Q. — Qu'appelle-t-on composts
R. — On donne ce nom aux mélanges de plusieurs espèces d'engrais , auxquels on ajoute ou non des sels minéraux. Les composts ont à peu près la même composition que les fumiers de ville , auxquels ils ressemblent , d'ailleurs, par la multiplicité des éléments divers qui les constituent.
545."'^ Q. — Quelles sont les matières propres à la confection des composts ?
R. — Ces matières sont très nombreuses et, malheureusement, 'sont presque toujours perdues pour Tagriculture ; je crois utile de citer quelques->unes des substances dont on néglige journellement l'emploi, malgré leurs facultés fertilisantes ; ce sont :
La tourbe.
Les débpîs d'ëcorce de chêne des tanneries.
Le bois pourri.
La sciure de bois.
Les feuilles d'arbres»
Les mauvaises herbes.
Les plantes aquatiques.
Les débris de paille.
Les tiges de colza.
Les vieilles bottes de navettes et de céréales.
La poussière des grenier3 à foin et à grains.
Le marc des raisins.
Le marc des pommes h cidre et à vinaigre.
Les épluchures de légumes.
Les eaux de savons.
Les eaux des amidonneries.
Les eaux ménagères.
Les sables de route.
Les ratissures d'allées.
Les cendres de bois.
Les cendres de houille.
Les cendres de tourbe.
Les charrées qui ont s^vi au lessivage du linge.
La suie de bols.
La suie de houille.
Les cadavres de bétes mortes,
Les intestins ; poumons, foie, estomac, etc.^ des ani-
saauss: abattus.
Les os de bpueheries , eas^ raei^is.
Les poils»
L^s .eb^eiix.
Les plumes.
Les rognures de peau.
Les rapures ée cornes.
Les résidus des fabriques de colle.
Le sans des animaux.
Les chiffons de laine et de so(e.
Le limon des fossés , étangs et rivières.
La marne sèche, maigre et calcaire.
Cette énumération est bien longue déjb, et; cependant, elle ne comprend que les matières dont il serait fbreile de tirer, comme engrais, un excellent parti , surtout en les associant entr'elles.
344, wp Q, — Comment forme-|-onun compost?
R. — Les matières qui doivent concourir à sa foraaa»tion varient suivant la nature du terrain «ur lequel on veut l'appliquer. Je supposerai une terre argileuse et compacte : on fait une première coudie eomposée de plétrie de rebut, ou de piâtra.s et 4^ njbprtîer de démplition, sur laquelle on pose du fumier de cheval ou de n^oaton. Yiept ensuite une troisième cQuche faite avec des terres et ^gs sables ^ramassés sur les rpute3; avec de la vase des mares ou des fossés ^ dçs débris de paille et de fpin , ies plantes aquatiques , des roseaux , des mauvaises herbes provenapt ^gs sarclages, etc., «t^ enfin, on forQie ui^e qpa^rième couche avec du fumier de cheval ou de mouton. Bieatèt la fern^eqtation .s'ét^blit9 et on a soin d'arroser le tas avec le jus qui en découle 5 et, à défaut de purin, avec de l'urine, de l'eau croupie, etc. Lorsqu'on juge la fermentation assez avancée, on démonte les couches , on les mêle bien , et on transporte le ftimier sur les champs.
Si oq voulait, au contraire , former uq oompost pour
un terrain léger, calcaire et poreux , il faudrait employer des principes différents, et se servir, pour confectionner le tas, de marnes argileuses , d'argile cuite et écrasée, de fumier d'étable^ etc. , etc.
On peut, au reste, faire du compost avec toutes les matières que j'ai mentionnées plus haut, mais il importe de laisser le dessus du tas concave , c'est-à-dire plus ou moins creux, afin que le liquide^ avec lequel on arrose, y demeure et ne s'écoule pas par le pourtour du tas« Deux fois par an , au moins , on remue les matières et on les mélange bien ; pour prévenir le dessèchement , il convient d'élever les tas dans un lieu ombragé , et le mieux est de faire deux tas à un certain intervalle ; un qu'on commence et où on met les immondices récents; un autre achevé et qu*on arrose seulement en temps utile. Ces composts sont excellents pour les prés , sur lesquels on les répand au printemps.
345.'°'' Q. — Gomment emploie-t-on ordinairement les composts ?
R. — C'est surtout en vue des prairies que les composts sont formés; non-seulement on rend aur prés l'engrais qui convient à leur développement, mais, en même temps ^ on lés amende et on modifie la qualité du sol qui s'améliore ainsi peu à peu. C'est particulièrement pour les prairies humides, que l'influence des composts est avantageuse et de nature à leur faire produire d'excellentes herbes.
846. "»• Q. — Quelle est la composition de quelques composts ?
R. — On peut varier, de toutes les façons possibles, le nombre et la quantité des substances dont on peut se
servir pour faire des composts. Voici la compostion de quelques-uns :
Compost du Bourbonnais.
• i à 2 hectolitres ae colombine (fiente de pigeons). 2 à 4 hectolitres de cendres.
10 tombereaux de terre provenant du nettoyage des routes.
On prétend que ces quantités suffisent pour obtenir d'excellents effets sur un hectare de prairie.
Compost de Mj de la Giraudière,
Fumier consommé 350 kilogr.
Fiente de volaille iOO u
Purin ou urine 25 «
Sang de boucherie ...•*. 25 a
Terre .......... 200 «t
Sable . iOO «c
Chaux 50 fc
Charbon de bois en poudre ... IOO «
Cendres ...•••... 50 u
Total. ... 4000 kilogr.
LliectoHtrc de ce compost revient à fr. i,78.
Compost anglais.
Poussière ou cendre de tourbe . 906 kilogr.
Suie 45 4/2 «
Chaux 45 1/2 u
Sel marin 45 4/2 «
Salpêtre . 6 4/3 «
Crottin de brebis 20 hectol.
Os coupés ou broyés .... 54/2 «
On arrose ce mihûge avec de» urines et on le prépare pendant Thiver; on remploie ensuite dans le courant de juin , pour fumer un demi hectare.
Compost uniterselé
Potasse du commercé ^5 kilôgr.
Substances huileuses 18 i(
Sel marin S6 «
Chaux vive 2:5 «r
On mélange ces matières avec 27 hectolitres et demi
de terre, et on répand ce compost sur le sol comme on
y répandrait du plâtre.
Compost dit Stercorat.
Matières fécales ....... iO kilogr.
Urines 80 le
Argile pulvérisée ....... 2 u
Fientes de cheval et de mouton. . . 9 «
Charbon en poudre 10 «
Balayures des rues 8 a
Tourbe 4 «
Os brisés menus 4 «
Chaux éteinte 3 u
Total. . . 100 kilogr.
Compost de Mj Quénard.
Une couche d'herbages provenant d*étangs.
— de chaux vive, de cendres et de suie.
— de paille et d'herbages.
— de chaux vive, de cendres et de suie.
On continué de la sorte jitôqu*à ce que le tâs ait la teneur d'une voiture au moins, puis, an moyen d^uD bâton , on perce la masse d*outre en outre en plusieurs endroits et on verse de Teau ùa de l'urine dans ces trous, de manière à bien en pénétrer toutes les couches. On ne doit pas ajouter plus de chaux qu'il n'en faut pour mettre la fermentation en train ; un excès , au contraire , arrêterait édk-ci.
De l'Engrais Jtouffret.