Q. — Quelles sont les fonctions des Femlle
R. — EHes dont des pliiâ inapoptoote» pour Taocroîasement et la vie du végétal ; elles aspirent et pompent daas: Fair les éléments nutritifs qu*il renferme et les modifient de façon k ce que la plante puiase tes retenir en tout ou en partie. Outre cette fonction d'assimilation , les feuUits: en remplissent une autre aussi essentielle ; elles expukeni du végétal certains furincipes qui seraient de nature à en compromettre rexistence.
7.™* Q. — Comment les principes nutritifs puisés dans le sol par les racines parviennent-ils jusqu'aux parties les plus élevées des végétaux ?
R. — On a longtemps pensé que le mouvement ascentionnel de la sève était dû à une attraction particulière que les physiciens nomment capillarité^ cette force se manifeste toutes les fois qu'on plonge un tube capillaire ( mince comme un cheveu ) dans un liquide ; on voit celui*ci s'élever dans le tube au-dessus de son niveau dans le vase qui le renferme. Quelques personnes, qui , certes , ne connaissent guère la théorie actuelle des phé* noraènes botaniques , prétendent encore aujourd'hui expliquer exclusivement Tascention de la sève par la capiÔarité, et l'assimilent à l'imbibition d'un morceau de sucre plongé par un bout dans une cuiller pleine de vin ou de café. Ces personnes ne réfléchissent pas que l'at-» traction capillaire ne peut élever l'eau au-dessus de son niveau que d'une quantité très faible , surtout quand on la compare à la grande hauteur de certains arbres, à l'extrémité desquels la sève parvient, néanmoins, avec abondance. On doit donc abandonner cette explication surannée en ce quelle offre d'exclusif et attribuer , en grande partie, l'ascention de la sève à sa véritable cause, c'est-à-dire à Vendosmose.
B."^ Q. — Gomment les phénomènes de YEndosmose peuvent-ils rendre compte de l'ascention de la Sève?
R. — Je vais le démontrer par l'énoncé d'une expérience facile à répéter. Prenez un tube de verre ouvert à ses deux bouts et adaptez à Tun deux un petit sac formé par un fragment de vessie de veau ou de porc , en ayant soin de bien ficeler les bords de In vessie autour du tube en verre. Introduisez ensuite dans le petit sac une certaine quantité d'eau contenant de la gomme arabique en solution; cette eau gommée doit être bien transparente. Cela fait, plongez le tube muni de son sac dans un vase quelconque renfermant de l'eau colorée en rouge par du carmin. A travers Fépaisseur de la vessie il s^étabiira une communication entre les deux liquides et celui renfermé dans le sac , s'augmentant de la quantité d'eau extérieure qui lui arrive, monte et s'élève dans le tube en verre. Cette ascention continuera jusqu'à ce que la densité des deux liquides soit devenue la même; or, pour qu'il en soit ainsi , il faut qu'un échange s'établisse entre eux : Feau extérieure pénétrera plus ou moins dans le sac et rendra la solution de gomme moins dense , tandis que , de son côté , le liquide du sac enverra à celui du dehors une certaine quantité de gomme qui augmentera la densité de celui-ci. Quand les deux liquides auront la même pesanteur spécifique l'ascention s'arrêtera.
Maintenant , supposez qu'il existe plusieurs tubes semblables superposés, placés bout h bout, et contenant des matières également denses. Quand une certaine proportion de l'eau renfermée dont le réservoir inférieur aura passé dans le premier tube, le liquide de celui-ci , étant devenu moins dense , s'élèvera , et rencontrera l'extré-
mité du second tube. Un nouvel échange s*effectuera entre le liquide moins dense du premier tube et la matière plus dense du second ; de là , nouvelle élévation du liquide. Le second tube sera pour le troisième ce que le premier a été pour le second, et y eut-il mille tubes ainsi placés bout h bout^ l'ascention se continuera jusqu'au dernier. Essayons maintenant d'appliquer ces principes à la circulation de la sève; si nous examinons l'organisation de la racine et de la tige, nous ies trouvons l'une et Tautre formées de cellules closes et perméables, et de tubes superposés; ce sont , comme on le voit , les mêmes conditions que dans Texpérience rapportée ci-dessus ^ et il doit en résulter forcément une identité complète entre les phénomènes produits. Pour les plantes , le sol humide remplit l'office du réservoir d'eau inférieur dont nous avons parlé, et la densité de cette eau est toujours moindre que celle des liquides élaborés qui remplissent les cellules et les tubes de la racine et de la tige. L'ascention de la sève doit donc s'effectuer depuis le sol jusqu'aux parties les plus ténues et les plus élevées du végétal.
