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MULTIPLICATION DES MÉRIDES

eu deux, couclies (lig. 9, G), séparées par une cavité close. La cavité est le cœlome ou cavité générale : celle des couches mésodermiques qui est appliquée contre l'exoderme est la somatopleuve; l'autre est la s^ilanchno pleure, elle est en contact avec l'endoderme.

A leur tour, les cellules qui constituent les trois feuillets fondamentaux se différencient ; mais dans toute l'étendue du règne animal, chacun des feuillets donne toujours les mêmes tissus. L'exoderme donne le revêtement extérieur du corps, les glandes qui s'y rattachent, et, sauf de rares exceptions, le système nerveux central.

L'endoderme donne le revêtement épithéiial du tube digestif et ses glandes.

Le mésoderme enfin donne les tissus conjonctifs, le tissu musculaire, le sang, la lymphe, et probablement toujours un certain nombre des éléments nerveux.

Multiplication des Mérides. — Colonies de Mérides; Zoïdes. — Les mérides ont, comme les plastides, la propriété de se multiplier directement, sans l'intervention d'un autre individu. Ce procédé de reproduction, qu'on désigne sous le nom de reproduction asexuée, peut comprendre deux modes, essentiellement d'ailleurs peu différents.

D'abord, tout comme nous l'avons vu pour les êtres unicellulaires, ils peuvent se diviser en deux individus semblables entre eux et semblables à l'être primitif. C'est la reproduction par scissiparité .

Le second mode est plus général et plus remarquable encore. C'est la reproduction par bourgeonnement ou gemmiparité. Etant donné un méride, lorsqu'il a acquis une certaine taille, il apparaît en un point de son corps, une protubérance, à laquelle prennent part des tissus provenant à la fois des trois feuillets de l'organisme primitif. La protubérance grandit, change de forme, et Qnalement se transforme peu à peu en un nouvel être semblable au premier. C'est là un bourgeon. Celui-ci peut se détacher de l'individu qui l'a produit, devenir libre, et constituer réellement une nouvelle unité, un nouveau méride.

Dans d'autres cas, au contraire, les individus ne se séparent pas : ils restent attachés au parent, et forment une colonie, comme les cellules nées les unes des autres s'associent pour faire un être pluricellulaire.

Mais dans le cas actuel, chacun des individus composanis étant lui-môme une colonie, un méride, comme nous l'avons appelé, nous sommes en présence d'une colonie d'ordre plus élevé, d'une

n. PEnniEii. — Anivt. conip. 3

colonie de colonies, ou colonie de second ordre. (Colonies d'Hydraires, de Bryozoaires.)

Ce qui se passait pour les plaslides associés en colonies, se solidarisant pour devenir un méride, va se répéter Irait pour trait dans les colonies de mérides. Les individus composants, d'abord tous identiques les uns aux autres et n'ayant entre eux que des rapports, pour ainsi dire, de voisinage, tendent à resserrer ces rapports. S'adaptaut chacun à un rôle spécial dans la colonie et se transformant en vue de ce rôle, ils se solidarisent peu à peu, et leur ensemble forme bientôt un tout homogène, dont les diverses parties sont indispensables les unes aux autres, et ne peuvent s'isoler sans périr. La colonie est donc devenue un individu, de troisième ordre celui-là, dont les mérides constituants ne sont que les parties intégrantes. Nous pouvons donner le nom de zoïde à cette individualité nouvelle. Ex. : A.nnélides, Ténias, etc.

Enfin, à leur tour, les zoïdes en bourgeonnant peuvent donner naissance à d'autres zoïdes, qui, ou bien se séparent du zoïde primitif, ou bien restent unis en colonie avec lui. Bien qu'il n'y ait pas d'exemples de concentration aussi nets que ceux que nous donnent les zoïdes, ces colonies de quatrième ordre peuvent arriver elles aussi à atteindre un certain degré d'individualité; on les désigne alors sous le nom de dèmes (1).

Nous trouverons de remarquables applications de cette complication graduelle dans le groupe des Cœlentérés. Nous y rencontrerons en effet des mérides (Hydre d'eau douce), des zoïdes (polype coralliaire) et des dèmes (Pennatule). Mais les autres groupes du règne animal nous les offrent aussi : le nauplius des Crustacés, la trochosphère des Vers sont des mérides ; une Annélide, un Crustacé sont des zoïdes.

Loi DE RÉPÉTITION DES PARTIES. — OrGANES HOMODYNAMES. —

Puisqu'un zoïde est formé d'individus morphologiquement semblables associés les uns aux autres, les organes propres à ces divers individus primitifs doivent se répéter dans toute l'étendue du corps de l'individu composé. Cette loi n'avait pas échappé aux anatomistes. En 1827, Moquin-Tandon montre qu'on peut considérer une Sangsue comme formée d'une série de parties, de zooniles équivalents. Dugès, généralisant cette idée, proclame qu'elle est applicable k tous les animaux, que chacun d'eux, aussi hien le polype du Corail que l'animal articulé, est formé de parties semblables, se répétant dans un ordre déter-

(I) Les noms de iilastides, mérides, zoïdes et dèmes ont clé proposés par Edmond Pervier dans les Colonies animales (Paris, 1879).

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