GLANDES EXCRÉTRICES DES CRUSTACÉS
basilaire anhiste, elle-même entourée d'une membrane conjonctive, où se ramifient des trachées, des fibres musculaires et des nerfs. Enfin une cuticule percée de trous tapisse intérieurement la couche glandulaire, et se continue avec le revêtement chitineux de l'intestin.
Le liquide sécrété est tout entier formé de produits de désassimilalion. On y trouve en effet des quantités énormes d'acide urique et d'urates, de la leucine, et peut-être de l'urée et de l'acide hippurique, mais jamais de produits biliaires. Ce sont donc de véritables reins, sans aucune analogie avec un organe hépatique.
Glandes excrétrices des crustacés (1). — où les tubes de Malpighi manquent complètement, la fonction excrétrice est remplie par des organes tout à fait indépendants du
Chez les Crustacés,
tube digestif.
Fig. 214. — Glande verte de l'Écrevisse ; gvl, glande ; 5rî)s, son réservoir ; o, son orifice.
On peut en distinguer deux types essentiels : 1° Les glandes antennaires, enfermées dans l'article basilaire de l'antenne postérieure; 2° les glandes du test.
Les premières se composent typiquement d'un folhcule sécréteur et d'un canal excréteur. On les rencontre déjà chez beaucoup de Nauplius; mais elles disparaissent plustard chez la plupart des Entomostracés, et ne persistent que chez quelques-uns; encore y sont-elles extrêmement réduites; car le canal excréteur n'est formé que d'un petit nombre de cellules trouées placées bout à bout, de sorte que sa lumière est intracellulaire
Chez les Malacostvacés au contraire, cet appareil prend une très grande importance. C'est lui qui est connu sous le nom de glande verte dans l'Écrevisse (Qg. 214). La partie sécrétante se compose d un nombre considérable de culs-de-sac, unis par une trame conjonctive, dans les mailles de laquelle circulent de vifs courants sangums. Ils aboutissent dans un canal excréteur unique, extraordinairement long et pelotonné sur lui-même. Il est tapissé par un épithélium très net, et, à sa partie terminale, il se renfie on une véritable vessie.
De celle-ci enfin part un court canal, qui vient déboucher à exteneur sur la face interne d'une petite éminence conique de 1 article basilaire de l'antenne. ^
(1) GnoBBEN. Die AnlenncndrUse, Arbeiten Wien., t. III, 188G. R. PKntuiîn, — Allât, coiiip. ' '
Chez la plupart des Entomosiracés existent, soit conjointement avec la glande antennaire, soit seules, les glandes de l'autre type, connues sous le nom de glandes du test, glandes cémentaires et débouchant souvent dans le voisinage des mâchoires. Ce sont aussi des organes urinaires, analogues à la glande antennaire.
AOTRES ORGANES SÉCRÉTEURS DES ARTHROPODES. - PoUt Cil finir aVeC ks
OTganes sécréteurs des Arthropodes, il nous reste a dire quelques mots d un certain nombre d'appareils glandulaires spéciaux, indépendants des divers systèmes de l'organisme, et sécrétant des produits servant a 1 attaque on a la défense, ou à d'autres usages variés. . , , •
Ce sont d'abord les glandes séricigènes ou productrices de la soie, qu ou rencontre chez les Insectes et les Arachnides. Malgré la similitude de leurs produits, ces glandes ne sont nullement homologues dans les deux groupes. Chez les Insectes, ce sont les glandes salivaires qui, détournées de leur fonction primitive, ne sécrètent plus de Uquide digestif, mais une substance visqueuse, qui s'étire en fil et se solidifie ensuite. C'est surtout chez les larves que se manifeste cette faculté spéciale de sécrétion. Les larves de Phryganes se construisent de la sorte des étuis, où elles agglutmen avec de la soie de petits coquillages, des grains de sable ou des brindilles quel-
*^°C'esrsurtout au moment de leur dernière transformation que les larves se mettent à filer. Les larves de la Puce, de plusieurs et surtout les chenilles s'enferment au moment de la mue dans un cocon , formé de fils de soie, et c'est à l'intérieur de cette enveloppe protectrice que s'effectue la métamorphose. Le Ver à soie a surtout été étudie, a cause des services que rend à l'homme le fil qu'il tisse, pour construire son cocon.
Les glandes séricigènes s'étendent tout le long du corps; ce sont de simples cœcums, souvent même enroulés sur eux-mêmes Leurs deux canaux excréteurs se réunissent en un seul, qui débouche dans la filière, petit orifice situé sur la lèvre inférieure. Latéralement, le canal commun reçoit le tube excréteur d'une petiteglaude accessoire, dont lerôle est d'unir eu un seul les deux fils et de les recouvrir d'un vernis qui les rend malterables.
11 existe quelquefois d'autres glandes pouvant sécréter de la soie. Ces glandes sont alors liées à l'appareil ovigère ; ce sont de longs cœcums aboutissant à une seule paire d'orifices, situés an bout de deux flheres retractiles placées à l'extrémité de l'abdomen. , , , , -,
^ C'e t également à l'extrémité de l'abdomen que débouchen les glandes serici-ènes des Araignées. Elles sont en nombre très variable (6 chez le Pholcu ^lTs de 1,000 chez l'Epeire) et débouchent au sommet de quatre ou S x mamelons, les A/ière., en avant de l'anas. La soie provenant de ces daudes sert • la 'confection des toiles. Mais les pattes semblent jouer un rôle dan c tte opération, et leurs griffes terminales diffèrent, su.van que fa oifeTae tisse l'espèce est feutrée ou formée de réseaux circulaires (1)
Glandes venimeuses. - Une seconde catégorie de glandes est celle des
^'soïvent lergUndes salivaires sont modifiées de façon à sécréter des sucs irritants et pouvant produire des désordres plus ou moins graves et plus ou moins ét'^^^^^^^^^ dans les tissus vivants où ils sont inoculés C'est e cas des ZlZtlTde beaucoup de Myriapodes, d'Hémiptères et de D.ptcrcs. Mais auelauefois c'est à des glandes spéciales qu'est due la sécrétion du poison. ' La pTupàrt des Hyménoptères possèdent eu effet à l'extrémité de abdomen un appareil glandulaire considérable sécrétant un vema puissant. Chez
(1^ Dans les premiers l'armature de là patte se compose de deux griffes peclinées, et d'une brosse de soie ; dans les autres, des deux griffes, et d une autre plus petite placée au-dessous.