Q. — Comnaent s'effectue la circulation de la sève
R. — Lès bourgeons , pour me servir de l'expression élégante d*un botaniste moderne , sont les premières parties du végétal qui sortent, au printemps, de l'engourdissement causé par riiîver. Aussitôt qu'ils se sont un peu développés, les racines, réveillées par l'aspiration de la sève, aspiration qui les sollicite à fonctionner pour suffire aux besoins continuels de la plante , recommencent l'élaboration des prindpes alimentaires que leur offre le
t^rain; Dès lorâ , r«scetition, fsLyafriéée' fuim^iosmentr pitr l'endosmose, s'établit i travers les tissus, dont les mttili^ sont pleines de matériaux éps^is, résidus ^de Tannée .précédente. Une fois en aetion.^ les racines travailleinit avec une ardeur et une promptitude qui laissent bien loin derrière elles le travail des bourgeons qui , bien que le premier  se réveiller, est le plus lent à s'accomplir. Xa sève monte donc avec une abondance reinarqûable,, comme si la nature avait en vue de déblayer les vaisseaux obstrués, pour faire place k la vie nouvelle qu^amène la -résurraction végétale.
Bientôt, les bourgeons sWvifent, les feuilles s^étaleat ^ les rameaux se «léveleippent et se consolident. Dès krs 9 le mouvement de ta siève se ralentit sans s'aivét^ .cependant, car raccfroissement du végétal continuant, il est indispensable que Ia.sèvef0urnis8e, au fur et k mesure des besoins , les substances inorganiques nécessaires à la formation des nouveaux (tissus; elle doit ^ en outre, préparer et (ransportei* daHs l'épaisseur des organes, les matériaux qui serviront à la végétation coHimenceote de Tannée qui suivra. Quand la sève du printemps a eu lien de bonne heure., ces matériaux se trouvent préparés ayant Tautomne, et alors se manifeste la sève d'août. Dans Tétat de perfection auquel le végétal est parvenu , une auti*e voie de nutrition lui est ouverte, vote dont la sqrface
Jarantit Tefficacité; je veux parler de l'absorption des léments nutritifs que renferme l'atmosphère, «^baokrption doat sont chargées les feuiUeset, généralement, toutesles parties vertes du végétal. €ette fonction, dont je parlerai plus loin, est connue /des botanistes sou$ le nom (te respiration d€S plantes», A l'automne, le$ tiasus, solîdifîés de plus m plus pur
ss
j'^vafpcraiadn moôssahtèide letirspaities liquides , se dear» sècheot étiles Ieciille9 tombent, faute de pouvoir eontinuer 'les AmctibDS assimilatrices dont elles étai^^nt charg^e^ et «UKgâelies iVoppbse l-eDgèrgeniefit de leurs organes» L'évaporation dont la surface d^ fenilles était le sfiëge , yenadt ainsi à s'arrêter , les m^vements de la sève sont néeessairement suspendus, et la pkfite entière se trouvé bientôt plongée dans cet engourdissement, dans cett^ larfieûr^ dont rinfluence da printemps aura seule le pou-^ ¥otr de la fiaîre siartir.
Maintenant que j'ai exposé d'une manière cond^ la âature du travail qiie doit aceomplir la sève, il me reste i indiquer^ si |e~pais m'exprîmer ainsi, l'itinéraire qu'elle doit suivre. Partie de la racine et obéissant à la double impnliaièn qdi lui eofflimunique son mouvement aseentionnel, la sève prend le nom de filète ascendante , et, t<M(ijouiis se dëpouillaiït ée ses pttineipes au profit déè onganes qu^elle trâfverse , elle arrive jusqu'aux ramifica-^ U»ns les plus tenues du végétal qui l'élabore. Cette pro^ gresiakui) cet envahissement de tous les tissus, se fait à travers toutes les parties du corps ligneux; dans les Iràmeaux âgés, à travers Vetubier seulement (I ); plus tard, le plus grand nombre des vaisseaux sont vides et ne renfeyrment plus que des gaz<
jLorsque la sève ascendante, saturée de toutes les ma** tières qu'elle a pu dissoudre pendant son long parcours , )>arvient aux rameaux de nouvelle formation , elle y pénètre et arrive jusque dans le parenchyme des feuilles, où elle
. (1), On appelle aubier, le jeune, bois des dernières formations fpii , pins tard, doit se enangei^ en bois ptpfaftj il est plus mon et moins coloré que celui-ci»
se trauve en rapport direct ayée Fair atmosphérique que celles-ci ont absorbé. Il est évident que la grande surface sur laquelle la sève est alors répandue, doit amener révaporation de la plus grande partie de son eau et pro* duire son épaisissement.
