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FOURNEAUX ET VENTILATEURS

Quand une mine présente déjà plusieurs puits ou galeries débouchant à la surface de la terre , on parvient aisément à établir la circulation de Tair tout à travers les travaux, en le forçant à parcourir toutes les excava*lions au moyen de portes battantes , qui l'em* pèchent de suivre le plus court chemin , et cet effet est d'autant plus facile à obtenir, que les entrées de ces puits et de ces galeries débouchent à des niveaux différens. Mais on doit bien penser que le mauvais air se déclare et manifeste sa présence avant que les travaux ne soient arrivés au point où il de* vient aisé de les faire communiquer. Il arrive presque toujours que l'on rencontre le mauvais air avant de pouvoir lui donner une issue naturelle, et c'est alors que l'on est forcé de recourir aux cloisons ^ aux conduits, aux ven^ tilateurSj fLUx/bumeaua: d* appel, etc.

Les cloisons d^aérages éparent^ comme nous Tavons déjà dit en parlant du boisage des puits, la case des échelles d'avec celle des tines : elles se composent de planches bien assemblées à languettes , calfatées avec la mousse , et on les fait ordinairement dépas* aer de deux mètres le niveau de la bouche du puits , afin que le vent ne puisse pas s'opposer au jeu de la circulation de l'air , qui s'établit tout naturellement entre la grande et la petite case , et qui suffit très-souvent pour maintenir le bon air jusqu'à une trèsgrande profondeur. Le courant est quelque^

fois si vif dans le puits d'échelle , que Ton a' peine à j conserrer de la lumière et que l'on est obligé de fermer la trappe d'entrée. Plus il y a de différence entre la température extérieure et celle du fond d'un puits, et plus eette circulation est active; aussi la fumée des lampes et de la poudre n incom* mode pas les mineurs: on remarque seulement que la direction du vent , la température et d'autres circonstances accidentelles changent le sens du courant d'air; car {an tôt c'est par le puits d'échelle que le bon air se précipite dans la mine, et tantôt, au contraire, c'est par cette même issue que s'échappent les fumées. Il y a des mines où. l'on a pratiqué des cloisons d'aérage qui servent de plancher aux rouleurs, et l'on fait communia quer ces conduits horizontaux avec la cheminée ou le puits d'aérage. Mon ami. M* Communeau, m'a communiqué un travail du plus grand intérêt sur le mouvement de l'air dans les mines et sur les moyens de les aérer : je regrette que son étendue ne me permette pas de l'insérer ici tout entier, et comme il est bien certainement destiné à Bgurer ui^ jour dans les Annales de physique et de chimie , je me ferais scrupule de le dénaturer, en n'en donnant qu'un simple extrait

Les conduits ou tuyaux dair se font avec des planches ou avec des arbres forés : on donne aux tuyaux carrés 6 à 8 pouces de côté en dedans, et 4 à 6 seulement de diamètre aux

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tuyaui ronds : on les assemble comme le corps de pompe, et on les çlève à quelques mètres au-dessus de la bouche des puits , en les terminant par une espèce de girouette qui présente toujours leur ouverture au vent. D'autres fois on les fait communiquer avec des ventilateurs , avec de gros soufflets et même avec de petites machines soufflantes, que Ton fait marcher de temps à autre, ou continuellement si l'aérage l'exige. Tel est le ventilateur duHartz, qu'un enfant fait marcher au moyen d'un levier. Par ce moyen , on chasse de bon air dans les travaux ; mais pour peu qu'ils soient étendus, il devient bientôt insuffisant, surtout si les porte -vents sont étroits et d'une certaine longueur ; car le frottement de l'air dans l'intérieur de ces tuyaux suffit pour en paralyser en partie les effets. J'ai cependant employé plusieurs fois différentes espèces de Tentilateurs avec assez de succès, mais toujours pour aérer de petits espaces. Ils sont encore en usage dans les mines de Rive -de- Gier et ailleurs.

