TRIAGE DU MINERAI
naire, peut être livré presque immédiatement à la fonderie. Quelques enfans, payés au quintal ou à la mesure, et dont la journée est proportionnée à la quantité de mine grasse quils ont ainsi sauvée du gaspillage, suffisent pour faire entrer chaque jour en magasin une certaine quantité de minerai qui n'a aucune préparation mécanique à supporter avant de passer à la fonderie.
11 y a des mines où l'on peut sortir ce minerai choisi dans des brouettes particulièrement destinées à cet usage, ou dans de petites hottes. Mais si l'on est forcé de le faire passer dans les tines, rien n'est plus aisé que de le renfermer dans une plus petite tine toujours propre, et que l'on &it entrer dans la grande au moyen de deux poignées. On sera bien payé de tous ces soins, qui semblent minutieux au premier abord, mais qui en définitive sont très-productifs.
A la mine de Beschert- Gluck, en Saxe^ quoique Ton dépouille le filon, la richesse et la variété des minerais font qu'on a cru convenable de faire une première séparation dans la mine. A cet effet, quand le mineur a fait sauter la masse du filon, le maître mineur se rend dans l'endroit, il visite les débris, se fait aider par un ou deux garçons qui sont au fait de ce genre de travail, fait quatre tas ou classes de minerai, qui portent les noms de bon^ médiocre, de pierres à boccarder et de pierres de roches ou stériles.
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Lorsqu'on exploite un endroit où le filon con* tient de grandes masses d'argent , le triage se fait en présence d'un des cliefis de la mine; le maître mineur se saisit des minerais ^ les accompagne au jour, les enferme dans une armoire particulière et en répond ; c'est ce qu'on nomme le très-bon ^ On fait aussi un premier triage dans l'intérieur des mines du Cornouailles et dû Devonshiré.
La méthode des glissoirs, dans lesquels on verse le minerai pour le faire passer du haut d'une montagne au fond d'une vallée, n'estréellement bpnne que pour les minerais durs et de bas prix, comme les minerais de fer, par exemple; mais*elle est désastreuse pour tous les autres.
Je m'arrête ici^ car toutes les préparations subséquentes que l'on fait subir aux minerais, soit au patouillet, au boccard, aux cylindres» dans les ateliers de criblage ou de lavage, sont étrangei*s à l'exploitation, et se rattachent plus naturellement aux opérations métallurgiques, qui n'entrent point dans le plan de cet ouvrage, dont les limites commencent à la recherche et se terminent à l'extraction et à la sortie des minerais. L'espèce de lavage que l'on fait subir dans l'intérieur de la mine du Bleyberg, pour isoler les
1 D^Aabuisson , Préparation des mineraii en Saxe » Joamal des mines y n.** 67.
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knotes ou noyaux de plomb, n'est réellement qu'un triage.
De r exploitation des minerais par la\^age.
Les sables ou les terres qui contiennent des grains d'or, de platine ou d'étain, s'exploitent au moyen de l'eau que l'on fait courir ayec art dans des fosses disposées à cet effet
Ces exploitations, qui portent le nom de lavages , sont très - répandues au Brésil , au Chili , au Mexique , au Pérou et à Buenos- Ayres, pour l'or et le platine, et en Cornouailles pour le minerai d'étain.
Le terrain qui contient la plus grande quantité d'or en Amérique, est une espèce d'a^lomérat peu solide , composé d'un gravier assez grossier, qui porte le nom portugais de casalho ou cascalho , et qui se trouve immédiatement au-dessous de la terre végétale.
« Quand on peut se procurer un courant d'eau suffisamment élevé , dit M. Mawe dans son Voyage au Brésil , on taille dans le casalho des gradins, qui ont chacun vingt à trente pieds de long sur deux à trois de large, et un seulement de hauteur. On creuse à la base une fosse de deux ou trois pieds de profondeur ; sur chacun de ces gradins on place six à huit nègres qui, à mesure que l'eau descend doucement, remuent sans relâche la terre arec la pelle jusqu'à ce qu'elle soit toute cou-
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Tertie en boue liquide et entraînée plus bas. Cest dans la tranchée inférieure que les paillettes d'or s'arrêtent, en se précipitant au fond par le seul fait de leur grande pesanteur spécifique.
«Après cinq jours de lavage on enlève le sédiment du fond de la tranchée ; il est presque noir et se trouve composé d'oxide de fer, de pyrites, de quarz ferrugineux et de paillettes d'or. On transporte ce sédiment auprès d'un autre courant d'eau, pour lui faire subir un nouveau lavage.
K On se sert pour celui-ci de sébiles ou gamelles en forme d'entonnoir, larges de deux pieds par le haut et de cinq à six pouces de profondeur. Chaque laveur, se tenant debout dans le ruisseau, prend environ cinq à six livres du sédiment aurifère dans sa sébile , y fait entrer une certaine quantité d'eau, l'agite avec ^adresse , de manière à ce que toutes les paillettes d'or tombent au fond et sur les parois de la sébile, en se séparant des autres substances légères que l'eau entraine avec elle.
