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TUBE DIGESTIF DES INSECTES

Chez les AnAcnmDiîS (1) la cliiïérenciation est poussée beaucoup plus loin (flg. 208). L'œsophage est court, et muni chez les Araignées d'un jabot latéral, mû par des muscles qui vont s'attacher, aux parois du corps, et destiné à elTectuer l'aspiration des liquides. Cet œsophage conduit dans une poche située dans le thorax, et qui présente latéralement des cœcums rayonnant autour d'elle. Ces cœcums , qui ne manquent que chez les Phrynes et les Scorpions, sont en général très développés. Ils pénètrent dans les pattes chez les Galéodes, et, chez les Pycnogonides, ils arrivent même jusqu'à l'extrémité des appendices (flg. 209).

Leur nombre est assez variable. Il y en a cinq paires chez les Araignées, mais il y en a plus de trente chez les OpUionides, où ils peuvent même présenter des ramifications.

L'intestin moyen se continue après l'estomac par un tube étroit, qui aboutit enQn dans un large rectum, le plus souvent très court et réduit à l'état d'ampoule.

Tube digestif des insectes. — Bien autrement complexe est le tube digestif des Insectes (fig. 210). Non seulement il s'accroît en longueur, mais ses diverses parties se différencient de façon à masquer les limites qui séparaient les trois parties de l'intestin. Toutefois l'intestin moyen est toujours reconnaissable aux glandes digeslives qu'il reçoit, et sa limite postérieure est nettement définie parle point où débouchent des glandes spéciales, en forme de longs tubes, que nous étudierons bientôt sous le nom de tubes de Malpighi; ces glandes existent en effet aussi chez les Arachnides et les Myriapodes où le rectum est nettement defim; elles débouchent au commencement de celui-ci, et nous ne faisons dès lors qu'étendre aux Insectes les rapports de connexion que nous ont indiqués les deux autres groupes.

La longueur de l'intestin est très fréquemment en rapport avec le genre de vie de l'animal. Court chez les Insectes carnivores!

(I) BEnTKAu. A. M. A., t. XXIV, 1885.

Fig. 208. - Appareil digestif de la Mygale. — œ, œsophage ; c, ganglion œsophagien supérieur; v, estomac ; v', prolongements latéraux ; v" , prolongement dorsal; i, intestin moyen; ?% ampoule rectale ; h, II, ouvertures du foie dans l'intestin ; e, canaux urinaires (tubes de Malpighi) (Dugés).

il prend des proportions énormes chez les herbivores. C'est là une règle que nous retrouverons souvent dans la série animale. Mais c'est seulement sur la partie postérieure que se manifeste cet allongement; l'œsophage garde toujours sa direction longitudinale. Le genre de vie influe encore d'une façon non moins vive sur le degré de complication du tube digestif. Celui-ci est en eff'et extrêmement simple chez les animaux qui vivent de sucs;

flKllU-.'L ^BERVEILIER

Fig. 209. — Organisation des Pycnogonides [Amothoa pycnogonoïdes). — a, ehélicères; cl, palpes maxillaires et labiaux; b, estomac et ses diverticules en cœcums, e, dans les appendices; c, rectum.

il se complique d'une façon énorme chez ceux qui prennent des aliments solides.

La bouche est toujours disposée en avant de la tête, et l'anus occupe constamment le dernier soraite abdominal.

Souvent l'œsophage s'élargit à sa. partie postérieure en un jabot renflé, sorte de panse ou de réservoir où s'amassent provisoirement les aliments ingérés (fig. 210 A, J). Chez les Guêpes et les Abeilles, ce jabot n'est pas disposé suivant l'axe de l'œsophage, mais sur les côtés de celui-ci. Cette disposition s'accentue chez les Diptères et chez les Lépidoptères (Qg. 210 bis,j), où le jabot est tout à fait distinct de l'œsophage, et communique avec lui

GLANDES SALIVAlllES, 361

par un long canal, aboutissant, chez les Diptères, près de la bouche, chezles Papillons, dans la partie voisine de l'estomac. On lui a donné quelquefois le nom d'estomac suceur, en lui assignant un rôle dans l'absorption des liquides, mais ce rôle n'a jamais été bien démontré.

L'estomac peut à son tour se diviser en deux parties : la première, \q proventricule (fîg. 210, g), fortement musculeuse, épaisse, sphérique, est armée de pièces chitineuses, dures, disposées en séries longitudinales. Elles ne servent en rien, comme on l'a cru longtemps, à la trituration, car les matières qui ont traversé le proventricule se retrouvent, après leur passage dans cette cavité, avec les mêmes dimensions. C'est un simple filtre destiné à retenir les parcelles trop grosses. L'autre partie [e) est beaucoup plus longue, et constitue parfois la plus grande portion du tube digestif. Ses parois sont minces, et c'est dans sa cavité qu'aboutissent les glandes gastriques destinées à compléter la digestion des aliments et dont la structure, comme nous le verrons bientôt, varie beaucoup. Le reste de l'intestin moyen est un tube plus ou moins long, plus ou moins contourné, se continuant par le rectum, lequel débouche à l'anus, après s'être renflé en une large ampoule rectale.

Celte disposition, la plus compliquée, se rencontre notamment chez les Coléoptères carnassiers e[ chez les Orthoptères. Mais en général la complication est moins grande, par suite de la disparition des parties secondaires. D'ailleurs la variété est infinie dans les apparences sous lesquelles se présente le tube digestif des Insectes ; mais comme elles ne correspondent guère aux rapports naturels de ces êtres, elles offrent assez peu d'intérêt, et nous ne nous y arrêterons pas.

Glandes annexes uu tube digestif. — Au tube digestif sont annexées des glandes de diverses natures. Les unes servent au travail chimique delà digestion, et se déversent soit dans l'œsophage, soit dans l'intestin moyen. Les premières sont les glandes salivaires, les secondes les glandes gastriques. D'autres glandes débouchant dans le tube digestif sont purement excrétrices; celles-là débouchent dans la partie postérieure du tube digestif.

Glandes salivaires. — Les glandes salivaires ne sont bien développées que chez les Arthropodes aériens. On a bien décrit dans 1 œsophage ,des Crustacés (1) des glandes, formées par des amas de cellules cubiques, déversant leurs produits par l'intermédiaire d un canal sans paroi propre, qui traverse toute l'épaisseur des parois du tube digestif (Qg. 179). Mais sont-ce là de véritables glandes salivaires, étant donné ([ue de semblables

(I) ViTzou. A. Z. E., t. X, 1882.

organes se trouvent disséminés dans tout le trajet intestinal et même dans le rectum?

Fig. 210. — Appareils digestifs d'un Coléoptèrc et d'un Orlhoptère. — A, Carabus monilis (NiswronT); B, Blalla orienlalis (Léon Dufocr). — œ, œsophage; y, jabot, </, gésier; e, estomac; i, intestin; r, rectum; gs, glandes salivaires; rs, réservoirs des glandes salivaires; cg, cœcums ou glandes gastriques; Im, tubes de Malpighi; gr, glandes rectales; ga, glandes anales.

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