Les cheminées d'aérage sont des percemens plus ou moins verticaux, étroits, qui se font ordinairement de bas en haut, et qui ont pour but d'aérer des travaux inférieurs, en les faisant communiquer avec des ouvrages supérieurs ou même avec le jour. Comme 'ces couloirs n'ont ordinairement que 3 ou 4 pieds de diamètre ou de côté, on n'est pas toujours forcé de boiser ; mais quand la rochci

est ébouleuse, on la soutient par des tampa^ ges et des cadrer pareils à ceux des puits, mais plus petits et plus minces. L'on donne aussi ce méiae nom aux tuyaux que l'on élève au-dessus des puits pour en prolonger Touyerture et activer la circulation de Tair,

Ltes Jburneaujc d'appel (pi. XXIX, fig. i) sont des appareils que Ton place à l'extrémité supérieure des tuyaux d'aérage dont nous venons de parler : ils se composent d'un cendrier, d'une grille , d'une chauffe ou foyer, et d'une cheminée plus ou moins haute. Le tuyau d'aérage, dont l'extrémité inférieure plonge jusqu'au fond du puit$ ou jusqu'au bout de la galerie , vient déhoucher sous la grille qui porte le combustible, et se termine par un bout en fer, afin qu'il ne s'enflamme pas : on bouche hermétiquement le cendrier et la chauffe avec des portes lutées de terre grasse mêlée de crotin de cheval , de manière à ce que l'air qui est indispensable à la combustion ne puisse être fourni que par le tuyau, qui va l'aspirer au fond de la mine, et comme il est aussitôt remplacé par de bon air, qui se précipite dans les travaux pour aller rétablir l'équilibre , il se forme un courant qui permet aux ouvriers de travailler sans être exposés ni même incom* modes.

Ces fours, qui ont les plus grands rapports avec l'appareil pyropneumatique inventé par MM. Cadet De vaux, Laborie etParmen-

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tiei% peuvent s'adapter aux puits abandonnés, et dans lesquels on ne saurait pénétrer a cause du mauvais air. Mais dans ce cas il faut se servir de plusieurs tuyaux de cuir ou de toile imperméable , que Ton descend dans le puits, et qui viennent se réunir en un ^eul qui débouche sous la grille ; quelques heures de feu suffiront souvent pour produire Tefiet désiré.

On remarquera que l'effet des fours d'appel est bien plus efficace que celui des ventilateurs, puisqu'ils agissent directement sur le mauvais air, qu'ils enlèvenjt, et que les ventilateurs ne font autre chose que d'introduire un excès de bon air, sans forcer lesgaa^, plus lourds, à évacuer la place qu'ils infectent Suivant M. Communeau , la combustion d'un kilogramme de houille dans un four d'appel force i34 l^-ild'air à sortir delà mine, et i34l^ii d'air pur à s'y précipiter: or, les meilleures machines soufflantes ou aspirantes sont loin de pro^ duire un semblable déplacement M. de Cres* sac , ingénieur en chef des mines , m'a cependant assuré qu'il était parvenu à forcer le mauvais air et la fumée à sortir d'un puits, en faisant tourner le ventilateur dans le sens contraire, et il parait qu'on emploie le inéme moyen dans la mine de sanguine de Katzenellenbogen dans la principauté de Nassau, où l'on se débarrasse du mauvais air par une ventouse aspirante.

Les fours d'appel sont peu dispendieux à

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établir ; mais pour en tirer tout le parti possible , on doit tâcher de les doubler d'une chemise de brique , afin que l'air ne puisse pas pénétrer dans la chauffe par tes crevasses des murs , qu'il faut bâtir avec du mortier de terre grasse et crépir extérieurement à chaux^et à sable.

On augmente leur énergie, en exhaussant la cheminée de quelques pieds et même de quelques mètres, ce qui suffit pour produire un tirage beaucoup plus fort et activer la combustion quand on vient à s'apercevoir que le bois se convertit en charbon , la houille en coak , ou que l'on éprouve des difficultés à établir le courant

Voici les dimensions des fours d'aérage que j'ai fait établir à l'orifice de plusieurs mines, et dont j'ai obtenu de bons effets.

Cendrier rond de lo pouces de diamètre (0,27) et de 2 pieds (0,66) de haut jusqu'à la grille. Chauffe ronde du même diamètre que le cendrier, surmontée d'une petite voûte et d*une cheminée : hauteur de la chauffe depuis la grille jusqu'à la naissance de la cheminée, 18 pouces (o,5o); diamètre de la cheminée, un pied à la base et 8 pouces au sommet.

Hauteur totale du four depuis le sol jus-» qu'à l'issue des fumées, 7 pieds (3°", 35).

Épaisseur des murs, 2 pieds, y compris la chemise de brique (o,66)»

Porte de U chauffe, 9 à 10 pouces carrést

FOURNEAUX ET YENTILATEURS. SqS

Porte du cendrier, 18 pouces de haut sur un pied de large environ (o^So sur o,33).

