‹ Eléments d'agriculture considérée dans ses rapports avec les sciences naturellesChapitre 95 sur 110 · Q. — Quelle est la composition des sols caljcairès · texte numérisé non relu

Q. — Quelle est la composition des sols caljcairès

R. — Le carbonate de cbaux en forme toujours la base, mais il se trouve mélangé avec plus ou moins de sable, d'argile, de marne et de terreau. Chacun de ces mélanges, tout en participant de la nature calcaire du terrain , donne une certaine direction à la culture, ainsi que je le dirai plus bas.

4SI :™* Q. — Quelles sont les facultés des sols calcaires au point de vue des diverses cultures ?

R. — Lorsque le terrain calcaire est fort sablonneux isa fertilité est presque nulle. Il en est autrement quand il e&t .marneux et surtout argileux , ce qui s'explique facilement par rintervention des divers principes que représente une constitution semblable. En effet, avec Targile et la marne se trouvent les silicates , les phosphates , les alcalis et Tazote, c'est-à-dire les éléments les plus précieux de la splendeur végétale ; de là , les récoltes de froment, d'avoine, d'épeautre, de colza, de Irèile, de fèves, quand le terrain renferme environ 1/4 de glaise et •3/4 de calcaire et de sable; dans des rapports différents, les avantages présentés par le sol calcaire diminuent pro- :portionnellement.

452.™* Q. — Quels amendements convient-il d'appliquer aux sols calcaires?

R. — C'est encore le bon sens qui doit guider dans cette circonstance, et qui indique que c'est à l'argile, & la terre glaise , & la marne argileuse , au limon des rivières^ etc., qu'il faut avoir recours pour donner au terrain les propriétés qui lui manquent* Ces amend&>ments rendront le sol calcaire moins divisé, moins perméable à Tair, moins sec , plus hygrométrique , en même temps que sa nature chimique, se transformant, permettra d'y cultiver les végétaux dont les éléments ne se trouvent pas dans les terres exclusivement constituées par le carbonate de chaux et le sable.

iSS."' Q. — Quels sont les caractères et la composition des sols sablonneux ?

R. — Us renferment jusqu'à Oâ pour cent de sable et ne contiennent qu'une très petite quantité d'alumine, d'oxide de fer, de chaux, de magnésie et de terreau. Cette terre est sans consistance , sèche , n'absorbe pas l'humidité de l'air et laisse filtrer l'eau presque au fur et à mesure que celle-ci y tombe. Elle absorbe la chaleur avec une énergie d'autant plus à craindre que sa porosité détermine promptement Tévaporation de l'eau qu'elle contient. On donne assez généralement le nom de terres légères aux sols sablonneux. On voit , par l'exposé des caractères ci-dessus , que les terres sablonneuses , même celles qui renferment le moins de sable , ne doivent point offrir une végétation très variée ni très vigoureuse^ car il leur manque plusieurs des éléments essentiels à la pros* périté des récoltes , et les engrais , en vertu de la porosité du sol , s'y décomposent avec une grande promptitude ; de là , l'obligation de procéder comme pour les terrains calcaires > c'est-à-dire de ne fumer que peu et souvent.

454.*"* Q. — Quelles sont les facultés des sols sablonneux au point de vue des diverses cultures ?

R. — Les végétaux qu'on peut récolter sur les terres sablonneuses appartiennent, en général, aux espèces peu nutritives , c'est-à-dire , à celles dont il faut consommer davantage pour arriver à une nutrition satisfaisante. Cela s'explique d'ailleurs aisément par la constitution du sol, qui ne peut céder aux plantes les éléments qui lui font défaut. £n outre , il est rare que les récoltes soient abondantes dans les terres sablonneuses, et c'est ce qui rend leur culture coûteuse et peu profitable en général. Le seigle, l'avoine, les navets, le sarrazin, les topinambours , les pommes de terre et les carottes sont les végétaux que peuvent le mieux produire les terrains dont il s'agit et surtout le sable marneux. Il est bon de noter, que pour tirer d'un sol sablonneux le plus grand avantage possible, il faut l'engraisser avant chaque récolte qu'on se propose d'en obtenir. Mais , on ne doit pas se le dissimuler, il n'y a qu'un moyen infaillible de rendre bon un sol de sable , c'est de l'amender au moyen de substances minérales.

