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DES COUCHES MINCES

ce qui est bon, tous les déblais sont utilisés, et ils foisonnent assez pour que le remblai soit complet et que l'ouvrage soit parfaitement solide. 11 arrive cependant quelquefois, lorsque le toit est irès^mauvais, que Ton est forcé de ménager des stoppes ou piliers, ou de Je soutenir avec de petits bois debout recouverts d'une semelle faite en coin: de cette manière on évite les éboulemens, et surtout la chute de ces grands feuillets schisteux qui sont séparés par des surfaces lisses, mais cTont on reconnaît le peu de solidité au son que rend la roche, quand on la frappe avec le marteau.

C'est ainsi que j'ai fait exploiter pendant sept ans les couches peu puissantes du Lardin, département de la Dordogne. C'est encore une espèce d'ouvrage en travers.

Quand le terrain de la surface est inhabité, qu'il a peu de valeur, que les travaux sont à une assez grande distance perpendiculaire de la surface, que la couche exploitée a a pieds environ (0,66) et même un peu plus, que le toit peut se soutenir de luimême pendant quelque temps, on peut se dispenser de boiser et de remblayer les tailles; parce qu'il se fait un tassement insensible qui détruit bientôt le vide, et qui ne cause qu'une très-légère dépression à la surface; il y a des exemples de ce genre d'exploitation dans la Lorraine allemande, aux environs de Saint-Avold: d'autres fois, enfin,

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le toit et le mur se gonflent de telle manière, quand on a tiré la couche utile, qu'ils ne tardent pas à se joindre, et quils consolident ainsi naturellement les travaux abandonnés, sans causer aucun dommage à la surface.

A Rive-de-Gier le sol se gonfle tellement qu'au bout de deux ou trois ans une taille de 3"f6 de haut n'a plus que de i" à i°*,2 , et permet d'aller détacher la houille que l'on avait laissée au toit. (Beaunier.)

Exploitation par gradins^

Après avoir indiqué les moyens que Ton met en œuvre pour exploiter les grands amas et les grandes masses dé minerai ou de combustible, après avoir décrit les procédés que l'on est forcé d'adopter pour exploiter avec bénéfice les couches qui n'ont que quelques pouces d'épaisseur, il nous reste à parler d'un travail particulier, que l'on nomme ouvrage en gradins ou en stross, parce qu'il peut s'appliquer indifieremment à ces divers gites.

Soit un filon de 6 pieds (2 mètres) de puissance que l'on veut exploiter en entier, et qui est déjà divisé en grands massifs plus ou moins réguliers par des puits inclinés ou verticaux, foncés sur le filon lui-même, et par des galeries horizontales, chassées à différentes hauteurs. (PI. XIV, fig. 1 et a.)

Il y a deux moyens à choisir pour enlever ces massifs, l'un se nomme gradins ou strass

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en montant (fig. 2) , et l'autre gradins ou stross en descendant (fig. i). •

Dans Fouvrage en descendant le mineur, placé d'abord en F, avance de 10 mètres, je suppose , en enlevant la masse entière du filon, gangue et minerai; arrivé à ce point, on place un second mineur à 1 ou 2 mètres au-dessous du premier, en I, qui avance aussi de 10 mètres, et qui permet d'en placer un autre au-dessous de lui en K, de manière que le premier mineur est à 60 mètres du puits, quand on place le troisième. De cette manière le massif se trouve attaqué sur une hauteur de 6 mètres par 3,6 ou 9 mineurs, plus ou moins, suivant sa puissance, partagés en trois bandes et travaillant sur trois gradins différent. Dans ce premier mode d'attaque, les ouvriers marchent sur le filon, travaillent assis pendant tout le temps qu'ils font les trous de mine, n'ont rien à craindre de la chute du plafond et ne perdent point de mine grasse, puisqu'ils peuvent, avant d'abattre la partie du filon qui la renferme, nettoyer leur place et éloigner les déblais; mais aussi ces gradins exigent que l'on construise en arrière des mineurs, des kastes, échcifauds ou planchers solides, dans le seul but d'y entasser les déblais provenant de l'exploitation, et ces bois sont perdus pour toujours. Les mineurs et le minerai sortent par le puits en L. Andreasberg, au Hartz, est exploité

par gradins droits ou descendans* (Héron.)

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Dans les gradins en montant, on place le premier mineur au fond du puits, immédiatement au-dessus de la galerie de roulage, en D. On le fait avancer de lo mètres avant de placer le second, qui commence à :2 mètres au-dessus du premier, en N, et qui s'élève sur les déblais qui restent sur le plafond de la galerie de roulage que l'on établit en conséquence de la charge qu'il doit supporter: après s'être enfoncé de lo mètres, on place le troisième, le quatrième, et toujours en remontant, et le massif, ainsi découpé, prend la figure d'un dessous d'escalier ou d'un escalier renversé.

Dans ce second mode d'attaque, il y a économie de bois; mais le mineur travaille moins à son aise, et est obligé de s'échafauder à chaque instant pour s'élever à la hauteur de son gradin.

La célèbre mine d'argent de Freyberg, en Saxe, est exploitée par gradins renversés, ainsi que la plupart des mines de cuivre et d'étain du Cornouailles , en raison de la cherté du bois de mine, qui vient de Norwége. ( Dufrenoy. )

Il se perd beaucoup de mine grasse , sur* tout si elle est friable, comme le sulfure de plomb , par exemple, en ce qu'elle tombe sur les déblais, qui restent toujours sur le sol, et qu'il est impossible de ménager aussi bien sa chute que dans la première méthode.

