La destruction des mauvaises herbes
458."»«Q. — En quoi l'ameublissement et la pulvérîsdtioû dtt sd séflît^ild utiles ?
R. — Tous les terrains argileux, sont disposes h s'agglomérer et à former des mottes plus ou moins volumineuses et d*une dureté variable; plus le sol est glaiseux et plus cette disposition se manifeste. Cette agglomération de la terre est fâcheuse en ce qu'elle nuit au développement des racines des plantes , et , conséquemment , h l'accroissement des plantes elles-mêmes. Il faut donc détruire le mal et donner au sol la porosité et la ténuité nécessaires pour que les racines puissent le pénétrer dans tous les sens ; cela est surtout indispensable pour la betterave , la carotte et les végétaux dont les racines sont profondes et affectent d'ailleurs une direction constante. Plus le terrain est meuble et divisé et plus ^ toutes choses égales d'ailleurs , la nutriCSon est active ; cela tient à ce que la terre est mieux pénétrée par les principes alimentaires , à ce que les engrais se décomposent avec plus de promptitude et, surtout, à ce que les radicules et lès suçoirs des racines s'étendent sur une plus grande surface* Quant à l'opinion de certains cultivateurs qui pensent que la pulvérisation complète de la couche de terre végétale peut remplacer les engrais , elle est évidemment erronée. £n effet, l'ameublissement du terrain peut bien favoriser l'absorption des principes gazeux de l'atmosphère , mais ne saurait produire les phosphates , les sulfates , les chlorures, les alcalis , etc., etc., qui sont essentiels à la constitution des végétaux.
459."* Q. — Quelle est l'influence qu'exerce sur la récolte le mélange intime des parties dont le sol est composé ?
R. — Cette influence est facile à concevoir. Les plan-
tes qui croissent sur un terrain , pour se développer également, ce qui est une des conditions de la bonne culture, doivent être soumises aux mêmes circonstances et , par conséquent, recevoir une alimentation uniforme. Or^ cette alimentation ne saurait être la même si les diverses parties de la terre , si les amendements , si les engrais apportés , n*ont pas été répartis avec régularité et d'une manière égale; dans ce cas , la végétation sera plus active aux points où la matière nutritive sera plus abondante , et sera, au contraire, retardée et chétive aux endroita qui, par la mauvaise répartition^ auront été négligés.
Si maintenant nous supposons Temploi d^un amendement énergique , comme la chaux par exemple , les conséquences d'un mélange incomplet seront encore plus graves; Taccumulation de cette substance sur certaines parties du champ, aura pour effet presque inévitable de brûler et de détruire la plante et d amener ainsi la stérilité au lieu de produire l'abondance. Beaucoup d'engrais et d'amendements actifs n'ont du leur insuccès qu'à une méthode vicieuse de répartition.
460,""« Q. — Est-il utile de ramener à la surface du sol une couche de terre profondément située ?
R. — Évidemment; en général les couches inférieures tendant à se tasser et à devenir compactes, il est avantageux de les remuer afin de leur rendre leur perméabilité première, laquelle facilite la flltration plus ou moins rapide des eaux et met obstacle à leur accumulation. Quelle que soit d'ailleurs la nature de la couche inférieure déterre, elle est presque toujours différente de celle de la tranche supérieure et susceptible, par conséquent , de la modifier par son mélange. En outre , il arrive fréquem-
ment que des matières fertilisantes organiques ezistentt dans répaisseur de la couche profonde, sans pouvoir sedécomposer, à Tabri qu'elles sont du contact de l'air;, dans ce cas , il est hors de doute que le bouleversement, du terrain ne pourra encore être que favorable au dé?e» loppement de la végétation.
A ce qui précède, il faut cependant ajouter quelque chose et reconnaître qu'il est des circonstances danslesquelles on doit craindre de remuer profondément le sol. Ainsi , par exemple , dans la partie supérieure du. sous-sol on rencontre, entre autres substances, le fer provenant de l'usure des instruments et une grande partie de celui de la couche arable qui, en vertu de sa pesanteur,. s*est en quelque sorte tamisé jusqu'à la tranche moins, perméable. Il est donc évident que ramener à la surface du terrain , surtout s'il est ferrugineux par lui-^méme , une forte proportion de fer, il est évident, dis-je, que^ cette manœuvre pourra être plus ou moins, nuisible à :Iar végétation prochaine. Je dis prochaine, parce qijie le fer. n'est fâcheux pour les récoltes que lorsqu'il n'a point >éti, suffisamment exposé à l'air ; au bout d'un certain temps sa mauvaise influence cesse ou , du moins > diminue beaucoup.