Lorsque l'on brùle du bois bien sec ou de bonne houille, dont la cendre tombe à travers les barreaux de la grille, on peut ohar-^ ger le four par le haut de la cheminée au moyen d'un bout d'échelle et d'un petit échafaud, et cela évite d'ouvrir la porte et de recommencer à luter à chaque instant

Ces fours, qui sont quelquefois remplacés par des grilles à feu, que l'on suspend dans un puits d'aérage, aûn d'en échauffer Pair et de le forcer à circuler, présentent quelque danger, lorsqu'il s'agit d'absorber du grisou et que l'on a l'imprudence de placer ces foyers dans l'intérieur même des travaux; car il peut arriver qu'au moment où il passe sur la grille, il soit encore en assez forte proportion pour faire explosion et causer de grands accidens. M. Chevremont a paré à cet inconvénient, en plaçant en avant du foyer un châssis garni de toile métallique de la même finesse que celle des lanternes de Davy, ce qui s'oppose à la propagation de l'inflammation du gaz dans l'intérieur des travaux. Malgré cela, on doit s'empresser d'établir un aérage naturel par une bonne disposition des travaux et par l'ouverture de deux puits au moins, que l'on fait creuser à la fois, afin d'arriver plus promptement au but que l'on veut atteindre, et c'est là réellement ce que l'on peut appeler aérage i puisqu'il pro-

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duit aon effet sans le secours d'aucune machine et que tous les autres moyens mécaniques ne sont que des palliatifs» dont les bons effets cessent tout aussitôt qu'on en suspend le jeu. . .

L'art d'aérer les mines et les houillères en particulier, consiste en premier lieu à diriger lies travaux avec la plus grande régularité possible,, à éviter les galeries tortueuses, et enfin à forcer le courant d'air atmosphérique qui se précipite par l'un des puits, à passer sur toute la surface de la taille qui est en exploitation , et où se trouvent réunis tout a la fois le plus grand nombre d'ouvriers, le plus grand nombre de lumières et la plus forte émission d'hydrogène. On y parvient en menant Vaérage vif et serré, c'est-à-dire en s*opposant à ce que le bon air que l'on introduit avec abondance ne vienne à se perdre et à s'éparpiller dans des fissures, que l'on a soin de boucher par V es tapage ou remblai soigné, qui se pratique avec intelligence dans les mines de Mons, du pays de Liège, du Hainaut, etc., et en obligeant l'air mêlé de grisou à sortir des travaux par le plus court chemin possible, en suivant une route par où les ouvriers ne sont plus forcés de passer. ^ M. James Ryan, ingénieur de mines anglais, a imaginé un nouveau mode d'aérer les mines de houille qui sont sujettes au grisou;

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1 Baillet, ijk>urnal des mines» n.* 18.

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car» ce jgaz offrant beaucoup plus de danger que les autres , c'est au moyen de s'en garantir que l'on s'est principalement attaché. Des hommes brûlés et étouffés par l'inflammation ou fracassée par l'explosion de ce fléau des mines, et ces catastrophes devenues si fréquentes, c'en était trop pour ne pas attirer les méditations et la sollicitude de ceux qui font le bien sans bruit et sans ostentation, et gui trouvent leur bonheur à faire celui des autres. « Obligé par ma profession , dit « M. Ryan, d'être fréquemment témoin de ces a scènes de douleur , l'humanité me fit cherce cher de bonhe heure à mettre à profit Tex- « périence que la pratique m'avait donnée, et « les meilleurs moyens de prévenir des acci- « dens si terribles dans leurs effets. Ce que je « propose est le résultat de treize années de ce méditations et de neuf essais rigoureux ^^ Ici M. Ryan entre dans des détails Irès^multiplies avant de décrire son procédé, qui consiste a établir une galerie circulaire, snpé^ rieure à tous les travaux d'une mine quelconque, et à les faire communiquer avec cette espèce de chapiteau gigantesque à l'aide de cheminées ou de trous de sonde. Ce grand récipient communique lui-même avec deuxpuits qui débouchent au jour. On voit que cette méthode d aérage est fondée sur ce que le gaM hydrogène carboné tend toujours, en raison de

I Extrait âa B^pertory cfart$, iSiS.

sa légèreté, à occuper la partie supérieure des travaux, et comme il u'est pas toujours aisé de déterminer rigoureusement dans une galerie quelle est la zone d'air dans laquelle on peut impunément porter la lumière, M. Ryan a obvié à ce grand inconvénient en préparant d'avance des issues à ce grisou et un lieu d'entrepôt, d'où il est aspiré par les puits d'aérage : de cette manière les travaux en activité sont puisés du mauvais air et ne pré* sentent aucun danger.

