DU SEL ET DES EAUX SALÉES. ' X^S
Exploitation des mines de sel gemme, des terres et des eaux salées.
Exploitation des mines de sel gemme.
Les mines de sel gemme s'exploitent tantôt à ciel ouvert » et tantôt comme les carrières souterraines. Dans le premier cas , elles n'of» frent absolument rien qui leur soit partietilier, et dans le second» elles ne nous présent tent que de yastes excavations, dont les voûtes et les étages sont soutenus par de nombreux piliers.
La. montagne de Cardonne, en Catalogne, située à seize lieues de Barcelonne, et que Ton compare pour la hauteur et la masse a celle de Montmartre, près Paris, est presque entièrement composée de sel gemme, disposé en couches verticales d'une épaisseur variable, -que l'on exploite k ciel ouvert, et par gradins, comme une carrière de pierre à chaux, et que Ton abat à l'aide de la poudre et des coins.
Cette montagne de sel, exposée à l'action des eaux pluTiales, ne diminue, suivant AL Cordier, que de 4 pieds 8 pouces 5 lignes de hauteur en cent ans, diminution presque imperceptible, et qui a fait croire aux habir tans du pays que leur montagne de sel rési^ •tait à la pluie.
Il existe en Asie plusieurs exploitations de sel gemme à ciel ouvert, et cette substance ^ en raison de la sécheresse du climat, est employée comme pierre à bâtir. Plusieurs parties de l'Afrique offrent aussi des masses de sel gemme exploitées à ciel ouyert et dont les produits sont exportés fort loin.
L'on a cité et l'on citera long--temps encore les célèbres mines de sel gemme de Wielitska ou "VVieliczka et de Bocbnia , en Pologne. A Wielitska, les travaux sont distribués sur trois étages, qui correspondent chacnn à une coacbe ou amas de sel. Le premier atelier se trouve à 300 pieds au-dessous de la surface, et le plus profond à 740 (240°"); quelque^ ■voyageurs ont porté cette profondeur jus* qu'à 1000 pieds.
C'est ce dernier amas qui fournit le sel le plus pur, le plus blanc et le seul, dit-on, qui soit exploité présentement. Les travaux s'é^ tendent à peu près à une demi-lieue en longueur, sur environ un quart de lieue de largeur. Ils consistent en galeries et en chambres d'une hauteur prodigieuse, entièrement taillées dans le sel , et soutenues par des piliers réservés dans la masse. On cite de ces excavations qui ont 5o mètres et plus de liauteur.
L'abattage du sel a lieu au moyen de la poudre, des coins et des leviers. On l'exploite en gradins montans, et il résulte de ce mode d'extraction des vides coniques qui commu-
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niquent les uns avec les autres par des galeries transversales.
Les blocs les plus purs sont taillés sur place en cylindres de 3 pieds de haut sur 2 pieds à 3 pieds 6 pouces de diamètre, que Ton nomme balwanes, et qui s'exportent au loin, tandis que les débris sont vendus et employés dans le pays même.
Douze puits sont destinés au service de ces grandes excavations, soit pour Textraction du sel, soit pour Feutrée et la sortie des ou* vriers, qui sont au nombre de douze à qua« torze cents.
Quelques galeries voisines de la surface sont uniquement destinées à rassembler les eaux pluviales qui filtrent à travers la terre végé« taie, et à les conduire au dehors. Quarante chevaux sont attachés au service intérieur; ils y vivent ordinairement six ou sept ans, sans j éprouver d'autre incommodité que celle dy perdre totalement la vue.
L'air, qui circule librement dans ces grandes exploitations, est pur et sec. Les mineurs y jouissent d'une santé parfaite, et les boisa* ges s'y conservent fort long-temps, sans que l'on soit obligé de les changer; observation qui s'applique au reste à toutes les mines de sel et même aux travaux des marais salans. Ces mines célèbres, qui fournissent un sel blanc et transparent comme de la glace, mais dont on a beaucoup exagéré les merveilles, iont ouvertes, suivant Patrin, depuis laSi. II
igS ' EXPLOITATION
n'est point vrai qiie l'on y ait construit un village habité par des mineurs, leurs femmes et leurs enfans; il est faux que ces hommes et ces femmes aient renoncé au bonheur de voir le jour: mais le fait est, qu'on trouve au premier étage en descendant une chapelle sculptée dans le sel, dédiée à S. Antoine; que cette chapelle a 3o pieds sur 2^ et 18 de hauteur; que l'autel, ses degrés, ses candélabres, ses colonnes torses qui le soutiennent, la chaire» le crucifix, les statues de la Vierge, de S. Antoine et de Sigismond, roi de Pologne, sont sculptés dans le sel; qu'il y existe encore deux autres chapelles, dans lesquelles on dit la messe au bruit des trompettes et des timbales, à certains jours de Tannée, en mémoire de quelque phénomène arrivé anciennement dans ces salines. Enfin, il est vrai qu'on a pratiqué des écuries pour les chevaux et des loges, dans lesquelles on renferme les outils des ouvriers, qui sortent de la mine tous les jours, et où ils ne restaient que quatre heures, à l'époque où Macquart les visita. Il est encore vrai que ces souterrains renferment plusieurs petits lacs, sur lesquels on se promène en nacelle, et que l'aspect de ces mines, le brillant éclat des parois, la hauteur des voûtes et la hardiesse des piliers qui les soutiennent, sont bien faits pour étonner et pour frapper l'imagination des voyageurs les plus calmes et les plus véridiques.
Les mines de fiochnia, qui sont voisines de