Q. — Que nomme-t-on tourteaux
' R. — On appelle ainsi le résidu de l'expression mécanique des graines oléagineuses. Les tourteaux sont assez
fréquemment employés è k nounriUire des bestknx; ils renferment encore environ i 5 pour cent d*huile.
577 me Q^ Pourquoi les tourleaux peuvent-ils être considérés , en général , comme d'excellents engrais ?
R. — Parce qu'ils contiennent une quantité notable d'azote, quantité, au reste, fort variable^ puisqu'elle se trouve entre 5 i/â et 9 pour cent; il y existe aussi des ma* tières inorganiques et des sels terreux , particulièrement des phosphates et des sels de potasse. On peut, en outre,
Ear l'emploi des tourteaux, réaliser quelquefois de notables énéfices comme frais de transport , la quantité de tourteaux nécessaire à la fumure étant beaucoup moindre que celle du fumier de ferme qu'elle est susceptible de remplacer. Cette considération est importante quand il s'agit d'engraisser des terres dont l'accès est difficile.
578."»* Q. — Gomment applique*t-on les tourteaux à l'engraissement du sol ?
R. — On peut s'y prendre de deux manières :
i.* On réduit les tourteaux en poudre et on sème celle-ci sur la terre , seule ou mélangée avec la graine dont on veut cultiver la plante.
2."* On délaie les tourteaux dans une mare, dans le liquide de la fosse au fumier ou dans une citerne contenant de l'eau ou de l'urine. On attend que ces tourteaux aient éprouvé une fermentation putride plus ou moins complète , après quoi on arrose le terrain avec le liquide fétide qui en résulte.
La dernière méthode est peut-éU*e la plus coûteuse, mais la première , bien que très iacile à mettre en usage ,
ne doane jm toujours de bons résultats. M.** YilmorJn , iiyaiit semé du tourteau de colza eu poudre sur du trèfle înearnat^ immédiatemefit après la semence , la récolte Bianqua eomplètemeat^ il en fût de même sur des veaees et des pois gris d'hiver. Duhamel, recommunde d'appliquer le tourteau dix à douze jours avant de semer le grain.
379."»« Q. — Sur quels terrains et dans queUes eir^ oonstances doit-on appliquer les tourteaux comme engrais ?
R. — On préconise surtout leur usage pour les terrains sablonneux et légers ; il convient alors de les répandre en poudre, lorsqu'on veut appliquer les tourteaux sur des terres argileuses, il est préférable de se servir du liquide fermenté et putride dont je viens de parler plus haut. Le temps pluvieux est favorable au semis du tourteau , et on considère son effet comme certain s'il pleut dans les 15 jours ou dans les trois semaines après son application. Le temps sec, en retardant et en arrêtant même la décomposition du tourteau, en rend leseffets immédiats très peu sensibles ou presque nuls; mais, dans ce cas, il agit sur les réécrites suivantes. Quand , au contraire , l'humidité est suffisante ; cet engrais agit avec une promptitude et une énergie remarquables*
580.™* Q. — Quelles sont les quantités de tourteaux employées pour la fumure d'un hectare ?
R, — » Ces quantités sont variables suivant les cultures et, surtout, selon la naturedusol. En Angleterre, on donne environ 1,000 kilogrammes de tourteaux par hectare. En Flandre, on en met JkSQÙ kilogrammes par hectare sur les qécéales et on. le répand sur les graifis levés avant
rhiver. Cette méthode expose & perdre une paitie de Tengrais, ou plutôt de son énergie, à cause de l'actioa des pluies , qui peuvent entraîner la plupart des produits solubles résultant de la décomposition du tourteau dans le sein de la terre*
381 ."• Q. — Comment les eaux de savon peuvent-elles être considérées comme engrais ?
R. — Ces eaux contiennent des matières grasses qui étant saturées par des alcalis, (potasse, soude, chaux) , sont solubles , et fournissent aux végétaux des aliments facilement assimilables. Les bases alcalines aident puis<^ samment aussi au développement des plantes. D'ailleurs, les eaux de savon renferment des substances azotées enle* vées aux corps qu'ellçs ont servi à nettoyer.
