DIVISION DES NOYAUX
d'eux se divise alors dans toute sa longueur en deux moitiés (C) elles-mêmes en forme d'U, qui bientôt se séparent l'une de l'autre (E), et, suivant les fibrilles du tonnelet, se rendent
fig. 8. Cellules de l'épidermc de Salamandra mnculosn, en voie de division karyokinétiquc. — A. Cellule au repos, moutraut dans son noyau N le filament nucléaire pelotonné et ses granulations de chroniatine. — B. Le noyau s'est condensé et raccourci, puis divisé en un certain nombre de fragments eu forme d'U ; des filaments de nucléoplasme se disposent autour de deux pôles/; et /j'. —C. Division longitudinale des U. — D. Leimèmestade, vu du pôle supérieur, montrant la disposition des U (aster). — E. Séparation des U. — l"'. Ils s'acheminent vers chacun des pôles, en suivant les filaments directeurs, f. — G. Constitutiou des deux nouveaux noyaux, N et N', et formation de la cloison mitoyenne, cl (Rabl).
chacune à l'un des pôles (F). Leur ensemble l'orme deux plaques nucléaii-es, qui s'éloignent peu à peu l'une de l'autre pour se rendre aux deux pôles, où il se forme deux nouveaux aster. Les fragments d'un même groupe se réunissent alors en un
nouveau filament nucléaire, la membrane se forme, et deux noyaux sont ainsi constitués (G). C'est alors seulement que, en général, au sein du protoplasma fondamental, le spongioplasme se dispose de façon à, former entre les deux noyaux une plaque dépourvue de paraplasma : celle-ci est une cloison mitoyenne séparant les deux cellules nouvelles, qui contiennent chacune un noyau. La division cellulaire est effectuée.
PLASTmES ISOLÉS. — Leur i'îvoluïiox. — Une cellule donnée peut vivre isolée de toute autre cellule et conserver pendant toute son existence une indépendance absolue. Elle peut se diviser suivant un des modes que nous venons d'étudier. Mais les deux moitiés se séparent et constituent deux êtres unicellulaires indépendants. On réunit tous ces êtres dans un même groupe, les Protozoaires, dont le nom est par suite synonyme d'animal unicellulaire. D'ailleurs le plastide unique qui forme leur corps peut posséder une plasticité considérable, qui lui permet de subir des modifications très grandes, et nous verrons, dans le chapitre relatif aux Protozoaires, que ces êtres peuvent atteindre une complication si peu en rapport avec leur simplicité organique, qu'on a été parfois conduit à nier cette dernière, et à voir dans les Infusoires des organismes pluricellulaires même compliqués (Ehrenberg). La plupart de ces plastides ne naissent pas tels qu'ils doivent être, et subissent durant leur existence une série de modifications successives qui les amènent à un état définitif considéré comme Vétat adulte. La succession des diverses phases ainsi traversées constitue V évolution de l'être. Nous aurons à insister plus encore sur cette évolution à propos des êtres pluricellulaires.
Plastides assiîmblés en colonies. — Il arrive quelquefois que les diverses cellules issues les unes des autres par division, au lieu de se séparer aussitôt formées, restent associées, sans que leur forme commune se modifie sensiblement. 11 se constitue ainsi une colonie d'êtres tous semblables entre eux, mais vivant d'une vie commune.
Ces colonies peuvent être considérées comme constituant déjà un organisme., une unité nouvelle, un véritable individu. Toutefois, les diverses cellules qui les composent conservent une indépendance relative, et gordent une individualité qui les i-end comparables à des individus unicellulaires. Rien n'est changé dans leur mode d'existence. Chacun vit pour son compte, sans aucune solidarité avec ses voisins. Ces organismes ne sont donc que des PiiorozoAiRES coloniaux, et ne peuvent à aucun titre être séparés des Protozoaires libres : ils diflorent des êtres plus
ANIMAUX PLURICELLULAIRES, MÉRIDES, TISSUS. 31 compliqués que nous allons rencontrer ensuite, en ce que les éléments de la colonie restent tous semblables entre eux. Animaux pluricellulaikes. — Mérides. — Tissus. — Lorsque
• des plastides sont ainsi associés, ils ne tardent pas à être influencés par leur voisinage réciproque; ils tendent à se diviser le travail nécessaire à la vie de l'association, prennent alors des formes appropriées au rôle qu'ils doivent remplir, les autres fonctionsétantlaissées à leurs voisins, etpeu àpeulesdivers éléments anatomiques de l'organisme se différencient les uns des autres. D'ailleurs, en général, plusieurs éléments subissent simultanément la même différenciation. On désigne sous le nom de tissu l'ensemble des plastides dont les modifications se sont faites dans le même sens, et en vue de remplir une même fonction.
