‹ Eléments d'agriculture considérée dans ses rapports avec les sciences naturellesChapitre 77 sur 110 · Q, — Qu^appelle-t-on noir animalisé · texte numérisé non relu

Q, — Qu^appelle-t-on noir animalisé

R. — C'est un produit destiné à remplacer, comme engrais, les résidus de charbon animal provenant des sucreries. Ce noir s'applique à la terre, soit seul, soit

combiné avec des matières fécales qu'il jouit de la faculté de désinfecter à peu près complètement, et dont il rend ainsi la conseryation sans danger (i).

Z60.^ Q. — Gomment se fait le noir animalisé ?

R. — On choisit de la terre provenant du dépôt des rivières, étangs et fossés, et renfermant, par conséquent, une quantité notable de matières organiques, et on Fintroduit dans un appareil peu compliqué où elle est calcinée à l'abri du contact de l'air. La chaleur rouge sombre, à laquelle on soumet cette terre, décompose et carbonise toutes les substances végétales et animales qui s*y trouvent. Ce noir, sans être, à beaucoup près, doué des facultés du charbon animal des sucreries, jouit néanmoins d^une puissance désinfectante remarquable. Aussitôt qu'il a été passé au crible, on le mélange avec un poids égal au sien des matières infectes , molles ou liquides , qu'on veut convertir en engrais inodore. L'odeur disparait dès que le mélange est effectué , et la décomposition putride des substances organiques se trouve pour toujours ralentie. Les matières mêlées sont étendues sur un sol imperméable et sous des hangars qui les garantissent de la pluie , et remuées fréquemment afin d'accélérer leur séchage. Quand la dessication est parvenue au degré convenable, on ajoute à ce premier mélange une seconde, puis une troisième fois son poids de matières fécales, en opérant, après chaque addition, comme après la première.

(i) Voir le renvoi de la page 238 relatif à Terreur consignée dans an ouvrage récent, "k propos de la différence qui existe entre le noir animaiisé et la pomrette, .

L'odeur que répandent lessubstances, ainsi éUboqrées, est faible et n'est point insalubre. Quant à la durée de Fopération, elle est, moyennein^nt , d*un mois en été et de deux mois en hiver.

561 ."»• Q. — Quels sont les avantages que présente remploi du noir animalisé ?

R. — €e produit peut' être faciieraenC emmagasiné et, TU son faible volume , comparativement au ftimier ordinaire , il est d'un transport aisé , même yers les champs les moins accessible. Un antre avantage notable, c'est que sa nature pulvérulente le rend facile & répandre sur le sol avec une dépense de main-d'o^vre fort restreinte. Quant à la proportion de noir animalisé nécessaire à la Àimure d'un hectare , eHe varie selon les localités. Aux environs de Paris ^ où les cu-llures sont généralement épuisantes, on en emploie de âO à â5 heetâitres; à raison de 5^ fhincs l'hectolitre, cela fait une dépense de iOO à iâ5^ francs par hectare , sans compter la main-d'œuvre qui est peu de chose. Aux environs de Rouen , la qfuan* tité de noir animalisé dont on fait usage pour fumer nn hectare de terre, est notablement moindre que ci^dessus; il n'en faut que 45 hectolitres, soit 1800 kitdg. par hectare. Or, rbectoINre coûtant tf francs, auxquels il fiiut ajouter 50 centiiiies & 4 franc pour firais dei transport , il en résulte que la fumure d'un hectare revient au plus à 90 francs.

36Î."" Q. — Gomment répand-t*on le noircmimalisi?

R. — Cet engrais , 1 un des moins chers et des plus avantageux sous tous les rapports, se répand au printemps sur les prairies , en ayant soin de choisir un temps

humide. Poht les autres récoltes, oA le répand sur la semence, et on le recouvre en même temps que celle-<;i, à l'aide delà herse.

Du Sans; des animauxi

363^"* Q» — Gomment le sang peut-il être employé comme engrais ?

R. — ïl peut être utilisé à l'état frais et à l'état sec. Sous la première de ces deux formes son usage est fort restreint, et se borne au sang fourni par les animaux qu'on doit abattre dans chaque exploitation, soit pour en vendre la viande , soit pour cause de maladie.

564.™<'Q. — Gomment doit-on, dans les fermes, appliquer le sang frais des animaux qu'on abat ?