455."* Q. — Quels amendements convient-il d'appliquer aux sols sablonneux ?

R. — Les terrains sableux outre la promptitude avec laquelle ils perdent l'eau, sont peu fertiles, pour deux raisons ; la première , c'est qu'ils sont trop meubles , trop divisés, et cet inconvénient est encore augmenté par les labours, à tel point que, lorsque ceux-ci sont fréquents, les grains réussissent de moins en moins ; la seconde raison est la pauvreté de ces terrains en phosphates, alcalis, sels, pauvreté qui les met dans l'impossibilité de

sufiire à raccpoiaçement de la plupart. 4es plantes nutritives. Ainsi donc, rinfériorîté des sols sablonneux tiejçit h leur nature physique et k leur constitution chimique. Certains cultivateurs pensent qu'il suffit de donner 4 ces ^terrains des engrais puissants et en abondance pour les rendre fertiles, mais ils s'abusent étrangement. En effet, l'engrais ne donne au sable qu'une fécondité factice, car il doit subvenir, h lui seul , au développement des végétaux cultivés qui , stimulés par la "fumure , absorbent la très petite proportion de matière nutritive que peut contenir le sol et épuisent celui-ci de telle façon , qu*une fois l'engrais disparu , Tinfertilité est plus grande et plus difficile à vaincre que jamais. C'est donc à un amendement minéral qu'il îaut avoir recours , et , encore , celuici doit être complexe. Au moyen de la terre glaise , de l'argile , il est aisé de rendre le sol sablonneux plus résistant , moins perméable , moins aride , mais , ai général , cela ne suffît pas et il faut ajouter un amendement calcaire à l'amendement argileux ; on emploi donc concurremment l'argile et la chaux ou les marnes alumineuses. Pour être efficaces, les matières améliorantes doivent être appliquées convenablement et avec intelli- ^nce. J'ai indiqué, à propos de h. chaux et de rorgn/e, les méthodes en usages pour l'épandage et tla répartiliciB de ces deux espèces d'amendements.

On a conseillé Yécpbuage pour amQpder les terres de^ bruyères mais, ainsi que je l'ai dit (q . 385) , cette manœuvriS ne procure qu'un avantage momentané et fait per^rp inutilement la plupart des principes ^utilcjs q^i conistituent les végétaux brûlés.

^SG.P^'t}. , — Quelle est la compo^iticm ordinaiffe des ^pls , eu égard à l'élément qui y flomjsi^ ?

R • -^ Gëttèràléttfétit'on regarde un sol comme :

Sahlo^neubi;' : s^l rèiïferme plus de 70 p. ""/o de sable.

Argiteuùc: s'il renfermé plus de 50 p. •/« d'argile.

Càkaire: s'il renferme plus de 10 p. «/o de carbonate dé cbaiix.

Ce sont Ift les rapports les plus ordinairement admis I^otir la classification vulgaire des terrains cultivables.

De Ui 'prépadraHoiA du Sôli

4S9.^® Q. — Quelles sont les opérations que comporte là préparation du sel ?

R» — Pour qu- il soit propre à la culture et qu'il puisse produire son modMmtfm d'^t,le terrain doit être robjelde- certaîuS' travaux préparatoires qui ont pour but de' modifier sa - nature physique et, plus ou moins, sa com«* position 'chimique. Ces opérations se réduisent aux suf- Taates:

l."* Uameublissemeni du sol.

S."" Le mélange intime des matières dolat le sd est composé.

S."" Le soulèvement & la surface de la partie profonde du sol.

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