Les mineurs et le minerai sortent par la

PAR GRADINS. l83

galerie de roulage, dans le plafond de la-

«quelle on ménage une ouverture que Ton

prolonge quelquefois à travers les déblais en

forme de cheminée , ou par le puits , en

montant sur ces mêmes déblais en JV.

L'on voit que l'on ne peut poini adopter indifieremment Tune ou l'autre méthode, et qu'il faut avoir égard, avant de se décider, au prix du bois, qui devient d'un emploi très- coûteux dans les stross en descendant, et à la consistance ainsi qu'à la valeur du minerai , dont on perd une assez grande quantité dans le travail en gradins montans. L'énorme quantité de bois que les gradins descendans exigent, en a fait abandonner l'usage dans la mine de Poullaouen, en Bretagne. Cest, au reste, dans cette dernière méthode que l'on doit s'attacher plus particulièrement à dépouiller le filon d'un côté, avant de l'abattre. Cette précaution permet d'en prendre beaucoup d'autres au moment où la partie la plus riche du filon doit être détachée, et par conséquent de diminuer infiniment la perte du minerai, qui a toujours lieu sur la partie la plus riche et la plus friable : ainsi, par exemple, il arrive «ouvent qu'un très^petit pétard suffit pour détacher le filon sur 2 et 3 mètres, parce qu'on le place entre l'éponte, et que les coins et la pointe font le reste; tandis qu'en attaquant toute la masse du filon à la fois, les coups de mine traversent quelquefois la partie la plus

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riche, la font voler en éclats, et la réduisent en miettes ou en poussière, dont toutes les parois des galeries sont couvertes; ceci arrive surtout dans les mines de plomb. Mais, soit que l'on adopte la méthode en montant oo la méthode en descendant, suivant le» circonstances locales, qui sont toujours déterminantes, l'on aura l'avantage d'attaquer des massifs dégagés sur deux faces au moins, et il en résultera une grande facilité dans le travail , quel que soit le moyen dont on fasse usage, de la poudre, de la pointe, des pics ou des leviers.

Il n'est pas rare de pouvoir vider en entier et sans danger un filon qui n'a que a mètres de puissance; mais si la roche était ébouleuse, ou que le filon fût beaucoup plus large , on s'opposerait à la poussée et aux éboulemens, en laissant intactes les parties les plus maigres ou les plus pauvres, en faîtent des remblais murailles sur les points les moins solides, ou bien encore, ainsi qu'on est forcé de le faire dans les gradins descendans, en établissant des kastes ou échafauds destinés à recevoir les déblais provenant de Fexploitation. Les houillères de Dudlej en Angleterre, sont exploitées par gradins (Dnfrenoj). Et l'on voit en effet que cette manière d'attaquer la roche ou le minerai, est applicable au travail en travers , que nous avons décrit ci-dessus, et qu'il est avantageux de l'adapter pour toute espèce d^abattage , puis-

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^e l'on agit sur des masses qui sont toujours à découvert sur plus d'une face et quelquefois sur quatre.

Du triage du minerai dans t intérieur des mines.

Nous avons déjà dit plusieurs fois qu'il était fort avantageux, quand on exploitait un fijon, de le dépouiller sur une de ses faces pendant une certaine longueur, de nettoyer le sol de la stross ou de la galerie le mieux possible, et d'opérer ensuite l'abattage du filon ainsi dépouillé, soit avec des coins, soit avec de très-petits pétards. Pour compléter cette bonne mesure, je conseille de faire exé-« enter au moment même de sa chute un premier triage du minerai, de manière à ce que le plus pur, le phss gras y soit porté séparément au jour jusque dans les magasins, daiis des paniers, des conques ou des sacs de cuir.

Cest au moment où le minerai se détache qu'on peut le mieux juger de sa richesse et de sa pureté, et comme les parties les plus rich«s sont en général les plus fragiles, je puis affirmer par expérience que le déchet qui résulte de la manière dont on le transporte ordinairement, arrive à plus du cinquième. En effet, si l'on n'a pas des trieurs attachés à chaque taille ou à chaque galerie , dès que le mineur a fait partir le pétard, son premier soin est de chercher à détacher avec son pic, sa masse ou sa pointe, tout ce que la poudre

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a ébranlé, et ne prenant aucun soin du minerai qui est déjà tombé, il marche dessus et commence à le salir. Si les blocs sont trop lourds pour être chargés dans les brouettes ou dans les chiens , le mineur, empressé de débarrasser sa place, frappe au hazard avec la grosse masse, et comme ce sont les oarties les plus riches qui cèdent les premières, il tombe beaucoup de minerai dans la boue. Après avoir chaîné les gros morceaux et les avoir portés au puits, on ramasse le menu à la pelle , pour le porter à la même place : arrivé là, on charge tout dans la tine, en brisant encore les morceaux les plus gros et les plus lourds, et comme il y a ordinairement une certaine distance entre l'orifice <\n puits et les boccards ou ateliers de lavage ou de débourbage, on recharge encore une troisième fois ce minerai tout sali , soit dans des tombereaux, soit dans des brouettes. Que l'on juge d'après tous ces transports, d'après tous ces chargemens ou déchargemens, ce que sont devenues les parties les plus riches du filon; elles se sont couvertes de boue, elles se sont brisées, réduites en miettes ou en poudre, et, je le répète, il j en a plus d'un cinquième de perdu ou de réduit en schlich, qu'il faut laver, et qui supporte encore un déchet notable. On obvie k tous ces inconvéniens, en faisant faire un triage sur place, et en faisant porter au jour tout ce qui en provient, et qui, pour Tordi*

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