R. — La meilleure manière de n'en rien perdre serait de conduire ranimai sur un champ, de lui ouvrir les veines et de lui faire répandre son sang en marchant jusqu'à ce qu'il tombe* Quant aux autres parties , à l'exception de la peau , il serait avantageux de les couper en menus morceaux, qu'on répartirait et qu'on recouvrirait immédiatement âveé de la terre.

365.*"' Q. — Gomment peut-on tirer parti du sang des grands abattoirs ?

R. — Rien n*est plus facile; il suiSt de chauffer le sang à la température de Teau bouillante qui en coagule la plus grande partie. Celle-ci est enleyée au moyen d'une large écumoire, égouttëe^ pressée et séchée, soit à l'air, soit au four. La masse friable est alors pulvérisée et mise en tonneaux pour Texpédition.

SôO."* Q. — Le sang est-il un bon engrais ?

R. — C'est à coup sûr un des meilleurs , non-seulement parce qu'il renferme i5 à 14 pour cent d'azote, mais aussi parce qu'il contient un grand nombre de sels et notamment des phosphates, des chlorures et des sulfates alcalins et terreux, très utiles aux végétaux. M.' Payen prétend qu'un kilogramme de sang sec représente 5 kilog. d'os pulvérisés ou 7â Idlog. de bon fumier de cheval. On doit l'employer de préférence au printemps et dans le cours de tout l'été , quand on prévoit des pluies prochaines. Cet engrais agit rapidement.

Hé» dlwers débris d'antmaiix.

567."* Q. — Comment peut-on tirer parti , comme engrais , de la chair des chevaux abattus ?

R. — Dans les abattoirs de chevaux, on procède de la

manière suivante : on introduit les cadayres dans des chaudières où on les fait bouillir pendant un temps plus ou moins long , afin de pouvoir détacher aisément la chair des os. Cette chair est ensuite mise à sécher^ soit au soleil ^ soit à rétuve, puis pulvérisée et mise en tonneaux. Il est à regretter qu'on doive soumettre la chair à l'ébullition pour rendre le déchamage plus facile , car cette manœuvre enlève à la chair une proportion notable de matières solubles d'une grande énergie comme engrais. La viande séchée est un produit d'un prix assez élevé, à cause des autres usages qu'il possède.

368."* Q. — Gomment doit-on traiter les animaux tués ou crevés , dans les fermes ?

R. — L^animal tué ou crevé est placé immédiatement dans une fosse de peu de profondeur, au fond de laquelle on a mis une couche de chaux; le cadavre est lui-même saupoudré d'une quantité suffisante de cette matière caustique. Gela fait , on recouvre le tout avec de la terre , provenant de Texcavation creusée , de manière à former un monticule qui dirige de côté les eaux pluviales. Au bout de quinze jours , si Ton n'a pas ménagé la chaux , on peut ouvrir la fosse et séparer assez aisément la chair des os, qui sont mis à part. Quant à tous les autres débris , on les mêle avec la meilleure terre que l'on possède et dans la proportion approximative d'une partie de terre pour six parties de matières animales en poids. Après un mois de repos , et avant de se servir de ce <»mpost, on le bêche pour que le mélange du tout soit intime, et on le répand sur le terrain qui a reçu son dernier labour. On passe ensuite la herse, afin que l'incorporation de Tengrais avec le sol soit aussi parfaite que possible.

569.*^ Q. — ConitDént peut-on utilîëer tés débris des tii^rm, des homcheries, des marchés aux pmsisom^ etc«

R. — Les iotestîns, poumons, cœuf , ^ston>ac, etc., provenant des tueries et abattoirs, ainsi que les déchets des poissonneries, sont d^un excellent emploi comme engrais. Il suffit de les mélanger ^veç six \ sept fois leur poids de bonne terre sèche , qui ne seit pas trop sablonneuse, mais plutôt ^argileuse. Ce compost est ensuite enfoui m milieu du tas de fumier^ qu^on doit fréquemment arroser.

370."* Q. — Peut-on tirer parti des écailles de nvoules, huîtres, etc.

A. *^ Certaineiaent , et ces matièresi, grossièrenient pulvérisées, seront très convenables pour les terres à froment , par exemjile , eu raison de la proportion de phosphates de chaux et de magnésie qu'elles renjèrmenlc

SECTIONi 8.

Des Os considérés comme En^ats*

57<1 me Q^ — Comment les os peuvent-iïs servir d*engrais?