A mesure que s'accentue la différenciation entre les cellules et leur spécialisation, chacune d'elles devient de plus en plus incapable de se suffire à elle-même. Elle est apte à jouer un rôle dans la colonie, rien de plus. Aussi, elle se solidarise peu à peu avec ses congénères, perdant son individualité, et ne pouvant se séparer sans mourir. Le terme d'individu n'est plus applicable à ces éléments ; en revanche, on peut l'employer pour désigner la colonie, qui forme à présent un tout unique et bien net. Ce terme change donc de sens. Si nous appelions plastide l'individu unicellulaire, il y a intérêt à appeler d'un nom spécial, méride par exemple, cet individu d'ordre plus élevé, et où les cellules associées sont différenciées de façon à former divers tissus.
Divers degrés de différenciaïiox des Mérides : Mésozoaires. — Tous les animaux supérieurs aux Protozoaires étant au moins des mérides sont des êtres pluricellulaires, dont les éléments anatomiques constituent des tissus différenciés. Mais, même en ne considérant que les animaux réduits à des mérides isolés, des degrés se manifestent dans cette différenciation.
Dans un premier stade, l'organisme est formé par une masse de cellules sans cavité centrale. Les cellules périphériques se trouvent dans des conditions d'existence tout à fait différentes de celles qui sont placées au centre. Elles prennent donc un aspect spécial et les éléments anatomiques qui constituent le corps se divisent dès lors en deux groupes : un groupe exodcvmiquc superficiel, et un groupe endodermique interne, revêtu de toutes parts par le premier. Cette forme, assez commune dans les stades embryonnaires (planula, fig. 9A), est représentée dans le règne animal par un fort petit nombre d'êtres, découverts récem-
ment, et réunis dans le groupe des Mésozoaires. Leur découverte, venant combler une lacune importante dans l'échelle animale, a eu un grand retentissement; mais on semble avoir exagéré leur rôle phylogénique et nous aurons môme à discuter plus tard la légitimité de la constitution de ce groupe.
Constitution générale des mérides Métazoaires. — L'immense majorité des animaux constitue un troisième groupe, celui des MÉTAZOAIRES, OÙ les ccUules deviennent beaucoup plus nombreuses, et acquièrent un degré de différenciation considérable. Malgré l'extrême vaiùété de complication qu'ils présentent.
Fig. 9. — A. Plauula de VEucope [Ohelia] polyslyla : hy, endoderme (Kowa- Jevsky).
B, fiastrula de Paludina vivipara : V, velum ; ?)ie, mésoderme ; bl, blastopore (BlUschli).
C, Schéma d'un embi'vou peu avancé de Vertébré: M. canal médullaire; c, corde dorsale; K, cavité générale ; Ect, ectoderme ; End, endoderme ; S/jI, splaachnopleure ; Som, somatopleure ; I, tube digestif communiquant avec la vésicule ombilicale.
les mérides métazoaires dérivent tous d'un même type schématique, représenté fréquemment aussi dans les états embryonnaires par la Gastrula (Qg. 9 B). C'est un sac entourant une cavité centrale, la cavité digeslive primitive ou avchentéron, et dont la paroi présente trois feuillets : un feuillet externe, Yexoderme, un feuillet moyen, le mésoderme^ qui peut manquer dans certains cas, un feuillet interne, revêtant immédiatement Farchentéron, Vendoderme. La cavité digestive s'ouvre à l'extérieur par un orifice (bouche ou blastopore) sur les lèvres duquel l'endoderme et l'exoderme sont en continuité l'un avec l'autre. Dans les mérides plus développés, un second orifice peut mettre la cavité digestive en relation avec l'extérieur. C'est un orifice de sortie, l'anus.
Le mésoderme à son tour se délamine sur une certaine étendue