‹ Eléments d'agriculture considérée dans ses rapports avec les sciences naturellesChapitre 72 sur 110 · Q. — Qu'entend-on par engrais verts · texte numérisé non relu

Q. — Qu'entend-on par engrais verts

R. -r- On désigne sous ce nom , les matières végâales fraîches, enfouies dans la terre, dans le but d'enrichi» le sol des principes que ces substances ont absorb^ç à Tatmosphère , par le fait de lepr croissance su|* le terrain pu leur enfouissement a lieu.

54i .^* Q. — Gomment utilise-rt-on les engrais verts ?

R, — Depx circonstances peuvent se prjésente|*| ou bien , on n'enfouit qu'une partie 4ie la récolte , ou bien , on l'enfouit toute entière.

Le premier cas se présente quand on fait la récolte des plantes racines et tuber€ul^^se;$ , des pemmçs de lerre , des carottes, des navets, des bettei^aves; il l'^te alors» $flP le terrain , des fanes et des feuilles qui peuvent servir soit de fourrage, soit d'engrais. En général, il ne parait pas fort aifrantageux de fajre passer ces parties ventes par le corps du bétail pour les eoQvevtiE en engrais^ à moiâs,

toute&is, de pénurie oo de disette de fintirage. Il vaut

mieux, ^sauf les cas particitUeps , ea terrer ces faaes eto^ feaîlles le plustôt possible après la récolte , et avant que leur décomposition putride puisse s'effectuer à l'air. On restitue aiojsi à la terre la plus grande partie des subs-c taiiees inorganiques qu'ils lui ont étié enlevées par la végé-* tation. M/ Boussingault évalue à 800 kilogrammes de fumier de ferme sec ( c'est-à-dire à 5,200 kilogrammes environ de fumier humide ) , la valeur fertilisante des fanes recueillies sur un hectare de pommes de terre. Le même auteur estime que les feuilles de betteraves, fournies par la même surface de terre^ équivalent à 2,600 kilogr. de fumier de ferme sec, c'est-à-dire, à 10,400 kilogr. environ, du même fumier humide. Il est clair qu'en enfouissant ces matières sur le terrain même, on économise, tout d'abord , les frais de transport d'une quantité équivalente de fumier de ferme.

On doit naturellement ranger parmi les engrais verts les plus énergiques , les récoltes que l'on enfouit en totalité lorsqu'elles sont parvenues à un certain degré de développement, car, de cette façon, le sol n'a rien perdu de ses principes , et s'enrichit de tous ceux que les végétaux ont aspirés dans l'air. Cette méthode est fort ancienne et s'emploie fréquemment dans le midi. Les plantes cultivées dans le but de les enfouir , sont les navets , le seigle, le sarrazin, le colza, la navette, les pois, les vesces , les fèveroles , le lupin , etc., etc.; cependant, on accorde généralement la préférence à ces dernières qui , ainsi que toutes les légumineuses , prélèvent le plus de principes à l'atmosphère.

On comprend aisément, au reste, que les effets avantageux qu'on obtient par les engrais verts sont, à cela

près de la nature productive ou stérile du sol , les mêmes que ceux qu'on prétend obtenir par la jachère ; celle-ci n*est qu'un moyen , lent et coûteux , il est vrai , de rendre à la terre par les végétaux qui y naissent, y meurent et s'y décomposent , les principes nutritifs qui lui ont été enlevés par les récoltes, et q^u*on ne leur restitue point par des engrais.

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