C. Antennes
En avant de la bouche, il existe presque partout des organes spéciaux fonctionnant surtout comme organes des sens. Ce sont les antennes. Ce sont, au moins chez les Crustacés, des appendices modifiés. Leur forme typique est celle d'un long fouet, forme d'une série d'articles courts, semblables, souvent très nombreux, ce qui donne à l'organe une souplesse très grande. Il semble au premier abord bien difficile de les homologuer aux appendices normaux. Mais la manière dont ils apparaissent est tout à fait semblable au mode de formation des appendices. Ils naissent à la face inférieure du corps, et ce n'est que plus tard qu'ils prennent sur la face dorsale leur position normale. De plus, si on suit le développement chez les Crustacés h métamorphoses, on voit que, des trois appendices du Nauphus, qui sont des appendices nettement ambulatoires, ce sont les deux premiers, qui en se modifiant donneront les antennes. Enfin l'anatomie comparée elle-même vient démontrer complètement l'homologie.
Antennes des Crustacés. — Chez la plupart des Entomoslracés, les antennes nont pas une différenciation si grande. Chez les Ostracodes, en effet, les deux paires d'antennes sont de simples pattes à peine modifiées, et servent nettement à la marche et a la natation. Il en est de même chez les Copépodes libres, où les antennes servent de rames natatoires, tandis que celles de la seconde paire sont munies de longues soies recourbées, ou chez les Parasites, de crochets puissants, et servent à la fixation de l'animal. De même encore chez les Phyllopodes et chez les Cladocères, les antennes postérieures, très longues, sont munies
ANTENNES- DES CRUSTACÉS. 339 de soies, et aident puissamment à la locomotion de l'animal. L'anatomie comparée et l'ontogénie s'accordent ainsi à démontrer l'homologie des antennes et des appendices locomoteurs proprement dits.
D'ailleurs, même dans le groupe où elles sont le plus typiques chez les Malacosiracés, nous retrouvons les diverses parties qui constituent la patte. En effet, chacune des antennes de l'Écrevisse se compose des trois tronçons fondamentaux, un protopodite hasilaire, portant un endopodite et un exopodite. Dans l'antenne antérieure, ces deux dernières parties sont transformées en fouets multiarticulés.L'endopodite de la seconde antenne est seul aagelhforme,rexopodite étant figuré par une écaille assez développée. Chez les Edriophthalmes, l'antenne se modifie encore, et elle tend à prendre la forme d'un fouet unique, à articles plus ou moins nombreux, le second se réduisant.
Cette dernière constitution se retrouve d'une façon constante, maigre une grande variété de formes, dans tout le groupe des
Fig. 198. - Chélicère A'Epeira diademata, avec sa glande à veuiu.
Imectes et dans celui des Myriapodes. Mais, dans ces deux classes, U n existe plus qu une paire d'antennes.
On a voulu récemment faire déchoir les antennes des Insectes du rang d appendices, et les considérer comme des processus sans analogues chez les Crustacés, dépendant d'ailes Ses se^ra'T Cl P^^^P'^^^^-s). Le labre des .^^^^
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Chélicères des Arachnides. - Chez les Arachnides, les antenall nr.::"; r --^ent d-attirer nlt^e
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Tantôt ce sont de, pince, didaclylcs, tantôt au contraire des
orft-anes en forme de griffes, el très souvent elles renferment à leur intérieur une glande à venin qui introduit un liquide urticant dans la piqûre faite par Vorgane (1). La première forme, a laquelle on donne plus spécialement le nom de cheliceres, se rencontre chez tous les Arachnides à abdomen segmenté, les Arthrogasires;a.n contraire les griffes se trouvent surtout dans les autres groupes, les Araignées par exemple. „ , , ■
Les chélicères existent aussi chez les Limules, que 1 on tend a séparer à juste titre de la classe des Crustacés pour les rapprocher des Arachnides.
D. Pièces de la bouche.
L'étude de l'appareil buccal, dont les variations dépendent manifestement du genre de vie de l'animal, va nous fournir des résultats bienautrement intéressants. Typiquement, il se compose des appendices des premiers anneaux postoraux, constituant une paire de mandibules et une ou deux paires de mâchoires. Mais chez tous les Crustacés et chez beaucoup d'Arachnides et de Myriapodes, un nombre variable d'appendices thoraciques viennent prendre part à l'acte de la mastication, soit en broyant réellement les aliments, soit en se plaçant devant la bouche comme un rideau qui empêche les aliments de s échapper. Ce sont les paltes-mâchoires.
Il existe donc, comme on le voit, trois sortes d organes mas-
Appareil buccal des crustacés. - Chez les Crustacés, l'appareil buccal ne présente pas de type défini. On ne peut signaler comme caractère général que la présence d'une paire de mandibules et de deux paires de mâchoires. Encore, chez lesUadocères et les Copêpodes, la seconde paire de mâchoires devient Judimentaire, ou même disparait tout à fait. Le rôle actif dans la mastication est rpmpli par les mandibules, qm sont en gênerai puissantes, résistantes, fortement dentées.
Elles ont à peu près complètement perdu la forme primitive de raDoendice. Leur partie essentielle est une pièce massive inarticulée représentant le protopodite. L'endopodite seul des deux tronçons terminaux a persisté. Mais il est en général très rédmt formé de trois articles, et c'est lui qui constitue le palpe que porte en général la mandibule (flg. 199, 1). Il manque même souvent (^o^^.as, Oniscus, Talilrus). Inversement, chez quelques
(1) Mills. Poisons-glands of spiders. Science gossip.,18G6. - Mac Leod. Notice sur l'appareil venijneuxdes Aratgnees, A. B., t. l, isw.