Q. — Qu'est-ce que Vargile
R. — C'est un composé d'alumine ( oxide d'aluminium ) , de silice ( oxide de silicium ) , et d'eau. L'argile pure est blanche , douce au toucher, happant à la langue. Elle forme avec l'eau une pâte liante qui , en se séchant, se fendille dans tous les sens ; de là les crevasses que Ton remarque sur les terres trop glaiseuses pendant les temps, de sécheresse.
4 H ."^^ Q. — Quelle est l'utilité de Vargile dans les sols î
R. — Elle est fort grande, pour autant que la quantité d'argile ne soit pas trop considérable. En effet, un terrain exclusivement sablonneux ou calcaire est stérile , parce qu'il ne peut, pour ainsi dire, rien garder de Teau que la pluie répand à sa surface, et qui passe à travers le sol comme à travers un filtre. Quand, au contraire, l'argile entre pour une proportion notable dans la matière du
terrain , une grande partie de l'eau est retenue par Tar* gile avec laquelle elle forme une espèce de pâte d'une dessication très lente, et qui offre aux racines des végétaux l'Lumidité nécessaire à l'accomplissement de leurs fonctions. Au reste, il ne faut pas que l'argile soit en proportion très forte, car elle rend le terrain trop résistant, trop compacte , peu perméable aux gaz et à l'air, et ne permet d'ailleurs pas aux racines de se développer à l'aise. Il est bon de savoir que toutes les argiles contenant de petites quantités d'ammoniaque , sont , par cette raison même, favorables à la culture d'un grand nombre de végétaux.
412."* Q. — Gomment Yargile peut-elle étrc employée à l'amendement des terres ? «
R. — L'argile sera un élément puissant de fécondité pour tous les terrains trop sablonneux ou trop calcaires, car, dans ces cas désavantageux , elle aura pour effet de donner au sol plus de résistance et de stabilité , tout en lui permettant de retenir une partie de l'eau provenant des pluies ou des irrigations. J'ai déjà dit que le sable et le calcaire purs constituent des filtres très perméables à travers lesquels l'eau s'échappe et ne séjourne pas ; Targile remédie à cet inconvénient, qui est surtout grave dans les contrées où les sécheresses sont assez fréquentes < L'argile présente encore d'autres avantages précieux. D'abord , elle contient toujours une certaine quantité d'ammoniaque qui tourne au profit des plantes , et en absorbe une nouvelle portion , au fur et à mesure de la décomposition des engrais. Ensuite , l'argile renferme de la silice dans un état très propre à l'assimilation végétale , et c'est là une des raisons pour lesquelles le froment se développe si bien dans les terres convenablement argileuses.
On a employé avee un grand succès Targlle cuite à Famenàement des terres; sous cette forme l'argile est plus poreuse et, partant, plus susceptible d'absorber les ânanatlons ammoniacales et azotées provenant soit de Ykir atmosphérique , soit des matières végétales ou animales en décomposition dans le sol.
On répand directement l'argile sur le terrain^ et on en fcit ensuite la répartition la plus unifinrme que possible. On a, depuis quelques temps, eu Tidée de répandre l'argile sur le sol avec les eaux d'irrigation, dans lesquelles la ma* tière serait d'abord délayée au moyen d'une agitation mécanique. Cette méthode peut être bonne, lorsque la pente d écoulement est assez forte pour que Teau chemin^ avec une vitesse suftsante pour pouvoir entraîner l'argile et pour empêcher son dépôt. C'est surtout quand Targile a été desséchée ou quand elle a été pulvérisée par la gelée , que sa distribution est facile. Quelquefois, on la dessèdie, sans la torréfier au point de la durcir , par la combustion de tas formés d'herbes parasites, de brous-* sailles , etc.
Iles Seb aloaHiMu
415."* Q. — Comment les sels alcalins , à base de poîasse et de soude , peuvent-ils être favorables à la végétation?