Malgré toutes ces précautions et tous ces moyens d'établir des courans d'air qui entrât* nent ou qui neutralisent le gaz inflammable ou le grisou des mineurs , il n'en est pas moins constant que dans une foule de circonstances il devient tout- à -fait impossible d'éviter sa présence, et avant que sir Humphrj Davy eût inventé sa lampe de sûreté, on était réduit à porter le feu une ou deux fois par jour dans les lieux où le grisou s'accumulait, et cette opération périlleuse exigeait qu'un bomme masqué et couvert de cuir, nommé pénitent en France etjireman en Angleterre , pénétrât, en se glissant à plat ventre jusqu'au milieu du danger, et déterminât de terribles explo* sions au moyen d'une lumière fixée à l'extré* mité de plusieurs baguettes attachées les unes au bout des autres. Pendant fort long-temps on n'avait pas même imaginé le moyen d'allumer le grisou avec une détente et une amorce , en sorte que , si , par une cause quel*

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conque, on était obligé d'abandonner les tra- Taux pendant quelque temps, le gaz s'y accumulaitavec tant d'abondance qu'il n'était plus possible d'j porter le feu sans exposer les bommes et les travaux aux plus grands dangers : c'est cependant encore là le seul moyen préservatif employé dans quelques exploitations qui sont confiées à des mains engourdies j qui se cramponnent aux vieux procédés et qui repoussent obstinément ce qui est bon , par cela seul que c'est nouveau.

De la lampe de sûreté de M. Dayy, per» fectionnée par M. CheuremonU

La lampe ou plutôt la lanterne de sûreté du célèbre Davy, à qui les mineurs devront une reconnaissance étemelle, se compose, comme on le voit pi. XI, fig. i et 5 ^ de trois parties distinctes.

i.'' Le réservoir d'buile ou la lampe proprement dite ;

2.^ L'enveloppe de toile métallique en fil de fer ou de cuivre rouge, qui est imperméable à la flamme}

3."^ La cage qui sert à fixer l'enveloppe avec le réservoir et à la garantir du choc , au moyen des cinq montans de fer et du chapeau de tôle qu'ils supportent Cette lanterne est fon^ sur cette observation, qu'un tissu métal*

3g8 aéràge des mines.

lique qui est assez fia pour contenir cent quarante ouvertures dans un centimètre carré , ou dont chaque maille n'a pas plus d'un vingtième de pouce de large, a la propriété trèsremarquable de ne point laisser passer la flamme à travers ses interstices , de sorte que, lorsqu'on porte une de ces lampes allumée au milieu d*une atmosphère composée de plus d'un treizième de gaz hydrogène carboné, et qui est alors susceptible de faire explosion, ce gaz entre dans la lanterne, peut s'allumer à la flamme de la lampe , rougir le tissu métallique sans que l'inflammation se propage en dehors. Mais la condition essentielle pour que cet effet ait lieu, c'est que l'espace dans lequel la flamme de la lampe est confinée ne communique avec l'atmosphère extérieure ^ar aucune ouverture , aucune jointure ou aucune fente qui soit plus large que les mailles de la toile qui l'enveloppe, et c'est pour atteindre ce but et pour s'opposer à l'imprudence et à la témérité des ouvriers que l'on a été forcé d'apporter de légères modifications à la première invention de M. Davy^ dont l'honneur ne lui en appartient pas moins en entier.

