V. — SERIE DE TAYLOR
98. Série de Taylor. Formule. — La formule de Mac-Laurin permet d'étudier une fonction /(a^) dans le voisinage de la valeur j; = o; nous avons vu, en effet, que la série de Mac-Laurin converge dans un intervalle symétrique par rapport à zéro.
Pour étudier la fonction /{x) dans le voisinage d'une autre valeur a^o, on fait un changement de variable en posant
alors X étant voisin de a, x' est voisin de zéro ; et l'on est ramené à étudier la fonction de x'
dans le voisinage de J^' = o. Pour cela, on développe /(« -j-^') suivant les puissances positives croissantes de x' . La formule qui donne ce développement est la formule d*^ Taylor.
DÉVELOPPEMENT d'uNE FONCTION • l53
Si, pour un instant, on pose
il s'agit de développer <^{x') en série de puissances entières et positives de x' . C'est ce qu'on fait en appliquant à cp {x') le développement de Mac-Laurin :
Cp(a7') = cp(0)+ —0'{0)-^ -—0"(0) -!-....
Or l'identité
cp(a;') —f^ia + x' )
et les identités qu'on en déduit, en prenant les dérivées successives des deux membres par rapport à x\ donnant évidemment, pour x' = o,
0(0) = /(a), o'(o)-/'(a), (p"(o)=/"(a), On a donc le développement
qui est le développement de Tajlor. Pour que ce développement soit applicable, il faut et il suffit que 'f (^') soit développable par la formule de Mac-Laurin.
Le développement (T) converge pour les valeurs de x' comprises dans un certain intervalle symétrique par rapport à :r' = o,
c'est-à-dire pour
Comme on a posé
ce développement représente donc la fonction f{x) pour les valeurs de X comprises entre a — a et « 4- a.
En remplaçant, dans le développement (T), a par x et x' par A, on écrit la même formule
99. Interprétation géométrique. — Considérons la courbe ayant pour équation
Si l'on développe y* (;r) parla série de Mac-Laurin, on obtient un développement qui représente un arc BB, de la courbe, compris entre deux ordonnées symétriques par rapport à Oy {fig- 55).
Pour étudier la courbe dans le voisinage d'un autre point A, d'abscisse a, on considère l'ordonnée AO' du point A et l'on transporte les axes parallèlement à eux-mêmes en O' de façon à les amener en O' x et O' y' . La nouvelle abscisse x' d'un point de la courbe est liée à l'ancienne x par la formule
L'équation de la courbe devient
et, pour étudier la courbe au voisinage du point A, on développe
f{a-\-x') suivant les puissances de x' . La série de Taylor ainsi
obtenue représente un nouvel arc GC, de la courbe, compris entre
deux ordonnées symétriques par rapport à O' y' .
Soit, par exemple,
équation d'une hyperbole ayant pour asymptotes ^r = i et y Si l'on forme le développement de Mac-Laurin,
il est convergent pour
DEVELOPPEMENT D UNE FONCTION
il représente l'arc Boo compris entre l'asymptote x trique de l'asymptote par rapport à Oy{fig. 56).
i55 et la sjmé-
Fig. 56.
Pour étudier la courbe au voisinage du point A d'abscisse
00' = 2, on fait
alors
r = r = — i-f-ic — a?'-h...;
*^ 1 + as-
celte nouvelle série, étant convergente pour
représente l'arc d'hyperbole — ce G compris entre l'asymptote verticale ;r' = — I et la symétrique x' =^ -^ \ de cette droite par rapport à la droite O' y' .
VI. - APPLICATION DES DEVELOPPEMENTS EN SERIES DE PUISSANCES A L'ÉTUDE DES FORMES INDÉTERMINÉES.
100. Formes indéterminées. — Les principaux types de formes indéterminées sont
-> — j O X ^, G", oc", I , oc — 00. G ce
Forme-' — Soient/(.2^) et C5(a7) deux fonctions de x qui s'annulent toutes deux pour x = a. Le rapport
l56 CHAPITRE VI.
n'a aucun sens pour.r = a; mais il peut arriver que ce rapport tende vers une limite quand x tend vers a; on dit alors que cette limite est la valeur du rapport pour x ^= a.
On démontre, dans les éléments de l'Algèbre, que si le rapport des dérivées
a une limite pour x =i a^ le rapport
cp(ar)
a également une limite et que ces limites sont les mêmes. Dans un grand nombre de cas, on peut employer les développements en série de la façon suivante : si l'on pose
le problème est de \o'\x si le rapport
tend vers une limite quand x' tend vers zéro et de trouver cette limite si elle existe. Si les deux fonctions sont développables par la formule de Tajlor, on les développera suivant les puissances de x' \ on pourra supprimer une certaine puissance de x' ^ comme facteur commun au numérateur et au dénominateur, et l'on verra immédiatement s'il existe une limite.