R. — L'utiUté des sels de potasse et de soude au point de vue du développement de certaines espèces végétales
ne is^yrait être niëe; cette efficacité se comprend, d'ailleurs , qoand on songe que les cendres des plantes renfermeiit presque toutes de la potasse et de la soude, qui , pour se rencontrer dans les plantes, doivent avoir existé dans le sol. En outre, il est démontré que quelques cultures exigent impérieusement remploi d'engrais renfermant beaucoup de sels alcalins ; ainsi , par exemple , la vigne et l'oseille, qui toutes deux sont riches en sels organiques dépotasse, réclament la présence de cet alcali dans la terre où elles croissent , car Fair , à coup sûr , ne pourrait leur fournir ce principe. De mémC; les plantes marines qui doivent servir à produire^ par leur incinération, la soude du commerce, doivent, avant tout, trouver cette matière dans le sol qui les supporte. J'ai déjA indiqué (q. 255 et suivantes) la source des substances alcalines et les proportions; fort minimes, il est vrai, quoique suffisantes, dans lesquelles ces matières existent dans les différents terrains.
4l4."»e Q, — Quels sont les sels alcalins qui peuvent être appliqués à Tamcndement des terres ?
R. — Ce sont : le sel commun ( chlorure de sodium ) , le sulfate de soude ^ le nitrate de potasse ( salpêtre ) , le nitrate de soude et le silicate de soude ( verre à vitre) qu'on pulvérise et qu'on prépare, en Angleterre , pour les besoins de l'agriculture.
ils.*»» Q. — Quels sont les résultats obtenus par l'emploi de ces sels alcalins ?
R. — M.' Lecoq a publié des recherches d'après lesqjuelles on devrait conclure que le sel commun , employé à .la dose de 150 à 300 kilogrammes par hectare , favorise
la culture du lin , du froment , de l'orge et de la luzerne. Le sulfate de soude et le chlorure de calcium produiraient, parait- il, le même effet. MM. De Dombasle et Putîs ayant tente des essais dans ce sens , n'ont pas, il est vrai, obtenu le même résultat, mais cela tient, probablement, k ce que ces derniers observateurs ont opéré sur des terres qui renfermaient déjà une proportion convenable d'éléments alcalins; dès lors, on le conçoit, la quantité ajoutée par eux était en excès, c'est-à-dire se trouvait être inutile et ne pouvait avoir d'influence sur le développement des cultures. Il est présumable, par contre, que M.' Lecoq expérimenta sur des sols dépourvus de matières alcalines et auxquels, par conséquent , les sels alcalins introduits donnèrent la fécondité qui leur manquait de ce chef. Relativement à l'emploi du sel commun qui , par son abondance et son bas prix ( surtout exempt des droits pour Tagriculture ), pourrait constituer un amendement fort avantageux , il est une observation à faire , c'est que les plantes qui contiennent tant de soude, ne la renferment pas à l'état de chlorure de sodium , bien que ce sel soit le point de départ de l'alcali en question. Cela vient de ce que la chaux et la magnésie, à l'état de carbonates, qui entrent dans la constitution du sol^ décomposent le sel commun et le convertissent , en échangeant leurs éléments , en carbonate de soude. Voilà pourquoi le sel commun ou sel marin ne peut être utile comme amendement^ que dans les terrains qui renferment suffisamment de carbonate de chaux.
Le nitrate de potasse a été depuis longtemps préconisé comme engrais minéral , mais son prix élevé est un obstacle pour ainsi dire insurmontable à son emploi sur une grande échelle. Quant à son action , elle ne saurait être
mise en doute , et l'énergie que communiquent à la végé» tation les plâtras et les débris salpêtres en est la preuve. Le nitrate de soude est une combinaison de soucie (oxide de sodium ) et d'acide nitrique ( acide formé d'azote et d'oxigène ) , plus énergique encore que le nitrate de potasse et qui se trouvant au Pérou , naturellement et en abondance , peut s'employer chez nous au prix de 50 à 60 francs les cent kilogrammes. Des essais nombreux ont été faits au moyen de ce sel à la dose de i25 kilogrammes par hectare. M.' Barclay a obtenu les résultats suivants :