R. — Il est bon de leur faire sulâr, afvant^de les tm*' [doyer, quelques modifications essentielles* On tommeneè pmr les faire tMiuillir avec de l'eau, dans «ne (^udîere en fonte f la graissé , Qu'ils contienneat en assez foiiç

proportion , se liquéfie par la chaleur et vient surnager l'eau , à la surface de laquelle <m la puise avec une cuiller Cette substance a une assez grande valeur^ et, dans le* commerce, on la mélange avec les suifs. On ne pourrait , d'ailleurs , se dispenser d'extraire la graisse , car elle serait un obstacle à la décomposition des os dans le sein de la terre. Lorsque les os sont égouttés, on les broyé entre des cylindres en fonte et on les réduit ainsi en une poudre grossière.

572 me Q^ Quelle est la valeur de la potidre d'os, comme engrais ?

R. — Elle est grande pour plusieurs raisons. D'abord, les os sont riches en phosphate, et mém6, en carbonate et stUfate de chaux ^ ensuite, ils renferment une proportion considérable de gélatine, ipatière animale fort azotée* Enfin , et c'est là le grand avantage qui caractérise l'emploi des os, ils ne sejlécomposent que très lentement, 4e sorte q«ie leurs effets se font sentir pendant plusieurs imnées. Ce que je viens de dire ne s'applique qu'aux os qui n'ont point servi de matière première pour la fabrication de la eolie forte.

C'est en Angleterre surtout que les os sont fréquemment employés; on payejusqu^à 15 et même i 8 francs Thectolitre de poudre d'os , laquelle est mise sur les terres à raison de 10 à 40 hectolitres par hectare. La composition de cette matière pulvérulente est :

Matière animale et gélatine. . • . 45,86 Phosphate et carbonate de chaux. 1

Silice > 56,44

Oxide de fer . . . • é . . ] ^^^

Iles poils» des plaines» des chiffons de laine et de sole 9 des déeheto des tanneries» etc*

373."« Q. — Ces matières peuvent-elles être considé-* rées comme engrais ?

R. — Parmi elles, il en est qu'il serait difficile d'obtenir en quantité suffisante pour en faire un emploi exclusif, tels sont les poils , les plumes et les chiffons de soie; mais il en est autrement pour les chiffons de laine et pour les débris de peaux provenant des tanneries.

Ce n'est que depuis quelques années que l'importance de ces matières et , spécialement ^ celle des chiffons de laine, a été bien appréciée. Toutes ces substances, bien que d'un aspect différent , ont une composition à peu de chose près identique , et renferment environ ii k il pour cent d'azote. On voit , par cette circonstance seule , qu'elles doivent être d'un excellent emploi.

374. me Q^ — Comment doit-on employer comme engrais, les chiffons de laine ^ les poils ^ les plumes, etc.

R. — Un des plus grands avantages que présentent ces déchets enfouis dans le sol, c'est la décomposition très lente dont ils sont le siège , extrême lenteur qui donne aux effets quils produisent une persistance qu'on recherche vainement dans les autres matières animales, sans même en excepter les os. Quand on se décide à fumer un champ avec des chiffons , il faut avoir égard à la nature

d^ végétaux qu'on y veut cultiver. Ainsi, par exemple, lorsque les plantes doivent parvenir rapidement au terme de leur croissance, condition qui nécessite un engrais actif et stimulant , les chiffons ne sauraient convenir ; il en serait de même pour les végétaux qui ne reclameraient point, pour leur organisation, une grande quantité d'azote.

375."** Q. -^ Quelle quantité de chiffons de laine^ de plumes, de poils, etc., doit-on employer pour la fumure d'un hectare ?

R. — Un cultivateur de Seine-et-Marne, à ce que dit Boussingault, fume un hectare de terre pendant trois ans avec 5,000 kilogrammes de chiffons de laine, coûtant 180 francs et remplaçant 45,000 kilogrammes de fumier, d'une valeur de 31 5 francs. Au bout de 3 ans , ce cultivateur donne du fumier de ferme , également pour 3 ans , et revient ensuite aux chiffons.

En Angleterre, on met 1,600 kilogrammes de chiffons menus par hectare. Les plumes, les poils, etc., s'utilisent de même. On a conseillé de désagréger et même de dissoudre tes matières dans l'acide sulfurique ; mais cette méthode est coûteuse.

Des Tonrteaiix A des Eanx de savon.

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