Par exemple, prenons le rapport
pour X ^= o. Ce rapport prend la forme -. Développons les deux termes suivant les puissances de x. On a
DÉVELOPPEMENT d'uNE FONCTION. [ 5;
Le rapport considéré est donc
Divisant haut et bas par x^ et faisant tendre oo vers zéro, on
T • ï trouve comme limite -
Gomme deuxième exemple, prenons
.pour :r = o. Ce rapport prend alors la forme -> car, x tendant
vers zéro, (i -h 5?)^ tend vers e. On peut encore développer le numérateur suivant les puissances croissantes de x. 11 suffît de remarquer que l'on a identiquement
caries deux membres ont niême logarithme népérien. Remplaçons L(iH-^) par son développement en série, on a
(i^xY^e 2^^"
en posant
Si, dans la série
on remplace u par sa valeur et si l'on ordonne le résultat par rapport aux puissances de :r, on a
Donc
(i -\- xy= e[\ X ^ -iP--h. . .
et le rapport proposé
devient, après la suppression du facteur x au numérateur et au dénominateur.
-en ; ex -r-
La limite cherchée est donc — - e.
Forme—' — Si deux fonctions /(^) et 'f(j?) deviennent infinies pour ^ = a, le rapport
prend, pour x ^=.a^ la forme — • En écrivant ce rapport
on est ramené à la forme -
On peut, dans certains cas, trouver directement la limite, sans passer par cette transformation. Soit, par exemple, le rapport
XP
OÙ p el m sont des nombres positifs. Quand x augmente indéfiniment, ce rapport prend la forme — • Pour trouver sa limite, développons e"^^ en série ; le rapport devient
xi>
mx m-x-
Soit n un entier supérieur à p. Divisons le numérateur et le dénominateur par x^., il vient
xP-"-
1 m 1 m^^ ni"^-^^
ar" I a;"-^ i . 2 . . . /i i . 2 . . . ( /i -1- 1 )
DÉVELOPPEMENT d'uNE FONCTION. iSq
Quand X augmente indéfiniment, le numérateur tend vers zéro; le, dénominateur augmente indéfiniment, car, après les n premiers termes du dénominateur qui tendent vers zéro, viennent des termes tous positifs qui augmentent indéfiniment.
Le rapport tend donc vers zéro.
Forme o X oo. — Cette forme se ramène à l'une des précédentes. Soit, en effet, un produit
dans lequel f\x) devient nul pour ^ == a et C5(^) infini. En écrivant ce produit
fix-)
on voit qu'il prend la forme -> et en l'écrivant
oix)
on voit ciLi'il prend la forme -•
Considérons par exemple le produit
37'" La:,
où m est positif. Quand x tend vers zéro, ce produit prend la forme o X oo.
La fonction lux ne peut pas être développée par la formule de Mac-Laurin. Nous ferons un changement de variable en posant
Pour faire tendre x vers zéro, il faut faire croître t indéfiniment par valeurs positives. On a alors
x"^ Lx = — t e-"'^ = — •
çmt
Pour t infini, ce dernier rapport tend 'vers zéro, d'après Fexemple précédent ; le produit x'^^hx tend donc vers zéro avec x.
Formes 0*^,000^1". — Qgs formes se ramènent aux précédentes en
l60 CHAPITIIS VI.
prenant les logarithmes des fonctions qui se présentent sous l'une de ces formes.
Ainsi, prenons la fonction
où, pour ^ = «,
L'expression
prend, pour :r = a, la forme o X oo. Soit, par exemple, l'expression
y = ^^, où X tend vers zéro. On à
Ly = x\^x.
Quand X tend vers zéro, le produit xhx tend vers zéro, comme nous venons de le voir; donc ^y tend vers zéro et y tend vers i .
- Forme ce — oo. ^ Soit une différence
dans laquelle /(:c) et o[x) deviennent infinis pour^ = <7. On écrira cette différence
Quand x tend vers a, le rapport
prend la forme ~ • Si ce rapport tend vers une limite / différente de I, le facteur i — ^ — 7 tend vers la limite 1 — / différente de
zéro, et comme f {x) devient infini, la quantité considérée augmente au delà de toute limite.
Si le rapport ^7^^ tend vers i , le facteur i — ^^^f— ^ tend vers
DÉVELOPPEMENT D UNE FONCTION. ïGl
zéro; le facteiiry*(^) devient infini et la quantité considérée prend
la forme
oc X o;
elle peut donc alors avoir une limite.
Prenons, par exemple, la différence
0 = y/ a-* -T- .7- - -i- I — yx-- -+- a-
pour x=:r.-\-oc. Celte différence se présente alors sous la forme oc — ce. On constate immédiatement que le rapport des deux radicaux tend vers i. La différence peut donc avoir une limite. Pour la trouver, écrivons, en employant une méthode directe.
car, X étant positif, et, dans tous les cas,
On a donc
cj ■= X {\ -r- u)'-^ — a"(iH-p;-,
où
f/ rrr - H -, C = — •
Quand X esL très grand, a et ^' sont moindres que i et l'on peut développer (i -|- «) ' et (i + <^')^ P^^ ^'^ formule du binôme
Remplaçant a et v par leurs valeurs et ordonnant les deux séries par rapport aux puissances de -> on a
, ,T r I A' ir
ArpKLL. — l'.lcincnts d'anahjsc. — st.
lOa CHAPITRE VI. — DKVELOPPEMENT d'lNE FONCTION.
La diflerence o devient alors
et, pour .r ^-|- oc,
On peut remarquer que, pour j? = ^ oo, la ditïerence o n'est pas indéterminée; elle est inliniment grande et négative.