SECTION il.
De la drècAe, du marc de raisin t de la pnl^e do
betteraves et de pomme de teirre» 4a mare
de pommes et des résidas des ralHocHes de «itcre*
382,"*" Q. — Commçnt. ces matières, peuventrelles être employées pour engrais, et Quelle est l'énergie dç chacune d'elles ? . .
R. — La drèche sert à la û^mf iture du bétail , mais est aussi susceptible dé fo^mier un bon engrais^ On peut.
remployer fraiche'ou sëchée; à ce dernier état, elle ëquî^ vaut à deux fois et demie son poids de fumier de ferme. Les Anglais en. mettent, par hectare d'orge bu defroménl^ de 35 à 52 hectolitres, à ce que dit Sinclair.
Le marc de raisin est un excellent engrais, surtout si on l'applique à la fumure des terres plantées en vigne^ car il rend au sol une paille notable des éléments qui lui ont été enlevés par la récolte. Sa décomposition est lente à cause de la dureté et de la résistance des pépins ; c'est pourquoi on le fait ordinairement macérer avant de le répandre. Dans les environs de Liège et de Huy , le marc de raisin doit avoir beaucoup d'importance.
La pulpe de betteraves est un bon aliment pour les bestiaux , quand elle est fraîche et qu'elle a été bien ex« primée. La production dépassant souvent la consommation , l'excédant est utilisé comme engrais. La pulpe retient ordinairement 70 p. ''/o d'eau et équivaut à 85 pour cent de son poids de. fumier de ferme. Les tranches de betteraves épuisées, sont dans le même cas que la pulpe.
la pulpe de pommes de terre obtenue dans les fabriques aamidon, quand elle ne sert pas de nourriture pour le bétail , peut-être employée comme engrais. Sèche , elle équivaut à son poids de fumier de ferme. Les eaux de lavage de la pulpe de pommes de terre contenant aussi des principes azotés , et produisant quand elles se putréfient des émanations malfaisantes, il est utile et avantageux de les répandre sur lés terres; 100 kilog. de ces eaux en valent i 7 de fumier humide.
Le marc de pommes à cidre ou à vinaigre est un bon engrais, qui équivaut à peu près au fumier ordinaire. En Koimaodie, on l'emploie sur les prairies et, surtout, sur les plantations de jeunes pommiers; cette dernière mé-
tbode est fort ratMiineHe. On ^éut s^en servir tel sort àts presses , oa bien , oomme èo Aagleterrè , après en «Toir lait un compost avec de bi oluiinx.
Le noir animal des raffineries de sucré est an rédda fort riche en azote , surtout quand on emploie le sang à la clarification des sirops. On ne doit pés se servir de cette matière aussitôt après sa sortie deslaUviqued^, mais bi^Ei après l'avoir conservée en tas pendant on mois ou deux.
SECTION i2.
DtD la Soie 9 Ae» Ceadk'eA dkarboiuieiures ei d«s eÊÊété
de Técoliuiige*
SSS."'* Q. — Quelles sont les propriétés de la-MiiV?
. R. — Elles varient suivant la naturç du combustible dont provient la suie. La suie de bois renferme une plus grande proportion de matières salines que la suie dé houille, laquelle contient, en revanche, plus dç prîûr cipes azotés et ammoniacaux; en outre, il est une circonstance qui explique fort bien l'avantage que pré^ent|^ remploi de cette dernière; à yolumes égaux, la sple dé houille ayant une densité plus grande que celle an, hoh^ un hectolitre ,^ par exemple ) de çelle-là, repferme repliement plus de substances fçrtiU^^ntes. . /
384 ."•Q, -^ C<>mhien emploie-t-on de suieifmfM fiimure d'un hectare ? , -, :
— ÎS5 —
B. — On etk iii€t gën^ralement 48 heclolttlres par hectare, quand on la répand sur les trèfles et ks jeuaes froments. En Flandre, on utilise surtout eçtengraiia sur les semis de eolsa destinés au repiquage « et. on eroit que la suie empêche les jeunes plantes d*étre attaquées pai^ les insectes. Près de Lille, la dose ordiRaire est de 50 hectolitres par hectare.