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DIVISION DES MÉTAZOAIRES EN DEUX TYPES DE STRUCTURE

miné. C'est la loi de l^répélition des parties. Chacune de ces parties à son tour porte des organes, qui se répéteront dans toute la série de zoonites, en se modifiant plus ou moins suivant ladaptation spéciale à chaque segment. Si nous considérons chacun de ces segments comme un individu spécial, les divers organes ainsi répétés sont simplement, malgré leur variété, des organes homologues ; dans le cas spécial qui nous occupe, on les désigne sous le nom d'organes homodynames.

§ 5. — Classification du Règne animal.

Nous avons vu qu'on pouvait établir dans le règne animal trois divisions primordiales : les Protozoaires, les Mésozoaires et les MÉPAZOAiRES dont la définition a été donnée plus haut.

Division des Métazoaires en deux types de structure : PhytozoAiREs; Artiozoaires. — Les Métazoaires sont de beaucoup les plus nombreux, et ceux qui présentent la plus grande variété. Aussi doit-on les répartir à leur tour en plusieurs groupes.

Quel que soit le degré de complication auquel ils soient parvenus, les animaux de ce sous-règne se modifient, en effet, de façons diverses, par suite du mode d'existence qui caractérise chacun d'eux, et ils peuvent ainsi se diviser en groupes, dans chacun desquels nous pourrons trouver les stades de constitution indiqués plus haut. Tout d'abord les êtres peuvent affecter deux manières de vivre opposées : ou bien ils se fixent au sol, et vivent à la manière des végétaux, constamment attachés aux parages où ils ont pris naissance ; ou bien ils restent libres et mobiles durant toute leur existence.

Dans le premier cas, le mode de vie analogue à celui des plantes amène tout naturellement le corps à présenter une disposition semblable à celle des végétaux, notamment dans la disposition des bourgeons qui viennent constituer une colonie. Ils poussent irrégulièrement et la colonie se ramifie en tous sens, à la Façon d'un arbre. C'est là un mode très habituel chez les Spongiaires, les Cœlentérés et les Bryozoaires. Il peut aussi se faire que la colonie s'étale sur le sol, et y forme une sorte de plaque ou de réseau d'où émergent les divers individus. C'est à cet état, connu dans le règne végétal chez les Muscinées, que se trouvent aussi très fréquemment les Bryozaires et les Cœlentérés ; c'csll'état le plus fréquent des Spongiaires et des Tuniciers.

Dans certains types d'animaux fixés, le bourgeonnement, au lieu de se faire au hasard, peut se régulariser. Alors, les bourgeons se disposent en verticille autour d'un même axe. Cette

disposition si remarquable avait frappé depuis longtemps les zoologistes, et fait donner aux animaux qui nous occupent le nom de Raxjonnés ou Aciinozoaires. Il vaut mieux leur donner celui de PuYTOZOAiREs, qui s'applique à tous les cas possibles, et a le mérite de rappeler les analogies de forme avec les plantes, dues à la similitude dans le mode d'existence.

Mais nous ne devons faire entrer dans ce groupe que des êtres pour lesquels la fixation est un caractère primordial. Nous devons donc en exclure les Bryozoaires et les Tuniciers, dont les individus composants sont primitivement des animaux libres, et chez lesquels la fixation est un phénomène d'adaptation secondaire. Nous allons d'ailleurs revenir tout à l'heure sur ce cas.

Dans les animaux libres, la forme est bien différente. Une partie antérieure se différencie sous le nom de tête; elle porte les organes des sens, destinés à éclairer la voie, et la bouche, ainsi prête à saisir tout de suite la proie aperçue. La partie postérieure; la queue, est par contre négligée, et il n'est pas rare de la voir figurer comme partie résiduelle, abandonnée par tous les organes importants. La face î;e«i?^a/e sur laquelle marche l'animal se distingue de la face dorsale. Enfin, un mode de symétrie spécial se manifeste, c'est la symétrie par rapport à un plan vertical longitudinal, ou symétrie bilatérale. De là le nom d'ARTiozoAiRES réservé par de Blainville à ces animaux.

La disposition des bourgeons est ici tout autre ; ils se forment toujours de façon à être placés les uns derrière les autres, en série linéaire, et constituent les segments, ou zooniles (Moquin- Tandon), ou mélamères (Hœckel), que l'on retrouve si généralement dans le corps des Annélides, des Arthropodes, et des Vertébrés.

Pour que la division des Métazoaires en Phytozoaires et Artiozoaires soit entièrement acceptable, il faut compléter l'exposé que nous venons de faire de leurs caractères respectifs par quelques remarques importantes. Nous avons vu en effet que, dans la suite des générations qui se sont succédé pour donner naissance à un type actuellement vivant, des adaptations successives pouvaient se superposer les unes aux autres, chacune imprimant sa marque particulière, indélébile. Cela peut s'appliquer en ce qui concerne les caractères de symétrie. Un Phytozoaire peut à un moment donné s'être détaché du sol où il était fixé, et mener actuellement une vie libre. De même inversement un Artiozoaire peut se fixer et devenir sédentaire. Ces ciiangemenls dans le genre de vie doivent par suite amener des modifications dans la disposition des parties et dans le mode de symétrie.

