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CHAPITRE PREMIER

rORIATION, PROPAGATION ET CARACTERES DU SON, CALCUL D J NOMOFE DE VIBRATIONS. BATTEMENTS ET SONS RÉSULTANTS, TIMBf E.

L'acoustique est une science qui a pour objet l'étude du son et des lois suivant lesquelles il se transmet.

Le son est une sensation produite sur les organes auditifs par la vibration des corps dans un milieu élastique, qu'il soit solide, liquide ou gazeux. Il en résulte que le son ne se propage pas dans le vide. En effet, si un timbre, vibrant sous l'action d'un marteau mu par un mouvement d'horlogerie, est introduit 80US la cloche d'une pompe pneumatique, le son s'éteint au furet à mesure que l'air diminue, pour disparaître tout à fait lorsque le vide est complet. Dans cet état, on voit le marteau continuer à frapper le timbre, mais on n'entend aucun son. Celui-ci renaît peu à peu, si l'on ouvre progressivement le robinet qui permet à l'air de s'introduire sous la cloche de verre.

Cette expérience prouve que l'air, ou tout autre milieu

élastique, est le véhicule qui transmet à notre oreille les vibrations du corps sonore et nous les fait apprécier comme son ou comme bruit.

II est assez difficile de déterminer la différence entre le son et le bruit, parce que l'uh et l'autre sont le résultat de vibratiens qui frappent notre oreille. Cependant, on détermine généralement leur différence, en ce sens que le son est le résultat de vibrations qui ont une certaine durée et dont on peut évaluer la valeur musicale, tandis que le bruit n'est que le produit de vibrations dont la durée est trop courte pour qu'on puisse les apprécier, ou de sons dont le mélange discordant affecte désagréablement notre oreille.

Le son, avons-nous dit, résulte de la vibration des corps. En effet, tout corps, solide, liquide ou gazeux, dérangé de sa position d'équilibre par une force quelconque, y revient après avoir accompli un nombre d'oscillations^ plus ou moins grand, selon sa nature.

Une corde de violon, tendue entre deux points fixes et dérangée de sa position d'équilibre ou de repos, retourne à sa position première, la dépasse, y retourne, la dépasse encore, et exécute ainsi un mouvement de va et vient jusqu'à ce que finalement elle revienne à son état normal.

Ce sont ces mouvements de la corde qui engendrent le son ; ce sont ces oscillations qui prennent le nom de vibrations ^ et ce mouvement de va et vient, que la cordej'end visible à notre œil, existe d'une façon semblable dans tous les corps qui vibrent.

Les vibrations sont simples ou doubles ; elles sont simples si elles ne désignent qu'un aller ou un retour du corps vibrant^ elles sont doubles si elles désignent un aller et un retour.

.On ne pourrait mieux se rendre compte des vibrations d'un corps que par l'exemple suivant. Suspendons un petit poids à un :âl quelconque et nous avons l'instrument appelé. pe»d!t*Ze. On sait qu'un instrument pareil, de 0^,9938 de longueur, bat «exactement la seconde à Bruxelles.

Dérangeons-le- de sa position d'équilibre B et am^aons-le

vers C ; si nous le lâchons alors, le poids redescendra vers sa position primitive B, la dépassera, arrivera à D, pour retomber vers C en dépassant B, et ainsi de suite jusqu'à ce

qu'il revienne complètement au repos primitif, après un certain nombre d'oscillations qui diminueront successivement d'amplitude, mais qui seront isochrones, c'est-à-dire que chaque oscillation aura exactement la même. durée, quelle que soit la longueur de sa course.

Les vibrations des corps sonores sont exactement semblables. Plus l'amplitude de l'oscillation est grande, plus le son est fort. Quelle que soit l'étendue de cette oscillation, elle diminuera progressivement ; le temps pour aller de C vers D sera exactement égal à celui qu'il faudra pour retourner de D vers C. Le parcours de D vers C ou de C vers D est une vibration simple. Le parcours de D vers C avec rétour vers D est une vibration double ou complète.

Disons en passant que ce sont les mouvements Oscillatoires du pendule qui ont donné l'idée première dû métronome.

Le métronome est un instrument à l'aide duquel on détermine exactement la valeur du temps musical. H se compose d'un balancier gradué mu par un mouvement d'horlogerie.

Sur ce balancier glisse un poids mobile qui engendre des mouvements très-lents, s'il est placé à l'extrémité, très-accélérés lorsqu'au contraire il est rapproché de l'axe. Les chiflfres auxquels se rapportent les degrés, indiquent le nombre d'oscillations en une minute ; le mouvement le plus lent est de 40 coups à la minute, le plus précipité est de 208 dans le même temps. Les musiciens se servent des expressions suivantes pour désigner le mouvement de plus en plus rapide :

Largo, lento,

Amoroso.

Con Brio,

Larghetto,

Moderato,

Scherzo,

Adagio,

Grazîozo,

Vivace,

Maestoso,

Tempo giosto,

Presto,

Andantîno,

Allegretto,

Prestissimo.

Andante,

Allegro,

Ces expressions n'oflfrent rien de précis et il serait à désirer que les compositeurs indiquassent exactement le mouvement à donner par l'indication métronomique se rapportant à une valeur quelconque : ronde, blanche, noire ou croche.

Le métronome est l'application des lois du pendule, avonsaous dit, aussi est-il très-facile de le remplacer par ce dernier : un fil de soie d'un mètre de longueur, terminé par un petit poids, constitue tout Tappareil nécessaire. Déjà, en 1812, Despreaux, professeur au Conservatoire de Paris, avait imaginé un instrument à peu près semblable qu'il appelait chronomètre, mais qui fut abandonné à cause de l'action silencieuse de sa marche; certes, cet appareil ne conviendrait pas pour remplacer le métronome dans tous les cas, mais il suiffit au compositeur pour l'indication des mouvements de son œuvre.

M.Meerens, dans une brochure récemment publiée, consacre un éloquent chapitre à la nécessité de l'emploi des indications métronomiques et publie sous le nom de métromètre le tableau suivant, destiné à permettre aux musiciens de remplacer le métronome quelquefois absent parle pendule (*).

(*) Le Diapason et la Notation musicale simplifiée, Bruxelles, Schotfc frères. 1873.

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