Arrivée au terme de son ascension, la sève restante, modifiée par les pertes et les additions successives dont elle a été Tobjet, descend des feuilles vers les racines , et chemine à travers Técorce pour regagner son point de départ. C'est pendant cette dernière période de la circulation que la sève, alors nommée descendante, produit, entre Técorce et le bois, une couche intermédiaire, le eambium, qui, ensuite, se transforme lui-même en aubier et plus tard en bois.
En résumé, les racines absorbent l'eau et les éléments nutritifs du terrain pour former la sève, qui monte jus* qu'aux feuilles 4 s'y modifie et redescend ensuite pour revenir aux racines. C'est là un véritable mouvement cir« culatoire qui ne diffère, en principe, de. la circulation animale que par son intermittence occasionnée par l'hiver.
14."" Q. — Peut-on démontrer l'existence de la sève descendante ?
R. — Cette démonstration est aisée, car il suffit de serrer fortement la tige d'un arbre, au moyen d'une ligature non élastique , pour voir , quelques temps après , cette tige se gonfler et un bourrelet se produire supérieurement à la ligature, la partie inférieure de la tige conservant son diamètre primitif.
15."*® Q. — Qu'appelle-t-on respiration des plantes et comment s'effectue cette fonction ?
R. — Je prouverai plus loin que la matière cfaarbon- Deuse (carbone) que les plantes renferment en si grande quantité, provient presque exclusivement de la millième partie d*acide Carbonique que contient Tair que nous respirons; mais pour que le carbone, qui constitue le gaz acide carbonique, puisse se fixer dans les tissus végétaux, il faut nécessairement que cet acide soit décomposé. Ci* , ce sont les feuilles et les parties vertes qui sont chargées par la nature de cette importante besogne , sous Tinfluence immé» diate de la lumière (q. 76 et 77). Une fois absorbé par ces organes, Tacide carbonique de Tair est soumis à une élaboration intime, qui a pour résultat de séparer les deux éléments qui le composent , (voir les tableaux chimiques, chap. IV : carftowc), c'est-à-dire le carbone et le gaz oxigène. Le premier , qui à l'état libre est solide, reste fixé dans les oi^anes de la plante , tandis que Yoxigèfie est restitué à l'air pour servira la respiration des hommes et des animaux et à la combustion des foyers et des lampes. L'acide carbonique absorbé par les racines et distribué par la sève , se trouve également, bien qu'à un moindre degré, soumis à cette réaction remarquable ^si étroitement liée à Faccroissement des végétaux et à rexistence du règne animal.
Tels sont y avec l'absorption d'une certaine quantité d'eau dont les éléments {hydrogène et oxigène; voir les tableaux chap. lY) sont fixés pour former Vamidon^ le sucre^ (voiries tableaux chap. lY : carbone) et les autres principes organiques , tels sont , dis-je , les phénomènes qui caractérisent la respiration des plantes pemfan^ le jour* La mnt ou dans robseurité il en est tout autrement ; l'acide carbonique de l'air n'est plus absorbé, et celui pompé par les racines ne se décomposant plus, s'évapore, avec l'eau de la sève, à la surface des feuilles qui Texhalent ainsi dans l'at-
mogpfaère. Bû mémà temps, leg.parties; V£cle6 aibsorhoiit , k nuit; un^ cartaine quantité d'oxigène à l'air, eb contrâ b^ent encore , par cette soustnaetton , & le viciée daTiâhtage[i De là le danger de coUdier dans un a[^arteinieiit fermq où se trouvent des^^ végétaux en pleine eroissanoe..