SUliDlVISION DES TYPES DE STRUCTURE. 37

C'est en efTet ce que nous constatons dans l'un et l'autre des deux grands groupes que nous venons d'établir.

Le cas où des Phytozoaires deviennent libres est assez fréquent. On en trouve de nombreux exemples, chez les Cœlentérés et surtout chez les Échinodermes. A lepoque actuelle, ces derniers sont presque tous libres, et il faut remonter à des époques géologiques reculées, pour trouver dans ce groupe des types fixés en nombre un peu considérable (Blastoïdes, Cystidés, Crinoïdes). Toutefois, la locomotion de ces animaux est toujours très lente et s'opère dans un sens quelconque ; aussi la symétrie radiée peut persister sansse modifier beaucoup. Mais si la locomotion est plus rapide, si surtout elle s'effectue toujours dans la direction du même méridien, la symétrie bilatérale apparaît. C'est le cas des Oursins irréguliers, et surtout des Holoturies, dont les téguments mous permettent une plasticité plus grande que le test rigide des Oursins. Nous verrons que la locomotion n'est d'ailleurs pas la seule cause qui entraîne une telle modification dans le mode de symétrie.

Quelle que soit l'étendue de ce changement, la répétition des parties autour d'un centre ou d'un axe persiste toujours; l'asymétrie estdue simplementàl'inégal développementde ces parties.

Les mêmes faits se retrouvent chez les Cœlentérés, mais avec moins de netteté, à cause du mode de locomotion de ces animaux, qui se laissent en général flotter au gré des vagues, ou nagent sans placer en avant un méridien déterminé. Ils conservent donc souvent à l'état de liberté leur symétrie rayonnée. Toutefois, beaucoup de Siphonophores présentent la symétrie bilatérale [Physalia, Biphyes, etc.).

Les cas inverses, où des Artiozoaires se fixent et prennent une disposition semblable à celle qui est caractérisque des Phytozoaires, sont un peu plus rares. Les Ascidies et les Bryozoaires en sont toutefois des exemples remarquables; ils forment des colonies encroûtantes, arborescentes on même rayonnées (Botrylle), tout comme des Phytozoaires. Le cas le plus curieux est celui de la Syllis ramosa découverte par le Challenger, et qui hal)ite la cavité interne des Éponges; son corps est en effet segmenté comme celui des Syllis ordinaires, mais en outre des bourgeons latéraux donnent d'autres Syllis, qui restent attachées à la première, et formentavec elle une colonie ramifiée. En tenant compte de ces remarques, l'établissement des deux types d'organisation indiqués plus haut se justifie pleinement.

Subdivision DES types déstructure. — Shriiîs, embrancuements. — Chacun des types d'organisation comprend des formes extrô-

mement vai-iées, et rien ne nous indique à priori que celles-ci aient entre elles des rapports réels de parenté. Bien au contraire, elles se divisent en séi-ies parallèlement développées, et telles que les êtres qui constituent chaque série n'ont aucun lien généalogique apparent avec ceux des séries voisines. Ils présentent seulement des caractères identique.s de symétrie, dus à lanalogie du mode d'existence.

Au contraire tous les membres de ces séries ou phylums ont entre eux un rapport de parenté et on y rencontre simultanément des êtres simples, — des mérides, - des êtres compliqués, — des zoïdes ou des dèmes, — dérivés des premiers.

Dans certaines de ces séries, les divers individus ont entre eux une analogie de structure telle, qu'il est impossible de constituer des barrières de quelque importance entre les plus simples et les plus compliqués; la série est alors homogène, elle ne contient qu'un embranchement. D'autres fois au contraire, les individus d'une série ont pu évoluer dans divers setis, de façon à donner des types très différents les uns des autres, et en même temps séparés des types primitifs par la disparition des stades intermédiaires. La série se compose alors de plusieurs groupes, individuellement très homogènes, mais distincts les uns

des autres. Ce sont des embranchements.

A l'inverse des séries, il peut se faire que les embranchements

ne contiennent que des animaux ayant déjà atteint un degré de

développement considérable, sensiblement le même pour tous

les types qui le constituent.

Ces principes posés, nous pouvons résumer dans le tableau suivant les grands traits de la classification du règne animal que nous nous proposons d'adopter dans la suite de ces leçons.

SOUS-liÈGNE I. PROTOZOAIRES. — Corps conslilué par une seule cellule, ou colonies formées de cellules identiques non différenciées. SOUS-RÈGNE II. MÉSOZOAIKES. — Corps formé par un peliL nomore

de cellules, divisées en deux groupes, l'exoderme, l'endoderme. SOUS-RÈGNE III. MÉTAZOAIRES. — Corps formé par un grand nombre de cellules, tirant leur origine de trois feuillets, l'exoderme, le mésoderme, l'endoderme.

I. Type de structure. Pliytozoaires. — Corps ramifié ou rayonné. Animaux fixés, au moins dans les types primitifs.

SÉiiiE d. Spongiaires.

Série 2. CoîLENTiiRÉs.

Série 3. Kciunodermes.

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