‹ Eléments d'agriculture considérée dans ses rapports avec les sciences naturellesChapitre 29 sur 110 · Q. — Que deviennent les plantes privées de lumière · texte numérisé non relu

Q. — Que deviennent les plantes privées de lumière

R. — Elles s'étiolent, c'est-à-dire qu'elles perdent leur fraîcheur , leur éclat et leur vigueur ; les parties vertes s'effilent, jaunissent et s'efforcent de ramper jusqu'aux soupiraux ou aux ouvertures par lesquels filtrent quelques pâles rayons de lumière. Cette absence d'un des éléments les plus indispensables h l'accroissement normal des végétaux , non seulement altère Torganisation de ceux-ci , mais, encore, pervertit certaines de leurs fonctions et en transforme les produits. Ainsi , dans les pommes de terre qu'on laisse (Toître dans les caves , et particulièrement dans les longues pousses filandreuses qui se dirigent vers la lumière , il s^élabore un principe alcalin , la solanine, qu'on ne retrouve dans aucune partie des pommes de terre qui se sont développées en plein champ. Or, ce principe nouveau et morbide, si je puis m'exprimer ainsi , existe aussi dans le tubercule^ et comme il est assez vénéneux, il s'en suit que l'usage de pommes de

terre poussées dans ces mauvaises conditions , pourrait être suivi d'accidents plus ou moins graves.

SO."" Q. — Qu'est-ce que Yélectricité?

R. — C'est un fluide impondérable, universellement répandu, dont on apprécie les effets sans en connaître l'origine ni la véritable cause. Les anciens Grecs savaient déjà que le succin ( matière résineuse qu'on pèche sur les bords de la mer Baltique), acquiert^ par le frottement, la propriété d'attirer les corps légers; mais ils ne poussèrent pas plus loin leurs investigations. Vers le milieu du dixseptième siècle le docteur Wall , obtint le premier l'étincelle électrique produite par la main de l'homme; et, chose digne de remarque, ce phénomène fut aussitôt comparé à celui de la foudre. C*est ainsi que l'imagination rencontra la vérité du premier jet. Cette donnée fut le premier anneau d^une longue suite d'expériences et de recherches qui se perpétuent depuis près de deux siècles • Elles eurent d'abord pour but de constater l'existence de l'électricité atmosphérique; on choisit pour cela le moment des orages. Franklin, en, 1752, lança vers un nuage orageux un grand cerf-volant muni d'une pointe et obtint, en approchant le doigt de la corde, des étincelles électriques. Cette expérience concluente est dangereuse à tenter sans de fort minutieuses précautions; il faut donc l'interdire à ceux qui ne font point de la physique un objet d*études spéciales. Cette expérience et d'autres encore , établirent que la foudre n*est , en effet , qu'une étincelle électrique d^une puissance immense. Cette dé« monstration fournit à Franklin , l'idée de la construction des paratonnerres, (q. 87).

8I."»« Q. — Quelles sont les propriétés de V électricité?

R. — On prétend que tous les corps de la nature , dans les circonstances ordinaires , sont pénétrés par un fluide électrique insensible ; ce fluide naturel est constitué par deux éléments, également électriques, mais d'essences différentes et qui jouissent de la faculté de s'attirer mutuellement; on les appelle fluide postai/* ou vitré ^ et fluide négatif ou résineux. Lorsque ces deux éléments sont intimement unis , et c'est le cas ordinaire, aucune action ne se manifeste; mais si Ton vient à troubler cet équilibre, par le frottement par exemple^ les deux fluides se séparent et se rendent l'un dans le corps frottant, Tautre dans celui que l'on frotte. Dès cet instant, Télcctricité devient sensible ; si elle est faible , elle ne se manifestera que par la faculté d'attirer et de repousser les corps légers, comme de petits morceaux de papier ou de moelle de sureau ; ai, au contraire , l'électricité accumulée est intense , il se produira , par rapproche d'une substance conductrice , une étincelle plus ou moins longue , vive et bruyante. Les corps électrisés acquièrent une odeur d'ail analogue à celle du phosphore (1).

Voici les propriétés les plus remarquables de l'électricité sensible :

({) M.' R , au ^ lide son ouvrage sur Tagriculture, ayant

avancé ^tie l*odeur électrique se rapprochait de celle du soufre^ je ne puis mieux faire , pour établir Texactitudif de ce que Ten ai eût moi-même , que de citer Topinion de deux physiciens célèbres :

1.0 Les surfaces électrisées acquièrent une odeur de phosphore^ (Péclet).

2.0 Les corps électrisés répandent une odeur de phosphore^ (Despretz, professeur à l'école polytechnique de Paris). Il y a loin de là à Todeur du soufre.

i.* L'électricité est lumineuse et éblouissante.

â."* La vitesse avec laquelle Télectricité se transmet est plus grande encore que celle que possède la lumière du soleil (70,000 lieues par seconde).

3.* L'étincelle électrique développe une chaleur ikitense et capable de fondre les métaux les ntoins fusibles.

4.® Il est des corps qui conduisent et transmettent l'électricité avec une facilité merveilleuse; l'eau , les métaux et le corps humain sont de ce nombre; il en est d'autres qui ne transmettent nullement ce fluide et qui Farrétent au passage , en quelque sorte. On nomme les premiers bons conducteurs et les seconds mauvais conâ/uc* ieurSf parmi ceux-ci on peut citer: la laine, la soie, l'air sec, le soufre, le verre, les résines, les graisses.

S.*" L'étincelle électrique enflamme les corps combustibles, comme l'alcool et les résines; de là^ les iticendies déterminées par la foudre.

G."" Les électricités semblables se repoussent ; les différentes s'attirent.

82,«*M> Q. — Quelles sont les sources de Yékctndté?

R. — L'électricité peut être provoquée par diverses causes, savoir : 4." Par des moyens mécaniques, c'est-à-» dire par le frottement et par la pression. 2.*» Par une action chimique. 3." Par la chaleur. 4." Par la lumière. S.** Par une influence magnétique. 6.'' Par le contact dei certains corps , et particulièrement par la juxta^^osition. de métaux différents. 7.* Par le passage des corps de rétat liquide à l'état solide, ou de l'état gazeux à l'état liquide*

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