L'inspection de la planche qui représente cette lanterne avec tous ses accessoires. -me dispense dentrer dans les détails relatif» à l'ensemble de l'instrument, que l'on fabrique maintenant à Paris, à Mons et dans la 'plupart des contrées où il existe de grandes e^

LAMPSa DE SÛRETÉ. Sçg

ploitations ^. Je ferai remarquer seulement que, la pointe de la flamme de la lampe attaquant fortement le sommet de l'étui de toile métallique, bien qu'il soit doublé dans cette partie, M. Cheyremont fut conduit pai* Texpérience à renforcer cette extrémité par une doublure en cuiTre laminé, percée de trous aussi petits que les mailles de la toile, et s'est assuré que ce perfectionnement empêchait que la lanterne se perçât dans cette partie et permit à l'inflammation du grisou de se propager, ainsi que cela arrivait après ui^ usage de quelques semaines. Il appartenait à Un praticien tel que M. Chevremont, ingénieur des mines des Pays-Bas, de perfection* ner encore l'heureuse application que M. Davy a su faire aussi d'une propriété singulière du platine réduit en fil, et dont il a enrichi sa lampe de sûreté. Quand le gaz hydrogène carboné forme les deux cinquièmes de l'atmosphère des mines, les lampes s'éteignent et les ouvriers se trouvent plongés xlansune obscurité profonde, qui peut causer des accidens. Pour parer à cet inconvénient, M. Davy imagina de suspendre dans l'intérieur de son tube de toile métallique, un fil de platine tourné en spirale, qui, étant rougi par la flamme de la lampe, a la propriété

1 M. Rocfaette jeane, fabricant d^instnimana d« phjraiqne, ^aî de rhorloge, n.* Si , à Paris, éublît les lampes de Dxvy perfectionnées à raison de 8 francs , comme à Mons \ mais k AntÎR on les 4ublit aajourd^hni à raison de 5 francs.

d'opérer la combustion lente des gaz inflammables avec une quantité d'air atmosphérique beaucoup moindre que celle qui est néce»* saire pour faire brûler la mèche. Le calori-que, dégagé par cette combustion lente du gaz hydrogène carboné , maintient à la chaleur rouge le fil de platine, qui, dans cet état» répand assez de lumière pour que l'ouvrier qui est porteur d'une telle lanterne, puisse se diriger dans les galeries, et lorsqu'il arrive dans une atmosphère qui contient plus d'oxigène, la combustion du grisou recommence à être plus rapide dans l'intérieur du cylindre et la mèche se rallume spontanément On ne pouvait faire une plus heureuse application de deux phénomènes qui semblent n'avoir aucun rapport entre eux, et qui, réunis par une main habile et savante , ont déjà probablement sauvé la vie à bien des mineurs et préservé plus d'une exploitation des désastres les plus affreux et les plus affligeans.

M. Chevremont a encore perfectionné la disposition de cette spirale de platine de manière à ce que Ton ne puisse point la dé« ranger en nettoyant la cage de toile avec la brosse ; de plus, ayant remarqué qu'un seul fil ne donne pas assez de lumière pour que l'on puisse se diriger avec sécurité dans les travaux souterrains, il est parvenu à se procurer assez de clarté en réunissant jusqu'à 8 fils de platine et les tournant tous ensemble en spirale. Ainsi la lampe de sûreté ou lan-

UMl^MS DE SÛRETÉ. 4^^

terne de Davj perfectionnée , se compose aujourd'hui du corps delà lampe, garni d'un crochet avec lequel on peut élever, baisser et moucher la mèche, sans ouvrir l'enveloppe de toile métallique , dont l'extrémité supérieure est garnie d'une doublure en cuivre rouge laminé et convenablement percé ^ d'un petit réflecteur en fer étamé ou argenté , qui augmente l'intensité de la lumière , et enfin d'une spirale de platine, destinée à conserver de la clarté après que la lampe a été éteinte.

Dans l'origine on avait adapté en dehors du réservoir un tube par lequel on y introduisait l'huile sans ouvrir la cage ; mais on a fini par le supprimer, après l'avoir plusieurs fois modifié : on avait aussi fermé les lampes, d'abord avec de petites serrures, ensuite avec des cadenas à la Régnier ; mais on s'est arrêté à l'usage d'une vis longue, dont la tête carrée est enfoncée dans le réservoir et ne peut y tourner qu'au moyen d'une clef analogue à celles avec lesquelles on monte les pendules, et toutes ces précautions avaient pour but unique d'empêcher les ouvriers de ae tuer en ouvrant la lanterne et rétablissant une communication entre le grisou et la flamme.

Gomme la spirale de platine doit renché* rir et compliquer cette lampe, je crois qu'il deviendrait superflu d'en adapter à toutes celles dont on se sert dans les mines; mais

4oa ÀÉRAÛE DES MINES.

il serait toujours bon d'en avoir quelquesunes destinées au service des places où l'on sait d'avance que l'air ne peut pas toujours entretenir la lumière.