i6.™"Q. — Les plantes peuvent-elles respirer dans l'ea^?,
IL ~ Oui, de la même manière et aux mêmes condi* tions que celles qui croissent à Tair libre. Toutes les eaux, et surtout odles ou vivent des animaux ( poissons , mollus-' ques, insectes), contiennent de Tacide carbonique en' solution; d'un. autre cAté, à moins que Téau ne soittrès^ profonde, sa transparence est suffisante pour que Içe lumière ait un accès facile jusqu'aux feuilles^ du Tégëtal. Les deux circonstances essentielles pour que la respiration s'effectue , se trouvent donc réunies chez les plantes^ aquatiques*
l?-*»* Qi — Qu'appdle*t-oa excrétions?
R. — On donne ce nom aux matières qui n'étant pas* dénature à être assimilées par les végétaux , doivent être rejetées par eux , après avoir subi des transformations plus ou moins nombreuses pendant leur parcours, à travers les tissus. La plupart' des botanistes s'accordent à^ attribuer h la racine, la mission d'expulser ^t de rendre à la terre les substancesinassimilables qui lui sont rapportées par la sève descendante. Les feuilles , Técorce et' certains autres organes , paraissent susceptibles de cpn« courir à l'accomplissement de cette fonction. .
i9w'>!^ Q« •^XomHaeht s&faSt, géaé^eniént'^ l'aeerdis^i sèment des végétauls 2 /
-rit— .
• tt« — Jë ne cdBddërèrai FaeeiH)isseiiiefit des plantes' qflie S0U9 lerâpporide deux de leurs dîraensîans; de là, l'âd^oîssefDetit en hauteur et raccrdisseinent endiamètre.
' hè pPetiÀet a lieu par le dévdoppement du bourgeon qfai.tepmide toujours la tige de la plupart des végétaux de nos contrées. Ce bourgeon devient, comme dit Richard, mi âoiYVeau centre dé végétation d'où s'élève une jeune pousse, qui se développe de la même manière que celle qui Ta précédée; chaque année amène la reproduction du même phénomène , et accroit ainsi la hauteur de la tige. li est des- arbres , le sapin par exemple , où cet accroissement est des plus manifestes^.
Quant à l'augmentation en diamètre , je n'en parlerai que p^ativement aux ifoncs^^, afin de ne pas devoir entrer dàd9 des détails botanique» qui seraient obscurs pour mes ledteurs» Le tronc est l'espèce de tige caractérisant le plus grand nombre des végétaux de nos forêts; son accroissement en diamètre doit être attribué à la couche de cambium ou sève descendante, qui , chaque année , se vépand sons l'écorce , et qiit donne naissance à une nouvelle CGuéhe d'atibîer; l-aiicienne couche de celui-ci se transformant en bois. L'écorce aussi prend part à cet accroissement dans une certaine mesure. Il se forme donc tous les ans une couche ligneuse , de sorte qu'il est possible, en coupant transversalement un arbre au niveau du> sbl , de connaître son âge par le nombre de ces couches.
id^*^* Q« — Comment s'^ectue la fécondation des {liantes?
• RI --* .Le& fleurs renferment le* orgaiies sexuels des fégéta^x. Tlantôlfles organes mâles et les organes femelles soilt i^éunis dans là même fleur, tantôt une même tige
porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles; tantôt, enfin, les fleurs mâles viennent exclusivement sur une plante et les femelles sur une autre. Dans ce dernier cas , c'est l'air qui est Tintermëdiaire obligé entre les individus des deux sexes , séparés qu'ils sont quelquefois par des distances considérables.
L'organe mâle porte le nom d'anthère et l'organe femelle celui de pistil. Leur nombre est variable pour une même fleur.
Les anthères sécrètent une poussière plus ou moins colorée appelée pollen , qu'ils déposent , qu'ils laissent tomber , ou que le vent porte sur les pistils. Geux-ei la transmettent à l'ovaire qui, dès cet instant, est fécondé et se développe rapidement pour produire le fruit qui, luimême , n'a d'autre destination que celle de conserver la graine jusqu'au moment de la dissémination de celle-ci à la surface du sol.