9.™* Q. — La circulation de la sève dépend-elle exclusivement des phénomènes de Vendosmose et de la capil^ larité ?
R. — Ordinairement, non^ et à ces causes, dont la première est si puissante , il s*en joint une autre fort efficace. Je veux parler de l'aspiration, de l'attraction qu'exercent sur la sève les bourgeons et les feuilles; ces organes sucent, en quelque sorte , les matériaux de leur nutrition. Gela est surtout vrai pour les bourgeons ; quant aux feuilles , leur surface étant le siège d'une évapora-
tioa d*eau abondante, îl faut bien que cette eau soit r«ni«> pbeëe pour que la feuille ne se dessèche pas.
40.'"« Q. — Comment prouve-t-on la puissance aspiratrice des Bourgeons ?
R. — On a démontré cette faculté par une expérienee bien simple et en même temps bien conchiente. On a coupé transversalement la partie supérieure de la tige» d'une vigne sauvage en pleine sève ; cette portion du végétal était donc privée de toute communication avee les racines et le sol ; eh bien , malgré cela , la sève dont elle était gorgée a continué à monter rapidement et s'est échappée par les extrémités de quelques branches cou* pëes. Ce point bien établi , on a dépouillé cette tige de ses bourgeons et de ses feuilles , et k f^gment ainsi tronqué a laissé couler la sève par celui de ses deu;^ bouts^ qu*on maintenait inférieur ; en retournant la tige Técoulement se faisait en sens inverse. Cette expérience furouve à l'évidence que dans k tige coupée , l'ascentk)» de la sève n'était déterminée que par Taspiration des 6o^r*' geons et des feuilles^ ccllc-ci venant à cesser, la sève^ comme tous les liquides , n'obéissait plus qu'aux lois de la pesanteur et tombait par le bout le plus bas.
1 1 ."« Q. — L^Industrie peut-elle tirer parti de l'aspiration des Bourgeons et des Feuilles?
R. — Oui ; Monsieur le docteur Boucherie a utilisa eette puissance organique pour imprégner toute f épaisseur du bois de substances propres à le colorer de di£fé^ rentes façons ou à le rendre iiaputreseible. Pour obtenip ce résultat remarquable , on coupe le tronc et on plonge k partie coupée dans un vase renfermant le liquide dont
on veut imbiber le boiSé On a soin de laisser un bouquet de feuilles àrextréinité du végétal; ces feuilles aspirent la matière colorante ou préservatrice, et celle-ci se répand et pénètre dans tous les tissus de la plante. Quelques jours suffissent pour que la pénétration soit complète.
12.™« Q. — L'ascentîon de la sève peut-elle être complètement indépendante de Faspiration des bourgeons et des feuilles?
R. — Oui, car si à l'époque de la sève du printemps on fait à une tige une incision assez profonde , il s'en écoule un ruisseau de sève, ce qui prouve que les bourgeons et les feuilles ne sont point les causes efficientes de l'évacuation remarquée. Lorsqu'on taille la vigne, même presque au niveau du sol , elle pleure quelquefois très abondamment, bien qu'il n'y ait ni bourgeons ni feuilles. Les alternatives de température peuvent ne point être étrangères k la production du phénomène et doivent, dans certains cas, accélérer ou ralentir les effets de l'endosmose.