Ce précieux instrument n'a pas été accueilli dans toutes les mines avec un égal empressement : les mineurs surtout,. qui sont ennemis des innovations quand elles s'éloignent de leur routine et qu'elles ne leur promettent de la sécurité qu'aux dépens d'un peu plus de peine ou de soin, ne l'ont adopté que par force, et Font rejeté pendant assez long-temps , sous prétexte qu'il ne leur donnait point assez de lumière; plusieurs ont été victimes de leur entêtement ou de leur mal-adresse, en parvenant à les ouvrir pour allumer leurs pipes ou pour toute autre raison; mais ils commencent cependant à en sentir tous les avantages; car cette lampe de sûreté est généralement adoptée en Angleterre, en Belgique, à Anzin, où il en existe plus de deux mille, et dans plusieurs autres contrées houillères où l'on est tourmenté par le grisou.

Le seul reproche qu'on puisse lui faire d'une manière fondée, c'est qu'elle exige beaucoup de soins et d'entretien; mais cette main- ' d'oeuvre est plus que compensée par la sécurité qu'elle procure à ceux qui savent la conduire et l'apprécier, et par l'économie qu'elle apporte dans la consommation de rhuile^ dont elle brûle beaucoup moins que les lampes ordinaires, surtout si l'on donne

ULMPBS DE SÛRETÉ. 4^5

la préférence à Thnile épurée dite à quin-* quet

Le grand briquet, dont nous avons déjà parlé en traitant des différens moyens d'éclairage , n'était employé que dans les mines sujettes au grisou; mais on en fait peu d'usage aujourd'hui que l'on possède un moyen infiniment meilleur sous tous les rapports. ^

Des appareils respiratoires.

Quand on veut «pénétrer dans un puits ou dans une cavité quelconque pour en retirer un malheureux qui, en y entrant, a été frappé d'aphyxie, on peut à juste titre avoir la crainte d'éprouver un pareil sort, et cependant, comme nous savons tous aujourd'hui que l'on peut rappeler les noyés et les asphyxiés à la vie après plusieurs heures de cette mort apparente , on ne peut résister au désir d'arracher son semblable à une mort qui deviendrait certaine par un séjour plus prolongé au milieu du gaz méphitique.

Pilatre de Rosier, dont le nom se rattache

i Yoyet, poar toat ce qui a trait k rhistoriqae , à la confection et aux dîfFiérens usages de la lampe de OaTj perfectionnée , ainsi qne pour toutes les expériences qui en ont consuté rexcellenee , le tome I.*' des Annales des mines » le tome yiIJ de la m^me collection, et surtout rinstmction pratique sur Temploi des lampes de sûreté, publiée par le directeur général des mines (Avril 1834) • brochure qui a ét^ adressée à tous les préfets et à tous les directeur» des mines.

4o4 APPAREILS

d'une manière si douloureuse à l'histoire des aérostats 9 avait imaginé une espèce de masque ou de nez artificiel en fer-blanc , qui ae fixait au-dessus de la bouche et qui s'attachait solidement à la tête avec une double courroie de cuir (pi. XXIX, fig 3). Au moyen de ce masque 9 qui portait un tuyau de plusieurs mètres de long, fait en taffetas ciré et tenu dilaté par une spirale de fil de fer, cet homme ingénieux pénétra et circula, sans éprouver la moindre incommodité, dans une cuve de brasseur où il y avait 4^5 pieds de gaz acide carbonique au-dessus de sa tète; il y resta plus d'une demi-heure , tandis que des animaux qu'on y descendit tombèrent asphyxiés à ses pieds. Je l'ai vu se remuer dans tous les sens, dit Macquart, qui était membre delà commission chargée de suivre ses expériences , et rester plus d'une demi-heure dans ce gaz, où nous avons asphyxié une grande quantité d'animaux, et où il expirait facilement l'air gâté des poumons, tandis qu'il respirait l'air pur à l'aide du tuyau nasal ; et c'est ce moyen très-simple, que l'on pourrait peut-être perfectionner encore , qui devrait être adopté pour sauver les victimes du mauvais air, sans s'exposer à lui en sacrifier de nouvelles. Mais voilà plus de trente ans que ces expériences . sont faites; il n'y a peut-être pas de jour où il ne périsse quelque individu dans le mauvais air, et l'on n'a rien fait encore pour les sauver 9 même à Paris.

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