461 .'" Q. — Quelle influence exerce 'sur les récotte» la destruction des mauvaises herbes ? '
R. — Cette destruction est une des mancauvres ks f^. prodiainement liées à Faboodance des récoltes^Oncoa-»çoit aisément, au reste,, qu'il doive en êtra ainsi , les) herbes parasites soustrayaat, à leur profit, une partie dea. éléments assimilables, du soL Détruire ces plantes inuti^ les, c'est donc réserver aux végétaux qufon cultivei'nU^
ment indispensable h leur croîssatMie; ma» on comppënd^ qpe.plusla destruction sera tardive et mmis: son utilité* s&A gronde et appréciable, saufle cas où on serait en position d'enfouir sur le terrain même les mauvaises i herbes qu^on en arracherait , car , alors , les- matièriesi organiques sont de véritables engrais. En effets en en-^* fouissant les herbesr, qd restitue!^ la terre nea seulement ^ lefr substances nutritives qu'elles ont assiiaaâlées:) maisei>^* 001^ les-prineipes alknentdres et ferti]âsa»ts;que ces;vé«'' gtétau^ontabsorbésdànsTair; il y a doue là, enrésumév un aecroîssement dans 1» quantité des matériaux pro}ires^ à. la. nutrition desfjjantes; C'est ce qui expUque si claire* ment rin)portance.des engrais iveHSi Quant au mode de destruction des mauvaises?herbes y il varie suivant la niK ture de celles-ei , et selon qu'elles se multiplie^ par leurs semences ou qu'elles se propagent par leurs racines; les^ labours, les sarclages, la herse, etc., peuvent servir< à atteindre le but désiré*
46'2."'*Q. — Quelles sont'les diverses préparations que Ton peut faire subir aux sols cultivables ?
R. — Ces prëparaftions, qui ont pour objet de satisfaire aisx indications qui précèdent, sont : les labùUfSyle het'. seogie'^ ieroHiày>e , \ebuii€tffe^ \e houaff&ei le binage, B&e^ ont, outre leurs effets mécioiiques, Tavantage 'de faciliter rabsor|vtion> dès prtnoipes atmosphériques par le soi. Quant aux diverses manières de les effectuer suivant la nature des terrains et celle des végétaux cultivés , elles rentrent dans le domaine exclusif de l'agriculture prati» que et ne sauraient, à ce titre, trouver place dans cet ouvrage. Je dirai néanmoins quelques mots relativement aux labours dont j'ai indiqué , au. reste, l'utilité à la
q. SO."^ Les agronomes ne sont point tous d'accord tonchantla profondeur àdonneraux iabours(i). Cependant, à moins que la partie profonde du sol ne renferme des matières essentiellement nuisibles à la yégëtation , telles que le fer en excès , par exemple , il est avantageuxde labourer profondément , non seulement afin d*ameublir le terrain , de donner plus de latitude aux racines et de favoriser l'accès vivifiant de Fair atmosphérique , mais aussi afin de tirer parti des matières fertilisantes de toutes sortes qui se sont enfouies peu à peu. Ainsi , il est démontré que la chaux , la marne , l'argile descendent graduellement et se tamisent , en quelque sorte , à travers la couche meuble du sol. S'il en est ainsi des matières terreuses insolubles ^ on conçoit facilement que les substances salines doivent, à plus forte raison , et par l'infiltration des eaux, parvenir quelquefois à d'assez grandes profondeurs. C'est ainsi que la couche inférieure peut s'enrichir, par degrés, des matières fertilisantes dont la couche arable aura été dépouillée; retourner une portion d'un tel sous-sol, c'est restituer à la terre une partie de ce qu'elle a perdu ! On doit, cependant, tenir compte de la nature physique du sous-sol et par conséquent des modifications que son rféfoncement peut apporter à la légèreté ou à la compacité de la couche arable. Quant au nombre de labours à donner à une terre, il ne faudrait point les exagérer, car, alors, les avantages réalisés ne compenseraient pas la dépense.
(1) Aux §^ 156 et suivants de ses éléments d'agriculture. M.' Raingo a exposé, avec beaucoup de lucidité et de méthode, tout ce qui se rattache aux labours considérés dMne manière générale.