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Toutes les terres humides sont froides et, cela

pour un motif bien simple ; c'est que la chaleur des rayons

solaires , au lieu de réchauffer le sol , sera employée à évaporer Teau à la surface , de sorte que les racines ne ressentiront jamais cette impression de chaleur vivifiante si favorable au développement des végétaux.

2.* Quand la terre est imprégnée d'eau , la nourriture des plantes étant très délayée, celles-ci doivent absorber une plus grande masse de liquide pour se procurer la quantité d'aliments organiques et minéraux qui leur est indispensable. Le travail de nutrition sera donc excessif ou l'alimentation deviendra insuffisante, deux circonstances également contraires.

8." La présence d'une forte proportion d'eau dans les tiges et dans les feuilles , donnant lieu à une évaporation active et considérable à la surface des parties vertes , la température des plantes elles-mêmes est d'autant moins élevée ; les modifications chimiques qui doivent s'effectuer dans les végétaux et qui dépendent plus ou moins de la chaleur intérieure, s'accomplissent donc plus lentement.

4.° Limbibition permanente d'un terrain met obstacle à la circulation de Fair dans ses diverses parties. En effet, supposons Texistence de l'eau k une profondeur peu considérable; qu'arrivera-t-il? à mesure que la chaleur du soleil évaporera Thumidité de la surface, une autre portion du liquide s'élèvera jusqu'à celle-ci pour remplacer l'eau disparue; cette attraction de bas en haut continuera tant que la température de l'atmosphère restera sèche. Il est évident que ce courant d'eau de bas en haut^ empêchera la circulation de l'air de haut en bas.

h."" L'humidité trop grande s'oppose à la décomposition des engrais , car ceux-ci , imbibés d'eau , ne fermentent que très lentement ou bien produisent des principes acides plus ou moins malsains pour les plantes.

474 .'°** Q. — Gomment le dessèchement d^nn sol humide améliore-t-il ce dernier ?

R. — En changeant les conditions mentionnées dans la réponse précédente. Privé de son humidité, le sol devient plus chaud , plus poreux , perméable à Tair et par conséquent propre au développement des racines. Les engrais , d'un autre côté , fermentent, absorbent l'oxigène et fournissent les principes gazeux et solubles essentiels au progrès de la végétation.

475.™* Q. — Convient-il de dessécher tous les sols humides, et comment procède-t-on ?

R. — Ce ne sont pas seulement les terres argileuses et tenaces que Ton a avantage h dessécher ; il est évident que tous les terrains où Thumidité est, en quelque sorte, surabondante, doivent bénéficier par cette opération. S*il arrive qu'une source , par exemple , aboutisse à la surface d'un sol sablonneux , il sera bon de creuser un ou plusieurs canaux pour éconduire les eaux ; on pratiquerait également des rigoles d'écoulement dans le cas où le sol sablonneux reposerait sur une couche dure et résistante plus ou moins imperméable. £n Ecosse et en Angleterre on procède, en général, avec beaucoup de méthode aux opérations de dessèchement; les rigoles creusées ont une profondeur, des dimensions et une inclinaison suffisantes pour que les saignées faites aus terrains soient aussi efficaces que possible. Afin d'empêcher l'oblitération des conduits d'écoulement , on les fait avec des tuiles y et pour qu'à la longue ces tuiles ne s'affaissent point par suite du ramollissement de l'argile sur laquelle elles reposent, on place, au fond des rigoles, des wnetUs

on briques allongées destinées & soutenir les tuiles, et à protéger l'argile contre Taction immédiate de l'air et de l'eau courante. Dans la Grande-Bretagne, on commence à employer généralement ppur dessécher les terrains humides, des conduits en terre cuite, d'un ajustement facile et d'un prix fort modéré. Cette méthode à laquelle on donne particulièrement le nom de drainage est fort avantageuse. Elle est bien, il faut le dire, d'un premier établissement plus coûteux, mais, en revanche, elle ne nécessite pas les réparations et la surveillance que réclame la pratique ordinaire, et Faugmentation de la dépense est amplement compensée par la durée du nouveau système. On fabrique aujourd'hui à Andennes , (Province de Nàmur) des tuyaux en terre propres au drainage , h raison de dix-sept francs les mille pieds , y compris les manchons ou anneaux, qu'on emploie pour les unir entre eux afin d'éviter qu'ils ne se déplacent et que les racines d'arbres ou autres espèces de végétaux n'y pénètrent. D'après les expériences faites, il ne faut que 2500 à 5000 de ces tuyaux par hectare et le prix du drainage achevé pour cette surface de terrain , varie entre 80 et 120 francs.

Dans le cas ou le sous-sol résistant ne renfermerait aucune matière de nature à rendre son ameublissement dangereux pour la végétation de la surface, et c'est le cas le plus ordinaire, les labours profonds seraient très favo* râbles aux effets que les saignées doivent produire, en égouttant le sous-sol , en diminuant sa dureté et en permettant Taccès de l'air; les avantages de l'ameublîssement se joindraient alors à ceux du dessèchement.

Dans les terrains marécageux , la couche d'argile qui retient l'eau est fréquemment appuyée sur un lit de sable; il

est évident qu'en perçant cette tranche d^argile de manière à faire arriver Teau jusqu'à la couche de sable sous-jacente, on desséchera le terrain , mais on comprend aussi que la nature du sol à traverser, son épaisseur , sa dureté, etc., entreront en ligne de compte relativement à l'opportunité de cette manœuvre. Quand les circonstances ne sont point trop désavantageuses, on peut, avec une tarière de trois à quatre pouces de diamètre , percer plus ou moins de trous à travers lesquels s'opère la filtration de l'eau stagnante. Pour empêcher les trous de se combler , on y glisse des tuyaux en bois ou en terre auxquels on fait arriver l'eau par des tranchées de quinze à vingt pouces de profondeur.

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