CHAPITRE IX
Amendements I des Cngraia minéraux artillelel8«
SECTION l.«
Des Cendres de bols et de tonrlie«
422 ,«• Q. — Gomment distingue-t-on les cendres de bois?
R. — En cendres non lessivées et en cendres lessivées}. les premières, sont telles qu'elles résultent de la par&îte combustion des matières végétales ; les secondés, coùsti-»'^ tuent les résidus auxquels donne lieu le lessivage deceUe&^ ci dans les savonneries, en vue d'en utiliser la potasse pour> la saponification des huiles , du suif ou de la résine.
423."'« Q. — Quelle est la composition des cendres de bois non lessivées?
R. -^ Elle doit nécessairement varier suivant les èssen» ces végétales ^ et ausst sdon la nature des terrains oàcroissent les plantes qui les ont fournies. En général, eHes renferment de la silice, des phosphates de chaux, de magnésie, de potasse et de soude^ des sulfates de ces bases, et des carbonates 4kiatiiis et notamment dépotasse;
tbtites ces substances sont éminemment prdpires & fai^ôri-' ser la végétation. Dans l'industHe, on fait un ftétfaent' usage des cendres de bois pour obtenir la potasse et pour fabriquer les savons; c'est pourquoi leul* emt)l(]Jl eu agfi-' culture est très restreint , malgré leur énet*^îe et l'actlvltë' qu'elles commulniquerït' à' la végétation. En Anglèté!i*e, cependant, on applique assez H'équernment lès cérifdrës^ de bois aux sole graveleux et oh eu -met, au'prfntènîps', jusqu'à 55 béctolitres par hectare.
424 ,™« Q. — Comment peut-on employer les cendres de bois lessivées?
R. '-^ Ces cendres, q«i ont servi à préparer lés lossftes des savonniers , ne renferment que leë parties insoluble» qui les constituaient , plos une assez grande quantité de la chaux qui a été ajoutée pour rendre la potasse caiistH' que. Quand les lavages n'ont point été poussés trop lojn, il se peut que quelques sels sohibles alcalins existent en-, core dans ces cendres , qui sont d'un emploi avantageux; et économique. On en met le plus souvent 4(y h 60 hectolitres par hectare, mais dans les localités ou cites soht à très bas prix onf en^répand jusqu'à 150 hectolitres f]k)ur la même surface ^le terrain. (Xn applique les cendres lessivées comme la^haux^ seulement on ne donne un léger labour qu'après une-petîte -pluie suffisante pour humecter
16 soi. a 1 « 3 '> > • «
42ô.™« Q« — Qu'est-ce que la tourbe?
R* — C'est le produit de la décomposition lente des végdtaux'daiis le seih de la terre ou des eaux stagnantes.
Cette altération n'est pas ancienne, d*ailleurs, car on peut reconnaître dans la tourbe la nature des plantes qui lui ont donné naissance. La tourbe renferme les mêmes éléments que les végétaux, et contient, le plus souvent , une proportion d*azote supérieure à celle qui existe dans les plantes vivantes. On peut donc employer la tourbe comme engrais soit directement , soit en la mélangeant avec un peu de chaux pour faire des composts. La tourbe est, dans certains pays, le seul combustible de la classe pauvre et ouvrière.
426."'* Q. — Quelle est la composition des cendres de tourbe?
R. — Ces cendres ont une composition assez variable; voici les analyses des cendres de quelques tourbes; elles prouvent combien ces produits diffèrent les uns des autres sous le rapport des éléments qui les constituent :
A. Tourbe de Château-Landon. ( Seine-et-Marne ). Elle laisse d*après Berthier, 19 pour cent de cendres composées de :
Chaux caustique i 61
Carbonate de chaux ) '
Argile 7, 5
Silice i5,
Alumine 7,
Oxyde de fer 9,
Carbonate de potasse 0, 5
B. Tourbe de Voitsumra (Frontières de Bohème).
Elle laisse, en brûlant, 4, 7 pour cent de cendres composées de :
Silice 56, 5
Alumine 17, 3
Oxyde de fer. ....... 53,
Chaux. ......... 2,
Magnésie . . . . . . . . . 5, 3
Sulfate de chaux. ...... 4, 5
Chlorure de calcium ..... 0, 5
Charbon non brûlé 2, 7
C. Tourbe de Vassy. ( Marne ). Elle donne 7, 2 p. c. de cendres formées de :
Argile il,
Carbonate de chaux. ..... 51, 5
Sulfate de chaux 26,
Oxyde de fer 11, 5
D. Tourbe de Framont. (Vosges). Elle laisse 5 p. c. de cendres contenant :
Silice 40
Alumine
Oxyde de fer
Chaux. . , 30
E. Tourbe d& Èa^uenau. (Bas-Rhin). Elle produit i2, 5 p. c. de cendres renfermant :
Silice . .
Sable . • Alumine .
Ghaux^ • Magnésie .
Oxyde de fer Potassé et soude Acide sulfurique Chlore. • •
iOO,
427."*» Q. — Comment appliqiie-t-on les cendres' de tourbe h l'amendement des terres ?
R. — Les! effets obtenus par l'emploi des cendres de tourbe varient suivant, la .composition de ces cendtes, laquelle diffère beaucoup comme on a pu le Voir ; cependant ^ elles peuvent , le plus souvent , remplacer Tapplîcation du plâtre, ce qui tient au sulfate de chaux qu'elles renferment pour la plupart. On doit généralement se défier des cendres rouges et d'une grande' pesanteur -, ca|* ces caractères indiquent l'existence de beaucoup d*bxyâé de fer, qui s'y trouve fréquemment à l'état de sulfure 5 or, ce composé en s'oxiigénant dans la terre et en se transformant-en sulfate de fer, peut, en fortes proportions , exercer sur les plantes une influente nuisible. On doit choisir' les cendres blanches et dont le poids moyen soit de 5Û"kirpgt*ammes à Thectolitre sec. Ces bonnes cendres conviennent^ pour ainsi dire, à toutes les cultures , mais
particulièrement aux trèfles. On les répand soit^èches^jsoit humectées, à la dose moyenne de SO hectolitres par hectare ; mais en Hollande^ d'après Boussingault , on en met quelquefois^ à deux reprises, de 90 à i 25 hectolitres p^ hectare de trèfle. On en fait également usage dans la culture du houblon, et Sainclair assure que mises en petites quantités au pied de chaque plante, les cendres de tourbe la préservent de Tattaque des insecte^.
Be la HoaUle et des Cendi^es qu'elle ffonnilt.