(( On vide ensuite les gamelles dans une autre plus grande , qui est remplie d'eau , et où l'or se dépose tantôt sous la forme de pailjiettes excessivement petites , et tantôt sous celle de petits grains de la grosseur d'un pois et au-delà. '*
Telle est la méthode usitée dans les lavages de Jaragua^ de Contagallo, de Minas -Ge-
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raes au Brésil, et probablement dans ceux du Chili, du Mexique, de Buenos- Ayres et du Pérou; et tels sont à peu près, quoique plus en petit, les moyens que les orpailleurs mettent en usage pour le lavage des sables aurifères de quelques-unes de nos rivières d'Europe, comme le Rhin , le Gard, le Rhône, etc. Le platine se trouve disséminé dans un terrain qui renferme en même temps des paillettes et des grains d'or, et il y est si intimement associé , qu'on ne peut ramasser l'un sans Vautre. Les lavages qui donnent plus particulièrement ce double et précieux produit, sont ceux de la grande plaine de Choco , qui fait partie de la Nouvelle- Grenade, à quelques degrés au nord de l'équateur, et qui n'a rien moins que six cents lieues carrées d'étendue.
On cite particulièrement Condoto , Viroyiro, Santa-Lucia et le village de Loro , dans le terrain duquel on a trouvé tout à la fois de For, du platine et des troncs d'arbres pétrifiés au milieu du Oisalho,. Mais au reste tout le platine qui se trouve répandu dans le commerce ne provient pas seulement de cette partie de l'Amérique du Nord, il s'en trouve aussi dans quelques lavages du Brésil et même à Saint-Domingue, mais on remarque que celui de Choco est en grains plus gros et plus compactes. Ne pouvant séparer le platine d'avee les paillettes d'or par le lavage ou tout autre moyen mécanique ^ ou a recours à l'a-
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malgamation du mercure, qui dissout Tor et laisse le platine.
Il est assez remarquable que les trois corps les plus précieux de la nature se trouvent dans les mêmes terrains et se recueillent à peu près de même ; car les diamans se trouvent dans le même casalho qui contient l'or et le platine, et c'est encore par le lavage qu'on parvient à les découvrir et à les rassembler.
La mine d'étain de Carclqse en Gomouailles nous offre l'exemple d'une exploitation où l'eau est employée directement à l'abattage du minerai, et bien que ce fait soit unique, il n'en mérite pas moins d'être cité , puisqu'il peut arriver que la même circonstance se présente ailleurs.
Cette mine , située sur le flanc et presque au sommet d'une colline granitique , au milieu d'une bruyère inculte, présente une ex* cavation à ciel ouvert, de trois cents mètres de long sur cent vingt de large et quarante de profondeur^; ses parois ont pris, par suite des travaux d'exploitation et de l'action des agens atmosphériques ; des formes hardies et bizarres, qui rappellent certaines ruines gothiques.
Les eaux pluviales contribuent pour beau* coup à l'exploitation, eu coulant sur les pa-
1 Dafrenoj et de Beanmont, Voyage méuU. en An^eterre ^ pag. loa et aaiT.
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roia, enlevant la Surface du gi'anit tendre^ déchaussant les petits filons d'étain qui le traversent en tous sens en les faisant tomber^ et^nfin, en les entraînant et les réunissant même vers le bas des travaux* Le travail des ouvriers se réduit alors à rassembler ces frag-* mens de minerai, et encore arrive -t- il sou-« vent qu'ils s'aident de petits courans d'èau pour accélérer cette récolte , en les amenant à travers la bruyère et les faisant répandre a dessin sur la surface du granit » qu'ils attaquent avec leur pic. Or, tous ceux qui ont travaillé dana cette roche, savent qu'elle est beaucoup plus facile à entamer quand elle est mouillée que quand elle est desséchée, et sous ce point de vue l'eau devient encore un puissant auxi-^ liaire pour ces mineurs industrieux.
Les dépôts d'alluvion stanifères du Cor' nouailles et du Devonshire, ajoutent encore MM. Dufrenoj et de Beaumont^ sont cona^ tamment exploités à ciel ouveJrt et au moyen de courans d'eau, à l'aide desquels on sépare le minerai du sable dans lequel il est dissé^ miné.
La disposition du lavoir varie suivant que le dépôt est plus ou moins épais et plus ou moins riche.
On commence pai^ enlever lés bancs d'ar-< pie , de tourbe et de sable qui recouvrent le dépôt de sable stanifère , par un travail de terrassement conduit par banquettes et gra** dins demi-circulaires. Les déblais sont tranS'
portés avec des brouettes dans les parties déjà excayées^ le diamètre du demi -cercle qui forme le gradin inférieur est égal à la largeur du banc stanifère , terminé de tous côtés par les collines qui entourent la vallée.
Les eaux qui filtrent de toute la masse da terrain sont reçues de deux en deux ou' de trois: en trois gradins, dans des rigoles horiaontaleS} qui les empêchent de couler librement et de dégrader TouTrage. Elles sont conduites par des rigoles inclinées, garnies de planches et de gaiison, jusqu'au gradin inférieur, dans lequel se trouve une caisse lomgae où on les fait tomber en nappes, et dans laquelle se fait le débourbage, le lavage et le criblage de tout le sable staniftàre ainsi ras^ semblé : cette caisse est suivie de bassins de dépôt, desquels Teau est conduite dans des puisards, où des pompes l'enlèveàl et la jettent hors de rexploitation.
Tels sont à peu près les services directs que Teau rend à Texploitation » en y comprenant, bien entendu, la manière dont elle attaque les terres salées que nous allons décrire dans le paragraphe suivant.
A l'égard des minerais de fer qile l'on pécha au fond de certains marais du ^ord , leur exploitation singulière n'a aucun rapport avec celles qui nous occupent pour l'instant, et tient tout-à^fait aux circonstan^îes locales»