GRISOU. 58S
avec un petit bruissement et un léger pétillement, non-seulement quand ce combustible est en coucbe , mais encore quand il est déta-^ cbé et que la tombée est faite. Il sort quelquçr fois de certaines places avec une telle abon* ^nce , que Ton peut adapter des tuyaux sur ces souffleurs, et le conduire debors avec des boyaux de cuir , d'où il jaillit en produisant un jet que Ton peut allumer. Il se rencontre aussi dans quelques salines, mais c'est plus particulièrement des bouilles très-grasses et très-friables qu'il transsude ayec le plus d'abondance, c'est pour cette raison que ces excellentes bouilles valent beaucoup moins que d'autres pour la fabrication du gaz dans les tbermolampes , et cela parce que l'bydrogène s'écbappe et que ces bouilles en donnent tort peu à la distUlation.
On a remarqué que l'bydrogène augmente d'intensité, lorsqu'on approche d'une faille , d'un brouillage , d'un renflement , et en gé* néral de toutes les places où. la bouille et le scbiste qui lui sert de toit , sont friables et fendillés. Alors il devient sensible à l'œil: il se présente sous la forme d'une légère va* peur blanchâtre qui se tient au plafond des galeries, comme étant plus léger que l'air atmosphérique ; d'autres fois il forme des espèces de bulles ou de ballons enveloppés d'une légère pellicule , que l'on peut compas rer à une toile d'araignée, qui fait la même impression sur le toucher , et que les mineurs
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s'empressent d'écraser entre leurs mains , avant qu'ils ne passent au-dessus des lumières, où ils feraient explosion. Enfin, toutes les fob que ce gaz s'accumule dans une partie des travaux où l'air est stagnant, et qu'il parvient' à former plus du treizième de la masse, il devient susceptible de s'allumer à l'approche de la flamme des lampes et .de produire des explosions qui brûlent les ouvriers, qui bouleversent les travaux, et qui, après avoir causé tous ces désastres, transforment subitement l'air des galeries en gaz délétères , qui frappent de mort quelques instans plus tard les malheureux ouvriers que le feu et la commotion avaient épargnés. .Soixante-huit mineurs, qui avaient échappé à la commotion et à l'inflammation du grisou qui eut lieu le lO Janvier 1812, dans la houillère du Horlot près Liège , furent asphyxiés par le gaz résultant de la combustion , qui s'était répandu dans les travaux.
On ne peut s'opposer à la production de ces trois gaz , puisqu'on ignore la cause de leur formation. On sait bien qu'un grand nombre d'ho'mmes rassemblés dans un petit espace et renfermés avec des. lumières, suffisent pour gâter l'air et le rendre impropre à la vie; mais cette cause n'est qu'accidentelle dans les mines , et s'il n'en existait pas d'autres, il serait aisé d'y remédier. Malheureusement il n'en est pais ainsi; car ces gaz sortent du sein de la terre , s'accumulent et se re-
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noUTellent si rapidement que , si Ton n'a pas un moyen puissant pour les entraîner au dehors ou les noyer dans une grande masse d'air atmosphérique , le danger se représente quelques heures après qu'on est parvenu à l'éloigner.
Cheminées y conduits et cloisons (Paérage^ ventilateurs et fourneaux d^appeL
Tous les moyens d'aérer les mines ou de les débarrasser des gaz qui sont impropres à entretenir la lumière, se réduisent donc jusqu'à présent à introduire de l'air extérieur dans \es travaux par une ouverture quelconque , et à le forcer à en sortir par une autre^ de manière à noyer le carbone, l'azote et l'hydrogène dans un courant de bon air infiniment plus puissant qu'eux.
Ainsi, tout l'art d'aérer les mines consiste à faire en sorte de favoriser cette espèce de circulation , de la produire par un moyen quelconque , si elle ne peut pas s'effectuer naturellement, et de mettre à profit toutes les circonstances qui peuvent la faciliter : toutes choses qui ont l'air fort simples et fort aisée$ à exécuter, et qui offrent cependant de grandes difficultés dans la pratique, surtout par rapport au feu grisou , dont les effets sont déplorables.
La différence de pesanteur spécifique entra Tair chaud et l'air froid , qui fait que 1«
premier tend à s'élever et que l'autre se tient toujours au-dessous , comme le plus lourd, est un des grands moyens d'aérage ; aussi il suffit quelquefois d'élever artificiellement la température d'un des puits de la mine , ou simplement celle d'un de leurs compartimens , pour qu'il s'établisse un courant d'air qui se précipite par une des entrées et qui sort par une autre. Quand cette circulation est naturelle , on remarque que sa marche est inverse, en été et en hiver (pi. XXVIII, fig- 1): en été , l'air extérieur entre par le puits CB, et se rafraîchit, tombe dans la galerie AB, et s'écoule de la même manière qu'un liquide; en hiver, l'air extérieur entre par la galerie AB, s'y réchauffe, et s'échappe par le puits BC. Dans une galerie qyii n'a qu'une issue, ce courant s'établit aussi: en été, l'air extérieur, qui est plus chaud, entre par en haut et s'écoule par le bas , après s'être rafraîchi dans la galerie ; en hiter, l'air entre par le sol et s'échappe par le haut (pi. XXYIII, fig. 2).
• Les diSerens gaz qui sont susceptibles de se former dans l'intérieur des mines, tendent à s'échapper par la partie supérieure d'une galerie inclinée , ou à s'écouler dans le fond à la manière d'uu liquide : la figure 3 présente le tableau de cette double marche, qui est fondée sur la pesanteur spécifique de ces différens fluides. (Communea\i , mémoire inédit sur le mouvement de Tair dans les minas.)