sol de la seconde ga-* lérie d'alongement (B^ repose sur le plafond de la première , qui n'est pas remblayée et qui sert au roulage et à la sortie des mineurs, au moins pour quelques étages, et jusqu'à ce que Ton juge à propos d'en conserrer une autre pour le même service. On opère ainsi en montant successivement de deux en deux mètres, et l'exploitation des étages supérieurs s'effectue comme dans le premier, avec quelque différence dans la pose des cadres, qui, reposant sur des déblais, ont be« soin d'une pièce de plus (une semelle), ainsi que nous l'expliquerons en traitant du boisage en général.
Le mode d'exploitation adopté dans les houillères de* la Silésie est une espèce d'ou- Trage en travers, dont le résultat est de tout enlever, en s'avançant perpendiculairement à des fissures verticales et parallèles que présente la bouille, et en obtenant la plus grande
quantité possible de gros charbon ^ : ici les taillea ont dix-huit pieds de front, et sont attaquées au moyen des coins et des entailles qui produisent la tombée. (Voyez Abattage)
Les principaux avantages de Vouçrage en trai^rs (ainsi nommé à cause de la disposition transTersale des tailles , qui Tont toujours du toit au mur) consistent en ce que l'abattage du minerai est facilité par les deux ou trois faces qui sont toujours à découvert» au moins pour les étages qui suivent le premier, et pour les tailles qui s'enlèvent en deuxième et troisième lignes, parce que' le toit et le mur ne sont jamais à découvert sur une grande étendue à la fois; en ce que l'on peut faire servir les cadres et toutes les pièces de boisage à plusieurs galeries successives; en ce que l'on ne laisse aucun pilier ni refend, pas même dans la masse du minerai , et enfin en ce que les ouvriers sont moins exposés que dans tout autre ouvrage.
Tout ce qui vient d'être dit sur V ouvrage en trat^ers, par rapport à l'exploitation des grands filons métalliques, s'applique, à quelque chose près, à l'exploitation des couches de houille qui sont fortement inclinées; car, pour peu que la houille ait de consistance et de solidité, elle peut s'exploiter par tailles de trois mètres de front, avec réserve de massifs allant
1 D^^bnisfion, Journal des mines, n.^ 86.